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Une vie en Roumanie

De
376 pages
Comment Georges Mathieu Cantacuzène, architecte, diplômé des Beaux-Arts de Paris, né à Vienne, élevé en Suisse, citoyen d'honneur de la ville de New-York, professeur à l'Université de Bucarest, a-t-il été amené à fuir la police ? Ayant survécu 6 ans dans les pires prisons de la Roumanie communiste et grièvement blessé dans un camp de forçat, il finira sa vie dans une cellule de moine. A travers sa vie défile l'histoire de la Roumanie, de la Belle Epoque à la République populaire.
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UNE VIE EN ROUMANIE
















Graveurs de mémoire

Dernières parutions

Claude DIAZ, Demain tu pars en France. Du ravin béni-safien au gros caillou
lyonnais, 2011.
Jacques QUEYREL, Un receveur des Postes durant les trente glorieuses, 2011.
Benoît GRISON, Montagnes… ma passion, Lettres et témoignages rassemblés
par son père, 2011.
Henri Louis ORAIN, Avec Christiane, 68 ans de bonheur, 2011.
Pascale TOURÉ-LEROUX, Drôle de jeunesse, 2011.
Emile HERLIC, « Vent printanier », nom de code pour la rafle du Vél’ d’hiv’.
Récit, 2011.
Dominique POULACHON, René, maquisard. Sur les sentiers de la Résistance
en Saône-et-Loire, 2011.
Shanda TONME, Les chemins de l’immigration : la France ou rien ! (vol. 3
d’une autobiographie en 6 volumes), 2011.
Claude-Alain CHRISTOPHE, Jazz à Limoges, 2011.
Claude MILON, Pierre Deloger (1890-1985). De la boulange à l’opéra, 2011.
Jean-Philippe GOUDET, Les sentes de l’espoir. Une famille auvergnate durant
la Seconde Guerre mondiale, 2011.
Armand BENACERRAF, Trois passeports pour un seul homme, Itinéraire d’un
cardiologue, 2011.
Vincent JEANTET, Je suis mort un mardi, 2011.
Pierre PELOU, L’arbre et le paysage. L’itinéraire d’un postier rouergat (1907-
1981), 2011.
François DENIS et Michèle DENIS-DELCEY, Les Araignées Rouges, Un
agronome en Ethiopie (1965-1975), 2011.
Djalil et Marie HAKEM, Le Livre de Djalil, 2011.
Chantal MEYER, La Chrétienne en terre d’Islam, 2011.
Danielle BARCELO-GUEZ, Racines tunisiennes, 2011.
Paul SECHTER, En 1936 j’avais quinze ans, 2011.
Roland BAUCHOT, Mémoires d’un biologiste. De la rue des Ecoles à la rue
d’Ulm, 2011.
Eric de ROSNY, L’Afrique, sur le vif. Récits et péripéties, 2011.
Eliane LIRAUD, L’aventure guinéenne, 2011.
Louis GIVELET, L’Écolo, le pollueur et le paysan, 2011.
Yves JEGOUZO, Madeleine dite Betty, déportée résistante à Auschwitz-
Birkenau, 2011.
Lucien LEYSSIEUX, Parcours d’un Français libre ou le récit d’un sauvageon
des montagnes du Dauphiné, combattant sur le front tunisien avec les Forces
françaises libres en 1943, 2011.
Sylvie TEPER, Un autre monde, 2011.
Jean Michel Cantacuzène





















UNE VIE EN ROUMANIE
De la Belle Époque à la République populaire
1899-1960





















































Du même auteur

Chimie Organique
3 tomes (avec A.Kirrmann et P. Duhamel)
Armand Colin, Paris, 1971-1975

L’Amérique, la Science et la Technique
dans les années 80
La Documentation française, Paris, 1981

Mille ans dans les Balkans
Chronique des Cantacuzène dans la tourmente des siècles,
Ed. Christian, Paris, 1992











































































































© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56883-9
EAN : 9782296568839


AVANT-PROPOS




Malgré des noms de famille identiques, le héros de cette histoire, Georges
Mathieu Cantacuzène, n’est pas un de nos proches parents.
Notre ancêtre commun, Pârvu, est mort en 1692, sans doute victime de la
peste, tandis qu’il bâtissait en Olténie le monastère de Hurezu, pour le
compte de son cousin germain, Constantin Brancovan, prince règnant alors
sur la Valachie. Du fait de son occmupaîatreti on, d’(oeuvre, ispravni cen
roumain) on retrouve le portrait en pied de Pârvu Cantacuzène sur la fresque
du mur Nord, à l’intérieur de ce splendide monastère. C’est l’ancêtre
commun de la plupart des Cantacuzène vivant actuellement en Occident.
La famille de Georges s’est séparée des autres Cantacuzène de Valachie,
quand un petit-fils de Pârvu a dû épouser une demoiselle Cantacuzsèinec) (
de Moldavie, fixant là-bas les ancêtres de Georges.
Cette chronique de la vie de Georges M. Cantacuzène au 20ème siècle,
fait suite au liMivlrlee “ans dans les Balkans ”, chronique de cette même
famille au cours du second millénaire de l’ère chrétienne. C’est en somme un
agrandissement au microscope de l’Histoire, portant sur soixante années de
la vie d’un seul personnage principal, mort il y a tout juste cinquante ans.
Mais quel personnage ! Quelle vie !




Gif-sur-Yvette, novembre 2010

PREMIERE PARTIE







AU TEMPS DE LA REPUBLIQUE POPULAIRE

I
Happé par le goulag

Echec et Mat

1 Dossier.29929, r. 7561 Bucarest, le 3 mai 1948

Au ministère des Affaires étrangères
J’ai l’honneur de porter à votre connaissance le fait que la Direction
Générale de la Sûreté de l’Etat, suivait depuis assez longtemps l’individu
G.M. Cantacuzène du fait de ses actions hostiles dirigées contre la Sûreté de
l’Etat.
Le susnommé a tenté, à la fin du mois de mars de quitter frauduleusement
le pays par le lieu-dit Agigea, à bord d’une barque à moteur, avec tout un
groupe. Cette tentative ayant été déjouée et le groupe arrêté, le susnommé
s’est enfui et après des pérégrinations à travers le pays, il s’est présenté à la
villa Bibesco de Posada/Prahova, louée à la légation de France en
Roumanie. Là, il s’est caché, en pleine connaissance de cause et avec
l’assentiment de l’intendant de la villa, Barbo Ilie et d’un gardien. Les
organes de la Sûreté qui étaient à sa recherche, l’ont vu rentrer dans la
villa, ce qui les a déterminés à solliciter l’approbation de M. le Ministre de
France en Roumanie qui se trouvait là-bas, pour procéder à une descente
(sic. ) La chose ayant été approuvée, le dénommé G.M. Cantacuzène a été
trouvé dans le grenier, recouvert de coussins et avec une barbe qu’il avait
laissé pousser depuis qu’il se savait recherché, ce qui dénotait que ceux qui
l’ont caché, l’ont fait en connaissance de cause. Devant les faits révélés ci-
dessus, je vous serais obligé de faire savoir qu’il s’agit là du second cas où
des citoyens français ou des salariés de la légation de France en Roumanie
cachent des personnes recherchées pour des agissements contre la Sécurité
2d’Etat, le premier cas étant celui de l’Institut de Byzanti nol(siogginée)
ministre Jianu Marin.

1
Malgré plusieurs demandes au CNSAS (Conseil National pour l’Etude des Archives de la
Securitate) directes ou par des relations, la famille n’a jamais pu accéder au dossier établi par
la Sécuritate au fil des années pour G.M. Cantacuzène. Cet accès sur place, au dossier de
G.M.C., a pu être obtenu, moyennant une assez forte somme (statutaire) par un architecte
doctorant allemand qui vient de soutenir sa Thèse à Stuttgart en Allemagne. Dan Teodorovici
“G.M.Cantacuzino (1899-1960) : Dialogik zwichen Tradition und ”,Mo dUenrinveersité de
Stuttgart, Faculté d’Architecture & Urbanisme, 2010.
M. Teodorovici avait aimablement mis ses notes de consultation sur place du dossier de la
Securitate, à la disposition de la famille de G.M. Cantacuzène qui nous les a transmises.
2
Voir au chap. XIII comment la Roumanie communiste chassa une bibliothèque unique.
11
Chap. I Happé par le goulag

On ne sait trop comment les agents de la ,S ecdéuprientadatent Jdei anu
3Marin , avaient réussi à trouver Georges dans cei cmhaé nodiarn sn les
contreforts des Carpates et loué à des dip.l omates..
Les Archives diplomatiques françaises,p acorn snuolutés,e s n’en ont pas
gardé la trace. Selon certains, ce fut’ ilnete nfdialsn t dqeu il dénonça
Georges ; selon d’autres, ce fut le cordonneil ero na auqvuait confié ses
chaussures à réparer ; selon le rapport ideta ltae cSe cfurrent ses guetteurs
surveillant cette résidence diplomatique sqeu if avuifrienlter un inconnu
dans la propriété... Toujours est-il quet Gperiorsg else fu26 avril 1948 dans
un grenier, caché sous de la laine de hmeomuetonnt st ofnrdausîc, et conduit
en taxi (sic) jusqu’à Ploeshti, la graplnudse pvroiclhle àl aa voir une
prison.
Son père, Nyno, mourut cette nuit-là à l’lhaôpistasln,t son épouse
Marcelle, agée de 73 ans et sans ressournc efsi, las evne cp ruison et l’autre
estropié pour la vie.
A partir de ce jour, Georges Cantacuzèneé , fupto upro udses longues
années, dalans nuit et le broui lldaur dgoulag roumain.

La prison sous terre : le “Fort nr.13 Jil ava”

Pour commencer on mit Georges à Jilava, en t adett elnudia préparer un
procès.
4 En RoumainJ, ilav aveut dire h:u mide. Cette prison au sud-ouest de
Bucarest, est un des dix-huit forts conslteru irotis pCarr ol Ier à la fin du
19ème siècle pour la défense de BucarFeosrtt. nC°e1 3“ Jila”v aest à demi
enterré et son toit était encore recouvert àd el ’téeprroeque où Georges y
était enfermé. C’était devenu une prison eà 1p9a07rt,i rl odrs de la grande
révolte paysanne.
“La vie de la prison se déroulait dans un iomu,m eunnsee storrte de
5carrière.”
“Quand, trainant des pi(eednsc haîné s)avec difficulté, nous avons
commencé à descendre le chemin en pente qsuoiu sm len aniivte au du sol,

3Après une enfance triste en Olténie avec ‘eTorégoehscaor’i, MGarin Jianu était devenu
ajusteur aux chemins de fer roumains. Infporrèmsa 1t9e4u5r ,a il devint le 2 avril 1948
ministre adjoint de son ami le ministreu rd. eA lp’rIèsn tséari disgrâce en 1952, ce noceur et
pourvoyeur de plaisirs aux puissants fut onresnadubl er edspe la situation abominable du
goulag roumain, et singulièrement de Pitesti.
Une page entière de biographie lui est corn sMacriréues pOapreaB,nalitatea raului,
Oistorie a securitatii în doc,u 1m9e49n-t1e989 , Ed. Polirom, Bucarest 2002, p. 558-559.
4
Jilav, mot d’origine bu lgare.
5
Oana Orlea (Marie-Ioana CaLnetas caunzniéneos) ,vo lées, dans le goulag roumai,n à 16 ans
Ed. Seuil, 1992, p. 41
12
Chap. I Happé par le goulag

vers la porte du Fort, nous ne soupçonnions psa sq uovie rnous nous
dirigions... et ce qui nous attendait.
$ous avons été ramenés à la réalité par und eg rcohuopce de brutes en
uniforme bleu-délavé. C’étaient les gardiseiniss tdre lJai lava. La pluie
de coups assénés comme ça, pour rien, ne sp’asr.r.êt.a iOtn tombait, on se
relevait et de nouveau on tombait... Le f,g aIrvdaienin-ccah,e bestiale
célébrité aujourd’hui connue de tous, cognauis t ledes ctoôtés avec sa
matraque criant sur nous comme un dingue ‘rVeo iblaà pvtoêmt e, tas de
bandits ! Pour que vous compreniez que vousJ êitleasv aà ! C’est ici que
vous laisserez votre carcasse.’
C’est avec ces paroles que nous avons ététs ipnatrro dluai Porte n°1. Il
s’en est suivi une perquisition enragée. eInlts, cdaécshsairiaient,
confisquaient et de temps en temps nous donncnoarei eunnt ceoup de botte.
$ous attendions déshabillés, tout nus. Pendeamnpt sc iel s tnous délivraient
aussi nos documents d’incarcération.
Enfin, pleins de bleus, à peine habilléfs,i t opna nsoseusr la Porte n° 2 et
6ils nous ont jetés dans un caveau tout ,e nq uloenlqgue part sous la terre,
tout en nous cognant. Dès l’entrée dans ce, t oen nédtraoit agressé par une
7odeur infâme de cabinets pesti.le nAt ielals lumière des deux faibles
ampoules qui pendaient du plafond, j’ai vrue s letse rrfeiugseus des
locataires de cette grotte...
8 Ils ressemblaient à des om.bC r’est très exactement ce qu’avait dû
subir Georges pendant son séjour à Jilavan .p.a. irlla n ’jeamais, n’en ayant
pas le droit.

