Dire le tragique

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Un recueil de divers articles, comme un cheminement aux parcours croisés sur notre rapport à la vie, le temps de notre entrée dans le monde et la quête de la relation avec l'autre pour conjurer la solitude. Toute interrogation de l'être humain sur lui-même est toujours, à quelque dégré, à tonalité tragique. Le sentiment tragique de la vie, chacun l'éprouve, à un moment ou à un autre de sa vie. Mais comment dire et avec quels mots ce même sentiment ?
Publié le : samedi 1 mai 2010
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EAN13 : 9782296673397
Nombre de pages : 171
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AVANT-PROPOS

Les textes ici rassemblés reprennent divers articles et contributions à des colloques, au long de ces dernières années. Différents par les thèmes abordés mais, en fait, unis par une seule et même interrogation au sujet de la condition humaine.

Ce dont témoignent la longue tradition de la philosophie, mais aussi celle des œuvres littéraires, des textes religieux, comme des grands mythes attachés à raconter l’histoire des origines de chacun des peuples dans lesquels ils sont nés. Une interrogation d’autant plus lancinante que se découvrir dans son humanité est le faire sur le fond d’une épreuve qui fragilise chacun, la découverte de la mort comme son destin inéluctable. Dans la vie, mais mortel. En lien essentiel avec l’autre,

Une interrogation qui n’est, évidemment, pas neuve ni propre à notre seul temps car elle émerge, dans l’homme, dès le moment où il prend conscience de sa singularité propre dans ce monde où il est venu à la vie et où il a à vivre. En souci, alors, non plus seulement de s’attacher à aménager le monde dans lequel il a à vivre, de se procurer de quoi subvenir à ses besoins ou de se protéger des périls extérieurs mais de s’interroger sur la nature et le destin de celui qui se révèle capable de parole et de pensée. Et, par là même, s’interrogeant sur le sens de sa propre vie.

Si vivre est habiter ce temps de vie en ce lieu assigné, nul n’habite sa propre vie que dans une contradiction jamais réellement dépassée, entre l’autre et soi-même, entre la vie et la mort. Le sentiment de la vie a donc une tonalité inéluctablement tragique pour celui qui porte un regard lucide sur sa condition. Le tragique est cela même, le heurt entre le souci de vivre au mieux, dans ce ici et maintenant et la réalité de l’échéance impossible à escamoter. Une incompatibilité entre la prétention et la réalité de fait d’une condition précaire. Et pourtant un souci constant de tracer, dans ce temps de vie et dans ce monde, son propre chemin, en y repérant du sens.

son semblable, dont il a besoin pour vivre, mais contraint de reconnaître pourtant que, quelque soit leur force et leur intensité, de tels liens ne permettent à personne d’échapper à l’épreuve de la solitude. Contraint à s’ajuster à la nécessité qui le fixe sur ce sol et dans cet espace commun et pourtant ne pouvant s’empêcher de rêver à d’autres mondes et à des possibilités différentes.

DIRE LE TRAGIQUE

usqu'à quel point est-il possible de trouver les mots pour parvenir à la juste expression de ce qui advient dans cette épreuve extrême qu'est le tragique où ce qui arrive alors dépasse les cadres ordinaires de l'expérience, laissant l'existence sans prise aucune sur ce qu'elle est contrainte, malgré elle, d'endurer?

J

«L'entendement de l'homme dans sa marche sous l'impensable» (Hölderlin).

