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Voyage au Cambodge

De
167 pages

Louis Delaporte (1842-1925), marin et dessinateur, partage sa passion pour Angkor et la civilisation khmère dans ce récit magnifiquement illustré de sa main, publié aux éditions Ch. Delagrave en 1880.

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Ajouté le : 01 janvier 2017
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EAN13 : 9791092957662
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Extrait
La Cochinchine française comprend, on le sait, les six provinces les plus méridionales de l’empire d’Annam. C’est une région fertile, coupée de rivières et de marais, qui équivaut, comme superficie, à la dixième partie de la France et dont la population atteint le chiffre de deux millions d’âmes.

Elle occupe la pointe sud-est de l’Indochine et embrasse le delta terminal du Mékong qui, sorti des plateaux neigeux du Tibet, a déjà fourni une course de plus de huit cents lieues quand il entre sur notre territoire pour s’y jeter dans la mer par de nombreuses embouchures.

Le Cambodge, également arrosé par les eaux du Grand Fleuve, confine à l’Ouest à la Cochinchine française, contrée avec laquelle il forme l’ensemble de nos possessions dans l’extrême Asie. Dernier reste de l’ancien royaume khmer, ce petit État est devenu en quelque sorte une annexe de notre colonie, depuis que nous l’avons affranchi du double joug de l’empire d’Annam et du royaume de Siam, ses voisins, et que nous lui avons fait accepter en échange le protectorat de la France.

L’étendue du Cambodge est réduite aujourd’hui à celle de quatre ou cinq de nos départements ; ce sont de vastes marais, des plaines rocheuses, pauvres en végétation, d’épaisses forêts sillonnées de cours d’eau et, sur le bord des rivières torrentueuses, des terrains d’alluvion d’une grande fertilité. La population s’élève à un million d’hommes répartis en hordes sauvages et en tribus à demi civilisées habitant des hameaux et quelques petites villes. Les rives des cours d’eau sont assez vivantes, mais partout ailleurs les habitations sont clairsemées ; l’aspect du pays est, en général, d’une sauvagerie triste et monotone, et l’on y trouve même de vastes espaces entièrement déserts. La pauvreté se trahit partout : ainsi, lorsque nous vîmes pour la première fois le roi du Cambodge dans sa capitale d’Oudong, on nous reçut dans une sorte de hangar fait de rotins et de bambous. Toutefois, à peine introduits en présence de la cour, nous fûmes frappés de la noblesse, de l’air de dignité des mandarins. Norodom lui-même nous accueillit d’une manière gracieuse et bienveillante ; il fit donner en notre honneur une représentation théâtrale, sans préjudice d’un ballet brillant dont l’ordonnance et les costumes témoignaient d’un degré de civilisation inattendu.

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