6
Grigore CarazAaïud, însângera, tEd.Vremea XXI, 2004, chap.III . L’Enfe r“D daen sD ante.
ce local prévu pour 30 à 35 personnes, on avsaséi t1 e50n tà 200 condamnés. Les fenêtres
étaient obstruées par des planches clouées .d eA lcaa ucshealeur les détenus étaient” tout nus
7
Grigore Caraza, opD.acinst .”la chambrée il y avait un tonneau dmeé t2a00ll ilqiutree s env.
sans couvercle, sur lequel nous devions mounntes ra leprsè s les autres, pauvres de nous, et
nous accroupir pour faire nos besoins, aaff groêntea ndt u l regard des autres. Le papier
nous était interdit pour éviter les messagdesu.r .é.ta iLt’ oinsupportable... le tonneau était
vidé tous les 2-3 jou.r”s ..
8Constantin Ticu DumitreMsacurt,u rie si docume, ntvol. 1, pt. 1, Ed. Polirom, 2008. p. 162.
Arrêté à l’automne 1949, l’étudiant Ticu D um(i19t2re8s-cu2008) a suivi pratiquement le
même chemin de prisonnier que Georges. Ayant 3d0e maoinsns que Georges, il a vécu assez
longtemps pour devenir un sénateur renommé palro isess visant à dévoiler les agissements de
la Securitate et pour pouvoir laisser soen ctéommopilgenta egn 6 tomes in 4°, sur ses
15 années de détention, documents à l’app umior.t Ià l8 e0s tans, au moment où sortait son
6ème et dernier tome de témoignages. Il n’apu raf ipare s passer lal ulstoria tdieo n ‘’visant
à limiter l’accession à des fonctionse no fRofuimcaineilel esd es personnes ayant fait partie
des structures de direction ou de répressiopnp adere il’la communiste ; ce qui fait que ce sont
eux qui tiennent toujours le haut du pavé, ecue pqouir eaffet de faire émigrer
définitivement depuis 1990m idleliso n sde Roumains .

13
Chap. I Happé par le goulag

Combien de temps y resta-t-il ? Sans doute ’umno iansn dd’après
diverses déductions. Il euptr oscoèns à la fin de l’année 1948. Il ne fut pas
condamné pour avoir voulu fuir le pays opiui nsqeu el el ape rmlettait pas. Il
fut condamné, à la stalinienne, pour dels na’actveas iqut ’pias commis et
fabriqués de toutes pièces : on avait rcattsa àc hléa s opné riphérie d’une
affaire de résistance et d’espionnage. nOns i troauvue daosisier de la
Securitate de Georges, danfs idcehse s personne lléecsrites de nombreuses
années après sa condamna08t/i0o6n/ 1:95 3. Fiche personn.e l“Lle’année
1948 il a été condamné par le Tribunal Mili taBuicraer edset à 5 ans de
prison correctionnelle pour avoir entrepris iodness eanc tfaveur d’une
organisation de type fa (sicics! te)Ai.nsi il a facilité, à plusieurs reprises, à
Toba Ion, chef d’une organisation subversiev ee, n lare lmaition avec
Jadwin, membre de la Mission amé”r iDcaosisiner. individuel 664.
Strictement secret. 29/01/. 19“E57n 1946, il a établi la liaison de l’ex-
commandant Toba Ion avec le colonel Jadwisns idoen alam éMricaine,
dans le but de former une organisation fortmraéei téds e d’roeffice,
d’éléments parachutés par les Allemands, déelé mdievnetrss de l’Armée, des
rangs de ceux restés au Tyrol et d’autres qéulié mdenvtas ient agir dans un
sens terroriste, demandant en même temps deext élr’iaeiudre en armes et
munitions”.
Le colonel C.C. Jadwin, membre de l(’OOfSfSi ce of Strategic Services),
était apparu dans les relations des E talets -pUaniys dau vBecas-Danube, à
9propos de la Bulgarie essentie. llEegmaenltement mentionné dans le
“dossier” de Georges, après sa sortie d oen ptrriosuovne, le commandant Ion
Toba. Cet officier roumain avait le stuyelse dd’eas nctaosna. qC’était un
spécialiste cdoeus ps de ma. inEn 1943 en Crimée, à la tête de son
4ème escadron des Chasseurs à cheval, Toba itd ébluessq uapartisans
soviétiqu.e sLe retournement d’alliance2s3 dau o ût1944 l’avait trouvé en
Allemagne dans un stage de Chasseurs antir-èst aankvso.i rA pcontinué
jusque dans le Tyrol la lutte contre la sporvoigréetissqiuloe’n,a tama Tnoba
s’était rendu aux Américains et, en 194ro5u,v aoni tl e nr eRtoumanie où il

9
Ancien attaché militaire US en BulgariC.e,C. Jlae dcwoilonn eal vait été envoyé (avec deux
autres personnes) en Turquie à la fin de4 3l ’panrn éle’ O1f9fice of Strategic Services, de
Washington, dans le but d’établir un conetas cat uatorviecté s lbulgares. Le gouvernement des
Etats-Unis voulait se rendre compte si laou vBualgiat riêtere pdétachée de l’Axe et ramenée
dans le camp des Nations Unies. Les pourpcarertlse rsse dpiosursuivirent au Caire jusqu’en
mars 1944, de manière favorable aux espoinrs . a(Ramérippcoart de fin de mission en date
du 23 mars 1944 du colonel Jadwin & C° au génnoévranl, Ddoirecteur de l’OSS. Document
déclassifié, trouvé sur internet). Seule la aRorurmiavani eà se détacher de l’Axe pour
rejoindre les Nations Unies le 23 août 1e9l4a4, nmae ilusi c procura aucun avantage. Le nom
du colonel Jadwin apparaît également danrse s ledse mlé’maoimbassadeur américain à
Bucarest, Burton Y. Berry, Romanian diari9e4s7,, 1p9.4 41-317-138, lorsque ce colonel
intervient après du général Vinogradov-comemsa ntrdoaupnets drusses en Roumanie-pour
obtenir un visa de sortie pour le diplomPaateu ls uRiisttseer et son épouse (née en Russie).
14
Chap. I Happé par le goulag

était promu lieutenant-c. olIoln eflut aussitôt après pris en main par les
sécuriste sde Nicolski et relaché pour être infiglrtoruép ed ahnétsé ruonc lite
d’opposants au régime qui furent arrêtés apsu 1p9r4i8n :t edmes industriels,
des universitaires, un amiral, auxquelt s Goeno rgaesd jeot isgonni beau-
frère Brancovan. Au procès principal d’u ndee cpenrtsaoninense qui eut
lieu à la fin octobre 1948, on entendit Tmoebtatre cloamp roplupart des
accusés en racontant leur avoir extorquév idcievs,e rse ts enrotamment de
l’argent, poauri der la résistance rou,m ailnoers qu’il semble bien que son
10action ait été télécommandée par l’agen tN isocvoiléskti.i q ue
Il n’est donc pas impossible que, vu lesse rvéitactes aden térieurs de
l’ataman To,b aGeorges l’ait aidé à contacter tel oui nte,l iAgnmoériacnat
qu’il était déjà retourné par un agent rsaovviaétilqluae ntt en Roumanie...
Pour remercier Toba de sa coopération aud ed ésteris mceonmt patriotes, les
Soviétiques l’invitèrent à parfaire son né dSuicbaéritieo,n oeù il passa une
vingtaine d’années au goulag ; cela sreé édnuocmma tiotn .la
Georges eut donc droit, dans un procès apnrnoecxèés apriu ncipal et qui
eut lieu fin 1948, à cinq ans de goularge, ppaeir nera lpépgoèrt à tous les
crimes qu’on lui avait iomrpguaténs i-sa tion fasciste, terrorisme, armes et
munition.s Cette peine relativement “légère” montre qau’iit lj uéstte fautif
d’avoir tenté de fuir ce département sovié’téitaquie,t dqeuvenu la
Roumanie, pour rejoindre les siens. Sa beMallrei-nsaoe uar insi que sa fidèle
secrétaire Margareta, avaient pu l’enotras dpe rcsoenv opirro clès, dans des
conditions indignes, car la Roumanie, éqjuài pnl’uas vriaein t dd’un pays
civilisé, allait sombrer dans l’atrocité.
“En décembre j’ai appris par hasard qu’il ed ejuvgaé”i, t éêctrivait
11Marina à sa soeur en Angle. te“Irlr eavait un avocat commis d’office, donc
très timoré. J’ai attendu cinq jours de s uliate r,u eda àn spartir de 6h du
matin par -16 degrés, dans l’espoir de l’.a pJeer cle’avoi raperçu seulement
le dernier jour, après sept heures d’atteanitet .tr èIsl métaigre. Il s’est
beaucoup réjoui en m’apercevant. Je lunie a die f‘agait rdsiegr le menton
haut’ comme disent tes amis, et il m’a ’fêatreit saignsn ec rdainte à cet
égard. Il a demandé de vos nouvelles et cj’raieir pquu elu ivous alliez bien.
J’ai pu lui envoyer quelques habits et detu rlea. nJou’rari appris ensuite
qu’il s’était un peu refait grâce au pauq uceotu rse mdui sp arocè”s .
Pour la nouvelle année 1949, Georges put ienref iun eé crarte postale à
la seule personne non compromise de son entosuara gfei,d èle secrétaire
Margaretala, dame de la calea M ocshoimlmoer on l’appelait dans le beau
monde dont elle ne faisait pas partie.

