L'enfant du village

De
Publié par

L'action se déroule dans un petit village du Poitou si cher au coeur de l'auteur. Il traverse enfant les années cinquante dans ce petit coin de paradis d'avant... L'adulte, quelques décennies plus tard répond aux questions sous-jacentes de l'enfant qu'il fût, sur l'amour, le partage, la tolérance, la justice, la religion, et dresse un portrait de la société que nous avons construit. La nostalgie de l'auteur à travers l'éphémérité du temps qui passe où l'homme inlassablement creuse de ses mains la terre, dans cette quête obsessionnelle de ses propres racines identitaires.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 150
Tags :
EAN13 : 9782748157147
Nombre de pages : 263
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
L’enfant du village
Christian Bertrand Proust
L’enfant du village
TÉMOIGNAGE
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2005 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 08 90 71 10 18 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com ISBN : 2-7481-5715-X ISBN : 2-7481-5714-1
CH R I S T I A NBE R T R A N DPR O U S T
Qu’il est beau mon village, situé quelque part en Poitou, dans cette France si belle à en être jaloux. Loin du bruit de la ville, écoute celui de son silence il raconte la vie, tes souvenirs d’enfance, écoute, écoute, il a tant à te dire, mais tu passes trop vite, tu ne peux rien entendre. Il n’est rien, non vraiment presque rien, discret presque effacé de nos cartes de France,on le soupçonne toutefois d’exister encore, espérant néanmoins qu’il n’ait pas disparu emportant avec lui l’âme d’un homme, d’une famille, d’une génération, d’un peuple. Perdus, abandonnés sur les cartes de notre pays, humbles, craintifs, frileux et sans défense, qu’ils sont doux à mon cœur, ces paysages de plaines, de vallons, de côteaux, ou serpentent nos rivières, et chantonnent nos ruisseaux.. Ils sont loin de la ville, bien que parfois si près, ce ne sont point des bourgs, ils ne sont que villages ou hameaux, qui parfois semblent nous demander pardon. Pardon de n’avoir pu retenir ses enfants qui peuplaient jadis les cimetières de ses générations. Des hommes de la terre qui naissaient, vivaient et mourraient nourris par ses entrailles, au sein de cette communauté qui partageaient ses joies et ses peines unis par une même solidarité dans la pénibilité des tâches agricoles. Ils connaissaient de part leurs aïeuls les dictons relatifs aux saisons qui apportent pléthore ou bien désolation. Aujourd’hui l’homme de la terre est devenu un technicien diplômé, maîtrisant parfaitement les techniques les plus sophistiquées, incluant, robotisation,
9
LV I L L A G ED U E N F A N T
électronique et informatique. Sont-ils plus heureux qu’autrefois mes amis paysans ? Hélas non. Depuis plusieurs décennies ils se trouvent littéralement pris en otage par les multinationales, et connaissent pour la plupart un endettement qui parfois les conduit au désespoir, parfois aussi à des actes suicidaires. Ils subissent en quasi-permanence, l’échec humiliant et dévalorisant des différentes politiques agricoles communautaires. C’est une profession pourtant si noble que l’on a trompée et abusée, et qui ne survit aujourd’hui, dans la plupart des cas, que grâce à l’assistanat, ce n’est assurément pas ce qu’ils ont choisi, en choisissant cette profession, ou est passé l’espoir … ? Ils ne sont plus décideurs de leur seul avenir, ne sont devenus contraints et forcés que des exécutants, et l’homme assurément y a perdu la quintessence de ses racines identitaires. Faut-il pour autant s’avouer vaincu, évidemment pas. L’homme parce qu’il est homme doit trouver, trouvera j’en suis convaincu à l’échelle de la planète je l’espère, à celle de l’Europe sûrement dans le respect non négociable de son environnement, la prospérité, mais aussi et surtout la valorisation de son moi si précieux.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.