Wagner

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'Je détruirai l'ordre établi, qui sépare le plaisir du travail, qui fait du travail un fardeau et du plaisir un vice, qui rend un homme misérable par indigence et l'autre par surabondance.'
Wagner (1813-1883), né au crépuscule de l'épopée napoléonienne, traverse son siècle en artiste, en révolutionnaire, en aventurier. Confronté à quelques penseurs essentiels – Schopenhauer, Nietzsche –, associé au destin de son pays, l'Allemagne dont il fut longtemps banni, hanté par le projet d'une œuvre gigantesque que, poète, compositeur et homme de théâtre, il finit par mener à bien, il n'a cessé de déclencher les passions et de les vivre lui-même, qu'elles soient politiques, esthétiques ou amoureuses. Adulé par Louis II de Bavière, ami, rival et gendre de Liszt, honni par certains, admiré par Baudelaire, Shaw, Thomas Mann et Valéry, mais aussi un des initiateurs de la pire dérive du XXe siècle, il est un titan dont l'existence fut le plus haletant des romans.
Publié le : jeudi 2 janvier 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072425110
Nombre de pages : 278
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F O L I O B I O G R A P H I E S
c o l l e c t i o n d i r i g é e p a r
GÉRARD DE CORTANZE
Wagner
par
Jacques De Decker
Gallimard
Crédits photographiques :
1 : Archives Gallimard. 2, 3, 8, 11 et 12 : Archives Nationales de la Fondation Richard Wagner, Bayreuth. 4, 5, 7, 9, 10 et 13 : akg-images. 6 : Collection Roger-Viollet. 14 : Rue des Archives/Lebrecht/S. Lauterwasser. 15 : Koen Broos. 16 : BNF. 17 : akg-images/L. Lecat.
© Éditions Gallimard, 2010.
Jacques De Decker est nouvelliste et romancier (La Grande Roue, Parades amoureuses, chez Grasset), mais surtout auteur de théâtre : ses pièces ont été jouées jusqu’en Australie. Il a traduit et adapté Shakespeare et Tom Stoppard, Kleist et Schnitzler, Botho Strauss et Hugo Claus ainsi que Woody Allen. Critique littéraire auSoirde Bruxelles depuis quarante ans, il est secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Il est l’auteur du livret de l’opéra de Benoît Mer-nierFrühlings Erwachend’après Wedekind, qui fut créé en 2007 à la Mon-naie à Bruxelles et à l’Opéra du Rhin à Strasbourg. Il a publié dans la même collection une biographie d’Henrik Ibsen.
« Das über Wagner gedachte steht wie unter einem Bann. Der Geist hat ihm gegenüber die Freiheit noch nicht gewonnen. »
« La pensée sur Wagner est comme maudite. L’esprit à son propos n’a pas encore accédé à la liberté. »
. T H E O D O R W A D O R N O Essai sur Wagner
Préface
Je vous hais en me prosternant. «I hate you on 1 my knees *». L’homme qui parvient à résumer de la sorte les sentiments mélangés que lui inspire une idole, une « icône », dit-on aujourd’hui, est un musicien, Leonard Bernstein. Et l’objet de son déchirement en est un autre, Richard Wagner. Qu’un artiste puisse inspirer à la fois la haine et l’adoration a déjà de quoi intriguer. Et que cette ambiguïté l’escorte encore près de deux siècles après sa naissance et plus de cent vingt ans après sa mort indique bien que le « Cas Wagner », selon l’expression du plus emporté de ses admirateurs devenu le plus acharné de ses pourfendeurs, Frie-drich Nietzsche, n’est pas une affaire classée. De sorte qu’il est très difficile de dégager Wag-ner de la masse des discours qui n’ont cessé de proliférer à son propos, et qu’il a d’ailleurs consi-dérablement enrichis lui-même. Car Wagner est le plus disert de ses autocommentateurs. Il se tenait d’ailleurs au moins autant pour un écrivain que
* Les notes bibliographiques sont regroupées en fin de volume, p. 266.
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pour un musicien, quoi qu’ait pu en penser, notam-ment, Thomas Mann, qui prétendit n’avoir jamais jeté un regard sur ses écrits théoriques, ses fameux « traités ». Wagner, à titre de comparaison, a au moins autant disserté sur l’art, la société, la pen-sée, la culture en général qu’un Bertolt Brecht qui resta au demeurant toujours d’une grande discrétion à son endroit, alors qu’il aurait pu lui être plus férocement opposé. Wagner ne s’est pas contenté d’écrire ses propres livrets, ce qui le dis-tingue déjà radicalement de la plupart de ses pairs, on lui doit aussi nombre d’essais, de discours, d’écrits de circonstance, une autobiographie par-tielle dictée à sa femme Cosima et une gigantesque correspondance adressée aux destinataires les plus divers. L’ensemble constitue un énorme corpus, dévotement répertorié, de son vivant déjà, par les chercheurs les plus diligents. C’est que Wagner, familier des mythes, inven-teur de quelques-uns d’entre eux (Barthes aurait pu l’appeler « mythotète »), était un mythe lui-même, statut auquel il ne contribua pas pour peu de chose, attachant un soin jaloux à l’édification de son image. En témoigne une anecdote plaisante. Navré, vers la fin de sa vie, que les bustes de lui qui décoraient les auberges et les hôtels de Bay-reuth n’étaient pas à son goût, il incita un sculp-teur de ses amis dont l’œuvre avait l’heur de lui plaire à offrir aux tenanciers de ces établissements de nouvelles copies de son effigie, en veillant bien sûr à ce qu’on ne sache pas qu’il avait financé l’opé-ration. Passionné, souvent impulsif, Wagner était
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