Ma Vie c'est aussi la votre, j'ose la raconter

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Ouvrage non littéraire selon la tradition. Il s'agit d'un récit ou plutôt d'une manière de conter avec humour et honnêteté la vie d’une personne ayant cherché à comprendre la profondeur et le sens de la Vie. Ce premier ouvrage, qui sera suivi d’ un second, narre sans indulgence l’ignorance dont nous sommes tous porteurs tant que nous n’essayons pas de nous ouvrir à notre véritable Moi qui lui est la perfection. Au travers des erreurs et des expériences plus ou moins bien acceptées l'auteur décrit sa vie au quotidien, peut-être ressemble-t-elle à la vôtre ?
Publié le : lundi 13 juin 2011
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EAN13 : 9782748137743
Nombre de pages : 441
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MA VIE C'EST AUSSI LA VOTRE J'OSE LA RACONTER
Jacqueline Desoutter
MA VIE C'EST AUSSI LA VOTRE J'OSE LA RACONTER
L’Ignorance
Le Manuscr it w w w . m anuscr it . com
Éditions Le Manuscrit, 2004 5bis, rue de l’Asile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.comISBN : 2-7481-3775-2 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-3774-4 (livre imprimé)
Jacqueline Desoutter
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Jacqueline Desoutter
CHAPITRE IPourquoi vouloir écrire quelques souvenirs d’une vie plus qu’ordinaire ? Je ne suis ni connue, ni célèbre. Peut-être pour laisser à mes enfants, mes petits enfants, mes amis, l’image d’une maman, d’une grand mère, d’une amie, autre que ce que leur imagination leur a permis d’entrevoir, d’une femme, qui bien qu’ayant eu une vie sans véritable « histoire » a su découvrir l’extraordinaire dans l’ordinaire. J’ai souvent entendu dire par des personnes dont c’est le métier d’écouter la souffrance d’autrui, que nous devrions souvent demander à nos pères et mères de nous raconter leur petite enfance. Nous découvririons alors les raisons ou les motifs de certains de leurs comportements qui souvent nous irritent tant, et que nous nous empressons de reproduire tout au long de notre vie, si nous ne décidons pas de nous responsabiliser face à nous mêmes, face à tous ceux qui croisent notre vie. Je m’appelle Jacqueline. Ce prénom me fut donné par ma mère, qui adorait son père, nommé Jacques. Le second prénom, Louise, était le prénom de « l’autre mamie », côté Papa pour ne pas faire de jaloux… Toute ma petite enfance, on m’a appelé Jacotte. Je dois avouer que je n’aimais pas beaucoup ce prénom. Il me faisait penser à une poule en train de pondre… Je suis née un an et quelques mois avant la seconde guerre mondiale, en février 1938, sous le
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signe amical du verseau, et du puissant signe du Tigre. Ce dont je me souviens de ma toute petit enfance est assez flou, peu intéressant, j’ai même le sentiment de ne pas avoir vécu d’enfance, ou si mal vécu cette enfance que j’ai sûrement dû tenter de l’oublier. Voilà une de mes plus belles réussites dans le domaine de l’abandon. Naissance, à la maison, sentier des lilas, dans une petite commune près de Paris, Le Perreux sur Marne, sur les bords de la rivière du même nom. Mes souvenirs de cette « drôle de guerre » sont également peu précis, pour ne pas dire inexistants. Un fait qui aurait pu me coûter la vie, me fut conté par ma grand-mère maternelle, qui a dû se culpabiliser longtemps à ce sujet. J’ai failli me noyer dans un petit bassin du jardin de mes grands-parents, à l’âge de dix- huit mois, alors que j’étais confiée à l’entière responsabilité de ma grand-mère Blanche. Il m’a fallu des années pour accepter de mettre ma tête sous l’eau dans la mer et en piscine. Le regard que je pose aujourd’hui sur cette enfance, en grande partie enfouie dans mon tréfonds, est un regard doux, éclairé, sur ce que j’aurais pu vivre si les circonstances s’y étaient prêtées, et avaient été autres. L’absence d’un père cause toujours des dégâts. Un enfant qui n’a pas reçu l’exemple de la saine et juste autorité d’un père, refuse tout au long de sa vie l’obéissance à la vie même. J’étais selon mes parents une enfant curieuse, vive, assez « terrible » que rien ne pouvait « démonter »
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avec un certain « culot » face à tous les événements de ma si petite existence ! Ceci bien sûr reste leur propre vision, vision à laquelle je ne souhaite pas adhérer, même si ce regard porté par mes parents sur l’enfant fort et fragile en même temps que j’étais réellement, m’a longtemps fait souffrir inconsciemment de cette image que l’on m’avait donnée de moi-même. Dans cette enfance lointaine, un bon souvenir pourtant, ce grand-père chanteur. Du temps du muet, il avait également fait son apparition sur l’écran dans l’œuvre monumentale de Zola : Gervaise. Cet homme immense par la taille et par le cœur, avait pour épouse une « délirante » grand mère, plus souvent attelée à ses poêles, ses casseroles, ses fourneaux, afin de régaler, bon nombre d’amis, que préoccupée d’elle-même. Je dois sûrement à cette adorable mamie le don de savoir cuisiner pour réunir autour d’une table pour quelques agapes, ma famille, et de nombreux amis. Ce grand-père avait également le grand mérite à mes yeux de Chimène, d’être pompier volontaire, sauveteur de la Marne, grande et noble occupation, qui permettait à la toute petite fille que j’étais d’être très fière de son pépé. Voilà ce que j’écrivais, quelques années plus tard, sur ce fabuleux papy. Papy chanteur Papy, mon Papy, était chanteur, c’était sa vocation. Marseille à « l’Alcazar » « où c’est si difficile ! »,
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c’était une ovation. Papy était chanteur, et de sa belle voix Dans son monde enchanté, il m’emmenait parfois. Il chantait d’une voix si puissante Murmurant la romance, lorsqu’il berçait « l’Infante ! » Il avait pour amis, dans ce si beau métier. Sourza, Souplex, Maurice Chevalier. Nous vivions tous ensemble, sur les bords de la Marne. Une maison bien jolie, nous ignorions les larmes. Mon père, un jour parti, la tristesse au fusil. Papy l’a remplacé….Il m’a beaucoup appris. Il m’a surtout appris, à trouver belle la vie. Ne jamais avoir, envers d’autres, de l’envie. Il disait souvent : va sur ton chemin en chantant. Donne ton sourire, au riche et au manant. Il est parti trop tôt, enlevé à mon cœur. Mais je garde de lui, ces morceaux de bonheur. Papy était chanteur, c’était un beau métier. Si vous l’aviez connu, sûr, vous l’auriez aimé. Je venais tout juste d’avoir sept ans lorsque mes parents se sont séparés, pour des raisons encore obscures à ce jour. Maman m’a « déposée » dans une famille à Puiseaux dans le Loiret, où j’ai vécu des choses très douloureuses, dont je me souviens là parfaitement. Aujourd’hui encore, beaucoup d’enfants subissent des violences sexuelles. Cela me touche en profondeur. J’ai là-bas subi des attouchements sexuels de deux personnes de cette famille, l’oncle et le neveu. Plus âgée, j’ai fait part de cela à ma mère qui
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