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UNE VIE OUVRIERE

De
217 pages
Une vie ouvrière retrace la vie d'une ouvrière du textile de Roubaix, Yvonne, qui reflète de manière étonnante la vie de la seconde partie du XXème siècle et les profondes évolutions qui s'y sont produites. Yvonne est née dans une famille d'ouvriers du textile, dans un quartier de courées à Roubaix, sans eau et sans électricité. Elle découvre le monde du travail à 14 ans, devient mère à 16 ans et croise la CFDT à laquelle elle adhère. Elle franchit tous les stades de responsabilités syndicales pour devenir en 1989 Secrétaire générale de la fédération mythique. Elle rencontre aussi le PSU, et se présente aux élections municipales de Wattrelos.
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© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
9782296545793
EAN : 9782296545793
Sommaire
Page de Copyright Page de titre Graveurs de mémoire Epigraphe Première partie - La construction Chapitre 1 - Le textile, une tradition familiale Chapitre 2 - Roubaix, ville ouvrière de tradition textile Chapitre 3 Nouveau quartier, nouvelle vie et émancipation -Chapitre 4 - Une adolescence débridée Deuxième partie - La confrontation au monde syndical et politique ; l’épreuve du radicalisme Chapitre 5 - 1967 : Nouvelle entreprise et adhésion à la CFDT Chapitre 6 - 1968 : Premières responsabilités syndicales Chapitre 7 - 1969-70 - Le monde syndical et politique Chapitre 8 - Pratique de l’engagement global Chapitre 9 - 1972-73 - Changement d’échelle Chapitre 10 - Conflits et découverte de l’autogestion Chapitre 11 - 1974 - Syndicats et partis Chapitre 12 - Responsabilité nationale, mais toujours le terrain Chapitre 13 - Conflit Deffrenne et congrès de Roubaix Troisième partie Responsabilité nationale ; pragmatisme -consensuel adossé au rapport de force Chapitre 14 - Dimension nationale Chapitre 15 - De congrès en congrès Chapitre 16 - Vers le secrétariat général Chapitre 17 - De Bolivar à Belleville Chapitre 18 - La commission exécutive Chapitre 19 - Épilogue Remerciements à Bibliographie
UNE VIE OUVRIERE
un demi-siècle de parcours militant
Christine Belsoeur
Graveurs de mémoire
Jean-René LALANNE,Le canard à bascule, 2011. Louis NISSE,L’homme qui arrêtait les trains, 2011. Danièle CHINES,Leur guerre préférée, 2011 Jacques FRANCK,Achille, de Mantes à Sobibor, 2011. Pierre DELESTRADE,La belle névrose, 2011. Adbdenour Si Hadj MOHAND,Mémoires d’un enfant de la guerre. Kabylie (Algérie) : 1956 — 1962, 2011. Émile MIHIÈRE,Tous les chemins ne mènent pas à Rome, 2011. Jean-Claude SUSSFELD,De clap en clap, une vie de cinéma (Récit), 2010. Claude CROCQ,Une jeunesse en Haute-Bretagne, 1932-1947, 2011. Pierre MAILLOT,Des nouvelles du cimetière de Saint-Eugène, 2010. Georges LE BRETON,Paroles de dialysé, 2010. Sébastien FIGLIOLINI,La montagne en partage. De la Pierra Menta à l’Everest, 2010. Jean PINCHON,Mémoires d’un paysan (1925-2009), 2010, Freddy SARFATI, L’Entreprise autrement, 2010. Claude ATON,Rue des colons, 2010 Jean-Pierre MILAN,Pilote dans l’aviation civile. Vol à voile et carrière, 2010. Emile JALLEY,Un franc-comtois à Paris, Un berger du Jura devenu universitaire, 2010. André HENNAERT,D’un combat à l’autre, 2010. Pierre VINCHE,À la gauche du père, 2010, Alain PIERRET,De la case africaine à la villa romaine. Un demi-siècle au service de l’État,2010. Vincent LESTREHAN,Un Breton dans la coloniale, les pleurs des filaos,
 N,IETTERC s Jacques,2 10.0 ,UAREURBOE-SSBOLE 
Les voies de la diplomatie,
2010. HélèneUne femme et son défi DURIN, Nice la juive. Une ville française sous l’Occupation (1940-1942), 2010. Charle
2 .010
« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »
Victor Hugo
Première partie
La construction
Chapitre 1
Le textile, une tradition familiale Lorsqu’Yvonne naît le 8 mai 1946, la famille compte déjà deux enfants, âgés de 15 et 13 ans, Jacques et Jacqueline. Le père, Alix, est revenu en 1945 de cinq années de captivité en Allemagne. Yvonne est ce qu’on appelle l’enfant du retour de guerre. La famille vit à Roubaix, rue du Fort, dans une petite maison donnant d’un côté sur rue, face à une usine et, par l’arrière, sur une courée à laquelle on accède par une entrée située au pignon de la maison ; de l’autre côté de cette entrée de courée est un estaminet, appelé encore « café dîneur », c’est-à-dire un restaurant à menu unique pour les ouvriers. Les maisons sont, comme la majorité des maisons roubaisiennes, en briques, parfois enduites de blanc, avec rez-de-chaussée et parfois étage, surmonté d’un grenier. Pendant la guerre, Henriette, la mère d’Yvonne, a vécu dans cette maison avec les deux aînés et sa propre mère. La grand-mère maternelle d’Yvonne, dénommée elle aussi Henriette, née en 1880, a élevé seule sa fille unique ; elle vient vivre pendant la guerre de 1939-45 avec sa fille en l’absence de son gendre, prisonnier de guerre. Elle retourne vivre, après la guerre, dans sa courée à Roubaix, rue des Récollets, dans le quartier du « Cul de four ». Une courée, ce sont dix à trente maisons sur deux rangées, un point d’eau au milieu avec un robinet et un lieu d’aisance en extrémité de chaque rangée. Les maisons sont de quatre pièces, sans électricité, mais avec le gaz. Les courées Dubar et Dekien sont, aujourd’hui, l’un des rares témoignages de ce type d’habitat à Roubaix. A l’origine indépendantes l’une de l’autre, elles sont formées de deux rangées de maisons se faisant face de part et d’autre d’une bande de terrain. Nées avec lexplosion industrielle du XXème siècle, et surtout celle du travail textile, les courées représentaient un moyen économique et rentable pour loger la main-d’œuvre locale et étrangère. Deux types de maisons se juxtaposent : des maisons à otil (ainsi appelées car le premier étage accueillait le métier à tisser), d’aspect rural, datant des années 1840, et d’autres, plus tardives, des alentours de 1880. Van der Meersch, dans son romanQuand les sirènes se taisent1, fait vivre ces courées du quartier des Longues-Haies, celle des Malcontents ou celle des Hospices : « Tout était abandonné, comme mort. Seule, la partie la plus proche de la