Descartes

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L'auteur entend démontrer d'une manière inédite l'existence de Dieu à partir de la causalité symbolique, en tant qu'opérateur central dans la révélation de l'idée divine. Pour ce faire, il remet en question les trois interprétations consacrées, philosophique, scientifique et religieuse, pour rapprocher Descartes de Pascal.
Publié le : samedi 1 septembre 2007
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EAN13 : 9782296179608
Nombre de pages : 120
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Descartes L'argument ontologique

et sa causalité symbolique

DU MÊME AUTEUR

Arca lui Nae ? Perspective culturale asupra generafiei' 27, Craiova, Sitech, 2004. La logique d'Hermès. Études sur l'Imaginaire, préface de Claude-Gilbert Dubois, Craiova, Stich, 2006.

@

L'HARMATTAN,

2007

5-7, rue de l'École-Polytechnique;

75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-03870-7 EAN : 9782296038707

Constantin

MIHAl

Descartes

L'argument

ontologique

et sa causalité symbolique

L'Harmattan

Ouverture philosophique Collection dirigée par Dominique Chateau, Agnès Lontrade et Bruno Péquignot
Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes "professionnels" ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou... polisseurs de verres de lunettes astronomiques.

Déjà parus Yves MA YZAUD et Gregori JEAN (dir.), Le Langage et ses phénomènes,2007. René LEFEBVRE, Platon, philosophe du plaisir, 2007. D. BERTHET (dir.), Figures de l'errance, 2007. Robert FOREST, De l'adhérence, 2007. Fernando BELO, Les jeu des sciences: avec Heidegger et Derrida. (Volumes] et 2.) 2007. Jean-Luc POULlQUEN, Gaston Bachelard ou le rêve des origines, 2007. Paul KHOURY, Lefait et le sens: esquisse d'une philosophie de la déception, 2007. Iraj NIKSERESHT, Démocrite, Platon et la physique des particules élémentaires, 2007. Alphonse VANDERHEYDE, Nietzsche et la pensée bouddhiste.2007. Sous la direction de Jean-Marc LACHAUD et Olivier LUSSAC, Arts et nouvelles technologies. Collectif; 2007. Stéphane VINOLO, Epistémologie du sacré. « En vérité, je vous le dis », 2007. Philippe SOUAL (dir.), Expérience et métaphysique dans le cartésianisme,2007. Yoshiyuki SATO, Pouvoir et résistance. Foucault. Deleuze, Derrida, Althusser, 2007. Nizar BEN SAAD, Machiavel en France des Lumières à la Révolution, 2007.

À la mémoire de Gheorghe Stanescu

PRÉFACE
L'étude envisagée par M. Constantin Mihai vise la réactualisation de la métaphysique de Descartes et, par là, le déchiffrement d'une coordonnée sui generis du discours cartésien. Ce sont ces aspects que le présent ouvrage décline tour à tour: la première partie est redevable à la diachronie (l'intertexte en est la preuve) ; la deuxième et la troisième partie envoient à l'argument ontologique, à sa causalité symbolique et à leur ascendant sur le Discours de la méthode... ou les Méditations; les dernières deux parties s'organisent autour de quelques paramètres, concernant une critique constructive, à même de saisir des erreurs cartésiennes d'ordre logique. Maîtres de la pensée, mais aussi formateurs de la philosophie cartésienne, ils en marquent l'évolution, soit par la création des paradigmes péremptoires du discours métaphysique (Platon, Aristote), soit par la mise en valeur de la partie noétique du support religieux constituée par la raison et l'intellect (Anselme de Canterbury, Thomas d'Aquin). Tout en essayant de déceler le mécanisme de fonctionnement de l'argument ontologique et de sa causalité symbolique, l'auteur saisit le fait que Descartes passe outre le discours philosophique, du plan de l'actuel à celui du virtuel. Le fondement théorique de l'argument ontologique met l'accent sur la métaphysique de l'es extensa et de l'es cogitans qui se rallie à l'idée du cogito. M. Mihai suit la trajectoire des critiques relatives au cogito comme un jeu de la théorie spéculative cartésienne: la réduction de la matière à l'entendement (Leibniz), la transgression de l'ordre logique à celui ontologique (Kant), l'ignorance d'une évidence transcendantale, fondée sur le cogito et le

