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Au-delà
de  
la
pensée
 
 
 
   
 
 
Gilbert Andrieu
 
Au-delà de la pensée
Être et paraître                                
 
DU MÊME AUTEUR
   Aux éditions ACT İ O Lhomme et la force , 1988 Léducation physique au XX e siècle , 1990 Enjeux et débats en E.P ., 1992 À propos des finalités de léducation physique et sportive , 1994 La gymnastique au XIX e siècle , 1997 Du sport aristocratique au sport démocratique , 2002  Aux PRESSES UN İ VERS İ TA İ RES DE BORDEAUX  Force et beauté. Histoire de lesthétique en éducation physique aux 19 ème et 20 ème siècles , 1992  Aux éditions LHARMATTAN  Les Jeux Olympiques un mythe moderne , 2004 Sport et spiritualité , 2009 Sport et conquête de soi , 2009 Lenseignement caché de la mythologie , 2012 Au-delà des mots , 2012 Les demi-dieux. Les enseignements cachés de la mythologie grecque , 2013         
 
© LHarmattan, 2013 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00361-0 EAN : 9782343003610  
PRÉAMBULE
       Longtemps, jai sacrifié au « nous » conventionnel qui ne fait que cacher un ego toujours en quête de reconnaissance. Certes, ce « nous » peut se comprendre lorsquil sagit dune idée partagée par dautres ou dune idée traditionnelle que lon ne fait que reprendre en lui accordant le crédit quelle mérite. Le monde universitaire en particulier, mais il nest pas le seul, utilise ce « nous » royaliste qui mélange à la fois de la modestie vis-à-vis de ses pairs, et de la volonté de pouvoir, vis-à-vis de ceux auxquels on sadresse. Après avoir fait amende honorable devant les parrains de la connaissance, on saventure prudemment pour leur imposer une position qui peut les déranger, tout simplement parce quelle nest pas que louange ou acceptation pure et simple. Tout ce que vous me dites est très bien, mais 1 !  Cest donc très souvent, lorsque, lâge aidant, il devient possible déchapper à la règle de fausse bienséance, que le « nous » nest plus indispensable et que sen affranchir devient un devoir, doublé dun certain plaisir. Oser être seul et quitter la protection de la foule nest pas toujours facile et demande une certaine dose dinconscience. Pourtant, la conscience dêtre ce que lon est na jamais été aussi forte, même si les premiers pas sont hésitants lorsque vient le temps de jeter le masque.  Attention ! Dire « je » nest pas seulement prendre des risques, affirmer ce qui surprend ou dérange, en le signant sans craindre la critique, cest aussi reconnaître, autrement, ce que lon doit aux autres. Lindividu qui dit « je » ne tente pas de                                                  1 Je crois que le docteur Paul Chauchard, à la fin de sa vie, en partageant ses connaissances avec des moines zen, en se comportant comme Theillard de Chardin vis-à-vis de la connaissance, était de ceux qui dépassent le savoir pour saventurer dans le chemin de lamour de la vérité. Je nai connu Henri Laborit quun instant au téléphone, mais jai compris pourquoi il nétait pas aimé par tous ceux qui ne faisaient pas les mêmes synthèses.
 
