Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 15,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Vic Vogel, histoires de jazz

De
324 pages
Hongrois d’origine, fils d’un violoniste éleveur de chevaux, Vic est l’enfant doué du jazz. Musicien, arrangeur, chef d’orchestre et compositeur, il a joué aux côtés de Miles Davis, d’Oscar Peterson, de Sammy Davis, de Michel Legrand. A accompagné Barbara, Eddie Constantine, Alys Robi, Véronique Sanson. La liste est longue. Figure célèbre du Festival de Jazz de Montréal, Vogel est une institution. Rebelle, rigoureux, flamboyant, il est le premier à avoir redonné un souffle aux créations du grand compositeur André Mathieu. Vic a été le « son » d’une kyrielle d’émissions à Radio-Canada, l’âme chérie de centaines de cabarets de Montréal, l’intouchable des nuits interlopes, séduisant par sa personnalité et son inimitable talent. Ce Lion, marginal et rompu aux principes d’une bonne éducation, a la classe des êtres uniques et incorruptibles.
Ce livre est un portrait hors du commun, dense, riche et rempli de curiosités – un regard unique sur une star sans prétention. Étayé de photographies, Vic Vogel Histoires de jazz survole toute la vie du musicien pour, parfois, s’attarder sur quelques épisodes marquants. Enfance, conquête du piano, découverte de la rue et du monde, coups de cœur et déceptions. Mais aussi les bars et les amitiés, la rencontre exaltante de Lennie Tristano, l’aventure des Jeux olympiques, la descente aux enfers – la famille – et la vision du jazz de Vogel.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Putain d'Olivia

de 13e-note-editions

Séraphin

de les-editions-quebec-amerique

Correspondance

de les-presses-de-l-universite-de-montreal

t
MAR i E DESJARD i NS
Vic
VOGEL
Préface de Mario Roy Histoires de jazz
portrait
ISBN PDF 978-2-89721-060-1 editionscram.commonarétlVic Vogel

ijehezsidrstaoz A
A
La voie de l’innocence Montréal, Humanitas
Marie Montréal, Humanitas
A A
Jehane Benoit, le roman de la grande dame de la cuisine canadienne
(avec Marguerite Paulin), Montréal, Les Éditeurs réunis
Sylvie Johnny love story Montréal, Transit éditeur
A A
Nelly Arcan de l’autre côté du miroir (avec Marguerite Paulin), Montréal, Les Éditeurs réunis
Les Forget, luthiers depuis un siècle Montréal, Éditions au Carré
Les yeux de la comtesse (Sophie de Ségur, née Rostopchine) Montréal, Humanitas
A
Chroniques hasardeuses Montréal-Paris, L’Étincelle éditeur
Biograffiti, Réflexions spontanées sur la biographie Montréal, L’Étincelle éditeur
A A A
L’œil de la poupée Irina Ionesco, Paris, Éditions des femmes
Geishas et prostituées Hidéko Fukumoto, Nantes, Éditions du Petit véhicule
Femmes à l’aube du Japon moderne Hidéko Fukumoto, Paris, Éditions des femmes
A
Moi, Charles Manson (Marlin Marynick), Montréal, Cogito Médias
Histoire, fables et théorie du tai chi chuan (Irving Leong), Montréal, Humanitas
noitesgcrutdsrqtnnroêiitsreohbololmoucenueosbiisssseusiipsgbisssmersneourqeiuhmpmrdMarie Desjardins
Vic Vogel