10
Cicerone IonitoGieun,o cidul din Român,iReapere în procesul comunismului.#Pravalire în
barbarie-Miscarea nationala de rezistenta.
http://www. procesulcomunismului.com/marturirii//fionodaunitoiu/rechi zit.htm
11
Lettre du 24 mars 1949 de Marina Brancovan rà Ssaan dsaoe uCantacuzène en Angleterre.
15
Chap. I Happé par le goulag

Prison de Jilava. 31 décemb. rMea 1c94h8ère Margareta, J’ai été à la
fois heureux et triste de pouvoir t’apercsevroaiir,t- cne qu’un instant.
J’aurais aimé pouvoir te serrer dans mesp èbrrea qs.ue J t’ue ns’as pas trop
manqué d’argent et que Marinesco fait ce aqiu ed ejem alunidé pour toi.
J’ai une incroyable envie de te revoir.i teJ eu nte asonunhéae meilleure
que celle qui s’achève et au cours de la qpuueilslesi onnosu snous revoir.
Prends bien soin de ta santé et que Dieue tne aviedenn.e
On apprit ainsi que Georges était à Jiglarveat, aoùv aMirt elle aussi
réussi à l’entrapercevoir à l’occasion dèse” .s on “proc

La “Prison Principale Aïud”, ses cellules et secsh ensi (“zarka” )

12 En mars 1949, Marina eut des nouvelles deis eprsri. s“Coonsnti est à
Aïud. Georges est à Aïud. Toute la Roumaniïeud ,e sdt eàp uAis le symbole
de la roumanité en Transyl(vJa.Mnaieni u)ju squ’au dernier pauvre type. On
trouve à Aïud toutes les classes sociales elet st ovuateles urs intellectu elles.
(Fig. 1)
J’ai essayé d’aller voi(rm oCno stmia ri.) $euf heures dans un train qui
sifflait dans toutes les courbes. Même dureée cehot smeê mau retour, mais
sur un autre trajet, à travers d’autres raégii oanvsa. léJ ’toutes les insultes,
mais je ne l’ai pas vu ! Ah, s’il avaiut nt,u éj ’qauuerlaqui’s pu le. vLoei r
meurtre n’est qu’un petit délit, la fleur l(’roruegiell)e à!”
13 Le gros bourg d’Aïud, fondé par les Saxons ae us i1è3cèlm,e est situé en
plein centre de la Transylvanie, sur sl edse sc oMonntrtes fdourt Couchant, à
mi-distance, à vol d’oiseau entre Sibi up reit sColnu jd.’ ALaïud remonte à
Marie-Thérèse d’Autriche et le premier priasoten ndie r1 7d86. En 1882 un
nouveau corps de bâtiment a été ajouté, Zaarcpap’e lé( = n‘iche, en
hongrois). Il sert aux punitions par islo ledmaents todteas très petites
cellules (niches). En 1892 un grand bâtimienst édtae gteros qui comprend
312 cellules,C ellelu laire ne,u fa complété cet ense.mb l e
Une description réaliste de la prison éd ’Afaïudi,t e ap aért Grégoire
Caraza, instituteur stagiaire des Carpvaite.s Adey aMonlt daosé dire en
1948 qu’il trouvait le christianisme suopmémruineiusrm ea, ui lc passa ses
plus belles années, de 20 à 50 ans, dsa cnosm mluensi gsetôels,e dont 18 ans
à Aïud, qu’il put ainsi connaître parfaitement.
“Des prisons de Bucarest et particulièrementv ad,e leJsi ladétenus
étaient transportés à la gare du $ord. Làd,e e lni gbnoeut, loin des yeux du
public, on les faisait monter dans le tradi n.25 aLev riml a1r950, le soir,
nous avons été chargés dans le train-fourgeonc tieon di’rAïud. $ous

12
Idem.
13
Les Saxons l’appelaient Strassburg am Miereishen. t C’d’éetaxcellents artisans, mais il n’y a
pratiquement plus de Saxons à Aïud. Ils osnsté sé toé uc bhiaen vendus à l’Allema gne.
16
Chap. I Happé par le goulag

sommes arrivés le lendemain matin vers 10hn3 0g-1a1rhe. dE’Aïud, nous
étions attendus par un grand nombre de mi lDicei elans .g.a.re nous avons
été à pied. Entouré de nombreux miliciens atrrem écs,o nnvooi sentait la
tristesse et la désolation. En tête il y avpapiet lédse duux contingent, pieds
nus, tête nue et tellement maigres qu’ils ua vmaile nàt pdorter leur
baluchon avec le peu d’affaires qu’ilsa artv açaie, nit.ls Aa vpaient des fers
aux pieds dont les chaînes faisaient un trber uiet n sisnoiuslevant la
poussière de la route. Ces deux-là faisai edn’tu np agrtoiuepe de la
Dobroudja, l’un condamné au bagne à perpétuutireté , à l’2a5 ans de
prison. Derrière eux, venaient les autres ;c onddaanms nléesurs yeux on
lisait la terreur comme s’il y avait eu, achue mboiunt, dun peloton
d’exécution. Les gens nous évitaient, entlra nptr odcahnas ine boutique ou
tournant au coin de la rue. Aux fenêtres odne s voryiadeiat ux qui
bougeaient, laissant apparaître derrièrêet ee udxe, vuinei ltlard ou bien de
14jeune homme. Cela me rappelle les vers de .Ra du Gyr
Si au-dessus de l’enfer de Dante il y au s écqruiit, e“nVtroez,
abandonnez toute espérance”, au-dessus ded el’ ecnetrttéee prison il y a
écrit “Prison Principale Aïud”. Le pavilloni rec eellsutl aun bâtiment en
forme de T, à quatre niveaux, chacun ayalenst e78t dceullxu grandes
pièces. Dans l’enceinte de la prison il ey baâ tiumne antu tar ppelé Zarca,
avec rez-de-chaussée et un étage, ayan t 70u nc etoltlaulle sd.e.. Dès 1929,
la Zarca a été déclarée insalubre, mais oan s n’tenu ac omppte. En
arrivant là bas en 1950, les murs de la Zanrtc hau méitadeise jusqu’à 1 m-
1 m 50 et pleins de moisissures à certain.s .e.nd rCoei tns’est qu’à travers
les fentes des volets cloués que nous distidneg uteiomnpss en temps un petit
bout de ciel bleu et nous sentions un tout up elitibtr epse. Pendant deux-
cents ans, les pauvres Roumains ont accomepilnie l eduar nps ces cellules. Il
y a eu ici, les plus grands hommes du pafyse,s sdeusr sp,r odes savants, des
hommes de culture, d’anciens ministres, dieesn sp,o leitt icc’est ici que sont
morts 34 généraux connus, des héros de la Secueonrrdee mGondiale.
En arrivant, j’ai été affecté à la cemlluele ét1a99g,e 2ède l’aile
orientale, tounée au nord, vers les gorges. dDea Tnusr duan espace de 4 m
de long sur 2 m de large, la tinette se ntrso uleva cito idna gauche et le
récipient d’eau dans le coin de droite. pPluosu rg nroatrned bonheur nous
nous sommes étendus sur le sol en lattes deà shauipti np,r isonniers entre la
porte et la fenêtre. Pour toute literie,n eo nc aouvvaeirtt uure usée et pleine
de trous. Par jour, notre nourriture atteig nàa 7i0t0 6c0a0 lorie(is l faut
consommer 3 fois plu,s )l’eau était rationnée à 32 cuillerées pea,r personn
pour boire, faire la vaisselle, se lavert laes fmiagiunres . Après quelque
temps, nous avions du mal à nous lever et n oausp pnuoyuisons sur les murs.

14
Radu Demetrescu, dit Gyr : poète roumain q u il,é géitaonnntaire, fit de la prison sous trois
régimes, dont de nombreuses années sous les comsmteusn,i les fers aux pieds, à Aïud.
17
Chap. I Happé par le goulag

Les cuisses étaient pleines d’escarres e,t tiannfdeics téqeuse nos muscles
étaient atrophiés. Il ne nous restait queur lale sp eosa.u s
Les 312 cellules du bâtiment principal étianiees nàt prlaes bord avec un
total compris entre 2 400 et 2 500 prisonni etersm.p sD àe autre, les détenus
politiques de deux ou trois cellules étaie nàt slaor tipsromenade, en
maintenant une certaine distance entre eupxa sp oquur’ inles puissent
communiquer.
De part et d’autre de l’entrée du grand , Ceill ulya iarevait deux
ardoises où chaque jour était inscrit l’er féftaegceti f; pcaes ardoises ont
disparu le jour où ils ont compris que nous mioénmso rciess chiffres. Il y eut,
à la place, tous les soirs un sinistre apapenlg.e mAue nct hde gardiens, à
19h, Pavel le chef de section du rez de cphealausisté eà avopix forte ses
collègues : -3ème étage, combien aujourd’hpuoin se? -: rdéeux ; -
2ème étage, combien ? R : un ; 1er étage ,R c:o mtrboies n; ?-Pavel : deux
et un trois plus trois six, plus un chez mo.i C:e sneopmtbre, 7, désignait le
nombre total de morts du Cellulaire pour centétee .jo ur
Pour les détenus politiques, l’année 1950 ans édtoéu tsea la période la
plus lourde dans l’existence de cette pris onl.e Sdeoclotneur Ranca,
médecin de la prison d’Aïud, de septembre 1 94f9 inà aloût 1950,
25 personnes sont mortes de faim qu’on a posrutiétes aenu Ravin des
Détenus...
15 ...Une nuit j’ai rêvé que j’étais dans llélae dbe llela vaBistrit za
admirant le grandiose massif du Ceahlaue, psuuiiss ,r ejen dmu compte que
jusqu’au sommet, c’était de la mamaligas !je jteé smuer lsuuii, d’abord à
genoux, puis sur le ventre et pendant tou,te j ’lai ntuoiutt dévoré jusqu’au
sommet..La. mamaliga, cette polenta faite de fabourinlel id,e émtaiïst
pratiquement la seule nourriture consistaintseo nndiese rsp,r mais sans
grande valeur nutritive.
Un de ses voisins de cellule était le méodret ciden Bdura pïla, le
Dr Pinkus KleinU.n “jour Klain Pincu s’est assis à côté de maoi et m’
murmuré :
- Je vois que tu es un garçon calme, acvehocs eq udealqnuse la tête. Je
.suis désolé, mais toutes les années de ta udleoi qs ufea tiure, tu les !f eras
- Et qu’est-ce qui vous fait penser ça d? aluiis -dje mcaurnieux et un peu
révolté.
- Tout d’abord tu es Roumain, et les Roum’aeinntrsa nied esnt pas entre-
eux, ils se détestent. Moi je suis Jidan, ecnotm mlees dRiosumains en
parlant de nous les Juifs et je suis mariuém àa iune dReo Braïla ; je
crains toutefois qu’elle ne demande le diavonrt cqeu ep ejend suis enfermé.
Mais nous, nous nous entraidons les uns les ;a uletrse sm iens ne me

15
Cette belle vallée des Carpates de Moldavriu ed eapu idis sspoan industrialisation (barrage,
cimenterie, etc).
18
Chap. I Happé par le goulag

laisseront pas faire25 acensn ée sde prison renforcée auxquelles j’ai été
condamné o;n m’a accusé qu’étant médecin du port, jl’léa ia vtreacv adeis
étrangers qui m’ont donné des cadeaux et dte. lM’oai rgjee nn’ai pas le
droit (sic )de faire plus de 5 ans, mais toi, mon (cChaera eznafa n’ta vait
que vingt a ntsu) feras toute ta peine. Je suis déso léd idte ç at’.a voir
...Comme il avait raison Klain Pincu ene crnee qsuai cnaontcion et ma
nation.
...Dans mon pays j’ai donc la libertéu tdee urnes tevire t oen prison parce
que j’ai aimé ma patrie et le Christ ! pJlu’sa ita ardp,p rqius’ il avait été
16libéré, exactement au bout de cin.q ans”
Georges, capturé à l’âge de 49 ans, étaipta prto,u r trosap âgé pour
connaître la chute du régime soviétique eét vopqouevro ilri brement ses
longues années d’emprisonnement en Roumanie. S adu ravinet, il n’eut
simplement pas le droit d’en parler.
On sait par des témoignages de co-détenus end ’Agéïnuédr,a l des
intellectuels et souvent des architectes, eqs uefa Gieosrag it à voix basse des
causeries sur l’histoire de l’art à sese ccoellllèugluee,s ddans l’espace exigu
de 2 mètres sur 4 mètres où on les entassai t peàr sohnuniets. I“l était
capable d’improviser sur la Renaissance, tsu r etl est raadirtions
populaires, sur les influences de l’Orienrt t draounms al’ian et sur d’autres
de ses sujets favoris, ce qui captivait dl’ea tstens ticonompagnons
17d’infortune”. Il leur permettait d’échapper un peu, pae,r àl ala p ensé
misère présente et à la dégradation inteetl lmeocratuellel eq u’on voulait leur
faire subir.
Mais, pour avoir refusé rdé’éêdtrueq ué (des gardiens de prison
prétendant rééduquer un homme de la Renaiss aGenocreg es! )f,ut enfermé
pendant neuf mois, dans l’isolement totnaiclh e d’duen el a sinZiasrtrcea . Il
a laissé quelques lignes poignantes pour néuvioqt uetr lea brouillard des
goulags roumains, entre la Zarca et le’ ACïeuldl u ll“oarsiqure’ odn ressent
tout à coup, en dépit des sollicitations de, lcae tmteo rstensation d’être
18dépouillé du faste de l’espérance et de el’ olrag upeinls éd.e