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faire disparaître les autres, ce serait impossible et malhonnête. Non ! Toutefois, arrivé à un tournant de sa vie, il abandonne lanalyse et se passionne pour la synthèse quil na cessé de faire, chemin faisant, jour après jour, avec comme outil de recherche sa propre sensibilité, son caractère, sa nature dhomme qui agissent, parlent et pensent à leur façon, que nous 2 le voulions ou pas .  Lindividu est-il seul de la naissance à la mort, ou bien est-il le simple reflet des autres, tout en naviguant sur le torrent de lexistence ? Certes, il est seul devant la mort, même si une foule assiste à ses obsèques, mais peut-il utiliser sa particularité dans un monde qui le construit pas à pas, qui le dirige ? Il est difficile de répondre par oui ou par non !  Je me souviens que vers lâge de quatre ans  je donne cet âge parce que les repères qui laccompagnent me permettent de laffirmer  jaimais passer de longs moments assis, le dos tourné vers le mur de la maison familiale, les mains sous les cuisses pour les protéger du froid du ciment lisse que mon père avait glacé à la truelle, immobile, ne regardant rien de particulier, me laissant emporter par le silence de la petite propriété qui avait pour nom Le Grillon. Jaimais ce silence, lombre de la terrasse, je crois bien que je vivais là des moments de solitude et ne pensais à rien, sans savoir ni comprendre pourquoi. Je disparaissais spontanément, rappelé à la réalité de mon entourage lorsque ma mère me cherchait.  Lhomme, toute sa vie change, bien entendu, mais il change en surface plus quen profondeur. Jour après jour, le temps le marque physiquement et rien ne peut en voiler les effets.  Mais ce nest pas lui qui change le plus 3  en réalité, , cest le costume quil porte pour paraître ce que les autres veulent voir de lui. Il ny a là rien de péjoratif. Jutilise souvent le théâtre pour expliquer la vie qui pourrait bien être un rôle seulement. Lacteur, que nous sommes, apprend son rôle plus                                                  2 En réalité, la synthèse redevient elle-même analyse, comme si la pensée ne pouvait aller que de lune à lautre ! 3  Inutile de nier lévidence. Physiquement lhomme ne cesse de changer, organiquement aussi, disons sa forme, celle qui ne sera jamais la même deux jours durant !
 
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ou moins bien, plus ou moins vite, puis le joue devant un public, plus ou moins spécialisé, plus ou moins important, et lorsque son rôle est fini, il sort de scène tandis que les spectateurs apprécient sa performance en bien ou en mal. La plus grande différence avec le théâtre, cest quil ne revient pas saluer lorsque le rideau se relève.  Vers la fin de sa vie, il tente seulement de poser ses différents costumes, de ne plus jouer de rôle particulier, dêtre soi, si tant est que cela soit possible et, surtout, sil peut prendre conscience quun autre lhabite.  Autant dire que sa recherche change de direction : elle était tournée vers tout ce qui existe, au dehors de sa personne, encore que cette image soit très relative, elle se tourne désormais vers linconnu qui réside au plus profond de lui. « Quel est le monde que jhabite ? » était sa préoccupation essentielle, « Qui suis-je ? » devient le centre dune curiosité nouvelle, tâtonnante, au début, puis de plus en plus paisible en se libérant de toutes sortes dobligations.  Cest alors que tout devient prétexte et que lindividu fonctionne, en utilisant tout ce quil croit avoir compris et, plus encore, en agissant sans avoir à se justifier. Il lui arrive de croire quil échappe au rapport de cause à effet, à limpérialisme du temps et de lespace. Ce nest probablement quune illusion, mais elle lui apporte une sensation de liberté qui laide à faire ses premiers pas dans lobservation et la connaissance de soi.   Avant daller plus loin, je voudrais dire combien je me sens redevable aux autres, à tous ceux qui mont précédé, mais surtout à tous ceux que jai eu le plaisir de rencontrer, au plein sens du terme, par toutes sortes de moyens, la lecture nétant que le plus important sans être le seul. Pendant longtemps, jai lu, jai tenté de comprendre et, souvent, je nai commencé à saisir le sens de mes lectures quen les croisant, en associant des textes dauteurs différents, mais traitant du même objet, comme ce fut le cas pour la force, lorsque je faisais ma thèse dÉtat, comme ce fut le cas pour le bouddhisme ou la méditation, lorsque je commençais à mettre en pratique les enseignements théoriques et pratiques de personnes autorisées, comme Ajit
 