portrait
zzsrojheidtsieaLes Éditions du CRAM
1030, rue Cherrier, bureau 205
Montréal (Québec) Canada H2L 1H9
Téléphone : 514 598-8547
Télécopie : 514 598-8788
www.editionscram.com
Conception graphique
Alain Cournoyer
Photo de couverture et photo de l’auteur
© Michel Leuk
II est illégal de reproduire une partie quelconque de ce livre sans l’autorisation de la maison d’édition.
La reproduction de cette publication, par quelque
procédé que ce soit, sera considérée comme une violation du droit d’auteur.
eDépôt légal – 3 trimestre 2013
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
Copyright 2013 © Les Éditions du CRAM
Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt
pour l’édition de livres — Gestion SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada
par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour nos activités d’édition.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et
Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Desjardins, Marie, 1961-
Vic Vogel : histoires de jazz
(Portrait)
Comprend des références bibliographiques.
ISBN Imprimé : 978-2-89721-059-5 PDF : 978-2-89721-060-1 EPUB : 978-2-89721-061-8
1. Vogel, Vic. 2. Pianistes - Québec (Province) - Biographies. 3. Musiciens de jazz - Québec
(Province) - Biographies. I. Titre. II. Titre : Histoires de jazz.
ML417.V63D47 2013 786.2’165092 C2013-941438-X
Imprimé au CanadaÀ mes parents, qui ont connu cette époque heureusePréface
Le son, le génie, le destin
La musique, c’est du son. Du son produit avec une
virtuosité variable, organisé avec ou sans génie – si c’est avec,
l’expérience devient sublime. Mais ce qu’on entend, et qui
enthousiasme, et qui émeut parfois au plus profond de son
être, c’est d’abord le son produit par des instruments et, le
cas échéant, par des voix.
Ça semble évident.
Pourtant, dans les savantes analyses qu’on fait des
performances musicales, la musique est rarement
considérée sous cet angle. On intellectualise trop la musique.
On l’autopsie, la découpe, la trie, la compare à l’avant et à
l’après, la nomme, l’étiquette puis la dépose sur la tablette
idoine. On l’entend, mais on ne l’écoute pas suffsamment.
Beaucoup de cerveau, peu de cœur.
Alors, voici une conclusion toute simple à laquelle j’en
suis venu après avoir bourlingué pendant un certain
nombre d’années autour des scènes de Montréal et d’ailleurs :
qui n’a pas entendu le big band de Vic Vogel au Grand Café
(à l’époque où, à cet endroit, on ne servait pas encore du
tofu !) n’a pas une connaissance parfaite de ce qu’est la
musique.
De ce qu’est le son. Peut-être même le génie.
En haut d’un court escalier, la salle était divisée en deux :
une moitié pour le public, une moitié pour l’orchestre –
j’exagère à peine : un big band, ça prend de la place. On y
9c v
buvait sec, on y fumait beaucoup. Les musiciens entraient
en désordre, mais respectueusement, avec leurs belles
sculptures de cuivre à la main. À mon souvenir, Vogel était
le dernier installé. Il était magnifque, magnétique,
majestueux. Il toisait sa bande, remuait du papier, grognait un
peu, allait dans un sens et dans l’autre, s’abreuvait,
grognait encore, s’ébrouait. Enfn, faisant danser ses doigts, il
donnait le signal. Ce qui se passait à ce moment-là
échappe aux mots.
Le son !
Pendant plusieurs minutes, chacun demeurait pétrifé,
assailli par une masse sonore d’une puissance et d’une
magnifcence dont on n’a pas idée si on ne l’a pas entendue.
Une fois remis, on se mettait à goûter le rythme,
irrésistible, envoûtant. Puis le délice suprême : les arrangements
de Vogel, uniques, tout de suite reconnaissables. Un
complexe enchevêtrement des lignes mélodiques données par
chaque instrument et participant à la construction d’un
édifce sonore à l’architecture toujours logique, mais par -
fois déroutante ; dense comme la pierre, mais pleine de
fnes enluminures.
Au fl de ce que vous lirez plus loin, vous constaterez que,
dans ce qui est souvent une sorte de dialogue émouvant
entre Marie Desjardins et Vic Vogel, il est souvent question
de Jean-Sébastien Bach. Ce n’est pas un hasard. Il y a en
effet beaucoup de parallèles à établir. Bach aimait le son
