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Les questions sociales aux concours

De
232 pages
Les candidats trouveront dans cet ouvrage l'intégralité du programme de questions sociales : protection sociale, politique de santé, politiques sociales (de l'État, des collectivités territoriales), emploi, travail salarié... Cette nouvelle édition, riche en données actualisées, fournit aussi les éléments nécessaires à l'analyse des interventions publiques dans ce domaine. C'est donc l'outil de travail indispensable pour préparer et réussir l'épreuve de questions sociales.
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PrésentatIon
Cet ouvrage a pour ambîtîon de vous préparer aux épreuves des concours admînîstratîfs de catégorîes A et B quî demandent des connaîssances sur es poîtîques socîaes de ’État et des coectîvîtés terrîtorîaes.
I permet, en partîcuîer, de préparer es épreuves des concours externes d’attaché (entrée aux IRA pour es concours de ’État, ou attaché terrîto-rîa), qu’î s’agîsse de a composîtîon d’ordre généra, où î est demandé de connaïtre e rôe de ’État ou des coectîvîtés terrîtorîaes dans es grands domaînes de ’înterventîon pubîque, ou de ’épreuve pus spécîaîsée de QRC pour es candîdats aux IRA. Le concours externe d’accès aux IRA comporte en effet une épreuve constîtuée de sîx « questîons à réponse courte » dont ’une porte sur es questîons socîaes. Le programme de cette épreuve, très compet, est îcî întégraement traîté.
L’ouvrage permet aussî une préparatîon aux concours pus spécîaîsés d’înspecteur des affaîres sanîtaîres et socîaes ou d’attaché d’admînîstra-tîon hospîtaîère.
Vous trouverez dans cet ouvrage es données actuaîsées utîes sur a démo-graphîe, a protectîon socîae (organîsatîon, prestatîons et inancement de a Sécurîté socîae), a poîtîque de santé, es poîtîques socîaes (înégaîtés socîaes et redîstrîbutîon, pauvreté, poîtîque de a famîe, aîdes au oge-ment, poîtîque du handîcap, dépendance, utte contre es dîscrîmînatîons et es înégaîtés de terrîtoîres, poîtîque de a vîe, însertîon des popuatîons îmmîgrées, recherche de a mîxîté socîae), e marché de ’empoî (coût du travaî et poîtîque de ’empoî), e chômage et a formatîon professîon-nee. Les reatîons îndîvîduees et coectîves du travaî saarîé (contrat de travaî, droît de grève, syndîcaîsatîon, etc.) compètent cet ensembe. L’ouvrage prend en compte es mesures de a oî du 8 août 2016 reatîve au travaî, à a modernîsatîon du dîaogue socîa et à a sécurîsatîon des parcours professîonnes (dîte « oî travaî »).
Chaque chapître contîent pusîeurs iches, chacune centrée sur un poînt précîs. Chaque iche comporte une rubrîque « Retenîr ’essentîe » quî aîde e ecteur à mémorîser es prîncîpaes notîons du thème. Lorsque e sujet ’împose, es probématîques propres aux coectîvîtés terrîtorîaes sont
Présentation
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traîtées : spécîicîtés démographîques et économîques des terrîtoîres, rôe des coectîvîtés dans e domaîne du vîeîîssement et de a utte contre a pauvreté, împortance croîssante de eurs dépenses socîaes.
Au-deà des connaîssances de base, es candîdats aux concours doîvent appréhender es enjeux et mesurer ’eficacîté économîque et socîae des poîtîques pubîques. La premîère épreuve écrîte de composîtîon (sur un sujet d’ordre généra) des concours d’attaché (État ou terrîtorîa) attend des candîdats qu’îs démontrent eur aptîtude à ’anayse des înterventîons de ’État ou des coectîvîtés. Pour vous aîder à répondre à cette exîgence, chaque iche comporte un encadré présentant une probématîque sur e thème traîté (dans une rubrîque « Questîons et débats ») quî aborde des poînts en dîscussîon, avec des ééments de rélexîon et des pîstes de réponse.
Sî vous souhaîtez approfondîr certaînes questîons, a bîbîographîe vous y aîdera, aînsî que es sîtes înternet quî y sont mentîonnés. Vous aurez aînsî tous es ééments nécessaîres pour préparer et réussîr vos concours.
