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Le Véhicule

De
211 pages
En observant les diverses croyances répandues dans le monde et dans le temps, nous pouvons constater que l'homme compare souvent son existence à celle d'une machine dans laquelle prend place son âme ou l’esprit qui lui donne la vie. Ce concept très ancien, et considéré parfois comme délirant dans ce monde moderne, mériterait une considération plus attentive. Sans avoir l’intention de prendre parti pour les croyances religieuses ou pour un raisonnement relevant de l’athéisme, je me suis amusé à comparer notre corps avec une automobile et notre âme avec le conducteur de celle-ci. Notre vie, et les événements qui la façonnent, ne seraient-ils qu’une route que nous sillonnerions à la recherche... du paradis ? Le résultat a donné vie à ce livre.
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Le VéhiculeJean-Luc Goubet
Le Véhicule
ESSAI DE VULGARISATION© Editions Le Manuscrit, 2003
ISBN: 2-7481-3065-0 (pourlefichiernumérique)
ISBN: 2-3064-2 (pour le livreimprimé)àmonpère,
Un homme ne sachant pas se contrôler
est aussi dangereux
qu’un véhicule sans freins !PROLOGUE
Afin de saisir les différentes idées développées
ici, il est nécessaire que vous, cher lecteur ou chère
lectrice,soyezdisposésàlaissermomentanémentde
côtélaconceptionquelamajoritéd’entrenousavons
de notre existence et notre vie quotidienne. Es-
sayons de prendre plus aux sérieux les croyances et
lesdogmesfaisantmentiondelaséparationducorps
et de l’esprit. Admettons que le fameux moi,celui
quinousfaitpenseretagir,n’estpasseulementcette
image qui se reflète dans le miroir de notre salle de
bains. Admettonsquecemoiestbienquelquechose
qui,malgrésaconstanteprésence,passepresqueto-
talement inaperçu dans le contexte où nous vivons.
Unechoseinvisible,impalpable,inodore,sanspoids
nimasse,unechosesidifficileàcernerquelamajo-
rité d’entre nous préfère ignorer son existence.
Tout le monde sait que les apparences peuvent
tromper, et tout le monde a, un jour ou l’autre en-
tendu :
« Personne n’aurait soupçonné cela de sa part. Il
avaitl’airsigentil»ouencore: «Quiauraitcrucela
d’elle ? Elle cachait bien son jeu »
Toutlemondea,unjouroul’autre,ététrompépar
une personne à l’apparence honnête. Une personne
à qui l’on avait donné le bon Dieu sans confession.
9Le Véhicule
Une personne qui, comme arme principale de trahi-
son,outretouslesmensongesqu’elleavaitpuinven-
ter,aprofitédesonphysiqueagréablementinnocent
pour tromper etconduiresavictimeàl’erreurdeju-
gement.
Les gens s’étonnent de l’apparence docile d’un
tueurensérieou pensent d’embléequ’unepersonne
laide n’est pas digne d’être intelligente.
Pourtant le dicton bien connu : « l’habit ne fait
paslemoine»reflèteparfaitementladualitédel’ap-
parence physique et de la personnalité qui anime ce
corps que nous jugeons avec tant de facilité.
Sinousavionsdavantageprésentàl’espritlescé-
nariooùlecorpsetl’âmesontdeuxacteursdistincts,
ayant chacun leur propre rôle ou si seulement nous
avions assez d’imagination pour comparer la per-
sonne intérieure au conducteur d’une automobile,
nouséviterionsbiendeserreursdejugement. Ilnous
seraitplus aisé comprendre les différencesradicales
de qualité qui peuvent exister entre l’aspect d’une
personne et son véritable contenu.
Pour commencer mes comparaisons avec un vé-
hicule, je pourrais simplement dire que le conduc-
teur d’une voiture de sport n’a pas forcement l’as-
pect de Monsieur Univers. Il peut être bedonnant et
court sur patte. La rage des lignes de la machine ne
sera pas nécessairement reflétée par son occupant.
Ce n’est pas non plus celui qui a la plus belle voi-
turequisaitlemieuxconduireouquiprésenterades
capacités dignes de son engin ! Il n’est pas rare de
trouverdespropriétairesdevoituresdeluxe,ayantà
peine les moyens de s’offrir quelques litres de com-
bustible pour faire, le dimanche, le tour du quartier
afin d’épater le voisinage ! Et, au contraire, nous
pouvons voir de véritables milliardaires se rendre à
leurentrepriseàbordd’unesimpleCoccinelle,voire
à bicyclette !