(c’était aussi un technicien des grandes orgues), aimait
viscéralement la musique, la pensait moins qu’il la faisait
vivre, élevait des monuments musicaux ciselés à partir
d’une rigoureuse mathématique, mais desquels naissait,
naît encore et naîtra toujours un sentiment d’élévation
presque mystique.
L’élévation que procure le contact avec la beauté.
10
eloivgs de j
x
La musique de Vogel échappe aux mots, on l’a dit. Aussi
Desjardins s’est-elle beaucoup et habilement attardée à
l’homme. Ce n’est pas moins intéressant. Car on trouve
deux hommes, pourrait-on dire, chez lui. L’homme
modelé par une époque, un lieu, une histoire, une famille. Puis
l’homme de Montréal – en fait, l’une des plus parfaites
incarnations humaines de l’essence même de cette ville.
x
Chacun peut passer une vie à fouiller ses propres raci-
enes – c’était un thème cher au grand romancier du
siècle, Georges Simenon, qui y a consacré des pages profondes
et éclairantes. Les racines de Vogel – de son père, Mathias
Vogl – sont plantées dans le sol de l’Empire
austro-hongrois, nourries du sang d’ancêtres tziganes, formées sous
infuence allemande, arrachées par une des multiples
crises de folie autodestructrice qu’a vécues l’Europe.
Il est crucial de le savoir. Car il restera beaucoup de cela
chez l’homme-orchestre destiné à être célèbre, né et élevé
dans un petit lopin du vieux continent transplanté rue de
Bullion. C’est-à-dire au cœur d’un quartier où on parle dix
langues, où on trime dur, où la famille est une ancre, où
les hommes « chantent, rient, jouent la musique des pays
laissés derrière », écrit Desjardins.
C’est avec ce bagage que l’enfant, puis l’adolescent, puis
l’homme Vogel suivra son destin. Qu’il s’imprégnera de
l’Amérique, de son rythme, de sa musique.
Il changera, bien sûr, comme tout le monde change. Mais
quiconque a la chance de le rencontrer voit tout de suite la
part de lui-même venue d’un autre continent et d’un autre
temps. Le regard et le port de tête. Une certaine
conception de l’honneur. La foi en la noblesse de la belle ouvrage.
11
xzzaoshxtriiec v
La fusion réussie de l’idéalisme et du pragmatisme, de la
souplesse et de l’obstination, comme on voit chez les gens
qui ne tiennent rien pour acquis, savent que rien ne leur
est dû, mais ont confance en leur étoile. Les gens qui,
toute leur vie, nourrissent un grand projet.
Or, ce projet, Vogel l’a entrepris et poursuivi ici.
A-t-on remarqué ? Dans beaucoup de biographies
consacrées à des héros – heureux ou malheureux – campés
dans le décor montréalais, c’est ce décor, c’est Montréal,
qui vole la vedette pendant quelques pages. Telle est sans
doute la puissance de la métropole. Je pense par exemple
à Souvenirs de Monica, de Georges-Hébert Germain (1997)
où on voyait vivre le Red Light de l’après-guerre. Il n’est pas
impossible que, entre le Forum et la rue Panet, j’aie cédé
aussi à la tentation dans Gerry Boulet / Avant de m’en aller
(1991).
Alors, comment Marie Desjardins aurait-elle pu y
échapper ?
Dans son Montréal à elle, qu’elle emprunte
évidemment à Vic Vogel, on voit défler les personnages, les
événements et les lieux qui ont pendant trois quarts de siècle
fait de la ville ce qu’elle a été et ce qu’elle est, dans sa petite
comme dans sa grande histoire. André Mathieu, Vic
Cotroni, Camillien Houde, Oliver Jones, Alys Robi. Expo 67, les
Jeux olympiques de 1976, le Festival international de jazz.
Schwartz’s, le Faisan Doré, les trottoirs de Saint-Denis et
de Crescent, la Place des arts.
On peut imaginer Vogel tenant compagnie à n’importe
lequel de ces personnages, prenant part à l’un ou l’autre de
ces événements, fréquentant tous et chacun de ces lieux,
on estimera toujours qu’il est à sa place, qu’il est à l’aise,
que cela fait partie de sa vie.
Vic Vogel, c’est l’homme de Montréal, voilà.
12
eloivgs de j
Il aura bientôt quatre-vingts ans, est-ce possible ? Est-il
content de lui et de son œuvre ? Est-il serein ?... Il dit à
Marie Desjardins : « La musique a toujours été ma meilleure
maîtresse. Tu sais toujours tout avec la musique, où tu te
