Brumelune

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C’est l’histoire d’une rencontre… « J’arrivai en gare du nord plutôt tendue. Il devait m’attendre sur le quai. Mais comment le reconnaître sans aucun autre repère que ma seule intuition ? Quand je suis descendue du train, il y avait un soleil éblouissant, je mis mes lunettes solaires car je n’y voyais plus rien. Je laissai la foule des voyageurs rejoindre la sortie, je restai indécise sur le quai, je n’avais vu personne ressembler au profil que j’imaginais. Lorsque le quai fut désert, il ne restait que deux personnes, lui et moi ! Il n’avait rien d’un grand blond nordique, il avait des cheveux noirs, des yeux sombres, un teint mat… »
Publié le : vendredi 17 juin 2011
Lecture(s) : 127
EAN13 : 9782304012460
Nombre de pages : 135
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2 Titre
Brumelune

3Titre
Marie Peters
Brumelune

Roman
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01246-0 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304012460 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01247-7 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304012477 (livre numérique)

6 .





A Cyril, prince oriental, en souvenir d’un étrange
amour fragile, éphémère mais inoubliable.
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Le ciel d’octobre ce matin est tout blanc. Al-
longée sur mon lit, je regarde les hordes
d’étourneaux traverser le ciel pour rejoindre les
campagnes autour de Perpignan.
Cette nuit, après tant d’années de silence et
d’absence, tu es revenu hanter mes rêves. Est-ce
prémonitoire ? Vas tu sortir des brumes de
l’absence, de ce désert d’amour où tu m’as lais-
sée depuis novembre 1990, date fatidique de
ton dernier message ?
Dans le jour gris, ivre de fatigue, je revois le
film de notre incroyable histoire, de tous ces
hasards qui nous ont rassemblés un jour sur un
quai de gare à Paris Nord, un matin de prin-
temps. Je revis aussi ce matin d’automne où j’ai
quitté tes bras chaleureux gare de Lyon, un jour
triste de septembre.
Depuis, Paris a perdu tout son charme à mes
yeux, elle draine mes souvenirs heureux, ma
souffrance, ton absence… Paris a perdu sa ma-
gie, elle n’est plus que la ville de ma nostalgie.

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LA RENCONTRE
A l’époque, l’internet n’existait pas, mais par
le biais du minitel, il était déjà possible de ba-
varder.
Je venais de fêter mes 42 ans, assez triste-
ment. J’avais subi quelques mois plus tôt une
douloureuse intervention chirurgicale qui me
laissa invalide durant plusieurs mois.
Je me sentais vieille, mon couple se délitait,
mes enfants allaient quitter la maison pour leurs
études. Je me sentais inutile, mal aimée, sans
espérance dans l’avenir.
Depuis plusieurs années, Arthur et moi ne
partagions plus la même chambre. Je supportais
mal ses ronflements, mes lectures nocturnes
l’indisposaient. Nous ne partagions plus
d’intimité, plus de caresse, plus de tendresse, le
néant conjugal…
Mais je n’avais plus d’attente, je me voyais fi-
nir ma vie comme ça, dans ce désert affectif. Je
n’avais de moi qu’une image négative que me
renvoyait sans cesse ce petit mari manipulateur
et intéressé qui me reprochait ma déchéance
11 Brumelune
professionnelle. Il m’avait connue aisée, bril-
lante ; sous ses reproches constants, j’avais
abandonné un poste de direction, trop prenant
à son goût pour une affectation moins rémuné-
ratrice et tout aussi fatigante.
J’avais acquis un minitel et je me suis mise à
m’intéresser à cet appareil qui, sans bouger de
chez moi, me permettait une ouverture sur le
monde.
Oh ! J’éprouvai quelques difficultés à trouver
des messageries intéressantes, la plupart étaient
spécialisées dans les rencontres plutôt chaudes.
Mais je finis par trouver un espace intéressant,
où discuter en anglais avec des correspondants
éloignés. Contacts conviviaux, joyeux avec des
échanges chaleureux, des rires de plumes, des
lettres d’amitié…
Un soir, j’ai croisé Aurel, il me disait ne pas
aimer le sport, cela m’avait plu, à moi qui avais
un mari féru de sports : vélo, tennis, foot, boxe
et nous imposait de longues heures de retrans-
mission télévisée des épreuves sportives…
Il n’aimait pas le sport, mais il était « accro »
au jazz et à la musique classique. Il était infor-
maticien de haut niveau et voyageait énormé-
ment pour son travail, son activité étant princi-
palement internationale.
Il ne dit rien de son physique et moi non
plus.
12 La rencontre
Nous discutions sous un pseudonyme, de ri-
gueur dans ce mode de communications, il était
« Aurel » (prénom breton), j’étais « lune des
brumes », en référence à mes rondeurs et le
pays de brumes où je vivais.
Plusieurs semaines durant, nous avons lon-
guement dialogué par écrans interposés, dévoi-
lant nos goûts, nos rêves, nos états d’âme et nos
révoltes. J’aimais la façon dont il s’exprimait, il
était assez mystérieux et cela mettait du piquant
dans ma vie…
Un matin, il m’a appelée à mon lieu de tra-
vail, sans se présenter me laissant le choix de
deviner qui était mon interlocuteur. Tout de
suite, j’ai pensé que c’était lui ! Il avait une voix
grave, plutôt sensuelle, un accent indéfinissable,
entre britannique et germanique… Cet appel
me bouleversa, remuait en moi des sensations
troublantes, une émotion intense… Il me laissa
son numéro d’appel à Paris mais il était bien
difficile de l’atteindre, il était souvent en par-
tance ou déjà parti…
En février, mon mari et moi nous sommes
octroyés quelques jours de vacances sans en-
fant, dans une oasis nature assez romantique ;
nous étions logés dans un joli bungalow avec
une cheminée pour de belles flambées en pers-
pective. Ce fut l’ultime tentative de rapproche-
ment de notre couple. Mais le contentieux entre
nous était trop important et nous n’avons pas
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