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L'institution militaire au Sénégal

De
272 pages
L'histoire de l'armée se confond avec celle des sociétés humaines. Elle a en effet existé dès l'origine de l'homme. Dans son ouvrage Les armées africaines, Moustapha Ben Chenane considère que « l'armée est le cour et l'axe du pouvoir d'État »1. Elle est, en d'autres termes, « le noyau originel autour duquel se construit l'État africain, l'épine dorsale de la nation, le vecteur du projet national »2. Cette place privilégiée de l'armée dans le système étatique n'est pas cependant identique partout. Si, en Europe, l'armée a toujours été considérée comme un instrument au service de l'État, en Afrique, en revanche, l'armée n'est pas seulement un instrument de l'État, mais bien le moyen par lequel celui-ci se réalise. Elle est en quelque sorte l'instrument principal par lequel le pouvoir d'État se construit
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Extrait
Les relations entre le pouvoir politique et l’institution militaire posent le difficile problème des rapports entre les autorités politiques et la force publique. L’histoire enseigne que ces rapports n’ont pas toujours baigné dans l’harmonie. Charles de Gaulle dans son ouvrage Le fil de l’épée1 développe la théorie de Clausewitz selon laquelle lorsque le politique arrive au seuil où il échoue à atteindre ses objectifs, il confie sans hésitation au militaire la mission d’y parvenir avec d’autres moyens dont « ce dernier aurait la maîtrise exclusive ». Le militaire devient ainsi, du moins en théorie, l’acteur principal dans une situation où il ne détient pas toutes les données. Le jeu est alors aléatoire, voire dérisoire.



L’ambiguïté des relations entre les militaires et le pouvoir politique peut être également illustrée par l’évolution de l’art de la guerre. Pendant longtemps, la guerre se limitait au choc des armées. Ce phénomène a existé en Europe jusqu’au XVIIIe siècle. Mais à partir de la Révolution de 1789, les choses ont profondément évolué. Les formes de la guerre atteignent une totalité qui dépasse de loin le militaire et ses compétences techniques. La guerre revêt alors une dimension à la fois vaste et complexe. Elle n’est plus du seul ressort et de la seule compétence des militaires. L’avènement de la guerre totale a pour conséquence une réelle entente plus qu’une subordination entre le militaire et le pouvoir politique.



Au Sénégal, les forces armées sont subordonnées au pouvoir politique. Cette subordination est d’essence traditionnelle. Elle résulte du fait que la défense de la nation est une responsabilité de l’État et que l’institution militaire constitue un service public.

onformément aux dispositions de la Constitution, les forces armées relèvent du Président de la République. L’article 45 de la Charte constitutionnelle nationale définit ainsi les attributions du chef de l’État dans ce domaine. « Le Président de la République est le responsable de la défense nationale. Il préside le Conseil supérieur de la défense et le conseil national de sécurité. Il est le Chef suprême des forces armées. Il nomme à tous les emplois militaires et dispose de la force armée ».

ette subordination des forces armées au pouvoir politique n’implique pas cependant l’engagement politique de celles-ci, bien au contraire. Quelles que soient les circonstances, l’institution militaire doit rester neutre politiquement.
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