DESCARTES TEL QUEL

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Que cesse le mythe Descartes !
Finissons-en avec l'imagerie nationale. Suivons René Descartes dans des moments clés de sa vie, ancrons-le dans son époque de reconquête catholique et de consolidation de l'absolutisme. Traquons en ses feintes le premier de ces hommes en qui Nietzsche dénonçait un " prêtre masqué ", le philosophe. L'auteur instruit le procès de cette source vive de la tradition française avec insolence et humour.
Publié le : lundi 1 novembre 1999
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EAN13 : 9782296396142
Nombre de pages : 288
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DESCARTES TEL QUEL
LA NUIT DES OLYMPICA
Essai sur le national-cartésianisnte *

Collection L'Ouverture Philosophique dirigée par Dominique Chateau et Bruno Péquignot

Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes "professionnels" ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou ... polisseurs de verres de lunettes astronomiques.

Dernières parutions

François AUBRAL et Dominique CHATEAU (eds), Figure, figuraI, 1999. Michel ROUX, Géographie et complexité, 1999. Claude SAHEL, Esthétique de l'amour, Tristan et Iseut, 1999. Didier RAYMOND (éd.), Nietzsche ou la grande santé, 1999. Michel COVIN, Les mille visages de Napoléon, 1999. Paulin Kilol MULATRIS, Désir, sens et signification chez Sartre, 1999. Marcel NORDON, Quelques énigmes scientifiques de l'Antiquité à notre temps, 1999. Alexandra ROUX, La question de la mort, 1999. Bourahima OUATTARA, Adorno et Heidegger: une controverse philosophique, 1999. Agemir BAVARESCO, Le mouvement logique de l'opinion publique, 1999. Michel VERRET, Dialogues avec la vie, 1999. Nicolas FÉVRIER, La théorie hégélienne du mouvement à Iéna (1803-1806), 1999. David KONIG, Hegel et la mystique germanique, 1999.

@ L'Harmattan, ISBN:

1999 2-7384-8273-2

Gérald

HERVÉ

Hervé BAUDRY

DESCARTES TEL QUEL
LA NUIT DES OLYMPICA
Essai sur le national-cartésianisl11e

*

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Ce livre est né d'une blessure existentielle. Son auteur, Gérald Hervé (1928 - 1998), jeune Commissaire de la Marine Nationale dans les années cinquante, a été exclu de la Marine, sur un soupçon d'homosexualité.
«-Je me dois de vous punir pour le respet:t de ce Dieu auquelJc crois », trancha à

son égard le Commissaire Général de Marine (issu de l'X). Désormais indigne de servir les armes de la Frant:e.Une « affaire)} dans laquelle jouèrent un rôle décisif l'Aumônerie catholique aux Armées et la haute Administration mandarinale de la rue Royale. « -Je ne croispas qu'il soit humain de lui briserla vie», avait pourtant conclu dans son rapport l'Officier-Inspecteur, mais la Raison fut évoquée en
réplique par le même Commissaire Général qui se targuait de Dieu

- et

se

plaça sous le signe de Descartes. Son exclusion de la Marine et ce livre sur Descartes forment aujourd'hui un tout.

Œuvres de Gérald Hervé Aux Éditions Julliard Des Pavois et desFers, chronique, 1971 U Soldat nu, roman, 1974 À L'Âge d'Homme Us Hérésiesimaginaires,1989

Le présent ouvrage n'aurait pas existé (toute clause d~ style mise à part) sans le concours d'Hervé Baudry, professeur agrégé, docteur èslettres, qui en a accompagné l'élaboration et, par ses recherches, . contribué à son enrichissement. La collaboration, inscrite au fronton de ce ,livre, d'un témoin de longue date de l'auteur, apparaît ici comme le salut que la génération nouvelle adresse à ses aînés, et témoigne d'un engagement commun con tre l'exclusion.
.

« Chaque siècle reculera les bornes de l'ignorance où était celui qui l'a précédé: mais malgré tous ses efforts, il en restera beaucoup encore à reculer. » A. F. Boureau-Deslandes, Commissaire Général
de la Marine Essai sur la marine des Antiens, Paris, 1747 (1)

LIVRE I

PROLÉGOMÈNES

« Ut comoeqi, moniti ne .(ronte apareat pudor, personam induunt : sÙ' ego, hot: mundi theatrum t:ons,'ensurus, quo at:tenusspectatorexisti, larvatus in prodeo.» «. Les comédiens, appelés sur la scène, pour ne pas laisser voir la rougeur sur leur front, mettent un masque. Comme eux, au moment de monter sur ce théâtre du monde, où, jusqu'ici, je n'ai été que spectateur, je m'avance masqué. » Descartes, Cogitationes privatae - Preambula (1619)

Que de [kata ?]

para,1Jronismes

véhit:ulés

à propos de celarvatus prodeo ! En

1619, la t:ondamnation de Galilée est bien loin et Des'Llrtes na en,'ore rien publié. Dans t:esCogitationes, t'est bien de l'homme privé qu'il sagit et non de ,'elui qui par des é,rits publits s'exposerait à la réprobation. Homo duplex, le masque se t:onfesseà lui-meme par un retour sur soi sans témoin.

