Vive l'impôt !

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« Il faut se rendre à l'évidence : en France, l'impôt sur le revenu ne touche que 49% des ménages et ne représente que 17% des recettes fiscales ? quand la très discrète TVA en constitue 47% ! La CSG déroge au principe de progressivité de l'impôt. Les cotisations patronales, assises sur les salaires, épargnent les profits des actionnaires mais pénalisent l'emploi. Les niches fiscales se sont multipliées. Et les nouveaux capitalistes, principaux bénéficiaires des réformes, ne sont plus porteurs du dynamisme économique. Car le théorème d'Helmut Schmidt, « les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain » est désormais faux. En réalité, les profits d'hier sont l'épargne d'aujourd'hui et le chômage de demain. Tandis que les inégalités explosent, creusées par les nouvelles injustices fiscales, la politique publique qui symbolisait la main visible et raisonnée du citoyen, armé du suffrage universel et de l'impôt progressif, est accusée de tous les maux. Après la parenthèse libérale ouverte par la gauche en 1983, la droite bonapartiste, Nicolas Sarkozy en tête, a elle-même soldé son passé gaulliste pour afficher sans honte un visage néoconservateur. La vieille valeur républicaine d'égalité cède la place à l'équité et l'on promeut du même coup l'inévitable « discrimination positive », instituant et stigmatisant la figure de l'exclu ! A l'heure où l'Etat social est, « réforme » après « réforme », sacrifié au profit d'une nouvelle société de rentiers, il devient urgent de réinventer l'impôt, dans le cadre d'une harmonisation fiscale « par le haut », nécessaire à l'intégration européenne. Universel, c'est-à-dire payé par tous, et fortement progressif, l'impôt redeviendra, en France et dans toute l'Europe, un attribut essentiel de la citoyenneté, la trame du lien social républicain, l'ami de la croissance, comme il le fut au cours des Trente glorieuses et l'est toujours dans les pays nordiques, le garant dans notre pays d'un modèle social et d'un service public justes et performants, qui restent encore les plus sûrs indices du développement .» L.H.-N. .
Publié le : mercredi 17 janvier 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246707493
Nombre de pages : 140
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« Il faut se rendre à l'évidence : en France, l'impôt sur le revenu ne touche que 49% des ménages et ne représente que 17% des recettes fiscales ? quand la très discrète TVA en constitue 47% ! La CSG déroge au principe de progressivité de l'impôt. Les cotisations patronales, assises sur les salaires, épargnent les profits des actionnaires mais pénalisent l'emploi. Les niches fiscales se sont multipliées. Et les nouveaux capitalistes, principaux bénéficiaires des réformes, ne sont plus porteurs du dynamisme économique. Car le théorème d'Helmut Schmidt, « les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain » est désormais faux. En réalité, les profits d'hier sont l'épargne d'aujourd'hui et le chômage de demain. Tandis que les inégalités explosent, creusées par les nouvelles injustices fiscales, la politique publique qui symbolisait la main visible et raisonnée du citoyen, armé du suffrage universel et de l'impôt progressif, est accusée de tous les maux. Après la parenthèse libérale ouverte par la gauche en 1983, la droite bonapartiste, Nicolas Sarkozy en tête, a elle-même soldé son passé gaulliste pour afficher sans honte un visage néoconservateur. La vieille valeur républicaine d'égalité cède la place à l'équité et l'on promeut du même coup l'inévitable « discrimination positive », instituant et stigmatisant la figure de l'exclu ! A l'heure où l'Etat social est, « réforme » après « réforme », sacrifié au profit d'une nouvelle société de rentiers, il devient urgent de réinventer l'impôt, dans le cadre d'une harmonisation fiscale « par le haut », nécessaire à l'intégration européenne. Universel, c'est-à-dire payé par tous, et fortement progressif, l'impôt redeviendra, en France et dans toute l'Europe, un attribut essentiel de la citoyenneté, la trame du lien social républicain, l'ami de la croissance, comme il le fut au cours des Trente glorieuses et l'est toujours dans les pays nordiques, le garant dans notre pays d'un modèle social et d'un service public justes et performants, qui restent encore les plus sûrs indices du développement .» L.H.-N. .
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