10Jean-Luc Goubet
Ceci pour souligner que l’apparence du corps, de
notre véhicule, n’a rien à voir avec les réelles capa-
cités de son conducteur.
A l’armée, on trouve toujours un garçon bâti
comme une armoire de trois portes. Il est alors
considéré comme un « malabar. » Mais… il est
incapablede faireplusdecinq pompessansdevenir
tout rouge et crier au secours devant un effort qui
n’apourtantriendesurhumain. Malgréunphysique
impressionnant,autrementditunvéhiculedébordant
de puissance et une carrosserie presque parfaite,
son chauffeur n’a jamais fait le moindre effort pour
en exploiter les capacités. Un peu comme le pro-
priétaire d’une Ferrari qui n’a jamais voulu passer
la seconde. Ayant sous la main tout le potentiel
d’un moteur « surpuissant », il finira par estropier
sa mécanique en la faisant tourner constamment en
sous régime.
Apparemment forts et indestructibles, apparem-
mentpleinsd’énergie,certainshommesneserontce-
pendantquedefrêlescréaturescompensantleurfra-
gilité intérieure par un aspect redoutable.
Tandisqued’autres,propriétairesd’une«caisse»
qui n’est plus cotée à « l’Argus », apparemment dé-
biles, seront capables de prouesses insoupçonnées.
La volonté de conduire leur véhicule jusqu’au bout,
leurpermettra de tirerpartidechaque engrenage.
Les qualités du conducteur pourront être telles
qu’elles atténueront les défauts de la route et feront
oublier le manque de confort.
L’apparence désagréable de la personne pourra
disparaître aux yeux de ses semblables grâce à son
comportement. L’apparente fragilité sera largement
compenséeparlaforce intérieuredel’individu.
11NOTRE VÉHICULE
A notre naissance, et grâce à un mystère qui est
loind’êtreéclairci,noushéritonsdoncd’unevoiture
dont la marque et la couleur peuvent varier. L’im-
portant est que : malgré les différences de qualité,
de confort, de puissance et de garantie, nous avons
tous lanôtre. (ce qui est loin d’être le casdesvraies
voitures)
Eneffet,chaqueêtrehumainreçoituncorps. Cha-
cundenouspeutainsiselancersurl’autoroutedela
vie. Chaque modèle est pratiquement unique, et fait
engénérallafiertédesonconducteur. Biensûr,ilya
toujoursdesenvieuxpréférantlacarrosserieduvoi-
sin, sa couleur ou la puissance de son moteur.Ces
gens-là seront mal dans leur peau. Ils passeront une
bonne partie de leur vie, si ce n’est leur vie entière,
stationnés au bord de la route. Ils regarderont et ja-
louseront les véhicules des autres, sans penser une
seconde à commencer leur voyagevers lefutur.
Ils ne se rendront pas compte de la chance qu’ils
ontdepossédereux-mêmesun véhicule…Uncorps
doté d’une incroyable gamme de possibilités et de
fonctions, qui ne demandent qu’à être développées
et exploitées.
Au départ donc, nous sommes tous des gens
riches, puisque comme des « fils à papa », nous
avons une voiture neuve avant même de savoir
conduire! Avant même d’être conscient de notre
13Le Véhicule
existence, nous avons un corps neuf que nous
devrons apprendre à diriger. Plus d’une fois au
cours de notre apprentissage, nous irons froisser les
portières ou casser les phares de notre engin contre
les obstacles qui décorent notre cuisine ou notre
saleàmanger!
Quelenfantnes’estjamaiscognécontrelesmon-
tantsd’uneporte,etquelnouveauconducteurn’aja-
mais loupé l’entrée de son garage ?
Peu expérimenté et heureux d’avoir un nouveau
jouet dont les possibilités nous dépassent, nous se-
rons tentés d’utiliser le Klaxon en long, large et tra-
versàlamoindredifficulté:
OUINNNN… ! OUINNNN... !
Parce qu’il a laissé tomber son hochet, le bébé
pleure plutôt que de le ramasser... Et l’apprenti
conducteur s’excite sur son Klaxon plutôt que de
freiner et ralentir la marche.
Pendant les premières années, nous nous perfec-
tionnons dans le maniement des accessoires et ac-
quérons la pratique du code de notre route. Pendant
cette période, nous avons à nos côtés nos examina-
teurs, chargés d’appuyer sur le frein de secours lors
desmultiplesexcèsdevitessequenoussommesten-
tés de commettre. Plus tard, le conducteur ne bé-
néficiera plus de cette aide parentale, et devra faire
preuvedevolontéproprepourtrouversarouteetar-
riverà destinationdelamanièrela plusconvenable.