9

Le pourrait-on dire aussi de quelques écrits philosophiques - à l'instar de ces livres à figures licencieuses que l'on déniche en aparté dans certains cabinets de lecture? « ùur t'hoix ne correspond Jamais à t'eux des mart/hands, des
professeurs, ni des at:adémiciens.Ils ne respel1entpas le goût des autres et vont se logerpluto"! dans les interstÙ'Cset les replis, la solitude, les oublis, les confins du temps, les mœurs passionnées, les zones d'ombre. » Ces lignes se trouvent en exergue d'une collection pour happy few, dénommée ù Promeneur.

Sous cette égide et comme pour oser ici quelque impudicité philosophique par des pages non conformes, non conformistes, volontiers iconoclastes, voire provocatrices, à l'aide d'une Carte du Tendre (et fort cruelle), initions cette promenade en pays cartésien.

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Ces ,-hemins...

Lire. Relire Descartes. Aller au texte, loin de toute tradition de lecture, hors du cheminement obligé - itérativité contrainte. Oublier son apprentissage: les topoï fréquentés, les lieux communs, les mots-clés, la rationalité à grande échelle, le « pics» sublimes (2),les caché-montré...
Car, en ce pays cartésien, riche vignoble - un conservatoire national

-

les feuilles de vigne ne manquent pas, parmi tant de ceps arrogants.. Nous y choisirons les cheminsde traverseet, quant au texte sur le texte les commentaires, ô combien nombreux - un hyper-texte, nous relèverons surtout les petites notes au bas des pages, en italique, ad usum dO'1issimi(hors grand public ), ou rejetées en fin de chapitre ou de livre, qui sont comme leurs parties honteuses. A l'argument adverse - du contexte historique, à l'époque de Descartes, qu'il convient d'actualiser - de répondre - et si d'aucuns, enivrés de ce vin chaud, de s'écrier: « -Mais on sait tout cela, qu'en attendez-vous donc? » - que ,-esse mythe! le

... de la raison.

~,

Il n'y a pas de miracle cartésien - tout de même qu'il faut se garder d'une « vision naïve de la raison grecque» (3) - ce fut une patiente conquête, la nôtre (de la Raison) n'est point encore achevée, ni son Thesaurus constitué que nous confondîmes par récurrence avec une rationalisation de mythes infondés sinon par quelque théologieroyale (en l'occurrence, ici, celle de René Descartes). En ces temps de crise majeure, à l'orée d'un nouveau millénaire, les labyrinthes nous hantent encore - leurs chemins dogmatiques et irrésolus (4), dont certains qui les avaient pressentis nous dissimulèrent les angles, le tracé, et les sorties... Quitter enfin le carré palatial d'une Raison plénière qu'il retint si longtemps prisonnière, aller à terrain découvert! « Les opérations de l'esprit, disait Bertrand Russell, sont comme des charges de cavalerie. Elles requièrent des troupes fraîches, elles doivent être rares et opérer à des
momen ts décisifs. »

~

11

Un Desr/artes sigillaire

Briser le sceau. Et réduire à sa plus simple expression - ainsi d'une équation - la philosophie de Descartes, tel qu'en lui-meme nous le livre le Discours,puis les Méditations: forme (géométrie) et lumière (Dieu). Descartes qui n'en [mit pas d'e(r)goter,se commentant dans ses lettres, se justifiant, de s'instaurer peu à peu en t'otpusde toute pensée. Référence obligée - d'où la philosophie européenne tira ses prémisses (du Cogito), et jusqu'en son paysage si mesuré, si ordonné, un orgueil géographique,la France qui se prédique toute de lui, patrie de Descartes (France, mère des arts, des armes et des lois... et de la philosophie... ), la fameuse clarté française, et l'ordre du discours, celui de la tragédie classique - unité de lieu/lieu unique (pourtant intraduisible en langue étrangère malgré une prétention affichée à l'universalité), et même les vers d'inspiration religieuse de Racine - ô Port-Royal- père et flls (Louis), et que cette clarté divine, chez Descartes, éclaire aussi la rosace de Chartres au cœur de la Beauce éternelle, cela constitue le génie français, qui s'inscrit tout autant dans la rhétorique Oes mots) que dans la pierre, tout comme les jardins de Le Nôtre, un siècle plus tard, avec Perrault, les colonnades du Louvre, (faux) décor (grec) de théâtre, et les grandes façades rectilignes du Palais Gabriel (devenu Ministère), où les règles de la haute bureaucratie sont tout aussi respectées que d'un Dieu-fronton, celles de la fameuse Dedul'tio. Or, dans ces pages, parler de Descartes, de la longue tradition cartésienne (intellectuelle et politique), ce sera aussi évoquer la (non-) pensée dans sa mouvance hiératique, tout imbue de l'argument d'autorité, intimante, mais toujours avec prudence (dans sa façade) : le national-classicisme - sa hantise du précédent empirique, ce qui n'exclut nullement la complexité interne des choses, la subtilité, sans cesse entre
l'esprit du texte

