La confiance bafouée

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Mariane n'avait vraiment pas de chance depuis son enfance, ballottée entre un beau-père tyranique et des grands-parents qui faisaient ce qu'ils pouvaient. Elle se maria une première fois en espérant trouver le grand amour qui se révéla très vite être un profiteur. Le deuxième homme dans sa vie refusa d'assumer ses responsabilités de père et l'abandonna avec deux enfants. Quant au troisième, le pire de tous les hommes qu'elle connu, il lui imposa l'humiliation des coups. Malgré les échecs cuisants , marianne gardait l'espoir de rencontrer l'amour de sa vie et de tout reconstruire à chaque déception.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 95
EAN13 : 9782748134322
Nombre de pages : 179
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La confiance bafouée
Marianne Cano Ibaceta
La confiance bafouée
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ISBN : 2-7481-3433-8 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-3432-X (livre imprimé)
Marianne Cano Ibaceta
Je m’étais réveillée ce matin-là avec le souvenir de mon rêve tellement présent en moi que j’avais interrogé mon mari pour m’assurer que nous n’étions pas subitement devenus riches. Il m’avait considéré de la tête aux pieds en s’interrogeant sur mon état de santé mental. L’argent n’était pas une obsession dans ma vie mais si nous en avions eu un peu plus je crois que je n’en aurais pas été malade. Un peu de beurre dans les épinards ferait le plus grand bien à notre budget. Le retour à la réalité après un si beau songe me tombait très dur. J’affichais une grise mine tout en buvant mon café. Philippe, mon mari qui ne comprenait pas pourquoi je tirais la tête commençait à s’énerver de mon mutisme. -Me diras-tu enfin ce qu’il se passe pour que tu fasses une tête d’enterrement pareille ? Explosa-t-il en se levant d’un bond de sa chaise. -Rien ! Je viens juste de réaliser que parfois les rêves dérangent, lui dis-je. -Expliques-toi ! J’ai du mal à te suivre. Si tu as fait un mauvais songe, il vaut mieux en parler pour l’évacuer de ta mémoire, me dit-il calmement. -Non, justement, ce n’était pas du tout un cauchemar mais c’est le retour à la réalité qui a été un peu pénible, lui dis-je.
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-Pourquoi ? La vie avec moi est si horrible que ça ? Interrogea-t-il surpris. -Non, pas du tout ! Aujourd’hui, nous sommes en congé, c’est dimanche. Alors, j’ai le temps de te raconter mon rêve si cela t’intéresse, lui dis-je pleine d’espoir de partager ce merveilleux moment avec lui. -Vas-y, je t’écoute, dit-il ravi. « Un jour de folie ou j’avais été prise d’une lubie soudaine, j’avais décidé de jouer au loto. La journée avait débuté sur les chapeaux de roues. Les enfants, en retard pour l’école, stressaient Philippe, mon dernier mari qui râlait parce que quelqu’un avait encore déplacé son rasoir électrique. Les chiens se chamaillaient. Et moi, je ne parvenais pas à émerger de mon sommeil, encore un peu zombie. La maison se vida subitement lorsque chacun partit vers ses occupations : les uns à l’école, les autres au travail. Je désirais m’arrêter à la librairie située près de mon lieu de travail pour y jouer un bulletin de loterie. Ce n’était pas dans mes habitudes car j’étais persuadée que la réussite financière ne pouvait provenir que par un travail acharné et régulier. Pourtant, une pulsion irrésistible me poussa à tenter ma chance. J’avais rempli le bulletin sans y accorder beaucoup d’attention et l’avais poussé dans mon sac pour l’oublier aussitôt. Le samedi suivant, toute la famille, attablée pour le dîner, écoutait d’une oreille les infos à la télévision. N’as-tu pas jouer au lotto hier ? Me rappela mon mari. En effet, regarde quels sont les numéros sortis s.v.p., on pourra comparer avec mon bulletin, lui dis-je Mon dernier mari, Philippe, regardait, les yeux exorbités et incrédules, les numéros sortis et le bulletin de loto.
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- Et alors ? Parle voyons, que se passe-t-il ? Lui dis-je agacée par son mutisme. - Non, ce n’est pas possible, ce n’est pas vrai, marmonnait-il entre ses dents. - Me diras-tu, enfin, ce qu’il t’arrive ? - Et bien, ma très chère épouse, nous avons gagné, m’annonça-t-il fièrement. - Comment ça, gagné ? - Oui, gagné, …GAGNE ! Les 6 bons numéros, le jackpot, la tirelire, la totale si tu préfères. - Mais ? ….Tu en es sur ? Lui dis-je incrédule. Il hurlait »on a gagné, on est riche » tout en courant comme un fou autour de la table de la salle à manger. Je n’arrivais pas à y croire. Ce n’était pas possible, il s’était sûrement trompé. Tellement d’émotions et de joie d’un seul coup m’oppressaient la poitrine. Je me sentais mal. Une énorme bouffée de chaleur m’envahit, la tète me tourna, le cœur s’emballa puis…le trou noir. A mon réveil, mon mari et mes 3 filles s’affairaient autour de moi avec des compresses froides, un verre d’eau et des médicaments pour la tension artérielle. Il m’avait fallu une demi-heure pour émerger de mon malaise avec, malgré tout, une légère migraine persistante. Je demandais, enfin, à mon mari inquiet, - Montre-moi ce bulletin de loto. - Voilà, mais attention, plus de malaise car tu nous as fait une belle peur, dit-il. Je le pris dans les mains avec la même précaution que si c’était une fiole de nitroglycérine. - Nom de Dieu ! C’est vrai, on a un 6 gagnants ! M’écriais-je en trépignant. La plus jeune de mes filles, Sarah, espiègle et très
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futée pour son âge, demanda : - Puisqu’on est riche maintenant, je pourrai avoir un nouveau GSM ? - Oh ! Oui et même tout ce que tu voudras en plus, lui répondit mon mari. Jessica, l’aînée, continua sur la lancée de Sarah. Myriam, coincée entre ses deux sœurs, ne resta pas muette non plus. Maintenant qu’il y avait de l’argent, c’était surprenant la multitude de besoins indispensables et urgents qui se rappelaient à notre bon souvenir. Je prendrai le GSM avec la housse en cuir et une carte de rechargement, insista Sarah. - Moi, je voudrais une nouvelle garde robe remplie de vêtements à la mode, s’exclama Myriam qui, malgré ses 15 ans, était déjà une «fashion victim ». - Et moi ? Vous m’oubliez ? S’écria Jessica. Je voudrais un percing en or, des vêtements, des chaussures et…. Passer mon permis de conduire. Nous écoutions religieusement, un sourire sur nos lèvres, et béats de bonheur rien qu’à l’idée de pouvoir enfin réaliser leurs rêves sans se soucier de l’argent. Je gardais, néanmoins, la tète froide et annonça à mon mari : - Il est primordial de connaître exactement le montant de nos gains avant de se réjouir. Après, on verra ce qu’on en ferra ! - Après, nous payerons toutes nos dettes en priorité et ensuite, tu pourras faire ce que tu voudras avec cet argent, dit-il. J’espérais sincèrement que nous serions les seuls gagnant au rang 6 et ainsi, empocher la totalité du magot.
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