14Jean-Luc Goubet
Illuifaudraprendreencomptelesconditionsclima-
tiques, les détours et le temps dont il dispose. Il ne
faudra conduire ni trop doucement ni tropvite.
Pour arriver à son but, conduire trop doucement
ne le fera arriver qu’en retard, sans écarter pour au-
tant les risques d’accidents avec autrui. Il n’est pas
tout seul sur cette autoroute de la vie. D’autres
conduisent beaucoup plus vite et peuvent le pousser
dans le ravin !
Conduire trop vite ne permettra pas d’admirer le
paysage ni de profiter d’une conversation agréable
avec ses passagers. En vivant à 100 km à l’heure,
l’agenda trop chargé, l’homme d’affaires surexcité
ne vivra plus et ne pourra pas porter l’attention né-
cessaire à sa famille.
Ilfautparfoissavoirprendredesdécisionsrapides
en toute conscience. Surtout ne pas s’endormir au
volantpourpouvoir accéléreroufreineraumoment
opportun. Cecibiensûr,enayanttoujourslecontrôle
de la situation. Celui qui a l’habitude des excès de
vitesseseverraunjouroul’autrecontraintd’appuyer
àmortsursonfreinpournepasfiniraplaticontreun
platane.
Ilnefautsurtoutpasoublierquecommetoutema-
chine,mêmedotéed’uneextrêmeperfectionetd’une
technologiepresqueparfaite,notrecorps…notrevé-
hicule, aura besoin d’une attention particulière au
moment de ses révisions périodiques. Une grande
majoritéd’entrenousresteratoutesaviecommeces
conducteurs du dimanche. Ceux qui utilisent leur
véhicule qu’une fois par semaine, et qui savent tout
juste changer une roue en cas de crevaison. En ef-
fet,malheureusementpournotreévolution,biendes
15Le Véhicule
âmes emmènent leur corps faire du footing unique-
mentenfinde semaine,etnesaurontpasfaireautre
chosequedeselamentersileurspiedscommencent
àenfler!
Bienquenotrevéhiculesoitdotéd’uneincroyable
quantité de fonctions entièrement automatiques, il
ne reste pas moins dépendant de l’attention de son
chauffeur.
Apartlesvicesdefabrication,c’est-à-direlesper-
sonnes naissant handicapées physiquement ou men-
talement, la majorité a la chance d’avoir une ma-
chine qui peut fonctionner à merveille, si celle-ci
est utilisée avec sagesse et prudence. Toutes les er-
reurs de conduite, tous les excès de vitesse seront
gardés en mémoire et, avec le temps, à la moindre
faute d’attention, les contraventions commenceront
à pleuvoir. Il n’est pas nécessaire d’avoir fait des
études poussées de médecine pour savoir que tous
lesexcèsd’alcooloud’autresproduitsplusoumoins
nocifs, arriveront un jour ou l’autre à causer de sé-
rieux problèmes de fonctionnement.
Même les exercices physiques, pourtant considé-
réscommebonspourlecorps,peuventarriveràcau-
serdesdégâtsimportantssil’ondépasseunecertaine
mesure. Touslessportifsabusantd’unentraînement
intensifensouffrirontlesconséquences. Al’inverse,
les personnes qui se sont laissée rouiller sur place
auront aussi à supporter les conséquences d’une vie
trop sédentaire. Si ces personnes avaient demandé
l’avisdeleurgaragiste,celui-ciauraitfacilementpu
expliquer qu’une voiture dont on force le moteur
au-delàde sespossibilitésouqui, aucontraire, reste
au garage sans bouger un seul piston durant des an-
nées, aura besoin d’une sérieuse révision avant de
reprendre la route. Il en est exactement de même
pour notre véhicule charnel. Combien de joueurs
16Jean-Luc Goubet
de football ont des problèmes de genoux, de ten-
dons, de ligaments ? Le sport qu’ils pratiquent de-
mande à ces organes un effort exagéré et prolongé.