- ou

sa lettre

- et

son application

par le pouvoir,

à petit jeu,

à petits pas, comme ceux perdus quelque part en Indochine dans les années 45, entre la baie d'Along et Fontainebleau, d'où s'ensuivit (après d'autres, avant d'autres) une guerre effroyable. Et peu avant, ces années de Vichy, où un ministre de l'Education plaça Descartes avec Jeanne d'Arc parmi les saints patrons de la France. Permanence de Descartes. Perversité d'un esprit analytique qui se voulut le premier de la classe humaine. Un procès élevé à hauteur d'une raison d'Etat et de ses fourvoiements innombrables. Ici, tout un réseau d'échanges tramés, croisés, un ordre synallagmatique inavoué - le mandarinat français - énarchique- insuffle aujourd'hui l'action officielle, exécute toujours à sa façon: c'est son st;"e. 12

Moins exposé que d'autres (à l'extérieur), il se cantonne dans ces bureaux aux portes capitonnées (atmosphère de Fronde) où s'opèrent des « marchandages » qui ne sont pas toujours d'argent - loin de là - mais d'influences... Les confessions et les partis y trouvent leur compte à défaut de la République. L'Universel tant aff11ïI1éde la raison (cartésianoweberienne), les dispositions fmales de la loi ou du règlement, applicables à tous, connaissent là des exceptions surprenantes, dans ces arrangements à l'amiable entre les tenants de l'ordre, bénéficiaires de nouveaux privilèges (occultes) dont sont exclus les lampistes. L'arbitraire (que Descartes nomma le libre arbitre) y est porté à son comble, sous les lambris dorés des salons nationaux et dans la pénombre des couloirs de sortie... Voici enfm rendu à ses pures lignes de mire dans toute sa perspective - sous le signe de Descartes - le cher pays, la France romane, lovée en ces quelques pages augustiniennes (ou néo-platoniciennes), où d'aucuns crurent retrouver, alangui, le reflet humanistique de la pensée antique, mais vouée dès l'origineà la conversion chrétienne. Oui, pensée ô combien prosélyte que celle de Descartes - ses thuriféraires n'y ont point failli après lui. Et l'Université française (la confessionnelle tout autant que la laïque), tout comme un seul homme, derrière- arpentant ces jardins de Versailles et ces bois plantés au cordeau, à l'opposé (nous dit-on) des bosquets anglais et des forêts romantiques... En France, ce n'est pas seulement la nature qui imite l'art, mais le paysage même - ainsi en Touraine, lieu de naissance de Descartes, qui se compose selon le goût « classique », « les tons aquarellés » de la « France modérée» (5).

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lt'onotiasie

Clichés. Stéréotypes: ainsi du (faux) bon sens commun, moyen, apparent. Et tabous: Descartes intoutfJable chez « le peuple le plus intelligent de la terre » (et qui possède à Paris laplus belleavenuedu monde). Attaquer Descartes en ses Champs-Elysées (bien que son corps postmortem in partibus soit difficilement localisable), c'est cibler la France au cœur - le pays des idées t'laireset distint'tes(cependant toujours fille aînée,en ce sens, encore t"t1rtésienne). Tour à tour, l'Eglise l'a adulé (port-Royal) ou a pris ses distances (d'avec), aujourd'hui encore lui préférant l'Aquinate (6). Pourtant, entre elle et lui ce ne fut jamais qu'une affaire de famille - et de prodigieuse ruse (de part et d'autre). Mais de qui parle-t-on? Du premier penseur français, de l'homme de science, du mathématicien ou de l'auteur des Méditations, du double visage (théologique) de Descartes et de ses innombrables commentateurs qui, dans un sens ou l'autre, entrant dans le jeu du plus grand faux jeton du mandarinat français (7),n'ont cessé de le mener, cejeu, bien au-delà du seuil inaugural de toute la philosophie dite moderne. Oui, attaquer Descartes - en son fondes) - constitue bien un crime de haute trahison et d'intelligence avec l'ennemi: lequel, en l'occurrenc.e, ne peut être que le Malin (Génie). Eh bien soit! Efforçons-nous de tenter Dieu ou le Diable èn ce procès de lèse-majesté nationale dont Descartes demeure l'enjeu emblématique.

