Justice et criminalité aux XIVe et XVe siècles

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La mémoire de 300 procès conservée dans les archives de l’échevinage de Saint-Jean d’Angely sert de base de travail à ce panorama de la criminalité en Saintonge à la fin du Moyen Age. Cette analyse sérielle d’un fait individuel permet de mieux appréhender les répercutions sur la société civile de cet évènement qui relève traditionnellement de la « Grande Histoire » : la Guerre de Cent ans.
Publié le : dimanche 12 octobre 2003
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EAN13 : 9782748111163
Nombre de pages : 181
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Justice et Criminalité aux XIVème et XVème siècles
Chris Lesvenn
Justice et Criminalité aux XIVème et XVème siècles L’exemple de St Jean d’Angély
ESSAI
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748111176 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748111168 (pour le livre imprimé)
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« Frères humains qui après nous vivez, N’ayez les cuers contre nous endurcis, Car si pitié de nous povres avez, Dieu en aura plus tost de vous mercis. »
L’Epitaphe, François Villon, 1489.
INTRODUCTION
L’ESPACE ET LE TEMPS
Situation géographique et humaine
Sur quelques 232 km2, la région de Saint Jean d’Angély, au nord de la Saintonge, offre, aux XIVe et XVe siècles, un paysage ondulé de petites collines vouées à la culture de la vigne. Ces hauteurs, dont la plus élevée atteint à peine, à Aulnay, 172 m d’altitude, étaient couronnées de bois et de forêts, résidus des grands défrichements des siècles passés. A Benon, Chizé, Aulnay et Essouvert, ces forêts li vraient leurs ressources à l’économie domestique villa geoise, et procuraient à la ville des matériaux de construc tion. Mais elles étaient également des zones inamicales où brigands et malfaiteurs trouvaient des refuges. Figure : les environs de Saint Jean d’Angély La Boutonne vient compléter ce paysage, avec ses berges marécageuses et inondables qui sont autant de pâ turages pour les troupeaux de bovins. Après un cours pai 1 sible de 85 km, depuis Chef Boutonne , où elle prend sa source, elle se jette dans la Charente et relie ainsi Saint Jean d’Angély à la mer. Cette voie naturelle, navigable
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Deux Sèvres.
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presque tout au long de l’année, accueille le trafic des ba teaux à fond plat qui transportent, entre autres, les ton neaux de vin. Enfin, des écluses, à Champdolent, Ber nouet, Maupertuis et Tonnay Charente, des moulins, des pêcheries et des ponts soulignent l’activité laborieuse des Angériens autour de la rivière, qui constitue l’axe princi pal du commerce de la région. Mais combien sontils qui, à la fin du Moyen Age, vivent à Saint Jean d’Angély et dans les vingt quatre pa 2 roisses qui forment la banlieue ? Hélas, la pauvreté des sources nous interdit de répondre à cette question, et l’estimation établie par 3 E. Bonazzi nous paraît tout à fait hasardeuse . Mais nous pouvons toutefois considérer, comme un ordre de gran deur très approximatif, que la population de Saint Jean d’Angély se situait vraisemblablement, pour la période qui nous intéresse, entre 1500 et 2500 habitants. Ces chiffres ne nous permettront pas de calculer les rapports existant entre la « population criminelle » que nous étudierons et l’ensemble de la population. Autour de la ville, la banlieue s’étendait dans un rayon de 10 km environ. Dans cette région au climat tempéré et ensoleillé, la culture de la vigne profite de conditions favorables. Le vin de Saint Jean d’Angély fait l’objet d’un commerce lointain très prospère au XIIIe siècle, en direction de l’Angleterre et de la Flandre en particulier. Mais la guerre de Cent Ans a provoqué son repli en freinant les exportations, et le vignoble a souffert des déprédations des soldats. Une autre richesse de pays est d’être une zone de passage pour tous ceux qui, de Paris ou du nord de la
2. Ces paroisses sont les suivantes : Antezant, Asnières, Bignay, Chantemerle, Fenioux, Fontenet, Hérisson, La Chapelle, La Fayolle, Landes, La Vergne, Le Pin, Longeville, Lozay (en partie), Mazeray, Mioussay, PoursayGarnaud, Saint Julien de l’Escap, Sainte Même, Saint Pardoult, Ternant, Torsée, Varaize, Voissay. (Orthographe actuelle). 3. Bonazzi (E.), Saint Jean d’Angély…
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France, veulent se rendre en Aquitaine. Les pèlerins tout d’abord, empruntant l’un des chemins de Saint Jacques de Compostelle, par Poiriers, Saint Jean d’Angély, Saintes, Pons et Bordeaux. Des marchands, qui peuvent utiliser l’une ou l’autre des deux voies romaines qui se rencontrent à Saintes et rejoignent Bordeaux par Talmond, ou encore le « Chemin du Roi », conduisant à La Rochelle par Sur
gères. Ces axes sont les itinéraires obligés de toute une po pulation laborieuse ou vagabonde, aisée ou indigente, où les contrastes des conditions constituent un terrain pri vilégié pour les « exploits » des brigands, gens d’armes, criminels en rupture de ban, malfaiteurs de tous ordres. Figure : relations routières de Saint Jean d’Angély En hiver, la difficulté de voyager est encore accen tuée par le mauvais état des chemins, si bien que tout concourt à faire de la route un danger pour l’usager. Au cœur de sa région, Saint Jean d’Angély offre le portrait d’une ville de moyenne importance où, hormis le commerce du vin, on ne connaît pas d’activité écono mique de grand développement. Il n’y existe pas non plus de commerce de luxe. Les activités artisanales de la ville restent, aux XIVe siècles, liées aux besoins courants des Angériens  l’alimentation, l’habillement, la construction  mais nourrissent cependant quelques échanges avec les villes voisines : Saintes à 26 km, Cognac à 36 km et Tonnay Charente à 30 km par voie d’eau, ou avec des villes plus éloignées comme La Rochelle, Niort ou Angoulême.
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