De nombreuses autres disciplines ont leurs consé-
quences propres: l’haltérophile aura des ennuis de
colonneetdeshernies,lejoueurdetennisdevrapor-
terplus d’attention au bras qu’il utilisepour tenir sa
raquette et ainsi de suite. Bien sûr, à l’inverse, on
trouvedespersonnesquimènentleurviesansaucun
effort physique. Une vie si monotone et si statique
qu’ils en oublient presque de respirer ! Le souffle
seferadeplusenpluscourtdevantcemanqued’ac-
tivité corporelle. Aller visiter le beau-frère, le di-
manche,audeuxièmeétage,danscetimmeublesans
ascenseur, sera de plus en plus difficile chaque an-
née !
Les moins chanceux d’entre nous, ont le diffi-
cile devoir de conduire un véhicule en mauvaisétat.
Je pense à ces personnes qui, dès leur naissance,
doivent commencer leur voyage avec une voiture
plus ou moins accidentée. Vous avez tous compris
que je veux parler des personnes handicapées phy-
siquement. Des gens qui ont, dès le départ, moins
d’optionset moins degadgets àleur disposition que
les autres. Toutefois, nous devons garder présent à
l’esprit que ces véhicules ont, tous, un propriétaire.
Un chauffeur qui désire arriver à sa destination au-
tant qu’un autre, sinon plus.
Ces moins favorisés auront bien souvent besoin
de beaucoup plus de patience et d’obstination pour
suivreleurroute. Pensezunpeuàcespauvrespetites
2CV,surl’autoroute. Malgrélesmoqueriesdespro-
priétairesdegrossesMercedes,ellescontinuentleur
chemin. Cepauvrepetit«tasdeferrailles»cahotant
17Le Véhicule
et gênant les autres (qui se croient malins), aura be-
soindebeaucoupplusd’effortdevolonté,parconsé-
quent de mérite pour, malgré toutes les difficultés,
arriver à son but.
Surleurchaiseroulante,biendeshandicapésphy-
siques peuvent êtres considérés en meilleure santé
que beaucoup de personnes dîtes normales. Les
prouessesphysiquesetsportivesquecertainsd’entre
eux réalisent dépassent de beaucoup celles de bien
des personnes ayant un véhicule en bon état.
D’autres chauffeurs ont encore moins de chance.
En effet, outre les défauts de carrosserie et les dé-
fauts mécaniques, autrement dit les malformations
physiquesetmotrices,certainssouffrentcequenous
pourrionscompareràdesfaillesd’alimentationélec-
trique. Quelquefois le contact se fait, d’autres pas.
Les fusibles ne résistent que peu de temps ou pas
du tout, et parfois même l’allumage part en fumée.
Je veux parler de ces gens malades mentaux, de ces
personnesquiendépitd’uneapparencenormaleont
d’énormes difficultés à s’adapter à notre rythme de
conduite. Desgensquisetrouventdansl’impossibi-
lité totale de manœuvrer ou faire avancer leur véhi-
cule.
Même les techniques les plus sophistiquées de la
médecine moderne ne permettent pas de déterminer
silefameux moiintérieurestsolidairedenotre cen-
trale électronique ou si au contraire, est cette chose
totalement séparable et indépendante, que les diffé-
rentescroyanceshumainesontdésignécommel’âme
ou l’esprit humain. Cette « chose » qui nous per-
met d’avoir conscience de notre propre existence.
Cette « chose » qui associe les infimes impulsions
18Jean-Luc Goubet
nerveuses des milliards de neurones de notre cer-
veau pour former des idées élaborées. Si l’on prend
pourvraietabsoluquelecorpsn’estquelevéhicule
de l’âme, les malades mentaux, qui visiblement pâ-
tissent d’erreurs de câblage dans leur boite de jonc-
tion,n’ensontpasmoinsdespersonnescommevous
et moi. Leurs pensées profondes, leurs sentiments,
leur moi intérieur doivent constamment lutter pour
essayer de faire obéir un corps mal branché.Ima-
ginons cinq petites minutes qu’un matin vous mon-
tiez dans votre voiture et qu’au moment de mettre
lecontact,lesdifférentesfonctionsélectriquess’em-
ballent. Vous croyez allumer la radio et ce sont les
essuie-glaces qui répondent. Le plafonnier s’allume
et s’éteint par intermittence. Le blocage automa-
tique des portières ne veut pas réagir et les petites
lumières de votre tableau de bord se prennent pour
un arbre de Noël ! Malgré toute votre bonne vo-
lonté, malgré le désir que vous avez de commencer
votre journée, malgré tous vos efforts, rien ne fonc-
tionne normalement. Je sens que vous allez vous
énerver ! En un jour ou deux, l’électricien automo-
bile pourra cependant trouver une solution à votre
problème. Le chauffeur de ce véhicule, considéré
mentalement malade, peut très bien se trouver dans
cette déplorable situation mais …àvie!Ilsera
condamné à faire comme vous le jour de la panne,
c’est-à-direvociférer une montagne d’insultes, crier
ausecoursoupleurerderagedansuncoin,seul,face
à son impuissance.
