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Le manipulateur

De
117 pages
On qualifie de "libre" celui qui n'obéit qu'à sa volonté. Mais obéir à sa volonté c'est encore obéir. Ce que nous nommons liberté n'est rien d'autre que cette attitude qui consiste à suivre servilement le chemin des plaisirs tracé par la nature. L'homme ne devient haïssable qu'à partir du moment où nous le croyons libre... qu'à partir du moment où nous le croyons coupable.
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www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comLe manipulateur© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0879-5(pourlefichiernumérique)
ISBN: 2-7481-0878-7 (pour le livre imprimé)Eric Pierre
Le manipulateur
ESSAIIntroduction
AVANT-PROPOS
"J’aimelesastrophysiciens. Euxaumoinsilregardent,ilsnebri-
colentpas. Cesontdescontemplatifs…pasdesmanipulateurs."Ainsi
s’exprimait récemment l’un de nos grands botanistes
1sur une chaîne de télévision française. Ces propos re-
flètent l’état d’une partie importante de l’opinion. Ils
illustrentcettetendanceàdénigrer,voireàcondamner,
l’interventiondel’hommesurl’ordredeschoses. Ten-
dance dont il n’est pas rare d’entendre certains de nos
intellectuels se faire l’écho.
Toujours plus, toujours plus vite : plus nous
connaissons, plus nous découvrons. Quelques cen-
taines de milliers d’années pour passer du feu à la
métallurgie… quelques dizaines de milliers d’années
pour passer du dessin à l’écriture… moins d’un demi
sièclepourpasserdelaradioactivitéàl’armenucléaire:
irrésistiblement, le tourbillon du savoir nous entraîne
dans sa course. Irrémédiablement, l’accroissement
de notre capacité de construire s’accompagne d’un
accroissement proportionnel de notre capacité de
détruire. C’est ainsi. Il n’est pas de progrès sans
risque. On craint pour notre devenir, on aspire à ne
1. Ils’agissait du botanisteJean-MariePelt s’adressant àl’astrophysicien
AndréBrahicau coursd’uneémissionde Bouillonde Culture,animéepar
BernardPivotsurFrance2enmai 1999, surlethèmedes " mystérieuses
beautés du monde".
7Le manipulateur
pas se laisser dévorer par nos propres enfants, mais
cependant, quels que soient les dangers incontestables
auxquels nous nous exposons, sommes-nous cette
consciencelibreetresponsableenlaquellenousaimons
nous reconnaître, capable de s’opposer aux intérêts de
la nature ? On voudrait pouvoir se reprocher notre
esprit de conquérant ou nos maladresses d’apprentis
sorciers, mais qui se trouve à l’origine de cette curio-
sité et de cette créativité qui nous animent ? Qui…
si ce n’est cette nature elle-même ? Avec l’aide de
la science, n’est-il pas temps de nous émanciper de
certaines croyances ancestrales et de tourner le dos à la
cosmologie des prophètes ?
C’est en réponse à ce botaniste, ainsi qu’à tous
ceux qui voient en l’homme un dangereux bricoleur
outrepassant ses droits (on ne sait trop quels droits !)
oùsortantdesonrôle(onnesaittropquelrôle!),
que j’ai voulu rédiger cette courte réflexion afin d’y
formuler quelques questions et d’y risquer, en can-
dide, quelques hypothèses. L’homme qui se définit
lui-même comme un manipulateur ne serait-il pas, au
contraire, l’objet d’une gigantesque manipulation ?
Avec l’homme qui avance, n’est-ce pas la nature toute
entièrequicherchesoncheminetl’histoiredel’évolu-
tion qui suit son cours ? De l’homme ou de la nature,
sommes-nous bien certains de savoir lequel des deux
manipule l’autre ?
Sur quel navire ou dans quelle galère sommes-
nous embarqués ? Nous nous prenons pour le capi-
taine,nouscroyonstenirenmainlabarredenotredes-
tinéemais,àbienyregarder,sommes-nousautrechose
que de simples moussaillons ou de simples rameurs ?
Desimplesmoussaillonsoudesimplesrameurssurles-
quels il conviendrait peut-être de poser un regard dif-
férent, fait d’un peu moins de vanité et d’un peu plus
d’indulgence. L’homme est-il en mesure d’agir libre-
mentetcontre-nature? Neserait-ilpasplutôtunins-
trument entre les mains de la nature ? Seulement, la
8Eric Pierre
têterésonnantsouslemarteauetlenezcolléàl’ouvrage,
pareilauburindusculpteurentamantlapierre,peut-il
apprécier l’oeuvre à l’élaboration de laquelle il parti-
cipe ? Il gémit, il espère. C’est son sort qui se joue.
Mais n’est-il pas trop engagé dans l’action ? Possède
t’iltoutelasérénitéettouteladistancenécessairespour
pouvoirregarderetpourpouvoircomprendre? Même
lorsqu’ilsecroitdestructeur,neserait-ilpasencorebâ-
tisseurmalgrélui? Bâtisseurheureuxoubâtisseurmau-
dit, sacrifié à la cause commune ?
Dénoncer l’illusion de la liberté, c’est dénoncer
l’absurdité de deux tentations instinctives : l’orgueil et
lacondamnation. Certains,dèslors,s’inquiéterontdes
conséquences possibles d’une telle hypothèse. Ils ver-
ront en la négation du mérite et de la culpabilité une
menaceàlapérennitédenosvaleursainsiqu’àlapréser-
vation de l’ordre public. Ils se diront :"Si lalibertén’existe
pas,sijenesuisniméritantnicoupable,alorstoutestpermis! ".Mais
je ne le crois pas. Je crois, au contraire, que dénoncer
l’illusion de la liberté pourraitnouspermettre de jeter
les bases d’une nouvelle éthique - moins passionnelle
et plus constructive - et d’un nouveau rapport social -
moinsconflictuel,plusouvertetpluspropiceàl’accep-
tationdel’autreetdesoi-même. C’estcequejetenterai
d’expliquerdanslesdernièrespagesdecetteréflexion.
A la fin de ce petit livre, on trouvera rassemblées
quelques courtes pensées (Pêle-mêle). Il ne faudra pas
chercherdeliendirectaveclapremièrepartie. Cespen-
sées portent un peu sur tout et sur rien. Je les ai glissé
là justehistoiredecontinuer d’essayerdepartagercer-
tainesdemesimpressionsoudemesinterrogations.
9LEMANIPULATEUR