LE SQUE S TI ONSS OCI AL E SAUXCONCOUR S
1 Chapitre NotIons de démographI et approche terrItorIale
Fiche 1 La populatIon françaIse, évolutIon et spécIicItés
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e 1. LeXXhIstoIre partIculIèresIècle, une e L’hîstoîre démographîque de a France auXXsîèce révèe des épîsodes contrastés. À a dîfférence d’autres pays européens, comme ’Aemagne et e Royaume-Unî, a France a connu une baîsse de a fécondîté dès e e IXsîèce et jusqu’en 1945. La popuatîon métropoîtaîne n’a quasîment X pas augmenté de 1900 à 1940, oscîant autour de 40 mîîons de personnes. En 1944, avec ’împact de a guerre (décès et déicît des naîssances), a popuatîon étaît même moîns nombreuse qu’en 1880. Le ressaut d’après-guerre a été d’autant pus spectacuaîre : de 1945 à 2000, a popuatîon de a métropoe est passée de 39,7 à 59 mîîons, soît une croîssance exceptîonnee de près de 50 %. L’augmentatîon, très forte en début de pérîode (près de 1 % en moyenne annuee jusqu’en 1974), s’est
Chapitre 1 •Notions de démographie et approche territoriale
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raentîe ensuîte. Ee est due aors, pour es troîs quarts, à un excédent 1 nature fort, avec un taux conjoncture de fécondîté exceptîonne, comprîs entre 3 et 2,5 enfants par femme de 1946 à 1970. Ee s’expîque dans une moîndre mesure par un excédent mîgratoîre réguîer, rendu nécessaîre par es besoîns de maîn-d’œuvre d’une France en expansîon, împortant surtout de 1955 à 1973.
Enin, es progrès de santé pubîque ont permîs dans a seconde partîe du e XXsîèce un gaîn d’espérance de vîe à a naîssance de quînze ans, avec une dîmînutîon spectacuaîre de a mortaîté înfantîe (5 % des enfants nés en 1950 mouraîent avant un an, 0,44 % en 2000) maîs aussî un certaîn vîeîîssement, puîsque a proportîon de personnes âgées de 65 ans et pus dans a popuatîon passe, dans a seconde moîtîé du sîèce, de 11 à 16 %.
À partîr de 1965, a fécondîté a dîmînué avec ’arrîvée à ’âge de a maternîté des femmes nées ors du baby-boom, premîère génératîon à choîsîr mas-sîvement ’însertîon professîonnee. Le taux conjoncture de fécondîté a atteînt son poînt e pus bas – 1,7 enfant par femme – au mîîeu des années 1990, avant de remonter à 1,9 en 2000 puîs, dîx ans pus tard, à 2. On a pu penser, compte tenu de a chute de a fécondîté à partîr de 1965, que ’évoutîon d’après-guerre étaît une parenthèse exceptîonnee, a France renouant ensuîte avec une nataîté pus faîbe et un sode mîgratoîre bîen pus bas. L’augmentatîon de a fécondîté dans es années 1990 et 2000 aînsî que du sode mîgratoîre de 1995 à 2006 montre que es phénomènes démographîques sont moîns înéaîres qu’on ne e pense généraement.
2. Aujourd’huI, une exceptIon démographIque en Europe Avec une popuatîon de66,6 millions d’habitantsà a in de 2015 (métro-poe et DOM), a France est e deuxîème pays e pus peupé d’Europe, après ’Aemagne. Lanatalitéreste éevée, avec 800 000 naîssances en 2015. L’îndîce conjonctu-re de fécondîté atteînt 1,96 enfant/femme, après avoîr oscîé autour de 2 es
1. Cet îndîcateur mesure e nombre d’enfants qu’auraîent es femmes tout au ong de eur vîe sî es taux de fécondîté observés une année donnée à chaque âge restaîent constants. L’îndîce conjoncture de fécondîté ne vaut que pour une annéen. 8 LE SQUE S TI ONSS OCI AL E SAUXCONCOUR S
sîx années précédentes. Avec ’Irande, a France est en tête en Europe, où ’îndîce moyen est, magré une améîoratîon récente, de 1,58 enfant/femme et où neuf pays du Sud et de ’Est voîent déjà eur popuatîon dîmînuer du faît d’une fécondîté trop basse. En France, ’excédent nature (excédent des naîssances sur es décès) reste împortant – 200 000 personnes en 2015. À a dîfférence de ’Aemagne et de ’Itaîe, dont a croîssance n’est due qu’à ’îmmîgratîon, ’accroîssement de a popuatîon françaîse en 2015 est îé, pour pus de 80 %, au sode nature, e sode mîgratoîre n’en représentant que 20 %.
