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Deux filles ordinaires

De
123 pages
Une catastrophe a eu lieu mais on en ignore les détails. Une génération après, les enfants de l'après catastrophe haïssent leurs parents qu'ils jugent responsables. Dans ce monde qui se cherche, elles sont toutes les deux semblables et pourtant tellement différentes. Judith est maussade, Nina est rayonnante. Du jour où elles se rencontre sur un pont, par hasard, Judith est fascinée par l'image que lui envoie Nina, mais peut-être que Nina aussi est fascinée par Judith. Difficile de savoir avec Nina. Pour la première fois de sa vie, en voyant son double agir, Judith commence à croire en elle et à aider ceux qui l'entourent : sa voisine, de pauvres gens dans un hôpital, son ex petit ami. Tout ça pour ressembler à Nina. Jusqu'au drame.
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2 Titre
Deux filles ordinaires

3Titre
Camille Saint-mezard
Deux filles ordinaires
eAnnée 2094 – 2 partie
Science-fiction
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-00952-1 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304009521 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-00953-8 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304009538 (livre numérique)

6 . .

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PROLOGUE
2114, Ville de L, France

A la fin du XX° siècle, les gens ont tous pen-
sé que l’humanité avait vécu le siècle le plus
horrible de toute son existence. Guerres, totali-
tarismes, génocides, et je passe sous silence en-
core beaucoup d’autres horreurs, on pensait que
l’humanité avait tout essayé… Le début du
eXXI siècle, marqué par le souvenir, a été une
belle période de croissance et de commerce en-
tre les nations, même s’il restait toujours quel-
ques anicroches de ci de là, notamment le fait
que les plus faibles se fassent encore exploiter
par les plus forts, et que les plus pauvres soient
toujours pauvres. Le monde entier s’était fait la
promesse de ne jamais oublier les leçons du
passé et de construire un avenir meilleur.
Seulement, on sait tous comment sont les
hommes. Vers les années 2050, les belles pro-
messes étaient déjà oubliées. Les nouvelles gé-
nérations qui n’avaient pas connu le siècle pré-
cédent ont commencé à contester dans le
9 Deux filles ordinaires
monde entier cette « prison du souvenir », au-
quel ils ne se sentaient plus rattachés et qu’ils ne
comprenaient pas vraiment, et la dictature des
anciens qui bridait leur liberté d’agir. Cela a
commencé par des affrontements en Centre
Afrique où des jeunes se sont opposés aux mili-
taires. Le monde n’y a pas vraiment prêté atten-
tion : les jeunes sont idéalistes, c’est bien connu,
et il faut que jeunesse se passe. Et puis, le Cen-
tre Afrique, cela paraissait si loin ! Alors les
grandes puissances ont laissé faire sans interve-
nir. Après tout, leurs intérêts n’étant pas en jeu,
elles ne voyaient pas l’utilité de bouger. A trop
vivre en paix, elles étaient devenues bien pares-
seuses. Les représailles ont été très sanglantes,
pourtant les gens devraient savoir que faire des
martyres est toujours dangereux. Les contesta-
tions de Centre Afrique ont séduit beaucoup de
jeunes de part le monde et leurs actions et mar-
tyre en ont fait les nouveaux héros de se monde
mou qui n’essayait plus d’inventer mais se
contenter de se reposer sur ses lauriers. Les
jeunes voulaient bouger, changer le monde, …
en un mot, se sentir vivre !
En 2094, un groupe de révolutionnaires
abreuvés de toutes ces idées nouvelles a réussi à
prendre possession de silos de missiles nucléai-
res un peu partout dans le monde. Ils ont me-
nacé les grands dirigeants du monde de tout dé-
truire s’ils ne lâchaient pas leur main mise sur
10 Deux filles ordinaires
les pays les plus pauvres. Pendant plusieurs
jours ils ont négocié avec les grandes nations
mais personne ne les a pris au sérieux. Alors, au
bout d’une semaine, ils ont lancé leurs bombes
sur toutes les grandes villes du monde. Les ex-
plosions ont paralysé durablement les pays et
détruit la plupart des moyens de communica-
tion existant. En moins d’un mois, la stabilité
du monde qu’on avait cru si forte s’effondra.
A partir de ce moment-là, il n’y a plus de
monde uni et fraternel mais une constellation
d’états démunis, inquiets de leur avenir, et sans
aucun moyen de savoir ce que faisait les autres.
Les anciennes rancunes et peurs resurgirent et
chacun se mit à craindre l’autre. La communica-
tion entre les divers états du monde se brisa et
chacun chercha à survivre dans son coin sans
préoccuper des autres. J’avais deux ans à
l’époque.
Vingt ans plus tard, le monde commençait à
panser ses blessures mais les années glorieuses
étaient définitivement passées et les générations
qui avaient connu le monde tel qu’il avait été ne
pouvaient que pleurer devant le gaspillage. Il ne
restait plus rien de la grande puissance des états
qui gouvernaient autrefois le monde. Moi, Ju-
dith, j’avais vingt-deux ans et je vivais en
France, dans la ville de L. où j’étudiais la méde-
cine. Je ne sais pas trop pourquoi j’avais choisi
ce métier, sûrement pas par vocation, peut-être
11 Deux filles ordinaires
par appât du gain : médecin était l’un des mé-
tiers les mieux payés du moment. Comme
beaucoup de jeunes de la génération post-
destruction, j’étais une individualiste forcenée.
J’étais plutôt banale comme fille, pas que je
sois laide mais je n’avais jamais eu de flamme
particulière. Pas très grande, des cheveux bruns
coupés courts, de yeux bruns, une peau ni blan-
che ni brune, je n’aimais pas particulièrement
mon image mais j’avais envie que le monde
m’aime. J’avais en ce moment pour petit ami un
type que j’avais rencontré en cours. Il s’appelait
Shiji, il était plutôt gentil et avait une conversa-
tion agréable, mais je ne l’aimais pas vraiment.
En fait, je n’étais avec lui que pour faire comme
tout le monde.
J’habitais un petit appartement en centre-ville
et je ne rentrais jamais voir mes parents.
Comme tous les jeunes de mon âge, j’avais
coupé les ponts aussitôt que possible avec eux.
Après tout, c’était un peu de leur faute, ou du
moins celle de leur génération, ce qui revenait
au même pour moi, si le monde était ce qu’il
était. Ils avaient fait disparaître un pays de coca-
gne pour nous donner en héritage ces ruines et
cette désolation qui faisait notre quotidien de-
puis vingt ans. Depuis, mes rapports avec eux
se limitaient à l’envoie de chèque de leur part
pour payer mes études car, évidemment, je
comptais malgré tout sur leur argent. Quand je
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