à la mémoire de Paul Ricœur

Bouleversée comme en toute émotion qui l'arrache à elle-même et laissée sans voix mais d'une manière telle qu'elle se trouve soudain comme dans la proximité de son propre anéantissement, tout entière exposée et sans nulle protection. Dans l’épreuve tragique quelque chose se passe qui ne parvient pas à trouver les mots qu’il faudrait pour le dire, comme si son intensité rendait, d’un coup, toute parole impossible. Son surgissement dans une vie d’homme contraint ce dernier à endurer au-delà de tout ce qu’il avait, jusqu’alors, connu, dans une stupeur rendue muette. Comme si, désormais, la vie devenait incapable d’exprimer rien de ce qui l’atteint en cet effroi qui s’empare d’elle. Une inten-

C'est à ce point de la jointure devenue impossible du vivre et du parler que je choisis de me placer pour tenter de comprendre l'épreuve tragique qui surgit dans une vie en en bouleversant le cours. Comment rendre compte de ce qui, alors, se passe dans l’existence terrassée par le poids soudain du malheur, en un mot, dire la détresse de l’âme qui voit s’effondrer toute possibilité, ses espoirs comme ses rêves, en ce soudain surgissement du chaos? S’efforcer de dire le tragique ne consiste-t-il pas à tenter de donner nom à l’innommable, de penser l’impensable, la confrontation de la vie avec la soudaine proximité de la mort? Et cela, à partir de la détresse elle-même.

sité extrême de ce qui advient et, du coup, une parole rendue muette par l’effroi qui étreint l’existence.

En un sens, toute émotion arrache l'existence au rythme habituel de ses jours. Elle naît dans le surgissement soudain d’un imprévu tel qu’il déroute car il bouleverse le cours ordinaire de la vie. Dans le cours ordinaire de la vie, l’alentour des êtres et des choses peut changer au gré des rencontres et des événements mais, dans ce changement même, il conserve un air familier de déjà vu et de déjà vécu. L’aujourd’hui n’est, peut-être, pas tout à fait à ce qu’a été hier, mais si sa relative nouveauté peut surprendre, elle ne déroute pas pour autant.

C’est pourquoi la tonalité affective générale du vivre ne change guère et l’humeur peut conserver une stabilité relative. Dès lors, par contre, qu’une émotion l’affecte, elle ne le fait qu’en transformant le climat général du rapport à la vie. Quelque chose se passe dans le monde au dehors qui trouble le monde intérieur propre à chacun, laissant ce dernier sans prise sur la turbulence de sa vie affective. Et cela est l’émotion même, choc brutal et imprévu, à l’amplitude extrême, transformation soudaine du rapport à la vie et au monde avec, comme conséquence immédiate, une impossi10

Dans le cours de l'expérience ordinaire, l'existence parvient à conserver une part relative d'initiative et de maîtrise sur les événements et donc sur son destin. Sans doute a-t-elle à vivre dans une situation qu'elle n'a pas choisie, confrontée à des événements qu'elle n'a pas prévus et en permanence soumise aux contraintes du quotidien de la vie commune. Toutefois, tant qu'elle parvient à se réserver une marge pour son initiative, elle conserve une maîtrise relative sur ce qui lui advient. Elle ne peut pas tout, mais ce qu'elle peut lui permet de préserver la distance de son quantà-soi, assez, en tout cas, pour agir ainsi qu'il convient pour sa sauvegarde et, déjà, pour trouver les mots pour dire ce
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La vie voit, d’un coup, s’ouvrir un horizon neuf, plein de promesses heureuses comme si, désormais, rien ne pouvait être que plus beau que ce qu’elle avait connu jusqu’alors car toute rencontre réelle est, par elle-même, ouverture plus ample sur la vie. Mais celle qui laisse pressentir l'irruption du tragique est d'une tout autre nature car elle n'étreint l'existence qu'en écrasant chacune de ses possibilités, lui imposant une contrainte à la limite du supportable et la laissant sans voix.

Lorsque l’émotion surgit sous le signe du bonheur, comme dans la rencontre amoureuse, elle ouvre un espace insoupçonné de promesses. L’expérience de l’amour, si elle ne se réduit pas à une simple turbulence du désir, est promesse non d’une simple relation mais d’une rencontre à l’intensité encore ignorée et inconnue jusqu’alors avec un autre, là où l’existence est en ouverture sur la personne de l’autre et sur la vie même.

bilité à se repérer dans ce même monde et à exercer le moindre contrôle sur ses gestes et ses conduites. L’existence est, alors, comme hors d’elle-même, sans la moindre prise ni sur ce qui lui advient ni sur elle-même, entraînée dans un flux irrépressible.

qui l'affecte. Ébranlée, sans doute, mais conservant, grâce aux mots, ses liens aux autres et, en priorité, à ses proches.