situes, il n’y a pas de trahison. La musique est très spéciale.
Elle n’aime pas n’importe qui…. »
La musique a toujours aimé Viktor Istvan Vogel. Et lui
l’aimera toujours en retour.
M ,
13
zaertoaitortiahruiuonslrszeaetoyuiejraV ant-ProPos
On pourrait dire que Vic Vogel est au jazz ce que Balzac
est à la littérature, Claude Lelouch au cinéma français ou
Robert Roussil à la sculpture : un créateur à part,
intraitable, unique, tenant à la fois de l’intouchable et du mouton
noir. Indubitablement estimé par des pairs et un public
fdèle, Vic Vogel demeure en effet en marge et à la fois au
centre du monde dans lequel il évolue depuis soixante ans,
suscitant les éloges, mais également le mépris,
l’indifférence et les critiques étriquées. À propos d’une telle situation,
Adèle Hugo écrivait à Victor, son célèbre mari : « Tes ailes
sont maintenant si grandes que les autres ont soudain mal
à leurs moignons racornis. » Voilà tout Vic, cet être libre aux
ailes déployées qui s’est pourtant volontairement ancré à
Montréal, sa ville natale et d’adoption, alors que le talent, à
défaut des circonstances, aurait pu l’emporter sur la route
du succès partout sur cette petite planète.
On n’écrit pas la biographie d’un être vivant. D’abord, et
bien évidemment, parce qu’on n’a pas le fn mot de
l’histoire. Mais aussi – et surtout – parce que la biographie est
le genre le plus exigeant, bouleversant, retors et
contraignant qui soit. On veut tout dire : on ne peut pas. On voit :
on doit fermer les yeux. On déduit : on doit garder pour soi.
Du reste, raconter que le phénoménal Einstein, ce génie, a
laissé croupir un fls schizophrène dans un asile pendant
que lui tirait la langue aux photographes, est possible ; le
savant est mort en 1955, et la mère dudit fls sept ans plus
tôt. De toute évidence, dans ce cas de fgure, il y a moins
de monde à blesser. Mais se lancer, par exemple, dans une
15c v
description analytique de Vic et l’amour, de Vic et les
femmes, ne peut, pour l’instant, se faire. Seulement s’aborder.
Sans saborder… Idem pour la plupart des intrigues, des
mesquineries, des retours d’ascenseur, des paroles
malheureuses, des envies et des manœuvres des petits nids
de crabes du milieu. Or c’est bien le plus diffcile, car ce
sont surtout les coulisses qui intéressent le biographe, là
où tout se joue – ce qui s’est réellement produit dans la vie
du personnage, ce qu’il a profondément ressenti tout au
long d’une vie d’épreuves, de succès, ou des deux.
Aussi : comment soumettre une « biographie » au
biographé lui-même, c’est-à-dire au jugement des yeux verts de
Vic, les yeux de la liberté, de la franchise, de la séduction,
de l’innocence – car il l’est – bref, aux yeux de la lucidité ?
Qui s’y risquerait sans manquer de la plus élémentaire
modestie ? Et sans craindre quelque remarque à la Vic, un
commentaire cinglant qui fait que l’on veut se retrouver
dans un trou de souris : « C’est stupide ! » « C’est
dégueulasse ! »
Jean-Charles Guinand, propriétaire du Grand Café dans
les années 1980-1990 (là où Vic répéta pendant des années,
et s’amusa aussi, bien évidemment), m’avait bien
prévenue. Vogel, dont j’allais faire la connaissance un soir de
1989, un des plus grands jazzmen d’Amérique, était bien
plus qu’une personnalité, mais un être viscéralement
intolérant à la bêtise, à la niaiserie. Exigeant, fort. Un être qui
me faisait peur d’avance. « Un grand seigneur », affrmait
Jean-Charles qui l’admirait et le vénérait, sans pour autant
être une carpette. Car les deux hommes étaient – sont –
amis. Et de préciser : « S’il t’aime, il va t’aimer ; sinon, c’est
sans appel. » J’étais bien loin de pouvoir imaginer que,
vingt ans plus tard, Jean-Charles me demanderait d’écrire
sur la vie de ce géant…
16
eloivgs de j
Lorsque le seigneur apparût enfn, je pris sur moi d’avoir
l’air de tout, sauf d’une midinette. Je me souviens d’un
sourire, vrai et généreux, de la lumière dans ses yeux – ça
pétillait de vie et d’intelligence – ces yeux que j’observe
aujourd’hui quand Vic me raconte sa vie au fur et à mesure
des questions que je lui pose. Car il faut bien l’écrire, sa
vie… Ou du moins raconter ce qu’il m’a raconté.