cogitatum (Husserl), l'analyse mathématique et l'ontologie du Dasein (Heidegger). La perspective interdisciplinaire et la fonction méthodologique, clé de voûte de l'argumentation, mettent en lumière tIDe approche inédite de la philosophie cartésienne. En ce sens, la perception de certains noyaux germinatifs du cartésianisme, en tant que centres manifestes du système cartésien, représente la mise de la démarche y proposée. Pour l'argument ontologique, le concept de «causalité symbolique» est un instrument herméneutique; un soi-disant opérateur logique et épistémologique dans la révélation de l'idée de Dieu. C'est un des défis que l'exégète relève en matière d'originalité. La deuxième division de l'étude est théorique. La troisième, applicative et analytique, a pour fondement la démonstration de l'argument ontologique. La dialectique cartésienne, douter du matériel, est la jointure des six méditations, cohabitation de l'intellect et de l'esprit, car le but des Méditations est protéique: prouver l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme, mais également établir l'essence et l'existence des choses à partir des principes de la physique. Le mécanisme cartésien déclenche, à la fois, une progression et une régression des « rouages ». Déplacer le logique vers l'ontologique, le concept de Dieu vers une idée que l'homme possède en lui-même. C'est ici que l'erreur logique se produit et c'est toujours ici que nous pouvons remarquer, ayant toutes les données, la teneur novatrice de la critique formulée par M. Mihai. L'auteur souligne les traits du discours métaphysique de Descartes, placé entre la réalité et l'irréalité, dans le sens où l'image cartésienne oscille entre le logique et le paralogique. Ainsi le raisonnement cartésien repose-t-il sur une succession de fautes logiques et de préjugés non-critiques. M. Mihai réussit à saisir une 10

erreur d'orientation et de fondement de l'argument, une imprécision terminologique et, même, une confusion conceptuelle. Le dernier chapitre, axé sur trois types d'interprétations (philosophique, scientifique et religieuse) rapportées seulement au critère méthodologique, aborde l'herméneutique cartésienne du point de vue de la causalité symbolique et de son argument ontologique. Un autre apport de la recherche de M. Mihai, le plus connoté d'ailleurs, consiste dans la redécouverte et la réévaluation, la réinterprétation et la revalorisation, participatives et émancipatTiees, d'un trésor roumain de profonde pensée, la contribution de la spiritualité roumaine au fonds des valeurs universelles. Une spiritualité qui questionne le pouvoir de la philosophie à refigurer et, donc, à réinventer le monde. Par son combat avec l'esprit, trait saillant de toute philosophie, nous sommes, nous tous, habitants de l'univers, plus proches de la quintessence de la philosophie. L'argument ontologique et sa causalité symbolique sont décryptés par M. Mihai à partir de l'idée initiée par le professeur de logique et de métaphysique Nae Ionescu (1929-1930) - la naissance de l'argument ontologique qui contient en lui-même l'idée de la causalité; c'est celle-ci sa vraie valeur réelle et non pas la démonstration logique. Le philosophe Constantin Noica, qui avait, en outre, anticipé le danger de dissocier le Discours de la méthode d'autres ouvrages cartésiens, en vertu du principe de la complémentarité, atteste que «la métaphysique de Descartes n'a comme centre d'intérêt que le fondement de sa physique ». Mireea Florian admet l'interprétation religieuse du cartésianisme sans en nier les thèses philosophiques et scientifiques. Mircea Vulcânescu approfondit les possibilités de la philosophie chrétienne. À remarquer aussi l'analyse du cartésianisme et de ses crises majeures, appartenant à George Popescu Glogoveanu, ou 11

les hypostases de la raison négative de $tefan Afloroaiei, pour ne rappeler que ce11ains des philosophes et exégètes roumains hantés par Descartes et cités par M. Mihai. L'étude visée ouvre la voie à une nouvelle exégèse cartésienne par la nouveauté du thème et de la perspective d'approche, se constituant, concomitamment, dans une oeuvre ouverte et une oeuvre en mouvement, selon le grand modèle cartésien. Déclencher le mouvement ne signifie point dresser une liste d'erreurs scientifiques du système cartésien; c'est, au contraire, tâcher d'initier une autre entente cartésienne, car la métaphysique de Descartes est l'unique possibilité d'articuler l'esprit humain au monde exiérieur. La philosophie cartésienne, qui porte la marque de la solitude, est, d'une certaine manière, l'actualisation des idées reliées à l'homme et à l'univers. Dieu devient de la sorte un instrument de connaissance. C'est Lui qui régit le «déclic », car c'est Lui le ressort primordial. Descartes se désolidarise du monde pour exister, mais il se solidarise avec lui pour vivre. Par contre, il se désolidarise de Dieu pour exister et, ensuite, se solidarise avec Lui pour vivre au milieu du monde. C'est justement le fondement du cartésianisme en faveur duquel M. Constantin Mihai témoigne avec science, lucidité et conscience, car il a bien compris la leçon des maîtres. Se désolidariser pour pouvoir se solidariser, déconstruire pour tenter de construire, infirmer pour essayer de confirmer. Une démarche logique et argumentée, cohérente et prospective. Un discours raffiné, mais aussi fruste, élégant, mais aussi simple; une simplicité qui renvoie à l'essentialité. C'est le trajet initiateur et initiatique d'un réformateur qui s'en assume la responsabilité et qui invite à de plus amples lectures.
Lelia Trocall

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