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Gouvernances et errances

De
366 pages
Un essai au sujet de la notion de "territoire", appliquée au continent africain. En entremêlant populations, migrations, ressources locales et les différents gouvernements, Emmanuel Isidore Bocco réalise une approche de ce concept crucial mais peu délimité, en perpétuelle mouvance. Ouvrage pédagogique, Gouvernances et errances aborde avec didactisme les découpages spatiaux de l’Afrique. La perspective géographique mais aussi politique de l’auteur permet de mieux appréhender l’essence même du terme "territoire", ainsi que ses multiples aspects. Agrémenté d’une riche bibliographie, cet essai formateur ravira un lectorat avide de connaissances sur le continent africain.
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Gouvernances et errances
Emmanuel Isidore Bocco Gouvernances et errances
Publibook
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IDDN.FR.010.0115142.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2010
.Les oiseaux savaient avant les h il y avait, ommes qu dune crête à lautre des continents séparés, des végétations jumelles et des hommes avoisi ants, et  n qu on pourrait presque séchanger des territoires et rêver que cétait la même terre qui se continuait. Seuls les oiseaux, qui navaient jamais cessé de passer dune lisière à lautre des terres et des mers, qui savaient du ciel quil était immense et vide, les oiseaux qui avaient vu de tout temps, depuis le vide du ciel, depuis le vide éclaté des continents, depuis la dérive des origines, la forme dune terre à peu près ronde, la forme dun monde comme une petite boule composée de petites boules grouillant de petites boules séparées par du vide seuls les oiseaux rappellent encore avec le tracé migratoire de leur écriture habile que les hommes sont habitants de lespace que les racines de lhomme sont aériennes de quelque côté que son sommeil ou ses pieds le reposent quil ne reste rien de lorigine éclatée des continents quil ne reste rien daucune origine sinon la trace volatile des transmigrations » Efoui KOSSI  Romancier et dramaturge togolais inVolatiles
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Introduction : Territoires de fuite et errances en Afrique : les concepts Le droit des puissants et la violence autorisent dans lAfrique « moderne » à privatiser tout lespace, lespace foncier autant que celui des libertés et de la culture, ce qui me laisse cette image de territoires dAfrique, ces terres qui font fuir. Je dirais que lespace africain cest lespace africain. Cest uniquement dans des conditions particulières quil devient territoire démigration et de fuite. Plus que la mobilité des émigrés et déplacés, je minterroge davantage sur le procès qui amène les fuites dAfrique : analyse concrète de situations concrètes donc ! Une géographie des territoires de fuite est possible, ce sur quoi les scientifiques, les décideurs et les politiques pourront agir, pour plus démancipation par exemple et fonder un droit des gens à disposer de leurs ressources, « à disposer deux-mêmes ». Cest de cette géographie humaine que je tente de poser ici des questions, des prolégomènes de sorte que mon propos ne soit pas une pure formulation. Il sagira dexposer les causes des effets dans les espaces dextrême mobilité en Afrique dont il est par ailleurs presque impossible de disposer destimation exacte ou simplement crédible des quantités de populations touchées. Mais mon propos ne saurait se limiter à un « roman dAfrique », un roman des misères et souffrances qui font lidentité négative des peuples dAfrique aux yeux de ceux qui sen contentent. Mon propos fait écho à ma propre expérience : fuite du Togo comme ces autres fuites dAfrique, il a fallu pour
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prétendre mextirper des affres dune des dictatures les plus féroces dAfrique, la dictature des 40 années de braise togolaises, construire un itinéraire et un espace, aussi complexe que ceux de ceux qui « prennent la pirogue » pour un aller sans retour, au large du Sénégal, par exemple et voguer au péril de la vie et de tous les espoirs désespérément vers les Canaries. Il a fallu, papier de voyage en main, me frayer un passage à travers des frontières étanches cependant, traverser de jour et de nuit, à pied, à califourchon sur des motos de fortune, à travers lagunes et champs du Togo au Nigéria. Quand je prie lavion le 21 octobre 1977, je métais armé dune arme redoutable : accepter la précarité extrême (sans travail, sans domicile, sans mappuyer sur un réseau de passeurs ni de relations amicales utiles) et me convaincre que ce sera moins pire que lesclavage au quotidien des togolais en terre togolaise dont on ne se débarrasse pas, vivant ! Dans le roman de ces itinéraires, on est demblée en face dune suite despérance et de pessimisme dêtre ôté dici, non-désiré là, une sorte de dialectique dêtre et de non-être sur ces terres dAfrique : de là la complexité de lespace de ces déplacés sur les routes dAfrique et du monde. Lécart entre lhomme africain et son bien, foncier ou autre, est suffisamment grand pour quon sy penche pour le penser, penser la dialectique du droit qui protège le bien mais pas tous les biens de tous et de facto sinvestit dun lourd déficit. Mon approche de ce roman des champs migratoires dAfrique se développe dans un champ géographique. Elle oblige à en dire la démarche, en effet ce qui relève du terrain qui simpose désormais dans les sciences de lhomme et de la société. Il ny pas de doute que des démarches innovantes en la matière auraient dû se prolonger ici, pensant en particulier aux conclusions en terme de démarche et de contenus dune équipe ayant uvré sur cette question. Je renvoie dune part aux conclusions de deux études scientifiques de référence : à
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