Et pourtant… Travaillant depuis quelques années déjà
sur la biographie, sur ses enjeux et sa raison d’être, je ne
me leurre pas : l’entreprise est imposante, risquée comme
un parcours en voiture par une tempête de verglas mais
attirante comme le personnage lui-même, qui a cent,
mille, dix mille histoires à raconter sur son existence et sur
le jazz – sa passion. Histoires vraies, histoires embellies,
histoires adaptées voire parfois fabriquées, car Vic aime
s’amuser… Comment résister à la tentation de le
décortiquer, de décrire sa psyché selon ses confdences et mes
déductions ? Cela ne peut se faire, et pourtant cela se fait,
depuis les tout premiers témoignages humains. En vérité,
on ne peut écrire que « quelque chose » sur quelqu’un, c’est
tout. Or, en dépit de toutes ces considérations, quand on
m’a demandé si je pouvais « faire la biographie » de Vic, j’ai
dit oui. Par amitié, par respect, et parce que le sujet est
incontournable. Cela dit, pendant de longues semaines (des
mois), je me suis heurtée à l’angoisse, trébuchant dans
toutes les feurs de l’entreprise et surtout dans les ronces
et les cactus.
Puis, un 25 janvier, au Bar Fly, rue Saint-Laurent, je suis
allée entendre Vic Vogel et Le Jazz Big Band. C’était la
première répétition de l’année 2010. Tout le monde était là :
Vic, ses musiciens, des amis, des fans et son agent, Bob
Pover. « Ça avance ? Tu as commencé ? » me demanda-t-il.
Comme je ne pouvais que lui balancer des incertitudes,
17
zaezshtiiorc v
j’ai plutôt posé une question, histoire d’avoir une attitude
positive, comme Vic en a une, fondamentalement : « Que
souhaiterais-tu lire dans cette biographie ? Parce que tu
sais, la biographie, c’est un genre complexe, etc. » Alors
Bob m’a regardée avec un sourire, puis il a déclaré, comme
s’il s’agissait de la plus grande évidence dans toute cette
affaire : « C’est simple : une belle histoire sur Vic Vogel. »
18
eloivgVic
VOGEL
Histoires de jazz
Hongrois d’origine, fils d’un violoniste éleveur de chevaux, Vic est
l’enfant doué du jazz. Musicien, arrangeur, chef d’orchestre et compositeur, il a
joué aux côtés de Miles Davis, d’Oscar Peterson, de Sammy Davis, de Michel
Legrand. A accompagné Barbara, Eddie Constantine, Alys Robi, Véronique
Sanson. La liste est longue. Figure célèbre du Festival international de jazz de
Montréal, Vogel est une institution. Rebelle, rigoureux, famboyant, il est le
premier à avoir redonné un souffe aux créations du grand compositeur André
Mathieu. Vic a été le « son » d’une kyrielle d’émissions à Radio-Canada, l’âme
chérie de centaines de cabarets de Montréal, l’intouchable des nuits
interlopes, séduisant par sa personnalité et son inimitable talent. Ce Lion, marginal
et rompu aux principes d’une bonne éducation, a la classe des êtres uniques
et incorruptibles.
Ce livre est un portrait hors du commun, dense, riche et rempli de curiosités –
un regard unique sur une star sans prétention. Étayé de photographies,
Vic Vogel Histoires de jazz survole toute la vie du musicien pour, parfois,
s’attarder sur quelques épisodes marquants. Enfance, conquête du piano, découverte
de la rue et du monde, coups de cœur et déceptions. Mais aussi les bars et les
amitiés, la rencontre exaltante de Lennie Tristano, l’aventure des Jeux
olympiques, la descente aux enfers – la famille – et la vision du jazz de Vogel.
Auteur de romans, d’essais, de biogra- se distingue par une singulière
profonphies, de critiques littéraires polémiques deur psychologique. Elle livre aujourd’hui
et de nombreux portraits dans divers ma- cet hommage littéraire à Vic Vogel après
gazines, Marie Desjardins a récemment l’avoir longuement rencontré,
minutieupublié Sylvie Johnny Love Story et cosi- sement écouté, toujours aimé. Un des
gné des essais sur Nelly Arcan et Jehane grands personnages de ce monde.
Benoit. Dans chacun de ses ouvrages, elle
Imprimé au Canada
ISBN Imprimé 978-2-89721-059-5
ISBN EPUB 978-2-89721-061-8 portrait
ISBN PDF 978-2-89721-060-1 editionscram.com portrait
Photo de couverture et photo de l’auteur : © Michel Leuk

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin