Le combat des femmes au Congo-Brazzaville

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Au Congo-Brazzaville, la coexistence du droit coutumier et du droit civil pose constamment des difficultés. Mais les femmes continuent efficacement de mener une lutte acharnée contre les injustices afin d'obtenir d'autres gains. Elles luttent contre des coutumes draconiennes et encouragent vivement l'émancipation des femmes. Ce livre dresse le portrait de la condition des femmes.
Publié le : mardi 1 janvier 2008
Lecture(s) : 44
EAN13 : 9782296187641
Nombre de pages : 91
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Le combat des femmes au Congo-Brazzaville

Collection

Points de vue dirigée par Denis Pryen

Déjà parus Maxime Anicet Djéhoury, La guerre en Côte d'Ivoire, 2007. Louis Naud PIERRE, Haiïi, les recherches en sciences sociales et les mutations sociopolitiques et économiques, 2007. Mbog BASSONG, Esthétique de l'art africain, symbolique et complexité, 2007. Mosamete SEKOLA, L'Afrique et la perestroïka: l'évolution de la pensée soviétique sous Gorbatchev, 2007. Ali SALEH, Zanzibar 1870-1972 : le drame de l'indépendance, 2007. Christian G. MABIALA-GASCHY, La France et son immigration. Tabous, mensonges, amalgames et enjeux, 2007. Badara Aloll TRAORE, Politiques et mouvements de jeunesse en Afrique noire francophone, le cas du Mali, 2007. Pierre MANTOT, Matsoua et le mouvement d'éveil de la conscience noire, 2007. Pierre CAPPELAERE, Ghana: les chemins de la démocratie, 2007. Pierre NDOUMAÏ, On ne naît pas noir, on le devient, 2007. Fortunatus RUDAKEMWA, Rwanda. À la recherche de la vérité historique pour une réconciliation nationale, 2007. Kambayi BW ATSHIA, L'illusion tragique du pouvoir au Congo-Zaire, 2007. Jean-Claude DJÉRÉKÉ, L'Afrique refuse-t-elle vraiment le développement?, 2007. Yris D. FONDJA WANDn, Le Cameroun et la question énergétique. Analyse, bilan et perspectives, 2007. Emmanuel M.A. NASH!, Pourquoi ont-ils tué Laurent Désiré Kabila ?, 2006. A-J. MBEM et D. FLAUX, Vers une société eurafricaine, 2006. Charles DEBBASCH, La succession d'Eyadema, le perroquet de Kara, 2006. Azarias Ruberwa MANYW A, Notre vision de la République Démocratique du Congo, 2006.

Ghislaine Nelly Huguette Sathoud

Le Combat des femmes au Congo-Brazzaville

L'Harmattan

Du même auteur

- Les femmes d'Afrique centrale au Québec, Éditions L'Harmattan, Paris, 2006 (Essai).

-

Les Frères de Dieu, Éditions (N ouvelles ).

Mélonic,

Montréal,

2006 2004

- Hymne à la tolérance, Éditions (Roman).

Mélonic, Montréal,

- Itiana, Éditions Carte Blanche, Montréal, 2002 (Conte). - Les maux du silence, Maison culturelle «Les Ancêtres », Sherbrooke, 2000 (Théâtre).

- Pleurs

du cœur, Expédit,

Paris, 1995 (poésie).

- L'Ombre de Banda, C.B.E., Paris, 1990 (poésie) - Poèmes de ma Jeunesse, J.C.A, Pointe-Noire, 1988 (poésie).

@ L'HARMATTAN,

2007

5-7, rue de l'École-Polytechnique;
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-04611-5 EAN : 9782296046115

75005 Paris

Avant propos
La cause des femmes est au cœur des préoccupations de la C0l11111unauténternationale. Les femmes veulent obtenir i plus des droits. EUes sont déterminées à combattre la violence faite aux femmes. Je crois en la cause des femmes et j'ai un intérêt particulier pour la lutte contre la violence. Cet intérêt pour la condition de la femme est une longue histoire. Une histoire passionnante... Au Congo-Brazzaville, les femmes veulent s'impliquer dans le développement du pays. Comme dans toute l'Afrique, et dans le monde finalement, on constate des grandes inégalités entre les hommes et les femmes dans plusieurs sphères sociales. Et le poids des coutumes ne favorise pas la réduction de ces inégalités. En effet, les coutumes pèsent lourdement en défaveur des femmes et cherchent à les garder dans une « soumission éternelle ». Selon les coutumes, elles sont rédllÎtes à une situation de seconde zone. Elles sont comme des éternelles mineures... Pourtant, les Congolaises n'entendent pas les choses de cette oreille. Elles veulent absolument changer le sort des femmes dans une société où la population féminine représente quand même la majorité. Elles mènent de front un combat sans réserve pour arriver à cet objectif. Les obstacles sont nOlnbreux. La lutte peut paraître avec raison perdue d'avance. En effet, il n'est pas toujours évident de

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se battre pour changer des coutumes séculaires. Le changement des mentalités ne peut pas se faire du jour au lenden1ain. Pourtant, les Congolaises ne baissent pas les bras. Les femmes de chez nous sont conscientes que c'est cette lutte féroce qui donnera le salut. Elles savent qu'il faut sortir de l'état « d'observatrices» pour se lancer dans la « conquête» des droits des femmes. C'est la lutte qui permet d'y arriver. Seule la lutte libère.. . Dans ma jeunesse, j'ai souvent entendu la devise du principal organe de défense des droits des femmes dans .mon pays. Oui, je continue encore de penser que « seule la lutte libère»... Comme une litanie réconfortante, cette devise résonne dans tout mon être. Elle me rend combative et me donne de l'énergie pour prendre ma place où que je sois. Je m'en sers au quotidien. La vie elle-même combat et rien ne se donne sur un plateau d'argent. J'ai toujours entendu Je sais que le chemin est ont obtel1U de nombreux des interdits alimentaires. parler des luttes des Congolaises. encore long. Je sais aussi qu'elles gains. Elles ont franc11i le niveau Il parait qu'à une certaine époque certains est un

les femmes n'avaient pas le droit de consommer

aliments. Semblerait-il qu'elles se contentaient seulement de les apprêter. À tort ou à raison, certains affirment que ces interdictions n'avaient aucun fondement raisonnable sinon le désir de « brimer» les femmes. À tort ou à raison, certains mettent ces interdictions dans le cadre des injustices, de la violence faite aux femmes... Toujours est-il que je ne connais pas la véritable raison de ces interdits alimentaires. Je ne connais pas non plus une Congolaise qui aurait subi des désagréments pour avoir

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consommé des aliments interdits. Je sais, par exemple, que le pOlllet fait partie de certaines interdictions. J'ai vu des Congolaises en manger sans qu'elles ne subissent quoi que ce soit de fâchellx. Moi-même j'en mange également. Je ne résiste pas à l'envie de partager cette anecdote. Curieuse de toujours savoir le pourquoi du comment, j'ai posé des questions sur ces interdits alimentaires. En fait, nous en parlions souvent entre jeunes filles à l'école. Un jour, un adulte à qui je posais la question, je vOll1ais savoir pourquoi les femmes n'avaient pas le droit de manger du poulet me répondit ironiquelnent « parce que les hommes voulaient garder le meilleur pour eux' ». Il voulait simplement se débarrasser de moi parce que je posais trop de questions. En fait, il voulait éviter que je déballe mon avalanche de questions. Il savait que j'avais la preuve que la consommation du poulet ne causait pas de désagréments aux femmes. Alors pour couper court, il a décidé de me donner cette réponse. Aujourd'hui encore, je me pose des questions sur les interdits alimentaires. Aujourd'hui encore, je m'interroge Sllr le sort des femmes. Aujourd'hlÜ encore, je pense à la réponse à ma question. Cette réponse n'était pas aussi « mauvaise », même si mon interlocuteur, sans vouloir me donner une véritable réponse, voulait tout simplement se débarrasser de moi. Et si c'était ça la raison? Et si c'était pour une raison semblable à celle-là? Et si c'était simplement pour brimer tes femmes, pour ajouter une injustice aux nombreuses qu'elles subissaient déjà? Et si

c'était seulement une interdiction fantaisiste? Et si c'était seulement pour prouver aux fen1mes que les hommes

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avaient plus de droits, plus de liberté? Et si c'était seulement. ... Et si c'était seulement. . . En fait, les femmes bravent ces Î11terdictions alimentaires alljourd'hui. Il faut également sOllligner qlle les interdits alimentaires variaient selon les régions. Les aliments interdits n'étaient pas toujours les mêmes. Des changements spectaculaires se sont réalisés aussi au niveau du mariage. Les filles peuvent maintenant choisir seules la personne avec qui elles désirent fonder une famille. Ces changements sont importants même si d'une certaine manière l'emprise de la famille existe toujours. Mais c'est une victoire non négligeable. Une grande révolution s'est produite pour ce qui est de l'accès à l'éducation pour les filles. Or, l'éducation est un aspect important dans le combat des femmes. De lutte en lutte, les Congolaises obtiennent des gains. Au fil des années, les Congolaises vivent sous de meilleurs jours. De fil en aiguille, elles ne baissent pas les bras et demandent davantage de cllangements... Je pense que ça vient de là mon goût pour la combativité sur la condition de la femme. Comment rester insensible à cette cause? Je loue les efforts des Congolaises. Aujourd'hui, je vis loin de mon pays, mais mon regard est toujours tourné vers là-bas. Qu'en est-il de ma société d'accueil? En effet, le Canada m'a permis d'affûter les armes de base que j'avais en lna possession à mon arrivée ici pour poursuivre nlon combat sur la lutte de la condition féminine. J'ai suivi plusieurs formations dans le domaine des femmes qui sont des éléments indispensables dans mon cheminement.

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Comme des lunettes microscopiques, ces « armes» sont des outils qui me donnent des connaissances théoriques qui me serviront toujours. Je crois à l'empowerment, cette réappropriation dll pouvoir par les femmes si chère à toutes celles qui croient au combat des femmes. Et on ne le dira janlais assez, l'empowerment, est un élément important dans la lutte des femmes par sa capacité de favoriser l'estime de soi, la confiance en soi, l'initiative et le contrôle. Mes échanges avec les femmes de tous les horizons à travers les organis.mes de défense des droits des femmes sont des expériences inoubliables et enrichissantes. J'ai réalisé comment une même cause peut rapprocher et rassembler des gens de cultures différentes. La fibre de la condition féminine se retrouve dans toutes les régions du monde. Je suis bien consciente que partout les femmes ont ell des difficultés et qu'elles continuent d'en avoir. L'amélioration de la condition des femmes est une lutte de longue haleine qui demande une grande vigilance, car les gains ne sont jamais acquis une fois pour toutes. Il faut continuer le combat, malgré les nombreux changements l'évolution et de la condition féminine. Ce n'est jamais fini!

Les femmes de chez nous sont, on ne le dira jamais assez., sur la bonne voie. Je suis avec elles de tout cœur!

Il

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