//img.uscri.be/pth/5299da4793a63f7906c78e0c1ba75aeac0e7351d
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

La Destruction du paganisme dans l'Empire romain

De
338 pages
Pourquoi avoir usé de violence pour imposer le christianisme? Qui furent les protagonistes du conflit? Quelle fut la véritable issue de la guerre déclarée par l'Église au polythéisme gréco-romain? Le passage du paganisme au christianisme, s'il fut l'un des événements les plus marquants de la fin de l'Antiquité, ne se fit pas sans heurts, contrairement à l'idée communément admise. Étude et éclairages sur l'une des périodes – de Constantin à Charlemagne – les plus méconnues et les plus passionnantes de l'Histoire. Somme de renseignements, d'analyses minutieuses et rigoureuses des sources païennes et chrétiennes disponibles, d'éclairages originaux et de détails, cette étude complète sur le passage houleux du polythéisme au christianisme, qui captivera toutes celles et ceux que cet "épisode" intrigue, passionnera aussi la cohorte des historiens en herbe… aussi sûrement que les aficionados des récits à rebondissements!
Voir plus Voir moins
La Destruction du paganisme dans l’Empire romain
Benjamin Gras La Destruction du paganisme dans l’Empire romain De Constantin à Charlemagne Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0116438.000.R.P.2011.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2011
Introduction Le passage du paganisme au christianisme fut assuré-ment l’événement, sinon le plus incroyable, du moins le plus marquant de la fin de l’Antiquité. Mais, contrairement à certaines idées reçues (1), il fut loin de s’effectuer en douceur : en 312 après J.-C. (2), après l’accession au pouvoir de l’empereur Constantin (alors gagné à la doctrine de l’Église), nombreux furent les chrétiens qui, au mépris des préceptes évangéliques de douceur et d’humanité, usèrent sans tarder de procédés draconiens à l’encontre de leurs adversaires païens. Michel Onfray, dans son célèbreTraité d’athéologie, dénonça tour à tour « l’usage de la contrainte, les persécu-tions, les tortures, les actes de vandalisme, la destruction de bibliothèques et de lieux symboliques » dont les païens firent les frais dès l’arrivée au pouvoir de Constantin : « Le treizième apôtre, comme Constantin se pro-clame lors d’un Concile, met sur pied un Empire totalitaire qui édicte des lois violentes à l’endroit des non-chrétiens et pratique une politique systématique d’éradication de la différence culturelle. Bûchers et au-todafés, persécutions physiques, confiscations des biens, exils contraints et forcés, assassinats et voies de fait, destructions d’édifices païens, profanations de lieux et d’objets de culte, incendies de bibliothèques, recyclages architecturaux de bâtiments religieux antiques dans les nouveaux monuments ou dans le remblayage de rou-tes, etc. » L’historien Pierre Chuvin, qui, contrairement à Michel Onfray, ne nourrit aucune conviction antichrétienne, écri-vit (3) que « les chrétiens proches du trône ne se firent pas faute, et très vite, de lancer des persécutions violentes
9
contre ceux qu’ils considéraient comme hérétiques, et contre les adeptes d’autres religions (manichéisme, ju-daïsme (4), zoroastrisme), ainsi que ceux des cultes païens traditionnels [...] ». Dans le même article, Pierre Chuvin parla ensuite des « répressions souvent violentes » et des « persécutions cruelles » qui furent « lancées contre les tenants de l’ancienne foi, qui eu-rent beaucoup plus d’ampleur et de durée, et un caractère beaucoup plus acharné et méthodique que les persécutions des empereurs païens contre les chrétiens, comme se plaisent à le souligner les historiens actuels. En témoigne, en particulier, le fait qu’il ne nous est par-venu pratiquement aucune statue de culte du paganisme gréco-romain, alors qu’elles se comptaient par dizaines de milliers. Et si les statues ont été détruites avec cet acharnement, le sort des desservants ne dut pas être en-viable [...]. » Mais quelle fut l’issue réelle de cette guerre déclarée par l’Église au polythéisme gréco-romain ? Qui furent les protagonistes de ce violent conflit ? Et, surtout,pourquoiavoir usé de moyens aussi brutaux pour imposer le chris-tianisme aux populations de l’Empire romain ? C’est à toutes ces interrogations que le présent ouvrage se propose de répondre, par une argumentation étayée et une analyse minutieuse des sources disponibles, tant païennes que chrétiennes. En premier lieu, il convient de s’attarder sur deux ques-tions tout à fait essentielles à notre étude : pourquoi, avant leur arrivée au pouvoir, les chrétiens furent-ils en butte à l’hostilité des empereurs romains et à celle de leurs su-jets ? Enfin, au moment du coup d’État qui permit à Constantin de monter sur le trône, quel était exactement le rapport de force entre les deux principales factions reli-gieuses de l’Empire ? De prime abord, l’aversion que manifestèrent les païens à l’endroit de l’Église, depuis Néron jusqu’à Maximin Daïa, a quelque chose de déconcertant, eu égard à la tolé-rance qui régnait depuis toujours entre le paganisme
10