16
Grigore CarazaAïu,d însângera, t Ed. Vremea XXI, 2004, IcVha. p.Sur Internet :
http://www.procesulcomunismului.com/marturiii/f/ogcndauraza/aiud/Gr.Caraza a eu 47 ans
de condamnations politiques en Roumanie. Ila cenc omapluira 2 7 ans, dont 3 ans de
résidence obligatoire dont 2 ans au mildioenus ddue s Bacharargan. Il a effectué 21 années de
prison avec régime carcéral dur, dont 18ï uad,n ndéoenst àh uAit ans d’isolement complet à
la Zarca. Libéré en 1977 il passa sone nb a19c7c9a, làa 5ur0éa at ns. En 1980 il fut accuelli
aux Etats-Unis et devint citoyen améric aAipnrè se na 1v9o8i6r .résidé 21 ans à New York, il
rentra définitivement en Moldavie en 2001 ,f ioùt coin tolyen d’honneur de sa commune
d’origine ‘Poiana Teiului’ (Clairieè rel adu htailulte uvla) ldlée de la Bistritza.
17
Sherban Cantacuzino, ForewoRrdo moaf n“ian modernism, The architecture of Bucharest,
1920-1946” par Luminita Machedon & Emile Scoffham, PTrehses, MICaT mbridge Mass.
& London, 1999, pp. IX-XI X.
18
Troisième lettre à Simon.
19
Chap. I Happé par le goulag

Lorsque dans certaines nuits d’insomnie, ijs’ eanute nlodian des trains
qui sifflaient, j’ai très bien senti qubel sl evso yvaérgietaurs n’étaient pas
ceux qui dormaient dans des wagons, mais imnomuosb,i lleess qui nous
enfoncions toujours plus dans les brumes en eplelerp éatugmentation de
l’inconnu, atone et opaque. $i gares ni ep.o rtPsa es nu nveu odeur d’île
portée par une quelconque brise. Juste lai dcea densc jeo uvrnées vides...
Dans ce voyage sans destination, au cour sn odtuiqoune ld ula temps avait
disparu, je ne poursuivais d’autre but que vicverleu id adens un présent
absurde et monotone. Cet effort même d’afdafinrsm alet inoéna nt, cette
affirmation non pas de l’intelligence oeuc tdieon lam ariéfs ldes instincts
qui refusaient la mort comme un port non smo’uohnat iftéa, it sentir, plus
que comprendre, le miracle de la vie, amu em omù einlt amlêlait ne plus
m’y inclure. Dans ces moments-là, même le mlaon dmeé mdoei re était
dépassé. Au-delà des ténèbres, je flairailse sn osno upvaesn irs, mais les
possibilités et les instincts d’une volonté. prMiotn ses rétrécissait, se
concentrait et s’unifiait, autour de la dséucrviisviroen .d eEt dans ces
instants, le corps lui aussi est ressentiu es ndcaonres tpolute sa complexité.
Il s’imposait, pesant de tout le poids der asnecse so.u fAf ces moments et
peut-être seulement alors, j’avais à mon ssourjtet du’nien tuition globale ;
je réalisais quelles étaient mes ultimesé sp,o spsuiibsiqliut’apparemment
tout le reste avait disparu faisant le dvui d“em oaiu”t.ou rP uis je retombais
épuisé dans le sommeil pour me réveiller dandnes ldee m loa mémoire.
Lorsque j’étais un homme libre, j’avais ’sêoturfef eunrt vdoyageur
pressé. Maintenant j’étais tranquille, i l pnlu’sy auvcauinte urgence. Là où
je m’étais arrêté un instant, je passaisd eà sp jroéusernnéte s entières. Là où
j’étais passé jadis en hâte, à présent jJ’ye vviovyaigs.e ais maintenant sans
me soucier de l’arrivée. Parfois, je chapnogienta dies mdéopna rt et je
vivais d’autres vies... Assis à la fenêatrgeo nd,e jme onre wgardais défiler
les paysages et j’imaginais parfois dLeess dAelpsteisn,s .le.s. lacs Italiens,
les vallées moldaves ou les Carpates, la Loomu blaar dFioer êt $oire, des
villes grandioses ou des localités plus pes tdietms,e udres isolées perdues
dans la nature, qui me fournissaient toutess pdoeusr iudnée riche vie
imaginaire. Je m’ennivrais d’irréel.”
“Pas un jardin qui vaille celui de ”l a vpaenisét eécrit son oncle et ami,
le poète Charles Adolphe Cantacuzène, qui suvcecnaomibetr dàe une crise
19cardiaque dans une sou,p etnatendis que Georges croupissait à Aïud. A
quoi bon des poètes, du moment que les brutes éprraosipent en République
populaire de Roumanie...
“Pour le mome,n tcontinuait Geordgesv,a nt ma fenêtre, il ne passait
aucun paysage, mais seulement des cielsé,g ederss dcei eplrsi ntemps, des

19
On venait de le chasser de sa chère viedie lllaes tr maadias oBne rthel,o tdevenues trada
Popov.
20
Chap. I Happé par le goulag

ciels profonds de l’été ou de l’automne, edt ees nscuiietels enneigés. La
neige commençait. Vous ne savez pas comme esnutr iul nnee pirgison. Les
murs de chaux deviennent alors encore plusL ebsl afnicgsu.r es et les mains
blanchissent, les regards s’éteignent et’ életosu fvfoiexn ts. Et l’indifférence
alors commence à vous ankyloser. L’indiffoéurte enct eà sào it-même pour
commencer. Les flocons tombaient lentemenmt.b i$onosu se tnocore plus
lentement ; les murs qui nous englobaient t.o m$boauis eéntitons découplés
de tout. L’indifférence nous disloquait, aleunstseim meéntth,odiquement que
l’aurait fait une horlogerie. L’ombre du’ia ettexinsttiaoni t qencore en nous,
nous faisait assister à notre propre destoruucrqtiuooni. d oPnc avions-nous
encore un nom ? Comme les sabliers se videnrt sdaeb lel,u les mots se
vidaient de leur sens et nous nous vidions dper opnroetr eêtre. $ous
tombions indéfiniment.”

La lutte pour le pouvoir dans un pays af famé

Tandis que Georges flottait entre cie’le set-t àt-erdrie,r ec entre la vie et la
mort, dans les geôles communistes, la situéaratiloen cghénez les vivants de
Roumanie ne cessait de se détériorer et doeuvveanantiat bélpe$. o“s moyens
matériels sont épuisés. S’il nous reste queslqeu eà cvehondre, on ne peut
presque rien en tirer. On ne nous donne plkues tsd ed et ircationnement et
très bientôt nous ne pourrons plus payer notried iqeuno.t Dans les écoles, on
enseigne à nos enfants la délation, l’esepi opnanrajugree., lMais il règne
parmi nous une confiance et une foi extr.a oTroduisn anoiurse scroyons en
la survie de notre pays et, si nous sommeêst s àto unso upsr battre pour lui,
on préfèrerait qu’on ne nous laisse pas maouirmi ro due d uf fait de la haine
de ces cing” lééscrivait Marina Brancovan à sa soeur lSeaternrdea. en Ang
En d’autres termeAsu, secours ! Help !
Les dirigeants de la République populaid’rae uatrveas sioeuncti s, comme
par exemple montrer au grand frère qu’ilse sé tameiielnlte ulrs flagorneurs
de la classe. A l’automne de 1950 (le 8o n serpetbeambprtei)s a la ville de
Brasov evni lle Stali,n etandis que pour bien montrer que les Roumasii ns aus
avaient un grand homme (au pouvoir du respteti),sa o ne nb a1952 un
arrondissement de la caaprirotandlies sement Gheorghiu-,D equji jouxtait
l’arrondissement Lén i!ne
Ceux de l’ouest commençaient bien timidemeant nài soergr des aides vers
leurs parents de l’est sans ressoQuurecleqsu.’ u“n m’a demandé l’autre jour
si j’avais déjà rencontré Marthe Bibesco eet nsia ijes qpu’elle pourrait
envoyer quelque chose à sa belle-soeur Marcteallceu zèCanen( mère de
Georges) qui est dans la misère. Georges comme ons t le ns apriits,o ne,
son frère Emmanuel - toujours en mauvaises ts aenctéo r-e e plus mal et ne
peut gagner sa vie, son épouse est donc lraso nsneu lede p ela famille qui
travaille pour se nourrir elle et ses deu xs oenn fmaanrtis ,et sa belle-mère
21
Chap. I Happé par le goulag

Marcelle. Si Marthe envoyait un paquet de mtésd,i cdea mtemnps en temps,
20ils pourraient le vendre et cela aiderapeitu . uKna premtittz , qui était le
plus grand pharmacien de Roumanie, est aruéjfouurgdi’éh uài Paris. Il a
organisé l’envoi de paquets-type de médicatm elensts pdroinx vont de
1 500 à 5 000 fran(cdes 2 eu à 7 eu ).
D’un paquet on peut prélever une ou deux sb opuoteuri lle bacshish et
21le reste est du profit net pour celui qui praeqçuoeit .l eMarie Brae saco
envoyé plusieurs paquets de ce type et el lece dlait qfuoenctionne très bien.
22Je peux adresser à Marthe l’annonce de Ka rcmeist z ppaoquurets.”
Sanda, l’épouse de Georges, était en eftifeotn eénp iresltoalaire avec
Marthe Bibesco qui, de ses différentes visl lédgei aFturarence ou
d’Angleterre, lui envoyait des petites leotmtrpeas ssdie onc. Elle venait
même parfois rendre visite, à Sanda certsesi, màa sias paroutectrice Beryl
Benton devenue Lady Charnwood, à qui elle eennvsouyiatei t ses
remerciements Merci d’avoir été votre invitée sur les routesn t du K
accompagnés de sa note de taxi... Marthe u’gaà rldaa fjiunsq de sa longue
vie à Paris, quai de Bourbon, ce style ad’régmeintgéré.. .d éOsn peut donc se
demander si l’idée de la correspondante dea rmtehtetr e BMibesco à
contribution était bien efficace.
A cette époque du début des années 1950, las dviirie geadents
(communistes) roumains, était elle aussi , haseslaonr delues emodèle
introduit par Staline en URSS. Le Chef, cmâ’léeta diotm ilnea nt, à savoir
celui qui avait réussi à éliminer toute ,s one nneenmtoiusr aoug amis, sous
les prétextes les plus variés et les plust ociornetsr.a Ldei pcremier officiel
roumain à en avoir fait les frais, furt aLsucarentio,u aParrtêté le
28 avril 1948, c’est-à-dire deux jours as, parèsl oGres oqrgue’il était ministre
de la Justice 15 jours plus tôt. Ce communoiristqeu eh iéstat it nettement
mieux instruit (docteur en Droit de Leipzisg) c qoulel ègsuees et le faisait
sentir. Il passa six ans dans le goul aag prrèosu muan ipnr oectè,s inique, (où
l’on remarqua qu’il avait perdu une jcaommbmee.n..t o?ù) ,?. .i. l devait finir
fusillé à Jilava en 1954, à l’endroit mê méet é oùf usailvlaé ilte général
Antonesco, en 1946, quand Patrascano éta idte mliani stJruestice...
Gheorghiu-Dej avait craint que la mort t dcee lSltae ldie neB éeria, ne le
sortent d’affaire, il fit donc fusil,l ear uP apltruas svciaten.o

20
Père du producteur de films Marin Karmitz,cr eé tdaernti ené à Bucarest en 1938.
21
“professionnelle de l’assi”s,ta Mnacerie Braesco était présidente de CAROMAN, Comité
d’Assistance aux Roumains. cf. Neagu BDujcuavarersat ,- Paris – $iamey et , retour
l’Harmattan, Paris 2004, p. 28 . En mfea giént,ér ecuestet ec foenmtrastait dans le paysage des
émigrés pique-assiette. Sa fuite, réussi eà, trean vterras ilna Hongrie (dont elle ignorait la
langue) est passée dans la légende.
22
Lettre adressée le 17 février 1952, par Eyl lade OP’aKerills, en Angleterre à une amie de
Sanda Cantacuzène.
22
Chap. I Happé par le goulag

Ces luttes à mort pour le pouvoir n’avaien t spréiceinf idquement
roumain, puisque l’exemple venait d’en hàa-duit,r ec d’e stl-’est. On aura le
même scénario en Hongrie (Rakozi tuant RajTkc)h éceto sleonv aquie
(Gottwald tuant Slansky), le tout avec rdéeés pdreo ctoèus tecs pièces, aux
arguments variés, pour la galerie des miêtls ietat nptosu rb eenffrayer la
populace.
Gheorghiu-Dej, éduqué dans les geôles, dul roIiI Cpauiros du général
Antonesco, paraissait déjà préparé au rdôolmei ndae ntm âlmae lin, mais
dont l’esprit n’était pas encombré de conn aiinustsialnecs.e sPour tout esprit
censé, le séjour prolongé dans les geôles r onuema dionnnees d’évidence pas
un brevet d’aptitude à diriger un pays ! nMcaorie,s, ll’àe xemple venait
d’en haut ; Staline lui-même était un hagnbiestu éd ed eSsi bérie. Cela
donne par contre des gages de férocité et todr’deus.p rIilt n’y a donc rien
d’étonnant à ce que Gheorghiu-Dej ait bielne csyosmtpèrmie s de Staline.
Dès 1946, Gheorghiu-Dej avait fait aassan ssFionreirs ,S telfe chef
historique du communisme roumain. Devenu vicdee-ntP rdéusi Conseil des
ministres, au printemps 1948, 12 jours avstaantti oln’ adrer eson collègue
Patrascano, son action contre lui fut pdoéuter rmlien aconutel er ; non pas
qu’il fût coupable, mais un juriste foramé nàd el,’ aqulil evmous regardait de
haut de surcroît, n’avait rien à fairgeo td. aEn s acver imal r1i968, trois ans
après la mort de Gheorghiu-Dej, Foris et Psaertornat srcéhaanobilités par le
nouveau maître du pays, Ceausescu...

