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La Webcréativité (Coll. finance gestion management)

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249 pages
Cet ouvrage propose d'utiliser le Web comme source de créativité et de création de valeur. Après un exposé théorique sur les liens entre "la toile" et la biologie, la sociologie, la psychologie, la physique et les mathématiques, La Webcréativité présente les similitudes existant entre le fonctionnement du cerveau et le fonctionnement du Web. Cet ouvrage explore de façon pratique les environnements et les outils qui offrent la possibilité d'amplifier le potentiel créatif de chaque individu. Il montre que ces espaces virtuels sont des outils de "créativité assistée par ordinateur" qui permettent de développer de nouvelles expériences, effaçant les obstacles de la créativité classique.
Introduction. Chapitre 1. La créativité : Fondements. Chapitre 2. L'espace web de la créativité. Chapitre 3. Le cycle de la Webcréativité. Chapitre 4. Les outils de la Webcréativité. Chapitre 5. Méthodologie de la Webcréativité. Chapitre 6. Expériences et domaines d'applications. Conclusion. Bibliographie.
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INTRODUCTION
La créativité a toujours été considérée comme une fonction propre au cerveau humain qui a un potentiel unique qui fonctionne grâce à l’action combinée de fondements biologiques, chimiques, psychologiques, énergétiques et sociaux. Nous pouvons dire que la créativité est un phénomène « psychologique stimulé par l’environnement social et fondé sur la chimie et la biologie propres au cerveau humain ». Nous pouvons souligner qu’historiquement le facteur clé du développement de la créativité est la socialisation, c’est-à-dire la relation d’un individu né dans un certain environnement intégré par d’autres individus et donc de nouveaux environnements. Ainsi l’environnement est un facteur à la fois structurant et générateur de créativité. C’est donc par la création de liens et des échanges d’informations que la créativité peut se développer. Le processus de la créativité lui-même émerge de l’action individuelle combinée à l’environnement social moyennant l’utilisation d’outils et des méthodes appropriées selon les époques et les contextes. L’intervention de ces composantes contribue aussi à la performance de la création humaine.
La créativité s’exprime dans un espace et un environnement qui se modifie d’une part du fait des contraintes externes et d’autre part du fait de l’interaction et des résultats même de la créativité. Par exemple, la créativité engendre des idées dont certaines entrent dans l’amélioration des conditions environnantes de son déroulement. La créativité a sa propre évolution mais les théories de l’évolution telles que celle de 1 e 2 Darwin et au XX siècle Stephen Gould ne traitent pas directementde l’évolution de la « créativité »,dépendante de l’évolution psychologique ou des théories des très comportements. Même s’il est important, ce dernier point sera peu abordé dans cet ouvrage.
1 Sa théorie de l’évolution des espèces est essentiellement biologique. 2 Même s’il rajoute des éléments sociaux.
12 La Webcréativité
Avec la naissance, le développement et la diffusion de l’informatique pendant la e deuxième moitié du XX siècle, la créativité s’est trouvée encore renforcée par de nouveaux outils mais à l’aube d’une période nouvelle : elle va décupler ses possibilités et démultiplier ses effets sur notre société. La créativité semble alors sortir de son environnement millénaire naturel et s’immerger de plus en plus dans un nouvel environnement où les frontières entre les individus, les communautés collaboratives ou virtuelles, les espaces et les outils paraissent de moins en moins étanches et certains sont de plus en plus en interaction voire en synergie. Nous pouvons dire que nous assistons à la montée de frontières floues et à la recomposition de nouveaux espaces et de nouveaux environnements. Par exemple, la frontière entre le Web et son environnement, qui ne cesse d’évoluer entre des créations individuelles et des échanges collectifs illustre la mouvance de ces frontières. Nous dirons que la frontière du Web et de son environnement est caractérisée par la fractalité [SAM 02] au sens de la théorie mathématique des fractales de B. Mandelbrot et elle est reconnue comme un principe fondateur d’une nouvelle ère par Tim-Berners Lee [TIM 04]. L’apparition et la généralisation de l’implémentation des technologies de l’information et de l’Internet, met encore plus en évidence cette affirmation. Dès lors le Web et la créativité iront de paire dans la mesure où l’on peut établir des fondements issus des mêmes modèles théoriques.