Si chacun, en effet, a besoin de parler pour maintenir le lien social et, plus encore, pour confier à des proches ses joies ou ses chagrins, nul ne vit, en fait, dans le commen12

Mettre l’accent sur la parole est essentiel car l’être humain ne peut réellement vivre sa vie que pour autant qu'il est en mesure de la parler, de la transposer dans des mots pour se l'exprimer à lui-même et la communiquer à un autre, fût-ce d'une manière rudimentaire. Conservant, grâce à ces mêmes mots, la possibilité des liens, comme d’autant de chemins. Les mots lui sont, en fait, aussi indispensables que l'air ou la nourriture. Tout ce qui se vit ne passe pas nécessairement dans des mots et les actes n’en ont pas tous besoin pour être efficaces.

La parole entravée

Le chaos au dehors suscite un autre chaos, au dedans de soi, si intense qu’il la fige dans la stupeur et l’effroi. La brutalité de ce qui advient est si intense qu'elle la contraint à l'inertie, incapable d'action et surtout incapable des mots qu'il faudrait. Comment, alors, exprimer ce qui est survenu dans sa vie tel un désastre, si intense est l’émotion qui l’affecte?

Dès lors, par contre, qu'elle est en proie à l’intensité de l'épreuve, cette marge s'amenuise jusqu'au point de devenir nulle. L'existence y est livrée au malheur qui l'assaille, vouée à endurer une situation qui rend toute velléité d'action impossible et contrainte à une passivité qui interdit toute parole. Ainsi lorsque surgit, dans un cataclysme naturel ou dans le déchaînement de la guerre, une violence démesurée qui met en péril son intégrité ou sa vie, l'arrachant à ellemême et la brisant à l'intérieur d'elle-même.

Parler, en effet, est signe d’un lien possible avec un autre que soi. Et, tout à la fois, signe que l’existence advient à la conscience de soi-même en découvrant sa propre singularité de sujet. Non pas simple redoublement sur le registre des mots de ce qui est vécu présentement ou de ce qui vient de l’être, mais chemin vers soi dans le temps où elle ouvre des chemins vers l’autre à qui elle s’efforce de se confier. Dans le même temps où elle est ouverture de che13

Dans son cours ordinaire, le fait de vivre requiert de s’ajuster aux choses et aux êtres, aux situations comme aux événements, sans qu’il soit, à tout moment, indispensable de l’exprimer en mots. En cette affaire, les gestes habitués peuvent suffire. Et beaucoup y parviennent, comme ces taiseux qui parlent peu. Cependant, l'être humain n'advient réellement à lui-même que par la possibilité de s'exprimer sur le registre des mots.

La relation affective entre soi-même et l'autre et nombre des impressions de plaisir ou de gêne demeurent comme en-deçà des mots trop généraux pour en rendre compte. La tonalité singulière d’un plaisir ne parvient pas toujours à trouver les mots qu’il faudrait, pas plus, d’ailleurs, que celle d’une douleur. La plupart du temps cela n'affecte guère l'existence prise dans le flux changeant des impressions ou dans le cours de ses préoccupations. Mais, par contre, cela l'affecte d’une manière particulière, lorsque, terrassée par l’épreuve, elle voudrait en faire part à un autre, l'inviter à comprendre sa douleur, solliciter son aide pour échapper au délaissement de sa solitude.

taire constant de ce qui lui advient. En ce sens, si le fait de vivre en appelle à une parole pour se communiquer, le vivre et le parler ne parviennent jamais à coïncider d'une manière pleine et entière. Une part de la vie est toujours vouée à échapper aux mots, du fait de la particularité individuelle de ce qui est vécu.

mins vers d’autres qu’elle sollicite, la parole signe l’avènement du vivant humain à la conscience de lui-même.