Lesconnaissancesactuellessontbaséessurl’idée
admettantlecerveaucommebasedetouteslescom-
mandesquipermettentdemanœuvrernotrecorpset
notre comportement. Je ne suis pas spécialement
19Le Véhicule
contrecettethéoriemaispourlesbesoinsdecelivre
essayons, un instant, d’aller plus au-delà de ce rai-
sonnement. Peut être affabulerais-je en suggérant
que cet organe ne semble pas être l’unique maître à
bord, mais qui sait ?
Nous avons tous, un jour ou l’autre, été tenté de
mettre en évidence la similitude entre notre cerveau
et un ordinateur. Les comparaisons publiées dans
lesdiversesrevuesetarticlesnouslaissententrevoir
l’extrême complexité de notre encéphale. Un Per-
sonal Computer atteignant une quasi-perfection que
tous les centres de recherches sur l’électronique et
l’intelligenceartificielletententd’imiterd’unefaçon
ou d’une autre. Malgré une différence radicale de
construction et de possibilité, le rapprochement est
cependantsouventfait. Lagrandeénigmequinéan-
moinsnousdonneradufilàretordreestlasuivante:
Notre cerveau, notre ordinateur, cette mer-
veilleuse centrale bio-électronique, si puissante soit
elle, n’aurait-elle pas besoin de quelqu’un derrière
son clavier pour diriger les opérations ?
Ce quelqu’un ne serait-il pas ce moi intérieur,
cette âme ou cet esprit, tout aussi indépendant de
son corps comme l’est l’opérateur informatique ou
le programmateur vis-à-vis de sa machine ?
Toutefois le premier ne pourra pas assumer ses
fonctionssanslesecondnilesecondsanslepremier.
Cette comparaison simpliste mettra en évidence des
conséquences facilement déductibles:
1 ) La qualité du travail de l’opérateur informa-
tiquedépendraengrandepartdel’étatdefonctionne-
mentdesonhardwareetdel’agilitédesprogrammes
utilisés. Traduis à l’échelle humaine : la qualité du
travailquepourrafournirunespritdépendradoncde
l’état du corps qu’il recevra pour vivre.
2 )Leplusbelordinateurneserad’aucuneutilité
dans les mains d’une personne incompétente. Le
20Jean-Luc Goubet
corps le plus parfait, le cerveau le plus évolué ne
servira à rien dans les mains d’unesprit retardé.
L’évolution de l’opérateur informatique et celle
des ordinateurs sont indépendantes. L’évolution de
l’esprit et celle du cerveau, pourraient l’être égale-
ment.
Plus le temps passera plus les nouvelles généra-
tions auront des engins sophistiqués à manœuvrer.
Les travaux les plus complexes pourront être réali-
sésmaisattention…«l’opérateur»devrasanscesse
prendre des cours de recyclage ou de spécialisation
pour pouvoir suivre l’évolution des techniques qui
sont mis à sa disposition.
Depuis la préhistoire, le cerveau de l’homme a
égalementévolué. Grâceaumiracledel’héritagegé-
nétique,nousavonsaujourd’huilachanced’avoirun
modèle certainement beaucoup plus complexe que
les antérieurs. Notre moi intérieur devra cependant
fairel’effortdesuivrecetteévolutionetapprendreà
utiliserlesmultiplesfonctionsmisesàsadisposition.
Il devra évoluer avant que cet encéphale ne prenne
tropd’avancesurlescapacitésdenotreesprit. Avant
que celui-ci ne se transforme en un simple objet dé-
coratifcommeleferaitunordinateursupermoderne
sur le bureau d’un analphabète!
Les portes de l’an 2000 déjà ouvertes, et à l’ère
des « puces », nous pouvons voir que chaque jour
donne naissance à de nouveaux programmes, à de
nouveauxordinateurs. Chaquecompagnieprendson
ancien modèle et y rajoute un peu plus de mémoire,
un peu plus de vitesse, un peu plus de possibilité.
Chaque machine donnera « naissance » à une nou-
velle«génération.»Motquiaétéprisdumotgène,
en comparaison à notre propre évolution génétique.
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