Chroniques d'Hiver

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Au XXIIIe siècle, les vieilles utopies ont trouvé leur refuge sur la Nouvelle Arcadie. Sur cette planète prospèrent des communautés alternatives, démocratiques, et égalitaristes. Mais au-delà des monts Bordiers, les étendues sans lois de l'Outland, bruissent d'étranges rumeurs. Une autre utopie, diffusée par les chamanes d'Arcadia, la planète mère, menacerait-elle, les tranquilles certitudes des communautés de l'Innland ? Qui est ce chef nomade qui se fait appelé le khan ? Manon Ahouache, l'envoyée des Nations Unies, Pavel Strogoff, l'homme de la sécurité, et Pier, le jeune rebelle de la Bordure, devront affronter les vents de l'Histoire et trouver leur place dans un monde en devenir.
Publié le : dimanche 12 juin 2011
Lecture(s) : 65
EAN13 : 9782304012620
Nombre de pages : 395
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Titre
Chroniques d’Hiver
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Titre Fabrice Mouthon
Chroniques d’Hiver
Tome 3 : le vent de l’Histoire
Roman de Science-fiction
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-01262-0 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304012620 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-01263-7 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304012637 (livre numérique)
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chapitre premier
CHAPITRE PREMIER
Depuis deux heures, la troupe s’était engagée dans la vallée, longeant le torrent dont les eaux gonflées se précipitaient furieusement à la rencontre du fleuve Lassalle. Faute de vraie route, ou même de piste roulable, il fallait marcher. Le paquetage pesait lourd et le fusil sciait l’épaule et, depuis un moment, le sentier montait de plus en plus rudement. Aussi, très peu, parmi les hommes et les femmes de la milice, avaient le coeur à admirer le paysage. Sur les contreforts des monts Bordiers, l’automne était déjà bien engagé. Les épicéas et les pins sylvestres jetaient quelques tâches de verdure au milieu de la mer jaune orangée de la hêtraie. Il avait plu une bonne partie de la journée et des lambeaux de nuages s’accrochaient encore aux versants. Le sentier était passablement boueux et les miliciens s’accrochaient parfois aux branches de hêtre ou au bras de leurs camarades pour ne pas glisser. Encore ne faisait-il pas froid. Quelques instants plus tôt, ils avaient été survolés par une
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Chroniques d’Hiver
escadrille d’oies bernaches, en partance pour les îles du Sud, sans que personne ne les salue de la main comme c’était pourtant l’usage à Marcos. Le camarade Aloïs Stambucco, lui non plus, n’avait pas salué les oies ni exprimé les vœux traditionnels pour leur retour. Il ne pensait qu’à sa fichue mission. Assis bien droit sur sa jument blanche, rangé tant bien que mal sur le côté du chemin étroit, il regarda un moment les soldats d’occasion défiler à pied devant lui : longs cirés verts, casquettes molles de la même couleur, hautes chaussures de marche : silhouettes vertes dans la forêt verte, rouge et or. La plupart semblaient faire contre mauvaise fortune bon cœur même s’ils auraient de loin préféré se trouver à ce moment au sein de leur famille ou en train de travailler dans leur coopérative. Une jeune femme lui adressa même un sourire un peu contraint. Cela ne l’étonna guère : il avait toujours su qu’il était bel homme même s’il n’en avait jamais tiré vanité. Commandant en chef de la milice populaire de la ligue du Centre, Aloïs avait été chargé d’occuper la passe de Bolan à encore plusieurs heures de marche de là. Depuis une semaine, la douzaine de miliciens qui occupait les lieux depuis les évènements récents avaient signalé des mouvements suspects. Rien de bien précis : des traces de passage dans la forêt, le chien qui aboie
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