Au Canal Danube-mer oir e

Fin 1948, Staline avait demandé aux Rporuemnadrie nsu nd ep rorejet
envisagé à plusieurs reprises depuis le 1e9,èm es asinsè cqlu’on ait jamais
osé l’entreprendre : percer un canal allabe nàt dlua Damern uNoire, pour
permettre aux navires de court-circuiter u leD adneulbtea dodnt les trois
bras ne sont pas facilement navigables.
En outre, précisa Staline à plusieurs ris,n tcerel ocautneau l devalei t être
tombeau de la bourgeoisie ro.u mGahienoerghiu-Dej en fit son projet
préféré, entrant en cela en opposition avoe-cm osdceouvxi tpers de son
gouvernement, Ana Pauker et ‘Vasile Lucat’ .d eC ec apronjael était soutenu
par le Conseil pour l’Aide Economique RégioEnRa),l ec ’(eCsAt-à-dire que
l’URSS était partie prenante : les Soviéntiirqaueis efnot ulre matériel usagé,
déjà utilisé pour la construction du canna eln Vtroalgian- dDeo s’achever.
Les Roumains fourniraient les esclaves. iItl ds’’uaneg imséstahode bien
23mise au point par Staline en URSS, avec sneas tipronpare usext plus
récemment, avec ses prisonniers de guerre. Lebu roP oldiu t parti des

23
Euphrosina KersnovskaCoïaup,a ble de rien - Chronique illustrée de mag ovuilea ,ga u
Ed. Plon, 1994.
23
Chap. I Happé par le goulag

travailleurs roumains (dirigé par Gheorgchidua-D deojn)c 2 5d léme ai 1949
de construire lCae na.l Le gouvernement prit le même jour le décret
correspondant. Les travauCxa dnua lcommencèrent le 15 juillet 1949. Une
demi douzaine de camps de forçats furent edv’éas bloerd léolng du tracé du
futur cours d’eau artificiel.
Gheorghiu-Dej lui-même allait s’inspig rert du gNoKuVlaD pour
24tapisser la Roumanie de camps d’exterminas ctioonnc idteo yseen set pour
vicier la société roumaine pour des généreac tilo’nosr,ga anivsation
omniprésente de la Securitate.
Georges ayant été un des premiers arrêtés p(rodcèsl alama tion de la
République populaire d’où il avait ess aiylé fduet fuuni dr)es, premiers à
rejoindre à l’automne de 1950, la coloniaei rpeé nidet enPtieninsula,
25rattachée au village de Valea Neagra,d icuo.m muCnee cda’Omvpi était
situé au nord du lac saumâtre de Siutghiào l,l ’oàu e5st kdmu boulevard
Mamaïa, la grande plage à la mode sur l aAu cmuenr eN oiinrdei.cation ne
signale aujourd’hui cet endroit et, pourre nfeu ipra lse fatouiriste, le nom
sinistre de ce lieu sinistre, la Vaél lcéeh aNonigér ee,n a“L uémtina” (“La
Lumière !”). 8 000 esclaves appartenagnetn tsài al’ irnotuemlaliine sont
passés par cet endroit, mais près de lat pméorit.i é y on


24
Dans la province du Maramuresh,le Musée de“ MSéimgohreita, l de la résistance et des
victimes du communi”s mceonsacre sa Salle 5 à la représentahtioqnu ec daesr toggerôaleps du
communismeroumain.(http://www.memorialsighet.erox/.pihnpd?option=com_content&view=
article&id=112%3Asala-hartilor&catid=40 %a3Angp=afr rt)e r&Lal carte des plus de quatre-
vingts camps de travaux forcés, avec unei tféo rate udtoeunrs de Bucarest et dans la zone
située entre le Danube et la mer Noire ; els aq uacararten ted-cinq pénitentiers, répartis à
travers tout le pays ; la carte de soiaxmapsn ted-e trdoéipso rtcation dont la densité est très
forte depuis le Baragan jusqu’au sud de l;a s’ yMo lradajvoiutent : la carte des dix asiles de
psychiatrie politique situés en Valachiie,e ,d aenn sMo ldea Bav nat et en Transylvanie, ainsi
que la carte des soixante-quatre centrest de s dérépsôit dences obligatoires pour
condamnés politiques, répartis a trave rus nlee pplaus ysf oerte densité autour de la capitale ;
la carte des quatrevingt dix fosses communveése s rettr oulieux d’exécutions, avec une
densité plus grande au canal Danube-mer iN oqiur’ea, ua nionrds-ouest du pays clot cette
cartographie macabre. Le tout est rassembl é “gdraannsd el acarte”qui met en évidence la
densité des lieux de répression en Roumanie ctoem,m udneinsité encore plus forte au sud-est
du pays, depuis la capitale jusqu’à lLeas emxeprl iNociareti. o ns du principal auteur de ces
cartes, Romulus Rusan, sont fournies par ailleurs.
(http://www.memorialsighet.ro/index.php?optionc=ocnotem_nt&view=article&id=369%3A
la-geographie-et-la-chronologie-du-goulagt-irdo=u4m7a%3iAnb&rceviar-pentru-procesul-
comunismului&Itemid=154&lang=ro )
25Ovidiu : du nom du poète latin éxilé surd el els abo rmdesr Noire par l’empereur Auguste
au début de l’ère chrétienne.
24
Chap. I Happé par le goulag

“$ous avons été embarquéras, conte un rescapé, Aurel Popa, qui a pu
26témoigner dans trois wagons cellulaires du train, aoveurcs deu x j
nourriture : du pain, de la marmelade de dup rulanerds esat lé. $ous
sommes restés entassés là-dedans pendant trso,i sj ujsoquur’à ce que nous
ayons passé le Danube et nous sommes arrivlués gà rloass ep des colonies
du Canal, à savoir Poarta (ALalba P orte BlanchIel )y. avait ici de façon
permanente envir1o2n 000d étenus, tandis que la quinzaine d’autres
colonies pénitenciaires du Canal avaient idfes s de’efnfveircotn 5 à
7 000 détenus. Ici nous avons été triés : acevauxi equnit des peines de moins
de cinq ans ont été répartis dans les difofloénreientse se tc ceux avec des
condamnations allant de cinq à dix ans, ciotm moen cc’aé ts(a,et le cas de
Georges) ont été affe càt ésla colonie pénitentiaire “Peninsula”, dans le
village de Valea $eagra, commune de Ovivdaiiut ;là -ibla ys aquelque
6 000 personnes. Après être restés une nuit aà PAolbaart, nous avons été
transportés en camion à Penin(sLaula P éninsul eI)c.i nous sommes restés
quelques jours en quarantaine, en travailuliasnitn eas uàx céplucher des
carottes et des pommes de terre. Certains ’eanf fsoanmt égs oisnfrés, tout
crus, au-delà du raisonnable. Les condamndées dài xp luas ns avaient été
envoyés aux mines de plomb, en Buc(oaviunjeo urd’hui en Ukra eit nae)u
Maramuresh. Le travail au Canal a été la période la depl ums ad ure
détention de huit ans et particulièrement sle 1s 95a0-n1n9é5e2, (lorsque
Georges y étaita),n dis que l’année 1953 a été la moins pénii bélteé. J’a
affecté à une brigade de 80 personnes qui toduotremsa diaennst une seule
pièce, sur des lits de planches superposést aà gdesu xa évec des matelas de
paille. L’entassement était tel, qu’on der v(adei tp drofrim,li )sans pouvoir
se retourner. $ous étions soumis à des brigta àd iders peointeurs ; les
brigadiers, souvent d’anciens gendarmes det s pcarrifmoiinse ls de droit
commun, avaient droit de vie et de mort lseusr pnoiunst e;u rs surveillaient
le travail des bagnards et étaient là aucsosuir apoguer re lna délation entre
nous. 25 % des détenus étaient des mouchardusr.n éLea d ejo travail était de
12 heures plus les corvées, que chacun fani satoiutr .à Lsao ration
quotidienne était de 750 g de pain avec dud ec hlo’uo igoun on bouilli.
J’avais un paletot bleu-marine que je triasî nlea ilsy cdéep uoù un collègue
me l’avait donné à Aïud, il m’avait servi s.de Cem aptaeleatot a été
complètement détruit dans les premières sema Cianneas l dcuar je le portais
en travaillant. Du reste on volait tout daransq uneoss fbaaites de planches
de bois et de carton goudronné comme toit.


26
Aurel Popa Su,b semnul gulagu,lu iEd. Corgal Press, Bacau, 2001, chap. XnIeVt .: s u r inter
http://www.memoria.ro/?/location=view_arti9c5le. &id=14
25
Chap. I Happé par le goulag

C’est ainsi qu’on avait retrouvé mort le9 510er, aouû t c1amp voisin de
27Navodari, Adolphe Cantac, uzèanevocat, qui avait succombé à
l’épuisement et au froid car on lui avpaailte tovto.l éS osno nc rime ? On
28l’avait pincé à la sortie de la bibnlsitiotuhtè qfurae ndçea li’Is de Buc, arest
où il avait passé une fin de journée s tupdeineseurs e,q u’sialn offensait
quiconque... Hélas !
Quatre (sic !) membres de la seule famitlalec udzeèsn eC aonnt été à cette
époque envoyés au Canal : un architecteu,r udne s itnégléénpiheones, un
avocat et un juriste de l’équipe de Maniourt. sUunr epslta mce, deux sont
morts peu après leur sortie et le quatrièmie aà émréiugsrser à sa sortie du
goulag et est mort âgé, à Paris.
Mon premier travaciol,n tinue le rescapé Aurel, aPo pcaonsisté à porter
toute la journée des briques mouillées par ,l ad epluise la briquetterie
jusqu’à leur lieu d’utilisation. Après un mo’ias omni sm à charrier des
brouettes pleines de terre à 70 mètres du trCacnaé l d.Ju e devais ainsi
transporter 4 mètres cubes en travaillant doruezse phaeru jour. Les
gardiens nous parlaient toujours mal, caer ntte lles sé toardire sA. certains
endroits on voyait une paLn’chaomrmtee est le capital le plus p,r écei eux
qui n’est pas sans rapAprebleri t lme acht Fr ed’iAuschwitz et autres camps
nazis.
Les chantiers de cette colonie étaient n ovmabrieéusx. eLte plus grand
et le plus développé était “la Moustache” aimnés i dun omfait de la
ramification des voies ferrées qui partat ieet ndt ’daeu trpea rd’une seule
ligne. C’est ici qu’étaient déchargés les mwpaligs odnes rpeierres qui
venaient de la carrière proche de la ceinqtruae led ’tOhveidrimu II. Là, le
tracé du Canal passait à travers une collcinaei rdee. cCaetlte colline était
d’abord attaquée à la dynamite et les blosc sé tadéitaencth échargés par des
excavatrices dans des wagons russes, puise onna ilet sa au mchantier de la
“Moustache” où ils étaient déchargés par bats.c ulIecmie,n la pierre
déchargée sur le sol, était transformée pnaar rldes sà b caogups de masse et
de marteau, en pierres pour ballast de vso.i e s ferrée
C’est là que Georges travaillait à caress eàr lceosu ppsi deer masse. Il
devait faire par jour 0,8 mètre cube dcea psiseéerrse sp ocuorn le ballast, aux
dimensions d’une boîte d’allumettes. Il fut gurna vjeomuernt blessé. Un
wagon avait basculé sans crier gare et rGeeçoug eusn agrvoas ibltoc de