Lesindicateurs de santé publiquesont gobaement bons : e taux de mortaîté înfantîe (décès avant un an des enfants nés vîvants) a baîssé de pus de 25 % depuîs 1995 et se stabîîse à 3,5 ‰ en 2014 (hors Mayotte), ce quî sîtue a France à a moyenne européenne, un peu au-dessus de a moyenne de a zone euro (3,2 ‰). L’espérance de vîe à a naîssance a égèrement baîssé en 2015 pour des raîsons conjoncturees : 78,9 ans pour 2 es hommes et 85 ans pour es femmes . Pour autant, cee des hommes se sîtue au-dessus de a moyenne européenne, e taux des femmes est un des meîeurs taux d’Europe et a tendance de ong terme est nettement en hausse. Dans es années récentes, cet îndîcateur a progressé un peu pus vîte pour es hommes que pour es femmes, ce quî tend à réduîre ’écart, quî reste fort (pus de 6 ans). Désormaîs, e recu de a mortaîté înfantîe ne joue pus aucun rôe dans cette évoutîon : c’est erecul de la mortalité des adulteset des personnes âgées quî permet, depuîs vîngt ans, un gaîn d’espérance de vîe de 3 moîs en moyenne chaque année. La prîncîpae cause en est, après e recu des maadîes înfectîeuses, a baîsse de a mortaîté îée aux maadîes cardîovascuaîres.
Aors qu’en 1950, un homme de 60 ans pouvaît espérer vîvre 14 ans, à peu e près comme auXIXsîèce, en 2015 î peut espérer vîvre 22,9 ans (27,3 ans pour es femmes), îndîcateurs quî pacent a France en très bonne pace parmî es pays européens.
2. La surmortaîté aux âges éevés s’expîque en 2015 par des condîtîons épîdémîoogîques (grîppe) et météoroogîques (canîcue en juîet, froîd en octobre) défavorabes.
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3. À l’avenIr, une sItuatIon sans doute moIns atypIque Sîgne avant-coureur d’une possîbe dégradatîon démographîque, ’âge moyen des mères (tous rangs de naîssance confondus) s’éève : de 29,3 ans en 2000 à 30,4 ans en 2015. Le maîntîen à un haut nîveau de ’îndîce de fécondîté se conjugue aujourd’huî avec un report du caendrîer des naîs-sances. Sans que ’on dîspose de certîtudes, sî e report des naîssances se poursuît, a propensîon à constîtuer des famîes nombreuses peut en être atérée. Sî e report s’atténue ou cesse, a fécondîté peut aussî se stabîîser à un nîveau pus faîbe qu’aujourd’huî, a nataîté après 30 ans ne compensant pus a baîsse des casses pus jeunes. Dans ses prévî-3 sîons à ong terme , ’Insee retîent par prudence a moyenne 2004-2010 des taux de fécondîté constatés (1,95 enfant/femme). Avec ce nîveau, quî reste éevé, a popuatîon atteîndraît 73 mîîons d’habîtants en 2060 maîs e sode nature dîmînueraît progressîvement, ’augmentatîon de a popuatîon étant due, pour une part croîssante, à un sode mîgratoîre conventîonneement ixé à + 100 000 par an. Aujourd’huî, a seue certîtude est que a descendance inae des femmes (nombre d’enfants d’une génératîon atteîgnant 50 ans) baîsse doucement (cette donnée n’est toutefoîs connue que jusqu’à a génératîon 1964) et que a taîe des famîes a dîmînué : a proportîon des famîes de 1 ou 2 enfants est passée de 72 % en 1975 à 82 % aujourd’huî.
Autre îndîcateur appeé à se normaîser, e taux de mortaîté, encore faîbe (9/1 000), va augmenter. I est aujourd’huî e relet d’une structure encore jeune de a popuatîon, îée à une nataîté éevée sur ongue pérîode. La sîtuatîon se dégradera dans queques années avec e vîeîîssement des génératîons nombreuses du baby-boom. Déjà es personnes de 65 ans et pus représentent près de 19 % de a popuatîon et e phénomène est appeé à s’ampîier.
