Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Aux sources de l'anthropologie positive

De
90 pages
Ce livre a pour objet l'impact de la pensée de Hume sur celle de Comte. Celle-ci recouvre la question de la passion, la vision de l'histoire et celle de la morale. Ces deux pensées philosophiques, l'une française et l'autre écossaise qui établissent un rapprochement anthropologique ancrée dans la nature humaine, exigent une régulation par la médiation de la sociabilité et du temps.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Fatma MOUMNI
AUx sOUrces de l’ANthrOpOlOgIe pOsItIve
AuGuSTE comTE LECTEuR DE daViD humE
Commentaires
philosophiques
Aux sources de l’anthropologie positiveAuguste Comte lecteur de David Hume
Commentaires philosophiques Collection dirigée par Angèle Kremer Marietti et Fouad Nohra  Permettreau lecteur de redécouvrir des auteurs connus, appartenant à ladite “histoire de la philosophie”, à travers leur lecture méthodique, telle est la finalité des ouvrages de la présente collection.  Cettedernière demeure ouverte dans le temps et l’espace, et intègre aussi bien les nouvelles lectures des “classiques” par trop connus que la présentation de nouveaux venus dans le répertoire des philosophes à reconnaître.  Lesouvrages seront à la disposition d’étudiants, d’enseignants et de lecteurs de tout genre intéressés par les grands thèmes de la philosophie. Dernières parutions Lucien-Samir OULAHBIB,Hors des chemins qui ne mènent nulle part, Ou comment sortir, libre, de la non philosophie, 2013. Robert Michel PALEM,Henri Ey et la philosophie. Les racines et référents philosophiques et anthropologiques d’Henri Ey, 2013. Constantin SALAVASTRU,Cinq études sur la rhétorique cicéronienne,2013. Angèle KREMER-MARIETTI,Merleau-Ponty. La relation au langage et au sens, 2013.Angèle KREMER-MARIETTI,Autrui, soi et tout le reste, 2013.Yvette CONRY,Matières et matérialismes, Etudes d’histoire et de philosophie des sciences, 2013. Jean-Pierre COUTARD,Le soi, le temps et l’autre, 2013. Soundouss EL KETTANI,Une dynamique du visuel, L’ondoyante réalité desRougon-Macquartde Zola, 2013. Hichem GHORBEL,Etudes sur le XVIIIe siècle : Montesquieu et Rousseau ou les conditions de la liberté, 2013. Aristide NERRIÈRE,Métaphysique pour un nouvel existentialisme, 2013. Michèle PICHON,Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant au risque des neurosciences, 2012. Guy-François DELAPORTE (traduction de),Métaphysique d’Aristote, Commentaire de Thomas d’Aquin, Tome II, 2012.
Fatma MOUMNIAux sources de l’anthropologie positiveAuguste Comte lecteur de David Hume
© L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01997-0 EAN : 9782343019970
Introduction Notre travail engage un rapprochement entre Auguste Comte et l’empirisme de Hume. Le positivisme ne repose pas sur l’expérience directe ni sur les jugements portés à partir de sensations ; "voir pour prévoir, prévoir pour agir" est le principe qui le guide. Comte pense que le positivisme n’est pas un empirisme. Il mentionne dans la première leçon duCours de philosophie positiveque : « l’empirismeabsolu est impossible, quoi qu’on ait dit l’homme est incapable par sa nature non seulement de combiner des faits et d’en déduire quelques conséquences, mais simplement même de les observer avec attention et de les retenir avec sûreté s’il ne les rattache 1 immédiatement à quelque explication » . La pensée positive désigne par définition une théorie du savoir scientifique. Celle-ci repose sur une méthode qui soumet l'intérieur à l'extérieur et qui procède par abstraction, généralisation et dont le modèle est un examen analytique mathématisé qui prend ses distances à l'égard de l'expérience directe. Par contre, l’empirisme est une : «attitude philosophique qui expliquant la production des connaissances à partir de l’expérience sensible, sans 2 autre intervention que celle des signes» . L'aspect répétitif des expériences réduit la vérité ou la nécessité à une causalité ou à : « une connexion nécessaire qui n'est autre qu'un feeling un sentiment vif qui confirme la causalité 1 ere  A.Comte,Cours de philosophie positiveLeçon, édition, 1 Hermann, Paris, 1975, p. 141. 2  Encyclopédiephilosophique universelle:Les Notions philosophiques, sous la direction d’André Jacob, PUF, 1991, p. 778. 7
comme inférence subjective. Comte refuse l’idée que le savoir soit fondé sur l'expérience directe qui se répète: «La certitude scientifique n'est pas le résultat de l'accumulation de faits. L'interprétation théorique est nécessaire. En quelque ordre de phénomènes que ce puisse être, même envers les plus simples, aucune véritable observation n'est possible qu'autant qu'elle est primitivement dirigée et 3 finalement interprétée par une théorie quelconque ». Du point de vue Comtien, toute connaissance comporte une double dimension concrète et abstraite, une dimension théorique et une autre pratique. Le positivisme d’Auguste Comte est une pensée capable de théoriser dans des limites permettant le passage du concret à l’abstrait. L'influence de Descartes est sur ce plan manifeste. Descartes est le fondateur de la géométrie algébrique, il a élaboré une théorie mathématique reposant sur le passage du concret à l'abstrait ou de la figure à l'équation et de l'abstrait au concret, donc de l'équation vers la figure. Comte exprime ce processus sous la formule: la nécessité du passage des faits aux principes et des principes aux faits. La certitude selon Comte, est affaire de prévision rationnelle, de connexions nécessaires formulées mathématiquement et vérifiées de l'extérieur par l'observation. La pensée positive renonce à connaître les causes intimes et finales des choses, c'est Hume qui le lui a indiqué mais le fondateur du positivisme va : « s'attacher exclusivement à découvrir par l'usage combiné du raisonnement et de l'observation, leurs lois effectives, c'est-à-dire leurs relations invariables de succession et de 4 similitude » . Bien que les deux approches philosophiques empiriste et positive soient différentes, il est indéniable que Comte a 3 e CPP.II, 48leçon, p. 139. 4 ere CPP.I, 1leçon, p. 32. 8