27
Oncle assez lointain de Georges et frère deA dCholaphrel esCa- ntacuzène, juriste et
diplomate, qui était mort un an plus tôta, ianu dlee nsodne mexpulsion de son d omicile.
28
“Le 2 mars 1950...lors d’une rafle opérée et n2tr1eh ,2 0àh la sortie de l’ancien Institut
français, trois fonctionnaires françaits qyu erélqsiudeas nR oeumains qui venaient de la salle
de lecture, ont été enlevés de force et meuné sl odcanl s de la police pol”i tiSquure .
décision administrative, les Roumains é6co pmèoriens t àd e2 ans de prison. Ils finirent au
Canal.cf. André GoUdnien ,passion roumaine, Histoire de l’Institiust, fErda. nlç’aHarmattan
1998. “Le coup de grâce : rafles à l’Ins2ti7-tu2t”2 8p.. 2
26
Chap. I Happé par le goulag

pierre sur la jambe qui lui avait fcraucsasnsté ulnees forsa, cture ouverte.
On l’avait laissé là, au soleil salnes mlouin dprreo dsioigune.r Il n’était pas
prévu de soigner les esclaves. Au bout de qjuoeulrqsu elsa jambe s’était
infectée ce qui lui causa beaucoup de lfaiè vgrae. ngPrèunies avait
commencé à s’installer. Georges eut tout de mê mce halance qu’un co-
détenu prît le risque de le soigner.
“Je m’endormais et je me réveillais sans mcaenssdea net nd ede l’eau. La
soif me torturait et le palais me faisaviat ims aà l peti nj’e avalé que je
redemandais de l’eau. J’étais devenu utnoert uvréer iptaoubrl em on ami....
Puis il m’a dit que je puais terriblemevnotu edrta qiut’ isel rendre compte si
je n’avais pas fait sur moi. Il s’est dopn ndée b emaul cpoouur tâtonner
avec une main d’où venait cette odeur.
Je ne m’étais pas sali, mais sous maoii tl am otuoilleée é tet la paille du
chalis où je gisais avait commencé à fetarmite ntoteutre ect héaude. Mettant
de côté la couverture, il comprit d’où veanantiet ulra : p udu pied jusqu’au
genou, je n’étais qu’une plaie pleine doec hpeus d;e lpau sp s’était ouverte
au talon et sous le genou. Là était la s opuurcaen tedeur ldaont parlait mon
29camarade.”
Georges eut la jambe sauvée, mais en ga rdtaor dul e etp itreèds
douloureux : il était estropié à vie. P eaut-cêctired ecnet tavait-il hâté le
départ de Georges de cette colonie du Cana dl’ epseculpalévees ?

Aïud à nouveau

Son livret de caisse d’épargne ‘CEC’ de ,p ripesromnent ideer situer
Georges de nouveau à Aïud au début de 1952. t Cdeuc ire setse confirmé par
un co-détenu qui aura vécu suffisamment loonugrte mpus blpier des
30mémoires sur “Les crucifiés d’après Yal.t a ”
“Parmi les hommes notables rencontrés dans lase cItIièom ne(c elle des
malades et des éclopiéls ),y avait l’architecte bien-connu Georges
M.Cantacuzène, descendant de la brillante efs aCaminltlaec udzène qui a
donné à notre pays des dirigeants remarquaebs leérsu deitt sd illustres (....).
Ceux qui l’ont connu dans leur jeunesse, paderl aluie ant vec admiration. A
part le fait d’avoir été un architecte ede f vuat luenu ré,c rcivain de talent.
Parmi les livres qu’il a écrits, celui qsuic caè s emué ruint é, fut “Isvoare si
popasuri”( “Sources et Repos” )où il évoque comme nul autre, la beauté du
pays moldave. Dans sa jeunesse, il avait rotneinquu el ad ecs harts
plastiques de la “Vie Roumaine” et on l’amveanti ta épgparélceié comme
peintre. Dans la cour intérieure de la jese lceti ovony aIIi,s quand on nous

29
Neculai PopCoabo,r ârea în ia(dl a descente aux enîfnecrhs)is,o are Pitesti -reeduc(3a)r e a
in:www.procesulcomunismului.com/marturii/fotnedsutiri/c/Poibiad/docs/cap5.htm
30
Ion AntoheR,a stigniri în România dupa, YEadl.t aAlbatros, 1995. p. 22 1-222.
27
Chap. I Happé par le goulag

sortait un peu à l’air. J’étais curieux dîetr el,e ccaorn naprès le
tremblement de terre de 1940, il fut impliqlueé pdraocnèss relatif à
l’immeuble Carlton, dont il avait fait l eq upir osj’eétt aeitt effondré la nuit
du tremblement de terre. A cause de celaté eiln faevramiét aéu temps des
légionnaires. Au procès, l’architecte Cantavacuizt ènme onatré que
l’entrepreneur et le propriétaire avaienot nm pordoijefti,é csonstruisant au
rez-de-chaussée une salle de cinéma, en spuopuprr icmealant plusieurs
poteaux de soutainement de tout l’édific ed.i scIul lpaé éetté acquitté. Je
restitue de mémoire ces informations données ppraers sel ade
novembre 1940. A Aïud je l’ai vu le plus sou vecnotm peangnie du
professeur Miti Gerota, de la Faculté de Druociat rdeest B(...) Il était
maigre et vieilli avant l’âge. Il avaétié t 1a95l2o,r s5,3 àa ln’s. Avec un
vieux béret sur la tête, le dos légèrement lvao ûftéi geutre assombrie par la
douleur, il se mouvait lentement, boitillaientd d(’.un. .p).”

Gheorghiu-Dej élimine ses concurrents (sui te)

Au moment même où Georges entrait pour la secfoindse à Aïud, les
luttes intestines entre les responsables de hesuerss ,m alvaient pris un
nouveau tour. En janvier 1952, Gheorghiu-Daejnt pdruo fictréneau
d’antisémitism eouvert par Staline, s’était dépeché d’aoul lpeor urà Mosc
avoir l’autorisation de se débarasser dêen euqruse l:q ueses s gcollègues
ministres des Affaires étrangères, des Fidnea ln’cIenst éreit eur. Trois d’un
coup et pas des moindres !
Staline avait été le premier à recondn’aIîstrae ell’ Eàta lta fin de 1947
dans l’espoir d’avoir un satellite à syaen boOtrtie eant.u MaMois il se sentit
cerné quand il vit le succès qu’avait t cae unporuèvse ld eEs taJuifs de son
31entourage tandis qu’Israel se tournait vers les USaA.n tp Doouré nav
Staline, le sionisme, le judaïsme et l’Améétariiqtu ec,o mcm’e bonnet blanc
32et blanc bonne. tDès 1948, il fit monter des dossiers, irle r fidet s prépa
procès contre les instigateurs Rdé’puunbel ique de Crimée ju,i veil fit
assassiner des Juifs en vue, fussent-ilcso mpéodèiteesn so,u Mme Molotova
fut destituée et disparut dans les caves dMuo loNtKoVv,D Mi; koyan et
d’autres, perdirent leurs ministères et Vyecvhiinnt smkin idstre des Affaires
étrangères d’URSS au début de 1949.
Le sommet de cette paranoïa fut atteint d,é buqt ua19n5d2 Staline se
sentit cerné par ses médecins... juifs. A lolrusi qup’reosncrivait un repos
absolu, vu sa tension et ses mini-attaqeus esà créprébtriatilon, il fit

31
Du mari de sa fille Svetlana à l’épouse edne pMoalosstoav,nt par Kaganovitch et bien
d’autres qui avaient fêté outre mesure lM’oascrorui vdéue pàr emier ambassadeur de l’Etat
juif, Golda Meir...
32
Simon Sebag MontefioreS,ta line-la Cour du tsar rou,g oep.cit., p. 597.
28
Chap. I Happé par le goulag

détruire son dossier médical et monter un pnrtorce èse sc omédecins ! C’est
ce moment-là que son émule, Gheorghiu-Dej, pcohuori asilt ler voir Staline
33pour se plaindre cdous m“opolitisme” de certains de ses collègues. Le
Roumain n’eut aucun mal à recevoir les bé nnéédciecstsiaoinsres, malgré les
tentatives de Molotov de défendre Ana Pauk,e r évcie dqeummient, avait eu
l’effet inverse ; il était lui-même su,r dlua f aseiltl edttee son épouse juive
34confiée aux bons soins du NK. V D
Rentré à Bucarest, Gh.-Dej commença à accuiselre ‘LuVcas’
d’opportunisme de droite, ‘Ana Paukopepr’o rtdu’nisme de gauche et
‘Teohari Georgescu’d édvei ationism ede droite, puis de gauche. Ils furent
tous démis du parti en mai 1952. Vis-à-vaisi ndse,s GRhou.-mDej jouait sur
la corde nationaliste et antisémite puoiunr dfae ilare emênm ej année, une
grande purge anti-juive dans les organoens deu dpiareysc.t iQuelque cent
mille Juifs purent alors quitter le paysi. tC eàl aGh -pDeermj de passer pour
le sauveur de la roumanité. Il n’empêchet qsuoev ilé’taiqgueen ‘Nicolski’
fut promu Secrétaire général du ministère drei eulr’. InTtéous ces
mouvements de personnes, ne changèrent pas graosned àc hla sauvagerie
des méthodes utilisées.

Aïud encore, la tentative d’évas ion

Ce qui se passait à la prison d’Aïud 9à5 2l,a q ufain d deG e1orges y
était, sous le règne du capitaine Dorobae ntbziue,n mqounetr rien n’avait
changé dans les méthodes utilisées.
“Dans une des salles de réunion de la sec tiy ona vIaIi,t ipllusieurs
intellectuels, malades chroniques et notamvmieinltl edse sp ersonnes, mais
aussi des plus jeunes, à la limite de le uarsr rfiovércs( dees ,la prison de
Pitesti à) l’épuisement total. A l’automne de 1952t,a ilene c aDopriobantzu,
commandant de cette pr(iAsoïund ), suivi de l’officier de service et de
plusieurs gardiens, est passé dans les cerl lfulaesi rpeo usortir les aptes au
travail, parmi ceux qui paraissaient lesd emso.i nEsn tmranlat dans la salle
de réunion, il donna l’ordre aux malades idre ssu’ra dseseuxo rangs, face à
lui, pour qu’il puisse bien les examinerm.a -la Qudeielle a s-tu ? demanda-t-
il au premier. - Je suis cardiaque, ruéxp opnrdoift eless evuire - Moi aussi je
suis cardiaque, à l’usine ! et il fit siigenne daeu pgreanrddre le vieux
professeur. - Et toi quel est ton nom et qtaue lmlea leasdtie ? - Moi j’ai mal
au foie. - Moi aussi j’ai mal au foie , fv.a.s. ,te à fla’uisriene ! Et
Dorobantzu passait d’un prisonnier à l’autrdea, nrt épionnvariablement -
Moi aussi je suis malade, va te fairene f !. .Il. f, iàn ils’suasit le second rang
quand il tomba sur Christophore Danco, un tyhpyes iaque p peu agréable,