A la rest'ousse!

Bien avant Heidegger, à la fin du siècle dernier, le véritable précurseur critique de tout le courant de la métaphysique occidentale, c'est Charles Sanders Peirce (1879), lorsqu'il évoque cette philosophie qui « commence à s'éveiller de son long somméil... avant qu'elle ne fût complètement dominée par la théologie ». Une tradition que perpétue Descartes en dépit de son « combat» d'avant-garde (moderniste? ) contre l'autorité dogmatique... « Vérité ne signifia guère que foi catholique... Fait remarquable, là où différents tTedo s'épanouirent côte à côte, les transfuges sont méprisés même du parti dont ils embrassent la foi, tant l'idée de loyauté féodale a remplacé l'ardeur pour la vérité. Depuis le temps de Descartes, l'imperfection de la notion de vérité a été moins apparente. Cependant les esprits scientifiques sont parfois
.

14

frappés du fait que les philosophes ont moins travaillé à découvrir ce que sont les faits, qu'à chercher quelle croyance était mieux en harmonie avec leur système (8).»

Un peu plus haut, que diable!

Et Peirce de le déclarer encore: « La théorie tant admirée des idées claires et distinctes, ce joyau de la logique, est peut-être assez jolie, mais il est grand temps de reléguer au musée des curiosités cet antique bijou [de famille -franfaise] et de prendre quelque chose de plus assorti aux mœurs modernes. » Il a aussi écrit, mais ce passage du texte anglais (entre < » ne figure pas dans la version qu'il a lui-même donnée en 1878 pour la Revue Philosophique(a-t-il voulu ménager la susceptibilité de ce qui n'était pas, à l'époque, un Hexagone, mais un Empire à géométrie variable - de toute façon, une vue quelque peu prospective) : « Un peuple peut, il est vrai, dans une longuesuite de générations,
remédier aux in(xJnvénients d'une excessive nt'hesse de langue et à son atï'Ompagnement naturel, une vaste et insondable profondeur d'idées.

On peut le voir dans l'histoire perfet1ionnerlentement ses formes littéraires,débrouillantà la longuesa métaprysique, et grâce à une infatigable patience, qu'il a souvent comme dédommagement,
atteignant un haut degré dans tous les genres de t'tllturc intellet1uelle. L'histoire n 'a pas encore déroulé lespages qui nous diront si, dans la suite des temps, un tel peuple l'emportera sur un autre peuple <dont les idées (comme les mots pour les exprimer) sont peu nombreuses, mais qui possède une prodigieuse maîtrise sur celles qu'il a> (9) ». Est-ce à dire - en demi-ton - qu'il existerait quelque flatus vocis, une logorrhée au pays cartésien, que l'on s'y gorge de mots - ou de songes?

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Première partie

À L'ORÉE DU GRAND SIÈCLE

Chapitre I
LA NUIT DES OLYMPICA

Une nuit chez Monsieur

Descartes

La vie est-elle un songe? (toute la philosophie dite de la modernité répond avec Dest-artes-Calderon (lui aussi élevé chez les Jésuites et qyant embrassé, un temps, le métier des armes), ouvrant (ou poursuivant) une voie augustinienne de la pensée. Cogito - le mot Jit fortune; et quelle fortune! Au XVIIe siètle, les t'hoses étant t¥: qu'elles sont (et la Frant¥: ce qu'elle fut), sa rét¥:ption (en français ou en latin) bouleversa la théo-philosophie européenne et dans les siètles qui suivirent. Tabulaire Dest-artes, tour à tour exhaussé, tontourné mais « incontournable» comme on dit aujourd'hui, dépassé, mais redit (d'une autre manière) ou récusé lorsque les philosophies de l'affet1ivité (de l'existentialité) prévalurent sur cellesde la raison. Mais de quelle raison? Nous le dirons assez dans tYJS ages, non pas de la ruse, mais de p quelles piètreries de la raison lorsqu'il s'agit de l'homme. Et de Dieu? Sans doute eut-il beau jeU, à l'instar de Calderon-Ie-baroque, et tout autant thampion de la Contre-Réforme, de dénoncer, tvmme tYJlui-tilefit dans son télèbre Prologue, les tinq sens aux prises dans un t'ontours à l'art' dont l'Ouïe sortit vainqueur. Avet Dest-artes tYJ fut le V oir et le Toucher qui l'emportèrent - une vision manuJatturière. Sans oublier la Déduction inaugurale. Mais il nous faudra tout d'abord le surprendre dans sonfameux reve, dans la mémoire même du reve (ne revait-

il pas lui-même qu'il revait ? ) mais aussi dans son faux reve et dénontYJra l
représentation qu'il nous en imposa.

