L'aventure du monde

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On ne découvre pas le Monde dans un vase clos LORD CHESTERFIELD

Publié le : vendredi 4 juillet 2003
Lecture(s) : 119
EAN13 : 9782748116366
Nombre de pages : 98
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L’aventure du mondeDominique Deschamps
L’aventure du monde
De 1992 à 2000
DOCUMENT/REPORTAGE/INVESTIGATION' manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1637-2 (pourle fichiernumØrique)
ISBN: 2-7481-1636-4 (pour le livreimprimØ)Avertissement de l Øditeur
DØcouvertparnotrerØseaudeGrands Lecteurs(libraires,revues,critiques
littØraires etde chercheurs),ce manuscritestimprimØ telunlivre.
D Øventuelles fautesdemeurentpossibles;manuscrit.com,respectueusede
lamiseenformeadoptØeparchacundesesauteurs,conserve,àcestadedu
traitement de l ouvrage, le texte en l Øtat.
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www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comMa conscience s emplissait d’une vØritØ enfouie
sous les images d une rØalitØ prØsente, j avais une
aventureàvivre,ailleurs. Ellecommenceraitl -bas,
en Afrique de l Est.
AmusØ par les commentaires et les inquiØtudes
des gens qui jugent sans savoir, j Øcoutais alors
les recommandations de ceux qui n avaient jamais
quittØ l Europe ou laFrance. J Øtais persuadØ qu’un
paradis s ouvrirait à moi parce que je le pressentais
ainsi. PrŁs d’un mois avant le dØpart attendu et
redoutØ, car je serais alors confrontØ à la face rØelle
de mes rŒves, je rencontrai une voyante aux allures
de sorciŁre urbaine. Depuis Nancy, elle prØdit que
je partirai loin, pour exercer un nouveau mØtier et
je reviendrais plus t t que prØvu en raison d’une
maladie ou d un dØcŁs dans ma famille. Celle-ci
prØdisaitdoncmondØpartpourl Afrique,le26aoßt
1992 prØcisØment, ainsi que la disparition de ma
Grand-mŁre paternelle en octobre. La date appro-
chait, et une semaine avant l’envol vers la terre sur
laquelle est nØe Lucie, notre ancŒtre commune, je
ressentais l attraction de cet univers fantasmØ d’une
aventure africaine. Mes nuits Øtaient le thØ tre de
scŁnes exotiques, hautes en couleurs, nappØes de
senteurs fruitØes, plongØes dans des concerts de
percussions. LemomentattenduserØvØla exaltant.
7L’aventure du monde
A l approche de l avion les images prenaient
forme par la prØsence de quelques africains sur
notre vol. Je pris conscience que cette aventure
aurait lieu sur un territoire dont ils dØtenaient les
secrets et connaissaient les histoires contØes par
les anciens. Tout en dØcouvrant des paysages, des
saveurs, des bruits et des atmosphŁres, je devrais
m approcher de ce peuple visitØ par tant d hommes
quin ontpaseud intentionsaussipacifiquesqueles
miennes. Les premiers temps devraient Œtre consa-
crØsàl acclimatation,carau-delàdetouteslesidØes
re ues sur l Afrique, la tempØrature et l humiditØ
vous posent immØdiatement dans les conditions du
rØel. C est à l envol de l’appareil que le futur se
manifesta comme quelque chose d’inØvitable, dont
j avais rŒvØ, qui s Øtait prØparØ et dont je cherchais
àextrairelesmeilleuresØmotions. CedØpartdenuit
nouspermisd admirerParissouslesmillesfeuxdes
illuminations. CesimagesØtincelantesdelacapitale
laissaiententrevoirl Øcartexistantentrecettevision
brillante et globale, et la rØalitØ plus affligeante de
lamØgalopole. Nousallionssurvolerd autresvilles,
d autres pays, et pouvoir mettre des images rØelles
sur les albums imaginaires de nos voyages en Italie,
en Egypte, en Arabie, au Soudan, en ErythrØe ou en
Ethiopie.
Rome, Le Caire, Sanah m avaient offerte leurs
splendeursaØriennes,cefutlemomentdedØcouvrir
lepaysetlavilledeDjibouti. LamerRouge,lesdØ-
serts et les les prØfiguraient les escapades possibles
depuis la ville principale. Les dØcors se plantaient
rapidement lors du tour d’horizon. L h tel de luxe
avec piscine contrastait fortement avec des enche-
vŒtrements de tôles et de planches qui constituent
les quartiers populaires, les bidon-villes. Au sortir
8Dominique Deschamps
de l’avion j eus la certitude que le pilote avait ou-
bliØd’Øteindre les rØacteurs,je brßlaislittØralement.
Pourtant, les bruits ambiants Øtaient feutrØs, comme
assourdisparlafortehumiditØsecondensantsurmes
brasetruisselantsurmonvisage. Al Øvidence,cette
chaleur Øtait pour longtemps unepartenaire indisso-
ciabledelavielocale. NousØtionspartiunbeaujour
d’aoßt de Paris, et nous arrivions avec impression
d’entrer brusquement dans une saison caniculaire.
Les Øquipements qui nous semblaient salutaires ce
soir l se rØvØleront indispensables tout au long des
mois qui s annon aient. Les ventilateurs, climati-
seurs, et moustiquaires allaient jalonner le chemin
et nous faire savoir que toute action, ici, serait sou-
vent une grande dØpense ØnergØtique, et il convien-
drait d y rØflØchir et de s’y prØparer. Ces constata-
tions effectuØes, larØalitØ s Øtant imposØe ànous, le
dØsir d explorer l’environnement f t sentir, bien que
les illusions s effacent trŁs souvent devant la vØritØ,
j’Øtaissßrd apprØciercequejedØcouvrirai. Letrajet
dequelqueskilomŁtrespourrejoindrelecentreville
serait le dØbut d’une suite ininterrompue d Øtonne-
ments, de consternation et de surprises surrØalistes.
Letaxisortaittoutdroitd unfilmdesciencefiction,
le chauffeur et son vØhicule avaient vØcu l apoca-
lypse, et les cinq kilomŁtres se rØvØleront les plus
bruyants et chaotiques jamais imaginØs. L’aventure
avaitbien commencØ. LespremiŁresminutesdusØ-
jour affichaient la teneur des scŁnes de la vie quo-
tidienne. Le sable est omniprØsent, le ciel est dØ-
gagØ et inonde nos yeux d une lumiŁre intense. Les
femmes qui marchent le long de cette route portent
desfagotsimmenses,d autresdesØpisde bouteilles
d’eau vides. Les pieds nus des enfants, leurs vŒte-
ments sales et en lambeaux sont une gifle au plus
purespoirdetrouverunparadispourtous. Unemos-
quØe se profila avec les fidŁles qui entrentpour par-
ticiperàl unedescinqpriŁresquotidiennes,lechant
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