33
Dans la langue de bois commucnoismstoep,o litism esignifijuadat ïsme ou sionism.e
34
Narodnîi Komitet Vnutrînieh Diel : Comité Podpeusl aAfifare ires Intéri eures.
29
Chap. I Happé par le goulag

mais malin comme un singe. Il avait ét ér éjopurtén aà lil’st“eUniversul”de
Stelian Popescu et au “Curentul” de Pamphil ,S epiucias riul s’était fait
moine avec une licence en Théologie et u.ne B ieenn Dqruoei tDorobantzu
le connût très bien, il lui demanda: - Tuoeill,e tum alsa qdie ? - Moi je suis
fou , monsieur le commandant. - Moi aussie, sDuaisn cfo,u j! - L’ironie
cinglante du détenu avait coupé le siffleatn tdzeu, Dcoarorb tout le monde
s’était mis à rire. Il essaya bien de dopn nder puine cd oduans le dos de
Danco, mais celui-ci l’esquiva à temps. uRx eanduu- dfeulàr ideu possible,
car les gardiens aussi s’étaient mis à sD’oersocblaanftfzue sre. retourna
brusquement, et renonça à continuer son ins p ection.
Il avait tout de même réussi à envoyer àe ltr’ausvianei ld des métaux,
beaucoup de gens physiquement inaptes au atrarmiva lieslq,u epls il y avait
35Georges. Son travail lui aura permis touetetrfeo idse dceô tmé 227,91 l ei
soit l’équivalent de 20 $ , en 18 moise n(t1s $ peat r1 1m ocis !).
En cette fin d’année 1952 il se produiesimetn t utonu té vàé nfait inouï.
Parmi les détenus arrivés du Canal à Aiïutd ,u ni hl éryo sa rvoaumain de la
Seconde Guerre mondiale, le pilote de charses e GTrehcéeoadono, arrivé en
361951 , un an avant Georges. Il avait monté suino np làa tnr odi’sé,v apour la
nuit de festivités du 20 décembre 1952, (aren ndiev eSrstaliine)... Cela
tourna au fiasco car, aprèdsé naonvcoéis rp aétér un co-détenu, il se cassa
une jambe en sautant du mur d’enceinte. Lest redse ufxu raenut retrouvés
dans la campagne, l’un exsangue deétn oln’caé uptare r une connaissance.
Greceano passa trois ansn idcahen s(z alraca) puis dix ans en prison. Après
procès, les deux autres furent exposés au printe mpcsr i1b9l5és3 ,de balles,
dans la cour de la prison où se trouvait Georges.
Dans tout le pays, le ver était donc défjruài td. aAnus lei eu de
s’entraider, les gends énsoen çaie ntles uns les autres, aux crapules de la
Securitate. Mgr Vladimir Ghika, qui n’oértae ient prais oenn,c l’avait déjà
bien ressenti dans la capOni tasel ev o:i t “peu car on est entouré de
dénonciateurs et de personnes libérées à codnedi tidoonn ner des
informations. Cela crée une atmosphère ir”r e(slpeitrtareb làe son frère, du
10 mars 1952).
Pendant les dix jours qui avaient suid’vAiï udl,’ évlaess ireopnr ésailles
envers les prisonniers avaient été épouvaonutpas bldees g(ocurdins
continuels, prisonniers rossés au hasard ,s ’éetac)i epnut ibsrusquement
arrêtées R: adio free Eur opaevait appris et diffusé depuis Munich la
nouvelle de l’évasion et des atrocités do’nAt ïulde,s aceu tdorités roumaines
avaient horreur.

35
Le 1er janvier 1952, le leu avait de noduivefaiéu, éaté um otaux de 1 LEU 1952 contre
20 lei de 1947.
36
Son frère ainé, l’archiviste Radu Grecead’nao rtoiflfliecrie r de réserve, avait été fait
prisonnier en Crimée en 1944 puis emmené commea evsec len URSS pour travailler pendant
4 ans dans la forêt sibérienne, malgréd el ’1a94rm4i estti lcee traité de paix.
30
Chap. I Happé par le goulag

“Alors Dorobantzu avait repris pour son propre ec, omspatns
l’approbation de ses supérieurs, une longue dpeé rriéopdression dans la
prison d’Aïud car il avait un tempérament érdoec eb êtbei efn avant d’être
nommé commandant de cette pr(i..s.o)n
Il avait institué plusieurs lieux de torltaur ep rdiasons. Dans la période
janvier-février et même mars 1953, très soutaveints cdeétrenus étaient
amenés dans le corps de garde à l’entrée .d eA plr’èuss ifnermeture des
lumières, ils étaient battus avec bestiasl iatéu ceut nesa rnais(o..n. .)U. n
jour de janvier, comme j’étais en service l’duesi nneui,t uàn gardien est
entré et a tendu un billet à notre surveillluai-nct i; s’ceest mis à regarder
dans ma direction et est venu me prendre :
- Allez, viens ! Je me doutais de ce qaurir iavellra, iet tm j’e me suis mis
à réciter ‘$otre père’ jusqu’à la porte. Drapsn sd el gcaorde il y avait un
officier et deux gardiens qui après av oliurm iétèerein tm ’laont frappé à
coups de gourdins de toutes leurs forces ;g ejea ipsr omtéa tête de mes
mains, mais cela découvra diot s meont le reste du corps. Les coups ont
continué à pleuvoir jusqu’à ce que je m’écaronuilem,é .i nIls m’ont trainé
hors de la pièce et ont rappelé mon surve imlla’ant rqauimené au travail,
mais je n’arrivais même pas à tenir sur m(e..s. ) j.aPlumsb etas rd, vers la
fin mars quand la Direction des prisons a qauip psrei s pcaessait à Aïud,
des procureurs sont venus de Bucarest pour e.nq uJê’teari fait un rapport
écrit sur ce que j’avais subi une nuit, et nl ep rjéocuir,sa l’nheure et le nom
des témoins et un autre camarade a fait dre l umi.êm eSu ipteou à cette
37enquête, Dorobantzu a été remplacé par le ocloelro”ne. l K
Peut-être que la dmuo rtp etit père des peucpl’es t-à-dire du pire satrape
oriental que la Georgie ait enfanté, i5n tmearversn u1e9 5l3e, après de
nombreuses attaques cérébrales, avait-eél lce eitten félvuoelnuction ? En tout
38cas Mme Polina Molotova revint aussitôt du pgourl aregtrouver son
cher mari, tandis qu’Ana Pauker échappea àn tu nsea enxs écdouutit on, grâce
à la mort de Staline, rentrait chez ellleeu sa. vEelcl ed etrsa bvailla quelques
années comme traductrice en résidence surveainltl éde, maourir dans son
lit en 1960.
Georges qui, après cinq ans de peine d evna aivt risolr ti/ rmai, ne sortit
pas. Au début d’août 1953, on le laissar aenvfeic n unp abirtlilet de train et
son maigre pécule. Il rentra à Bucarest iotù cthoaut négéta. Son père était
mort, sa belle-mère était morte, sa mère lvaiv achiat rdiet é, ses amis avaient
disparu, sa garçonnière du 65 de la str aLudpau aDivoaniisti eété
confisquée. Chacun avait peur de son ombre.

37
Grigore Caraza, op.cit.
38
Selon Simon Sebag Montefiore,op.cit., Polinav aMo lroatopporta du goulag la recette
suivante P:o u“r survivre en prison il faut trois chosaesv o:n dpuo usr rester propre, du pain
pour rester en vie et des oignons pour resntener esan nbt”oé .
31
Chap. I Happé par le goulag

Par contraste, et dans un but évident de e,p roopna agvnadit créé une
atmosphère de fête à Bucarest qui était de vleensu dpeouuxr premières
semaines du mois d’août 1953 une ville coestm opploeliintee de jeunes
venant du monde entier. La Roumanie accFueistlilvailt dle la jeunesse et
des étudiants pour la paix et l’amitioéc. cCae sifuotn udne faire connaître
le folklore roumain aux jeunes visiteurs aden ilea. MRaouims ceux-ci se
rendirent vite compte de l’état d’effroi tdae lel.a D acansp ile centre, sur la
Calea Victoriei, les rares bucarestoins rmeagarcrhdainte npta er terre, de
peur qu’on les voie parler à quelque inconnu.
Peut-être Georges en profita-t-il pour c olneftitreer puonuer les siens à
quelque journaliste étranger ou à quelque djieaunnet édteu la délégation
anglaise ? Toujours est-il que son épouse lreçtturte ucnoeurte mais
poignante, écrite en français avec unce oléicreir tusroeu sd ’céontrainte, au
lieu de l’écriture pleine de fantaisinen aqui’sosna liuti.. . cào tel point que sa
chère épouse crut à un faux ! (Fig. 2)
Bucarest, 15 août 1953. Sanda chérie,
Je suis revenu de mon voyage. Durant tou,t jc'aei tesamnpss cesse rêvé
de toi. Je vis pour te retrouver. Tout cem eq udei t l’doen nos enfants
m’enchante. L’absence est un désert qui mae rfseomisb lsea nps fin. Mais
39
tout arrive et heureusement pas seulemen.t l e pire
Ici tous les visages ont changé. En atéteanldiaté ndt ela t ar présence, je
nie le présent et me réfugie dans le par asdoiusv ednei rsm,e pseuplés par
ton image.
J’embrasse nos grands enfants, heureux dier plreosc hseasv ode toi et
formés par toi.
Mes pensées les plus affectueuses aux deux amies.
Je te serre tendrement dans mes bras. Quse bDéniiesus ev.ou GMC

Simulacre de libération : retour à la case P itesti

Juste après avoir écrit cette lettre, Gàe onroguevs efautu arrêté, sans que
ses proches sachent ni où il était ni p ounreqvueoui, . MaSotnei était
persuadé qu’un visiteur du festival, auiqut elc onifli éa suara lettre pour
Londres, l’aurait trahi et dénoncé.
La réalité était beaucoup plus perverse.
Les prisonniers qui se croyaient enfin sl itabrenst adep rtèraitements
dégradants, se voyaient repris sous un noufv eeat ure nmvootiyés au goulag
sans le moindre jugement ! On leur montraiut e alian siSe cquritate ne les
lâcherait plus.
Le sénateur Ticu Dumitrescu, qui avaeiutn epsases saé us ago ujlag, a eu
le temps de publier dans les années 2000, s sivoxl umgreas nde

39
Hélas, si !
32
Chap. I Happé par le goulag

témoignages et documents, avant de s’éteinadrce.o ntIel précisémelnet
simulacre de sa libération, le 28 a. o ût 1953
“Arrivant au bureau correspondant, je me suuviés dreevtaront deux
individus, l’un en civil, l’autre en unifcorumries ted.e Cs’éétaient des
officiers politiques du camp. Le civil a mceom fmaenicreé àla théorie de
l’humanisme communiste. Puis il m’a mis s ousn el ef eneuizlle avec un
formulaire imprimé complété à mon nom, en m’not rdsoèncnhaement :
“signe ici” Je les ai regardés longuemre nat ie td ijte: l“ejue dois d’abord
lire ce document” On aurait dit que je lejsu raiévsa, ims aiins j’ai tout de
même lu rapidement le formulaire. C’étaiat tliaon -dtéycplea,r dont j’avais
entendu parler et par laquelle on s’enga gseaa riet,s psoonussabilité, de ne
révéler à personne par où l’on était passé ee tl ’cone aquvait vu. Alors sur
un ton très calme je leur ai dit que je n e pasisg nuenrea ipareille
déclaration.
En une seconde ils m’avaient sauté dessuns neati emnet does coups de
poing et des coups de pied, en me jetant ledeurh obras rdaeq ue et criant :
“tu vas pourrir ici, sale bandit” !
Le lendemain matin, avec mon billet dee tl imbéara ftieouni lle de route
des chemins de fer à la main, j’attendaiss, deanntrse lele s deux portes,
ma libération. Beaucoup d’amis nous regarsdia qiuen td eauixn médecins
de l’infirmerie. Arrivent deux officie.rs Lpeo liltiiequtesnant-major me
demande ce que je fais là. A ma réponseda qiuse mj’aa ltitebénration, il m’a
demandé mon billet de libération. Je leu l ueit aaiu stseitnôdt il l’a déchiré.
“Des bandits comme toi, on ne les libère jat maei sp!r”e nEant par la
nuque, il m’a rejeté, au vu de tous, à dl’ui nctaérmiep.ur’
Eh bien, il arriva la même chose au margelsh equureiu xp oGuerotant
était déjà rentré chez lui ! Sa mère luise meantv agaitr dép ideeupuis
plusieurs années, quelques cuillères de Nue scd’aAfnég lereteçrre pour qu’il
puisse le déguster à sa sortie de prisonm.ê mIel pan’es uct e petit plaisir car
le Nescafé était tout moisi et pris en masse...
A la mi-août 1953, on vint le cueillvioyr erp ovuer rsl el er esninistre
bagne de rééducation de Pitesti. Le motif: Aonfcfiecni emle mbre P,$ L
ainsi qu’il aura été spécifié sur séorna btilolne. t Cdees ltrioib s mots écrits à
la main, valent toutes les enquêtes. On mgetntas iat ul egosulag, non pas
pour des crimes, ni pour des délits, ni peonuar nacep paà rtdes partis
fascistes ou extrémistes, mais pour ex-ap paaurt enPaanrctie National
40Libéral, le parti des Br aqutiia anuvaient créé la Roumanie moderne par le
travail, l’honneur et le bonheur.