19

Ù Songe d'une nuit (d'Ulm) (10)

O/ympÙ'Cl

Cette œuvre, où il est question du fameux songe, ne nous est connue que par un fragment. Le manuscrit en a été perdu que Descartes aurait proposé à un libraire d'Ulm (11). Leibniz en aurait conservé le texte, mais on a fouillé en vain dans ses papiers latins à Hanovre.

D'où ce nom,

O/ympÙ'Cl

? Ce traité qui avait l'ambition d'être « une

vaste fresque sur la pensée humaine, ses origines, son histoire », nous ne le connaissons que par la relation qu'en a faite Adrien Baillet. Est-ce un écho au chant d'enthousiasme de Pindare? D'après l'auteur de la Théodicée,il se fût agi avec ces nouvelles OlYmpiques(chrétiennes) de choses sensibles: « Le vent signifie l'esprit; le mouvement avec la durée signifie la vie; la lumière signifie la connaissance; la chaleur signifie l'amour; l'activité instantanée signifie la création »... « Disant que Dieu a séparé la lumière des ténèbres, la Genèse signifie qu'il a séparé les bons anges des "mauvais". » Déjà le dualisme (12). Œuvre de jeunesse, pages avortées? Toute la philosophie française n'était-elle pas en genne dans ce Génome, où se cache peut-être la source originelle du grand t'Opus« rationaliste» ? Descartes a perdu de nombreux manuscrits de l'époque où il écrivait ses 0!J'mpifa - dont ne subsistent que quelques bribes hypothétiques, par quel hasard réchappées? Mais pour le reste, acte manqué, destruction volontaire, ou perte réelle, du fait de ses errances? Ce tronqué ne laisse pas de fasciner. Ces révélations oniriques ne devaient être offertes qu'à un petit nombre, une élite, des initiés car Descartes, comme Pindare, nous a lui-même appris qu' « il ne parlait qu'aux savants, et qu'il se souciait fort peu d'être entendu de la foule de ses contemporains, auprès desquels il n'était pas fâché d'avoir besoin d'interprètes» (13).Depuis, il n'en a pas manqué. Et si la fameuse raison française était née en .l\llemagne par une sombre nuit de tempête dans la tête d'un bachelier de la Basoche un peu ivre? Sturm! - et ce que d'aucuns proclamèrent victoire de la pensée: rien de moins qu'une mutilation de la raison? Drang! (14)

21

Ambiguilés

Leibniz disait de Descartes qu'il confondait les idées et les vérités. Au XIXe siècle, Victor Delbos reprocha à ces mêmes idées - claires et distinctes - (ou aux concepts) de manquer de défritions rigoureuses et de courir vers l'assertion cognitive dans un « développement linéaire » (15). En somme, une connaissance dont les conditions et l'intelligibilité demeurent obscures. D'autres diront de cette connaissance qu'elle est opératoire et donc ouverte (16),mais de quel point de vue ? Là est bien la question à laquelle le cartésianisme n'apporte et ne peut apporter aucune réponse philosophique, car celle-là était déjà truquée (dans la poche théologique du questionneur). Que veut dire l'Entendement cartésien? S'agit-il réellement de connaissance, à défaut de compréhension, des idées, de la chose à travers
son concept

-

ou seulement

d'états et d'opérations de pensée qui se laissent

clairement et distinctement saisir comme faits de tvnSt'ient1J Le glissement ? est sensible et la philosophie de Descartes revêtirait dès lors une tout autre signification - mais alors vidée de sa substance métaphysique, ce dont, certes, il n'aurait point voulu. L'atharnement exégétiquesur ce philosophe paraît sans borne. De son vivant il se défendit lui-même (à la Clausewitz) mais après? Son cadavre (déchiré, au sens propre) n'en fmit pas de revivre dans la pensée des autres - des récupérateurs professionnels. Un véritable chacalisme. « La littérature ajoute à la cruauté humaine », a dit Joseph de Maistre. La théologie aussi - et sa fille jalouse, la philosophie. Tout particulièrement en France, cette fille aimée de l'Eglise, et même de tout le courant spiritualisteen Europe ce dernier eût-il vocation à devenir profane (à se laïciser) (17).

22

Je

= homme

noir?

Roland Barthes, à propos de La Bruyère: « Un homme né chrétien et Français (donc, avant même que de naître, chrétien par vocation (c'est-àdire soumis au roi) ) ne peut, par nature, aborder les grands sujets réservés ». Le sujet philosophique cartésien lui-même ne serait-il point tout pareil par récurrence à l'homme noir paysan de souche de l'auteur des
Caractères (18) ?