Vivre comme un être humain est se montrer capable de mettre en mots ce qu’il éprouve et, du même coup, celui qu’il est. Il n'en demeure pas moins, pourtant, que le vivre et le parler ne coïncident jamais tout à fait, non seulement du fait de la particularité impossible à traduire d’une douleur ou d’un plaisir mais encore du fait de l’intensité de l’épreuve qui surgit en s’imposant. Faire passer le fait de vivre sur le registre de la parole est donc chemin d’accès à soi-même et à sa propre humanité. Dès lors que je suis en mesure d’exprimer ce que je vis, je puis commencer à comprendre celui que je suis. Tant que, par contre, ce passage est impossible, demeure, dans l’homme, une part de lui-même, étrangère. La vie empêchée d'accéder aux mots est vie contrainte ou violentée par la situation extérieure, rendue comme étrangère à elle-même par l'énergie sauvage des pulsions qui l'habitent ou par l’intensité des affects et des émotions qui l’assaillent. Cela fait bien partie d'elle-même mais en cela elle ne parvient pas à se reconnaître.

De ce fait, si l'homme n'existe d'une manière effective que de pouvoir parler sa vie la disjonction du vivre et du par14

Quand bien même le souhait de l'homme est-il de parvenir à parler ce qu'il vit il lui faut bien l'admettre : tout ce qu'il vit il ne dispose pas toujours des mots pour le dire. Là où les mots manquent, c’est comme une part de soi-même qui demeure étrangère. Cela, je l’ai été ou bien je l’ai vécu, mais sans pouvoir m’y reconnaître, faute d’être en mesure de trouver les mots qu’il faudrait. Cependant, lorsque les mots viennent à manquer cela ne relève pas d'un manque momentané qui pourrait être comblé d'une autre façon car c'est alors le rapport à sa propre vie qui est entravé.

ler accentue, d’une manière d’autant plus intense, le sentiment de la précarité de son être et de son rapport à la vie. Tel Abraham, dans la méditation de Kierkegaard, dans l’impossibilité de confier ni à sa femme Sara ni à Isaac, le désarroi qui l’habite, devant l’injonction d’avoir à sacrifier son fils. En un sens, une injonction insensée, en contradiction avec la promesse d’une longue postérité et, par contrecoup, un désarroi sans limite. Mais, cela, il ne peut le dire : « En d’autres termes, il ne peut parler. Dès que je parle, j’exprime le général, et si je me tais, nul ne peut me comprendre.»

Dans l'expérience familière des êtres et des choses, des situations et des événements il n'y a rien de réellement nouveau par rapport à ce qui se passe dans la succession ordi15

Le tragique, en effet, n'advient jamais comme une expérience parmi beaucoup d'autres, il est l'épreuve par excellence du vivre comme homme, et le révélateur de sa précarité. S’il n’advient à l'homme que dans son expérience ordinaire du cours familier du monde et de la vie, c’est aux bords extrêmes de cette même expérience. Mais il n'y entre qu'en brisant tout ce qui donne à ce cours son tour rassurant.

L’épreuve de l'effroi

Une parole rendue de la sorte impossible ne relève donc pas d’un simple et banal déficit, au demeurant capable d’être corrigé. Elle est l’indice d’une épreuve qui brise, en l’homme, sa force vive. Dans l’incapacité de se dire, en fait, dans l’incapacité de supporter ce qui lui advient, dans une épreuve qui ne l’ébranle qu’en brisant, en elle, la force de la vie. Dans la détresse et comme enfermée en elle, sans nulle possibilité de lui échapper. Une telle épreuve est marque du tragique même. Lorsqu’il surgit le tragique s’impose comme une violence sans mesure qui écrase la possibilité même de la vie.