40
BratianuF a:m “ille roumaine dont sont issus plusieurs homlimtieqsu eps de premier ”p lan
(Larousse). Deux d’entre eux sont morts au goeu lSaig hdet (réservé à l’élite politique pré-
communiste) : l’oncle, Dinu Bratianu et leeo rgnheev eBru aGthianu, l’ami d’enfance de
Georges Cantacuzène.Un 3ème cousin, Bébé Bratiat mnour,t deess suites de sa détention.
33
Chap. I Happé par le goulag

Située en pleine campagne, à une centaiètnres dae uk inloordm-ouest de
Bucarest, cette prison de la Securitate nacév asoint icnofmmâeme fonction
en 1949. Elle avait pour but de venir à broéusit sdtae nlcae physique et
morale des prisonniers politiques. Dans less parenmniéèers de
fonctionnement, il s’agissait surtout de sj,e uéntueds igaennts notamment.
On y pratiquait en permanence toutes les fgoirnmeas bliemsa de torture qui
mêlaient la boucherie, la scatologie,t . lL’eas vcioluipss edme ngourdin
pouvaient pleuvoir n’importe quand et n’impsoer tet roouùv aient les
prisonniers.

icolski à Pitest i

41 L’idée initiale semble due à ‘Nicolski’i aetn u Maquri n voJulaient
extorquer encore plus de renseignements aux pirierso nqnue lors de leur
arrestation, puisqu’ils étaient totaleemercnit .à Llaeu rp rmemière phase de
la rééducation considsétmaaistq uàe r l’extérie ucr’,est-à-dire à livrer sous la
torture des réseaux, des complices et avoueir medse,s gécnréralement
imaginaires. La seconde phase codnésmiastsaquietr àl ’intéri,e ucr’est-à-
dire les fonctionnaires ayant eu quelque ocuo mlpeas pssoilionciers ayant eu
quelque indulgence à l’égard du prisonniesri. èmLae pthroaise consistait à
se démasquer moralement en p uIbli cfa.llait dénoncer ses parents, ses amis,
abjurer sa foi le cas échéant. On connagnaît gelse s d’témtuodiiants en
théologie ou de prêtres orthodoxes qui furenét s o-bl isgans pouvoir y
échapper - de célébrer des messes à base dé’so bsect éndie tscatologie. La
quatrième étape dreé éldauc atio,n consistait à devenir soi-même tortionnaire
et à appliquer les phases de rééducationtu rep aàr sleas ctaormarades
d’infortune. Les prisonniers vivaient danbsr édees s dc’uhnae mvingtaine et
à tout moment du jour ou de la nuit, une deimine- doduez aco-détenus
pouvaient vous tomber dessus au moindre sigsnbairle sd. e s
On a eu de multiples témoignages de l’in tedriverenctiteo nde ‘Nicolski’,
par exemple U:n “beau matin, tous les malades furent solart isa dlalen se t
déshabillés, tout nus, pour qu’on fasse unei tpieonr qudies leur châlit.
C’était l’hiver, il faisait très froid, doan int otuosu tg naurs, pieds nus sur le
ciment sans qu’on ait eu le droit d’enfi lechr oqseue alquex pieds. Le froid
et les frissons me faisaient claquer dens mdeomntes.nt Au nu mouvement
dans la salle, les gardiens deviennent p,lu si lsb rcutraieuxnt très fort pour
qu’on les entende bien, et dans cette atmpoasprhaèîrte, faiper et renfrogné,
le criminel général $icolski qui nous regac rdhaitn ea.v eIl passe devant

41
Marin Jianu, celui-là même qui avaitè rfea diets aAfuf aminries tétrangères de Roumanie,
le 3 mai 1948, un rapport sur Georges, lonrsaqui’ti ld ev erater son évasion en bateau.
cf. Mircea Stanescu,http://mircea-stanes.ccoum.b/l2o0gs0po9/t07/la-securitate-des-prisons-et-
des-camps.html.
34
Chap. I Happé par le goulag

chacun de nous, nous regardant avec méprisn cett ém.é cAhrarivé devant
moi, celui en charge des malades, pour ns ev ofira, icreom bmience à me
présenter en décrivant l’état très grave daon ts oirlt im, ’la gangrène aux
deux jambes, de l’eau dans les poumons, piltues uinef eocttée, le tout guéri
grâce à ses soins. $icolski ne l’a pas nlaueirs,s él ucio nrtéipliquant dans un
hurlement qu’il n’aurait pas dû gâcher des nmtsé dpiocuar mce genre de
bandit, car cela appartenait à la clas set lqaubeo rliae useseule faveur que
nous méritions était de recevoir une balletê teda, nàs clain q par balle. Puis
s’approchant de moi toujours grelottant à dpioti le, ni lm e montrant du
doigt “Une balle c’est trop cher pour ce gaennrdei t.d eI lb en faut cinq
42(bandit sp)our une seule balle.”
Né Russe en 1915 en Bessarabie russe, le pse,t ifti lBso rdi’Alexandre
43Grünberg , devint Roumain en même temps que la Bessaurias bie, p
communiste. Devenu à nouveau Soviétique en 19c4 0l ’aocvceupation de sa
terre natale il fut alors recruté par le yNéK VcoDm. meE nevsopion
soviétique en Roumanie au printemps 1941, issli tôftu t caaputuré et
emprisonné sous le nom de ‘Nicolski’. Libéré Arpmaéer rlo’uge le
28 août 1944, il devint inspecteur danosu mlai pnoel,i tcrae vraillant pour le
NKVD. C’est lui qui, par deux fois, eudt esl avo ycahagesrg ed u maréchal-
prisonnier Ion Antonesco entre Moscou et Bucta rretsotu re. Il négocia
l’adhésion de bon nombre de légionnaires oammu npiastret ir ocumain dont
les adhérents étaient trop peu nombreux (sir ce n!s)ui pteo ules faire coffrer.
Le 30 août 1948 il devint directeur adjGoSiP n(t ddier elcati oDn générale de
la sécurité du peuple) autrement dit la dSiecriurgéiet aptae,r Pantélei
Bodnarenko, c’est-à-dire, en roumain, lei n‘tgiénléiréa’.l DPe ce jour
‘Nicolski’ sera à la tête des initianatiuvseéas lboensd epsl udse la Sécuritate.
L’organisation du système de rééducation d el uPi testti directement
imputableI. l fut pris dans la vague d’épuration q-ueD ejG heaorvgahiut
déclenchée contre ses compétiteurs en 1952, ienta pnrto fd’une poussée
d’antisémitisme de Staline. Nicolski rétuesrs ilta à rreesjpeonsabilité des
horreurs de Pitesatiu -dessu sde lui (le vice-ministre Marin aJui-anu) et
44dessous de lui (le tortionnaire local) Ttosutr cean nau ccusant l’Occident
de provocation. De Directeur adjoint de tlea, NSiecoulrisktia fut promu
Secrétaire général du ministère de l’Inténrei etruar. iOtne pas un agent du
NKVD comme un vulgaire ministre et de toute ef apçronbl èlme de
Gheorghiu-Dej était d’éliminer ses compétis teluerss ,a pgaents du NKVD.
A la place du vrai responsable “Nicolusrkcia”,n uc q’eusit Tsesra fusillé en
1954 avec quelques comparses, sans doute mppoêucr hleer s de parler.

42
Neculai Popa, Coborîrea în iad, op.cit.
43
Biographie de Nicolski par Marius Opre.a 5, 6o2p-. 5c6i4t . . p
44
Pour Tsurcanu, voir p.ex. Mirel LBraa Rno,u manie vingt ans après - Le chasseur de la
Securita,te Ed. du Cygne, Paris 2009.
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Chap. I Happé par le goulag

Nicolski fut un bon élève des pratiques staliniennes en somme (Yejov
chef du NKVD fut passé par les armes une fois exécutés les ordres de
Staline ; le même Staline se défaussa sur les Allemands des massacres de
Katyn).
Après lac hute‘ du communisme’ en Roumanie, ‘Nicolski’ conserva sa
bonne conscience et donna des interviews à la télévision roumaine en
rappelant que l’Inquisition avait causé bien des morts et des tortures sans que
le catholiscisme en pâtisse... Le communisme n’allait donc pas pâtir de ce
qui s’était passé à Pitesti ! Nikolski est mort dans son lit en 1992, plus de
deux ans après la fameruséveol ut‘ion’ de Mr. Iliescu, peut-être suicidé
comme il en annonçait l’intention dans son interview, mais sans avoir été
véritablement inquiété. On peut voir le ‘général Nicolski’ né Boris
45Grünberg, filmé, à la référence ci-dessous grâce à la dequel lnomebreuses
victimes l’ont reconnu, mais trop tard ; il était déjà mort dans son lit.
La prison de rééducation de Pitesti ne fut donc pas supprimée, mais sans
doute que les aspects de bestialité les plus notoires avaient disparu, au
moment où Georges y fut envoyé à la fin d’août 1953, lorsque la prison était
dirigée par le lieutenant de Securitate Victor Savu.
Marina la belle-soeur de Georges, n’en pouva iEt lplleus. ne pouvait à la
fois garder ses deux fils, Constantin et Mihaï, et travailler. Jusqu’au début de
1953 sa mère gardait les enfants tandis qu’elle ramenait l’argent du ménage
(Costi ,son mari, était toujours en prison). Maintenant que leur mère Lisbeth
avait disparu, Marina appela sa soeur Sanda A ngaleu tseerrceo.ur “s( …en)
46Je ne connais pas tes possibilités. La Tant epourrait peut-être contribuer
avec quelque chose. Pour être efficace ton aide mensuelle devrait être au
plus près de 60 $. Il faut envoyer un “ordre de payement” via la “Banque
RPR-Banque d’Etat” avec la mention “aide à ma soeur”. Si tu fais un envoi
télégraphique, ça vient très vite. Je te demande aussi, si tu pouvais
m’envoyer tes mandats à date fixe pour que je puisse organiser mes
dépenses mensuelles. Je sais que tu n’aimes pas écrire. Il est inutile que tu
me répondes autrement que de façon matérielle, la sensiblerie est restée
derrière nous, avec notre jeunesse et des habitudes vieillottes. Je t’embrasse
affectueusement. J’adresse mes chaleureux voeux de bonheur à ton garçon
et à sa fiancée. Dis s’il te plait à la Tante que je l’embrasse de tout coeur,
avec une pensée spéciale et affectueuse à la vieille gouvernante Marina.
Mon adresse : Rue Al. Popov 55, Arrond.Gh. Gheorghiu-Dej, Bucares”t.



45 http://video.google.com/videoplay?docid=-9173943128362062348#.
46
Tante Yvonne Ghika-Comanesti, née Baleano, soeur de leur mère, Lisbeth Stirbey. Tante
Yvonne avait eu la bonne idée et la possibilité de s’installer en Suisse avant qu’il ne soit trop
tard.
36
Chap. I Happé par le goulag

Après avoir dû subir dix longs mois der ééducation (sic !), Georges sortit
47enfin à l’air libre, le 21 juin 1954.

47
Si l’on en croit son billet de libération Nr. 428/953-1954 déliv ré le 21 juin 1954.
37