Ainsi nous pouvons nous interroger sur la relation de complémentarité, d’interaction, de développement mutuel et de synergie qui peut exister entre la créativité et le Web (1.0., 2.0., 3.0. et 4.0.). Cette forte imbrication nous a conduit à proposer et à définir le terme de Webcréativité.
La Webcréativité peut se définir comme étant une activité de création humaine dans un processus, ou tout simplement un processus de création humaine, aidée ou assisté par le Web au sens d’espace de propagation et au sens technologique. Or le Web n’est plus un simple espace, un outil, une méthode ou un environnement (simple, enrichi et augmenté) comme nous le montrerons. De ce fait l’expression « assistée ou aidée » prend un sens très différent de ce que l’on entend généralement sous l’expression « assisté par ordinateur ». Dans [CIM, 94] nous avions remarqué 3 4 5 que pour la première fois le mot assisté pour désigner la DAO , CAO , CFAO , etc. devenait « intégré ». Ainsi l’évolution du terme « Computer Aided Manufacturing » s’est transformée en « Computer Integrated Manufacturing ». Une évolution sémantique s’était opérée alors que le monde scientifique n’avait pas pris la mesure et les conséquences du terme « intégrer ». Peut être que l’une des raisons en est le manque de succès de la plupart des CIM implémentés dans le monde. Aujourd’hui les équipes qui ont le plus fort potentiel de création et de progression sont des 3 Dessin assistée par ordinateur. 4 Conception assistée par ordinateur. 5 Conception et fabrication assistée par ordinateur.
Introduction 13
équipes de pluridisciplinaires, comme le montre les recherches en bioinformatique et dans le domaine des nanotechnologies. Quelques équipes au Japon ont eu une certaine efficacité, considérée comme une étape de l’évolution des systèmes industriels, par l’utilisation des cybertechnologies comme nous l’avons montré dans [RIC, 03]. Dans un tel contexte les mots « aidé », mieux encore « intégré » prennent une toute autre dimension et ont une portée qui dépasse largement la simple sémantique.
Le Web apporte une évolution majeure que n’importe quelle polysémie sémantique ne saurait suffire à représenter et il ne ressemble à aucune autre invention humaine faite par le passé. Le Web permet de créer des situations identiques à celles de l’environnement de la créativité individuelle et collective connues depuis toujours et, encore mieux, il permet en plus de récréer des nouvelles situations issues de sa propre utilisation créative. Il y a ainsi un effet de rétroaction qui pose la question de la nature « créative » du Web lui-même. Le Web permet de créer, mais aussi amplifie le fait d’être créatif de part les nouveaux espaces qu’il offre et des outils qu’il permet d’utiliser. Nous pourrions même développer l’axe philosophique et épistémologique de la créativité, mais cela déborderait du périmètre de cet ouvrage. La notion de Webcréativité est aussi quelque chose que nous qualifierons de fractal. Ce qui nous amène à dire qu’il faut définir, étudier, comprendre une utilisation créative du Web. C’est l’une des ambitions de cet ouvrage. La Figure 1 donne une première illustration de la Webcréativité.