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Sarkar 4  ou le docteur Schnetzler 5  auxquels je pourrais ajouter Marie-Madeleine Davy. Je lai rencontrée chez elle, une fin daprès-midi, alors que je voulais linviter à Chypre où jorganisais un congrès sur le thème « Sports Arts et Religions ». Dans la pièce où jai eu le bonheur dêtre reçu, je nai vu que des livres partout et un petit personnage très doux qui na fait que faire émerger le meilleur de moi-même tout en déclinant mon offre. Cétait une femme merveilleuse, avec une voix particulière, mais également un cur immense. Je crois bien que, pour la première fois, je découvrais que la connaissance peut conduire à cet amour sans désir que jattribue aisément à Éros, ce dieu mythique né de la Nuit.   Lorsque je regarde en arrière, je naperçois près de moi que des êtres qui mont aimé, qui mont donné de leur force et qui mont permis de croire que la vie nétait pas une longue soumission. Comment ne pas les remercier, même si je ne les nomme pas précisément ? Jai mis longtemps pour mapercevoir que javais cru aimer alors que je navais fait que désirer.    Je crois que jai toujours trouvé, plus ou moins vite, une réponse à la question que je me posais, mais ce nest quau bout dun certain temps que jai commencé à comprendre que, spontanément, je faisais des synthèses en croisant des ouvrages et des expériences qui nétaient pas faits pour aller ensemble, du moins je le pensais. Il est certain que ma vie professionnelle et la mort de mes parents doivent également être prises en compte.   Le meilleur exemple de cette synthèse nouvelle, plus personnelle et de moins en moins intellectuelle, a commencé avec létude de la mythologie grecque qui métait plus familière. Si, au début, jétais un lecteur attentif, jai                                                  4 Il fut mon professeur de yoga et je lui dois davoir rencontré Sri Aurobindo à travers ses multiples livres puisquil nous avait quitté depuis longtemps lorsque jai séjourné à lAshram de Pondichery. 5 Nous nous sommes rencontrés à la bibliothèque de Grenoble et, un peu plus tard, jai découvert l«être de lumière » quil était pour reprendre une expression de Marie-Madeleine Davy.
 
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probablement sauté par-dessus labîme béant dHésiode en associant, sans le vouloir, la méditation et la mythologie. Lune maidait à comprendre lautre et je me suis mis à étudier le langage symbolique des mythes, plus riche que toutes les légendes réunies.  Il est évident que je nai pas écrit les mythes moi-même. Je nai pas non plus écrit tous les traités qui les analysent à leur façon, quils soient le fruit de comparatistes ou dautres savants, je nai pas écrit tout ce que la psychanalyse peut offrir dexplications à celui qui sinterroge sur lui-même, je nai pas les compétences requises pour traiter de la biologie comme aurait pu le faire le docteur Paul Chauchard que jai eu le bonheur de rencontrer dans les années 80 Ma seule compétence fut de les associer lentement, de les digérer en quelque sorte, je devrais dire les déguster. Les mythes ont cette particularité quils peuvent être pensés différemment à chaque lecture, à chaque moment ou en fonction de la synthèse que lon construit spontanément, être reformulés en quelque sorte, personnalisés, intégrés à dautres connaissances.   Je ne sais pas sil existe de nombreux lecteurs comme moi, mais jai éprouvé de plus en plus le besoin de dialoguer avec les auteurs, de souligner certaines phrases dans le texte, de noter en marge mes impressions et, même assez souvent, de remplir les pages blanches qui séparent les différents chapitres. Je me suis rendu compte aussi quen agissant ainsi, lauteur me répondait au chapitre suivant, celui que je navais pas encore lu 6 !  Dune certaine façon, je retrouvais ce que je connaissais mieux en musique, à savoir quil marrive souvent, en écoutant une mélodie, décrire la partition en même temps que je lécoute. Il ne sagit pas forcément dune mélodie connue, mais dune mélodie suffisamment plaisante pour que la dose damour qui me lie à elle engendre la communion nécessaire. Il est probable que ma longue fréquentation du conservatoire à                                                  6  Lorsque je préparais ma thèse, jai eu la surprise de trouver un livre de Georges Demeny, qui avait été critiqué, mais dont les critiques avaient été critiquées, à leur tour, pas Georges Demeny lui-même.
 
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