Dès lors, par contre, que l'existence bascule dans une épreuve d'une telle intensité cela ne relève désormais plus de l'ordinaire puisque cela brise des attentes ou des rêves et ruine des vies. Sitôt, en effet, que le tragique fait irruption dans la vie, cette dernière n'est plus tout à fait dans le cadre de l'expérience familière. Toujours dans ce cadre, puisque la vie ne peut se vivre hors de cet alentour qui est son monde mais, soudain, comme dépossédée d’elle-même car aux confins de cette même expérience, là où l'existence est confrontée d'une manière brutale, dans le familier à de l'inconnu, dans le semblable à du dissemblable, en tout cas à une réalité dangereuse pour sa vie.

naire des jours. La souffrance du corps et de l'âme, les aléas des événements qui ne répondent pas à l'attente, le malheur même constituent la texture banale de la vie faite de réussites et d'échecs, de temps de bonheur et de temps de détresse. Dans le monde des hommes il en est toujours qui souffrent ou qui sont malheureux plus que ne le sont d'autres hommes, comme il y a des vies brisées trop tôt avant d'avoir pu réaliser leurs attentes ou leurs rêves. Le constat est banal, comme si cela faisait partie du cours des choses.

Toujours dans le monde mais comme rejetée de ce monde qui se révèle étranger et menaçant, encore dans la vie mais comme exilée de sa propre vie puisque dans la proximité vertigineuse de la mort. L’épreuve tragique naît du surgissement soudain d’une violence extrême qui fait voler en éclats la familiarité ordinaire des êtres et des choses en contraignant la vie à la proximité immédiate de sa propre mort.

Évoquer les confins comme le bord extrême de l'expérience et la région des confins comme le lieu même de l'épreuve est désigner, là, la proximité d'une altérité dangereuse, plus dangereuse que toute autre. L'altérité espérée, celle de l'autre homme, l'est comme réponse à une attente.
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Sans doute, chaque homme qui ne vit pas sa propre vie d'une manière insensée se sait mortel et il n'ignore pas que la mort est le lot de tout vivant. Dans le temps de sa jeunesse il rêve d'une vie pour ainsi dire sans fin, ce qui lui permet de gaspiller ses heures et ses jours sans nul regret. Devenu adulte il sait désormais que cela n'avait été qu'un rêve et que son temps de vie aura une fin.

Par contre, l'altérité dangereuse est celle qui n'apporte que la mort, qui ne se laisse pressentir que comme mort ou menace de mort imminente. Tel le surgissement brutal et imprévu du malheur, dans le chaos d’une nature comme sortie de ses gonds, envahie par le feu, le tremblement de terre, l’inondation qui submerge tout. Ou par celui de la guerre dont la brutalité sans limite ne laisse aucun lieu pour lui échapper. Venant de la nature ou des hommes, quelque chose d'inconnu jusqu'alors survient comme annonce voilée ou manifeste de mort, sans la moindre possibilité d'esquive ou de fuite.

Elle contribue à la vie et au maintien de la vie puisqu'elle apporte reconnaissance et amour qui accordent à l'existence l'assurance nécessaire pour habiter sa propre vie.

Cependant un tel «savoir» conserve un étrange statut car ce qu'il sait de la sorte il le sait sans le comprendre réellement. Il sait que la mort est le lot de tout vivant mais, pour lui, cette échéance ne relève que d'un futur lointain, plus tard que le maintenant et, en tout cas, le plus tard possible. Et si la mort n'est pas complètement ignorée elle demeure comme un horizon jamais réellement pris en compte.

Or, l'arrivée soudaine d’un malheur démesuré laisse pressentir que ce «plus tard» et ce lointain sont désormais tout proches, dans une proximité qui empêche toute échappatoire. Telle est bien l'épreuve sous sa forme extrême, l'existence y est dessaisie de toute prérogative et de toute
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