Cerveau « Créatif »
Web Créatif (aide)
Figure.Les principes de la Webcréativité
Dès lors, la Webcréativité apparaît comme un phénomène ayant un caractère universel en ce sens qu’il correspond à tout environnement ayant recours au cerveau
14 La Webcréativité
humain et aux ordinateurs connectés à l’Internet et qui constitue une source et un facteur de créativité. Nous ne parlerons pas de « super cerveau », d’homme numérique [NEG 01] ou, d’hommesymbiotique ou de cerveau planétaire [ROS 00]. Ces notions paraissent comme une sorte de quête inachevée. Nous parlerons de la Webcréativité concernant des espaces, des processus, des cycles, des boucles de pensée, des outils et des méthodes. En ce sens la Webcréativité est une approche théorique fortement liée à une pratique. Mais on sait qu’il existe des écueils pour forger et voir apparaître une nouvelle théorie. Par exemple, elle ne se fait pas ex nihiloen un jour, elle se construit de l’échange, du partage, de la discussion ou pour infirmer ou confirmer ces hypothèses de travail, comme nous l’apprend l’épistémologie de Foucault [FOU 69] ou la quête inachevée de Karl Popper [POP 78]. Nous parlerons alors d’une simple vue théorique, un essai de réponse pour surmonter un autre écueil : chacun pourrait créer sa propre vision théorique ce qui, en fin de comptes, n’arrangerait personne car se serait difficile à unifier, harmoniser, afin d’avoir quelque chose de commun, que nous puissions partager, développer, utiliser, appliquer. Une théorie par définition doit avoir ses propres caractères ou marques. Or de la pratique de l’utilisation faite par les internautes mêmes émerge le besoin d’une approche théorique pour mieux comprendre et agir : pour mieux se servir du Web.
En somme, on ne peut pas construire la Webcréativité sans rapport à une vue théorique : la Webcréativité contient sa propre théorie ne serait-ce que par son fondement pluridisciplinaire. On ne peut pas parler de la Webcréativité sans savoir ce qui se passe, ce qui se fait, au jour le jour par les millions d’internautes qui utilisent le Web et « créent » ainsi de nouvelles idées, de nouvelles valeurs en partant des données, des informations et en allant jusqu’au processus plus abstrait de création de connaissances. On pourrait citer des tas d’exemples mais un dernier est un cas d’école, une illustration éloquente de ce propos : le virus Sasser, créé et lancé sur Internet par un jeune allemand de 18 ans, qui voulait simplement aider sa mère consultante. La Webcréativité a donc une base scientifique assez large qui va des sciences dites « naturelles » (exemple la biologie), des sciences dites humaines (exemple la sociologie, la psychologie), ou les sciences dites exactes (exemple la physique, les mathématiques, etc.). Nous retrouvons les bases scientifiques du cerveau et de l’un de ces produits « la créativité ».
Cet ouvrage, en deux parties et six chapitres, sur la Webcréativité, représente une synthèse et un abrégé de l’histoire des interactions entre le Web et la créativité. La première partie étudie les approches et espaces de la webcréativité. Le Chapitre 1 présente la créativité selon ses fondements historiques, théoriques et sociologiques. Le Chapitre 2 aborde l’espace web de la créativité, sa nature, ses principes et ses principales caractéristiques pour mieux cerner son potentiel (exemple, mesures, évaluation, usabilité, etc.) et les questions liées à la création (exemple création de valeur). Le Chapitre 3 aborde le cycle de la Webcréativité
Introduction 15
où l’on retrouve les notions d’évolution, simulation, créativité amplifiée, innovation, apprentissage et une première présentation de l’approche webcréativité. Il s’agit d’un processus qui se veut le plus général de manière à ce que chacun puisse extraire ses fondamentaux et s’en servir.
La deuxième partie étudie les outils et méthodologies de la webcréativité. Le Chapitre 4 traite des outils et des logiciels de la Webcréativité. Il existe un ensemble disponible parmi lesquels on signale les outils d’aide, les logiciels collaboratifs, distribués et partagés ou les outils créés pour le web. Mais il faut savoir les identifier, comment s’en servir, etc. Le Chapitre 5 étudie la méthodologie de la webcréativité en partant de la motivation, les processus et produits webcréatifs, l’entreprise webcréative, les processus créatifs face au web pour mieux cerner son apport à la créativité (avec des développements qui vont dans ce que nous appelions le premier pilier de la Webcréativité). Le Chapitre 6 présente quelques expériences venant de domaines très divers montrant ainsi la portée générale de ce concept.
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