Descartes, en son temps, le plus probable. « On appelle esprit libre celui qui pense autrement qu'on sy attend en ou en (19)

raison de son origine, de son milieu, de son état et de sa fonction raison des opinions régnantes de son t~mps. » F. Nietzsche

Ce n'est sûrement pas le cas de Descartes. Où donc, ailleurs qu'en France, prétendue, depuis, pays du « pacte républicain» et de la méritocratie tiers-étatiste,ces fieffés propos réal~ repris à son compte par la raisonbourgeoise: « Que la noblesse est un grand avantage, qui, dès dix-huit ans, met un homme en passe, connu et respecté, comme un autr'e pourrait avoir mérité à cinquante ans. C'est trente ans .de gagnés sans peine. » «Le plus grand des maux est les guerres civiles. Elles sont sûres, si on veut récompenser les mérites, car tous diront qu'ils méritent. Le mal à craindre d'un sot qui succède par droit de naissance n'est ni si grand, ni si sûr (20)» ? Ils sont de Pascal, mais nous le verrons par la suite, en d'autres termes, Descartes avait dit exactement la même chose (21). Bien sûr, il serait par trop expéditif de le voir ici, lut~avec nos yeux d'aujourd'hui, si supérieurs que nous sommes par la connaissance (ou l'in-connaissance et du sujet et de l'objet depuis la mort du héros en 1650), mais sous quel regard nous est-il venu lorsqu'il se confie à la princesse Palatine, (ou, ce qui revient au même, la confesse), et qu'il catéchise jusqu'à la conversion une reine à Stockholm ? Ce Descartes-là n'a pas bougé d'un iota dans notre viseur - le vivant Desl'Clrtes celui qui nous intéresse autant par ses écrits officiels, ou privés, que par ses lettres, l'écrivain du Traité des Passions qui en matière de morale, de métaphysique ou de politique jamais ne fit table rase... (seulement, et encore, en physique, en physiologie... mais tout ce qu'il a pu dire dans ces deux domaines est aujourd'hui caduc sinon grotesque, au regard de la science reconnue). 23

Que nous reste-t-il du progressisme de Dest'artes ?

Serait-il seulement pensable aujourd'hui, en matière scientifique, d'étudier avec autant d'assiduité qu'on le fait pour Descartes un physicien qui, dans le passé, aurait afftrmé, admirablement il est vrai, que la lune était un fromage? Certainement pas - mais en philosophie cela est encore possible. Ainsi donc ne pas procéder à la façon de nos clercs en présentant dans tous ses linéaments le l'OpUScartésien comme un bel ensemble achevé, afm d'en exprimer la beauté toute littéraire, et ce malgré quelques critiques de détail, par-ci par-là, qui n'entament en rien l'adhésion (admirative) à une telle œuvre ainsi réat'tualisée.La fameuse admiration universitaire. Tout au contraire, démarquer le discours de René Descartes, le traquer en chacun de ses termes, de ses points-clés, rendre caduc dans l'œuf le développement ultérieur - conséquentiel - une IVG de la pensée à la source de cette semence cléricale - le saper jusque dans son lexique, son fondement même. Empêcher le plâtre de prendre, à savoir autant de mots inanes, ineptes aujourd'hui, qui font encore eJlètde sens- d'un autre âge.

24

Sur les bords du Danube (nuit du 10 au Il Novembre 1619) «Le 10 Novembre 1619, r:ommeJ"étaisrempli d'enthousiasme, et que je dér:ouvraislesfondements d'une stien(,'eadmirable... »

