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Et que le bal recommence

De
349 pages
C'est long, c'est court. Essentiellement dérisoire. Au fil des jours, des semaines, des mois, Christophe MARIS pose son regard amusé, curieux, sévère et précis sur ceux qui l'entourent, sur les gens, la société, évoquent ses rencontres, ses coups de cœur, ses coups de gueule, ses passions, ses révoltes avec une plume tendre et acerbe parfois. Il présente ici son cinquième journal, de plus en plus abouti , exercice littéraire difficile mais plutôt réussi, on ne se lasse pas de relire et commenter cette comédie humaine qu'il croque parfois sans pitié mais avec une compassion déguisée. Sincère, cabot, joueur et parfois péremptoire, ce personnage ne laisse jamais indifférent, toujours du côté où on ne le supposerait pas…
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Et que le bal recommence
Christophe Maris
Et que le bal recommence
Journal V
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-7379-1 (fichier numérique) ISBN 13 : 9782748173796 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-7378-3 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748173789 (livre imprimé)
CH R I S T O P H EMA R I S
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« Je ne suis pas difficile, je me contente du meilleur ! » Oscar Wilde
ER E C O M M E N C EB A L L E U E T Q
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CH R I S T O P H EMA R I S
er Baie du Mont-Saint-Michel, 1 janvier 2005 Il trône là, majestueux, à quelques centaines de mètres de mon regard, fâchant les Bretons et les Normands à jamais car le Couesnon qui vient lui lécher les pieds a décidé un jour dans sa folie qu’il serait en Normandie. C’est probablement encore antérieur à e l’abbaye construite auXIsiècle. Il paraît si proche qu’on pourrait presque l’effleurer du bout d’un pinceau, et enlever de petites touches de couleurs de roches ou de fond de brume pour les déposer avec délicatesse, dextérité et bonheur sur une toile et le posséder enfin pour soi, que l’on soit normand ou pas. Il paraît si proche qu’il semble à jamais intouchable, impressionnant dans ses volutes bleutées du midi. Ici, les âmes semblent calmes, faussement peut-être, alors que les corps exultent encore des excès d’hier. Adieu 2004, vivons 2005. Dinard, au-delà des remparts de Saint-Malo, à quelques lieues de là. J’ai accompagné ma muse, ma douce amie Christelle L. qui donnait un récital à la thalassothérapie de la ville. Admiratif, je demeure surpris que l’on puisse chanter durant plus de quatre heures, cela relève d’une performance digne des jeux
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EB A L L E U E T Q R E C O M M E N C E
olympiques. Et quand bien même, la belle se révélait bien mal en point quelque temps avant, elle se montra radieuse, professionnelle et virtuose dès les premières mesures du pianiste. Serait-elle plus souvent qu’à son tour, touchée par la grâce ? Rien n’est moins incertain. Dans un fourreau noir, flottant sur des escarpins vernis, le visage pâle, mon aigle noir chanta un florilège de chansons françaises, et enchanta les curistes, les yeux suspendus au-dessus de leurs assiettes, très garnies, exceptionnellement. Ce matin, je reste étonné, presque choqué que nombre de gens de l’extérieur, puissent opter pour un restaurant de thalasso pour dîner un soir de réveillon. Surprenant ! Peut-être est-ce le mot « thalassa », qui chatouille la curiosité de ces couples, de ces familles venues festoyer dans un lieu où, d’ordinaire, on soigne les plus nantis. Suggestion très particulière pour choix improbable. Ici, on vient chercher les vertus salvatrices de l’eau de mer, alors que dans l’autre hémisphère on souhaiterait tant, en ces heures-ci, qu’elle n’envoyât pas ses vagues meurtrières. C’est ainsi, nos curistes d’un soir se seront endormis heureux et visiblement contents, seront repartis satisfaits vers leur vie, alors que d’autres, ailleurs, ne cessent de compter et recompter les cadavres en attente d’une hypothétique fosse commune. Rennes, 3 janvier « Tout est toujours possible », écrivait Françoise Dorin, très justement. La Terre vient de nous le prouver
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