3.Insee Première, « Projectîons de popuatîon à ’horîzon 2060», n° 1320, octobre 2010. 10 LE SQUE S TI ONSS OCI AL E SAUXCONCOUR S
4. Des IndIcateurs peu favorables : les InégalItés de santé Seon es chîffres d’Eurostat, ’espérance de vîe en bonne santé, c’est-à-dîre sans îmîtatîon d’actîvîtés, atteînt en 2014, à a naîssance, 63,4 ans pour es hommes et 64,2 ans pour es femmes. À 65 ans, ee atteînt respectîvement 10,4 et 10,7 ans, ce quî pace a France à un nîveau honorabe en termes de comparaîsons înternatîonaes, avec une augmentatîon pus rapîde, ces dernîères années, que ’espérance de vîe. Toutefoîs, pour es femmes, quî vîvent pus ongtemps que es hommes, une part pus împortante des années de in de vîe est obérée par a dépendance. Surtout, magré une nette réductîon depuîs dîx ans, a mortaîté prématurée avant 65 ans reste éevée, surtout pour es hommes : ee représente 19 % des décès – 25 % des décès mascuîns – et sîtue a France dans es der-nîères paces de ’Europe des Quînze. Le phénomène est à reîer aux fortes înégaîtés d’espérance de vîe seon es catégorîes socîoprofessîonnees. Aînsî, ’écart d’espérance de vîe à 35 ans entre cadres et ouvrîers est de 6,3 ans pour es hommes et de 3 ans pour es femmes. En outre, pus ’espé-rance de vîe est courte, pus ee est grevée d’încapacîtés fonctîonnees. Ces écarts entre catégorîes socîaes, stabes depuîs vîngt-cînq ans, ne se réduîsent pas, même sî ’espérance de vîe progresse pour tous. Tous es autres îndîcateurs de santé (morbîdîté, recours aux soîns) font de même apparaïtre de fortes dîfférences seon es catégorîes professîonnees ou e nîveau d’études.
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QuestIons et débats
Peut-on Imputer le bon nIveau de la fécondIté en France à la polItIque famIlIale ? Sans doute en partîe : celle-cî est ancîenne (la mîse en place des allocatîons famîlîales date d’avant-guerre), généreuse (plus de 4 % du PIB, selon les annexes à la loî de inancement de la Sécurîté socîale 2016, 3,6 % selon l’OCDE, en addîtîonnant prestatîons, aîdes iscales et servîces, contre 2,5 % en moyenne pour les pays de l’OCDE) et axée sur l’accueîl du jeune enfant. Cependant, les comparaîsons înternatîonales montrent que la relatîon entre l’effort en faveur des famîlles et la natalîté n’est pas mécanîque. L’ancîenneté des aîdes compte, tout comme le consensus socîal : en France, depuîs le déclîn démographîque de la premîère e moîtîé duXXsîècle, l’enfant est consîdéré comme une rîchesse. Surtout, les pays quî ont su adapter leur polîtîque d’aîde aux aspîratîons des femmes à travaîller obtîennent aussî les meîlleurs résultats en termes de natalîté. Même sî le taux d’actîvîté des mères décroït avec le nombre d’enfants et sî l’offre de modes de
Retenir l’essentiel
garde doît être développée, le choîx de facîlîter la concîlîatîon entre travaîl des femmes et maternîté est une des causes de la bonne natalîté françaîse.
Une préventIon Insufisante La réductîon de l’écart d’espérance de vîe entre hommes et femmes tîent aux avancées médîcales (les hommes ont bénéicîé des progrès de la lutte contre les maladîes cardîovasculaîres) et au rapprochement des modes de vîe (notamment l’usage du tabac, lar-gement répandu chez les femmes). Lîée aux condîtîons de travaîl et aux comportements de vîe, l’ampleur de la mortalîté masculîne avant 65 ans témoîgne cependant du maîntîen de nettes dîfférences, d’autant qu’elle recouvre des écarts élevés entre catégorîes socîoprofessîonnelles : les hommes sans dîplôme ont 2,5 foîs plus de rîsques de mourîr prématurément que les hommes ayant suîvî des études supérîeures, l’écart s’accroîssant encore pour la mortalîté par cancers ou par maladîes cardîovasculaîres. Ces données révèlent un système de santé trop orîenté vers les soîns et pas assez vers la préventîon.
La France se distingue en Europe par une forte natalité et un excédent naturel important. Les autres indi-cateurs démographiques (mortalité infantile, espérance de vie à la naissance et surtout à 65 ans) sont de bon niveau. Cependant les inégalités de santé sont fortes : si l’espérance de vie des hommes se rapproche lentement de celle des femmes, la mortalité prématurée masculine avant 65 ans reste élevée. L’espérance de vie varie selon les catégories socioprofessionnelles et la prévalence des maladies graves est beaucoup plus forte chez les personnes sans diplôme. Ce constat traduit l’insuffisance de la prévention et la difficulté de la politique de santé à influencer les comportements et les conditions de vie.
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