Depuis de longs mois, le jeune Descartes a mis son esprit en état d'ascèse: dépouillement et contention, sans que rien, ni les promenadesni les ,'ompagnies,ne le puisse distraire du seul dessein de son esprit: hi recherche de la vérité. Et pour cela (dit-il), faire table rase - tabula rasa (22). (En préfiguration de Paul-Ambroise, dans sa nuit de Gênes? brûler sa propre maison, mais aussi sa bibliothèque personnelle - ou la disperser). Une telle excitation ne va jamais sans tou~ent : l'affectivité de l'esprit lorsqu'il se trouve face à lui-même ne le cède à aucune autre passion chamelle - de telle sorte que « le feu lui prit au cerveau et qu'il tomba dans une espèce d'enthousiasme, qui disposa de telle manière son esprit déjà abattu, qu'il le mit en état de recevoir les impressions des songes et des visions» (23). L'été de la Saint-Martin s'achève sur un ciel d'orage tandis que le foehn, ce vent qui dévale des Alpes, l'amok local ou le khamsin du désert (<< monothéiste »), met les hommes dans un état second~.. « Les maisons sont illuminées, des groupes vont et viennent de taverne en cabaret... Les lanternes projettent leurs ombres déformées sur les façades (24).» Le rêve de Descartes s'inscrit ainsi tout dans cet univers de signes. Un tel état d'onirisme cérébral ne va jamais sans quelque brin de folie: avaitil bu le soir avant de se coucher, se demande Baillet (25).« En effet, c'était la veille de Saint-Martin, au soir de laquelle on avait coutume de faire la débauche (26). » Durant trois mois entiers, depuis les fêtes du couronnement de l'empereur Ferdinand à Francfort, Descartes n'avait bu de . . Vin. Ce génie - Bô:rerGeist - qui lui échauffe le cerveau et suscite en lui tant d'euphorie l'a littéralement transporté. C'est la première métaphore: quelle. est donc cette Puissance (man tique) qui le possède alors, et qu'il dit non humaine? Cela se passait au temps des campagnes d'Allemagne. Ambigu, indécidable Descartes. Jésuite jusqu'au bout des ongles (ou des lèvres). Au cœur même des résolutions qu'il va prendre cette nuit pour la conduite de sa vie, il s'adresse à Dieu pour l'éclairer (d'une autre lumière), mais aussi, dévotement, à la Sainte-Vierge à laquelle il fait vœu d'un pèlerinage à pied en Italie, vers Notre-Dame de Lorette (27).

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Novembris 1619 cum plenus forem Enthusiasmo et mirabilis Stientiae fundamento reperiam.

1619, cette même année où Lucilio Vanini, philosophe, monta sur un bûcher à Toulouse pour avoir douté de l'immortalité de l'âme. C'est l'affaire « la plus importante de sa vie» (28), dit-il.. A vingt-trois ans, engagé en Bavière et dans le Wurtenberg, il y suivit les armées du prince de Nassau. Un Descartes borro!J1éen (29)? Ne pas oublier que la vie de Descartes se déroule presque toute sur fond de guerre de Trente Ans, que son œuvre - ce que l'on a insuffisamment relevé - tire indirectement une grande partie de sa signification politique de cette période-charnière dans l'histoire européenne qui, après trois décennies d'épouvantables violences, de disettes et d'épidémies, lesquelles, dans certaines régions de l'Allemagne du Sud, décimèrent jusqu'à 70% des populations (30) ! ne prit fin par le Traité de Wesphalie que deux ans avant sa mort. Pris dans les remous de la Réforme et de la Contre-Réforme catholique, les peuples suivent alors la confession de leurs princes. On assiste à de spectaculaires glissements de confession de foi, où les Jésuites, notamment, en fidèles catéchumènes du concile de Trente, jouèrent un rôle de « convertisseurs» obstinés, et ce bien au-delà de la période troublée de 1618 à 1648 (31). « L'Autriçhe et la Hongrie étaient pays à peu près protestants. Si on les retrouve catholiques au bout d'un siècle... la question se pose de reconnaître la part de consentement, d'adhésion même que les peuples ont prise à ce grand changement (32).» Au moment où René Descartes s'engage dans les armées d'Allemagne, le génocide cultuel de la Saint-Barthélémy ne date que de 1572. De bons docteurs avancent aujourd'hui qu'il conviendrait de resituer tous ces faits dans le contexte d'époque... Argument bien français qui pourrait tout aussi bien couvrir ceux qui, dans les temps à venir, le diraient pour la Shoah des années quarante... (Et Descartes, un jeune intellectuel fourooyédans la L.V.F. ?) Ni l'antiquité grecque ni la romaine ne connurent, à proprement parler, de guerres de religion ou raciales. Notre époque, qui se perpétue à partir de Descartes à travers un mono(théo)idéisme, se déploie, elle, toute dans l'empire des « raisons» et des justifications sans fin (ou des solutions fmales) dans ce que nous appellerons par ailleurs l'esprit moderne de clérÙlJ!uredont les guerres d'extermination religieuse constituent de singuliers prodromes. Continuité. Permanence de celui-ci - et, nous le verrons assez par la suite, ce que le cartésianisme français 26

dans sa mouture contemporaine autorise: d'être spiritualiste tout en n'étant pas, à proprement parler, chrétien (ou ne le sachant pas) mais encore de demeurer rationalistetout en s'afftrmant chrétien et, si possible, de l'espèce catholique. Avec toujours cet argument de justification rétrospective qu'un Renan avançait déjà en 1848 lorsque, marqué alors par l'hégélianisme, il dédouanait l'Eglise des persécutionsdont on la charge par « le fait qu'elle avait le devoir de défendre la société... » (33) Raison d'Eglise, Raison d'Etat, qui l'accompagne ou qui lui succède, nous sommes bien là dans l'esprit d'une elérieature,celle de l'intellectuel chevillé au pouvoir, à sa maîtrise. « La métaphysique chrétienne, étroitement liée au pouvoir d'Eglise et au pouvoir d'Etat, demeura dominante jusqu'au XIXe siècle. » Et bien au-delà! Aujourd'hui même un ~1arcel Conche le reconnaît à propos de la philosophie de Descartes, qu'elle était « initialement orientée de façon à se conformer à une foi reçue... elle a le caractère d'une apologétique, on peut même parler d' « idéologie» G'entends par là un système construit de manière à justifier une croyance donnée à l'avance, même s'il n'a pas été construit en vue de la justifier) » (34). (Cette dernière hypothèse n'étant rien moins qu'évidente.) Ferdinand Alquié: « Le Cartésianisme (entendons par là la doctrine exacte de l'auteur) ne saurait être séparé de Descartes (35)». En prélude de cette foi chez Descartes, passée l'illumination de la nuit d'Ulm: le doute hyperbolique, le scepticisme/agnosticisme joué et déjoué du Distours par le biais d'un argument fallacieux. Aporie de cette penséejaille, où s'engouffrèrent à sa suite les tenants de toute croyance absolue. Ce n'est d'ailleurs pas l'objet de celle-ci qu'il convient de remettre en cause, mais la possibilité même de la croyance en tant que telle, de répondre à une question philosophique. Evoquant « la littérature des âges sombres », de l'argument d'autorité en matière de vérité-croyance, Ch. S. Peirce (encore lui ! mais nous n'en avons pas fini avec son ton salubre - non pas salutaire) écrit: « Commentant un passage de quelque poète où il était dit que l'ellébore avait fait mourir Socrate, Scot Erigène apprend sans hésiter au lecteur qu'Ellébore et Socrate étaient deux illustres philosophes grecs, et que, Socrate ayant été vaincu par l'autre en argumentation, avait pris la chose tellement à cœur qu'il en était mort (36)». Cela nous rappellerait plutôt - et de façon point si étrange l'étonnante bataille de fleurs en Chine Populaire, pendant la révolution culturellede Mao, où l'on mourait en bouquets... Mais revenons à ce faux frère antérieur de Fabrice, René, tout près des champs de bataille de la Montagne Blanche où il aurait, paraît-il, 27

porté la fleur au mousqueton (en d'autres temps, il eût été correspondant de guerre, tout comme Malaparte, sur les bords de la Volga) (37). Il nous dit y avoir servi non en soldat mais en philosophe: « Je commençai donc ma campagne pour me battre en quartier d'hiver dans une chambre garnie. Ce fut alors que je m'abîmai dans mes pensées philosophiques; et comme j'étais au fort de mes méditations, il m'arriva pendant une nuit qui suivit une soirée du jour S. Martin, après avoir un peu plus fumé qu'à l'ordinaire, et ayant le cerveau en feu, de me sentir saisi en dormant d'une espèce d'enthousiasme pendant lequel je fus favorisé de visions et de révélations merveilleuses. L'esprit de vérité descendit sensiblement en moi et m'ouvrit les trésors de toutes les sciences et me fit connaître les principaux événements, qui m'étaient préparés dans la suite de ma vie (38)». Il ne s'agit pas encore du DistXJurs dans le poële, lequel ne fut rédigé que quelques années plus tard, mais de la transeinaugurale. Descartes poursuit: « C'est ce qui me détermina dans la suite à me retirer dans la Nord-Hollande, et ce qui me fait résoudre encore à m'aller cacher dans la Laponie. Il est vrai que ces visions me jetèrent dans l'âme de grandes frayeurs quoique le génie qui excitait en moi cet enthousiasme m'eût prédit ces songes avant que je misse au lit. » L'affaire est donc préparée de longue date (génie, ô longuepatient;e) avant que ne se déroule toute une mise en scène nocturne. Descartes, nous le savons, se couche pour réfléchir. « Combien de fois m'est-il arrivé de songer, la nuit, que j'étais en ce lieu, que j'étais habillé, que j'étais auprès du feu, quoique je fusse tout nu dans mon lit (39)». Au lendemain de cette fameuse nuit (vqyageautour de sa chambre)et du plein jour qui la précéda, d'un intense labeur, Descartes retrouva son assiette ordinaire, nous dit Baillet, et « le temps de son quartier d'hiver s'écoulait peu à peu dans la solitude de son poële». On ne dira jamais assez l'importance du poële pour les philosophes.
Poète: expression, ici, d'une synecdoque (a parte ad totum)

- il

désigne

une chambre chauffée dans un haut poële de faïence vernissée. Descartes en a eu plusieurs, en divers lieux. Comment tirait celui qui l'abritait en Allemagne? Mal, peut-être, au point d'en avoir eu parfois le cerveau dérangé - Descartes, notre philosophe fumiste?

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