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Entre la quête de l'absolu et le principe de réalité

466 pages
Qu'ils s'appellent K. Marx, R. Varnhagen, H. von Treitschke ou M. Stirner, L. von François ou G. Sand, Fontane, Rilke, P. Klee ou encore Nietzsche, qu'ils aient connu la fin du XVIIIe, le XIXe ou le XXe siècle et leurs lots d'utopies, d'échecs, voire d'horreurs, tous ceux que les contributions de ces Mélanges offert à Jean-Marie Paul ont convoqués nous rappellent combien sont inchangés les aspirations, les idéaux, les conflits et les déchirements de l'homme face à la société. J-M. Paul, haute figure de la germanistique française, spécialiste de littérature et de l'histoire des idées, a enseigné dans les universités de Dijon, de Nancy et D'Angers
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Entre la quête de l'absolu et le principe de réalité
Mélanges en l'honneur de Jean-Marie Paul

Collection Ouverture philosophique dirigée par Dominique Chateau et Bruno Péquignot
Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes "professionnels" ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou. .. polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions
Mahamadé SAVADOGO, Philosophie et histoire, 2003. Roland ERNOULD, Quatre approches de la magie, 2003. Philippe MENGUE, Deleuze et la question de la démocratie, 2003. Michel ZISMAN, Voyages, Aux confins de la démocratie, mathématicien chez les politiques), 2003. Xavier VERLEY, Carnap, le symbolique et la philosophie, 2003. Monu M. UWODL La philosophie et l'africanité, 2003. Jean-Yves CALVEZ, Essai de dialectique, 2003.

(Un

Entre la quête de l'absolu et le principe de réalité
Mélanges en l'honneur de Jean-Marie Paul
à l'occasion de son soixante-cinquième anniversaire

Textes réunis par Françoise Daviet-Taylor, Manfred Gangl et Anne-Sophie Petit-Emptaz

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

cgL'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-4502-4

ENTRE LA QUÊTE DE L'ABSOLU ET LE PRINCIPE DE RÉALITÉ

C'est un parcours très riche en idées, aux couleurs des plus sombres mais aussi des plus claires, que ces Mélanges se proposent d'offrir à cette personnalité hors du commun qu'est Jean-Marie Paul, à l'envergure exceptionnelle et aux réalisations impressionnantes, inlassable éditeur et auteur. La force et la puissance de l'impulsion qu'il sait dispenser autour de lui cristallise ici: la qualité des contributions rassemblées font honneur autant aux disciples, collègues et amis qu'à celui qui a su transmettre la passion de la recherche et de l' œuvre bien faite. Chacun des participants a eu à cœur d'offrir à cette couronne de l'amitié et de la collégialité ce qu'il pensait être le plus digne de satisfaire autant l'esprit insatiable que la rigueur intransigeante de leur ami, de leur collègue. Qu'ils soient ici toutes et tous remerciés. Ces pages nous permettent d'entrer de multiples façons dans la genèse de pensées et d' œuvres qui constituent des repères, des phares de notre histoire intellectuelle commune, celle de la France et de l'Allemagne, sur la toile de.fond de l'Europe. Chacun pourra établir son propre parcours de

lecture, au cours duquel

-

quelles qu'en soient les étapes

-

des

constantes se dessineront: se croisent en effet - ou se font écho - des pensées et des vies qui tournent autour de quelques pôles obstinément présents, des leitmotive, qui peuvent tous être rapportés à l'opposition de ces deux principes inconciliables: la quête de l'absolu et le principe de réalité. Pour les hommes et les femmes que ces pages ramènent à notre

présent, cette opposition tantôt se décline sur le mode politique, social dans la sphère publique ; tantôt sur un mode plus privé, dans la sphère

Françoise Daviet- Taylor

de l'épanouissement de la personne, de la création artistique. Tous en tout cas ont aspiré à un idéal - politique, artistique, éthique - en dépit des institutions, du poids du monde. Qu'ils s'appellent Karl Marx ou Rahel Varnhagen, Heinrich von Treitschke ou Max Stirner, Louise von François ou Ernst Stadler, Fontane, Rilke ou Nietzsche, ces mêmes questions fondamentales ont rempli et agité leur vie. Pour tous, ces pages nous retracent les conflits qui ont été les leurs: ceux de la société et de l' indi vidu ; des contradictions entre les idéaux pensés et les impératifs politiques. Tous ont cherché une conciliation entre ces deux pôles, à résoudre les conflits, à rechercher des avancées possibles. Si la question de l'éducation est elle aussi récurrente dans ce recueil, c'est qu'elle leur offrait un levier, un biais irremplaçable, obligé, pour concilier au mieux, dans le meilleur des mondes possibles, le privé et le public: l'épanouissement de l'individu doit conduire à la meilleure des sociétés. Pour d'autres, comme pour Treitschke, la question de l'enseignement est couplée à la finalité de la plus grande cohésion possible de l'Etat, et se pose ainsi en termes d'efficacité: l'enseignement doit assurer l'éducation des futurs citoyens. Cette question n'a rien perdu de son actualité, ni d'ailleurs l'interrogation de Max Stirner quant au statut de l' individu, quant à sa place par rapport à l'espèce. Ni cette autre, elle aussi insistante dans ces pages: quelle place faut-il accorder au religieux, à la Religion? Le religieux est-il là pour apporter un « supplément d'âme» ? Est-il porteur du principe « espérance» ? Ou doit-il être définitivement écarté pour laisser tout le champ libre au principe de la raison? La française George Sand et l'allemande Louise von François ne se sont pas retrouvées sur cette question, malgré leurs affinités, toutes deux femmes de lettres. Et les Jeunes Hégéliens, exilés et venus chercher à la fois refuge et inspiration à Paris, n'ont pas plus réussi à surmonter les divergences entre leurs idéaux et ceux de leurs cousins français, philosophes ou écri vains. La Deuxième Guerre mondiale évoquée par la figure de Robert

8

Avant-propos:

l'absolu et la réalité

Vansittart est un autre maillon, plus récent, tout aussi tragique, le long de cette chaîne de l' histoire commune. Comment concilier ici encore des éléments qui pourraient être complémentaires - la France et ses Lumières, la Révolution et ses acquis, l'Allemagne et sa recherche d'identité - et qui se révèlent être en définitive inconciliables parce que contraires? Où l'Allemagne va-t-elle chercher des solutions? De l'autre côté du Rhin? Ou beaucoup plus loin, dans une histoire beaucoup plus ancienne aussi, en Inde, comme le fait Friedrich Majer, qui n'en questionne pas moins le passé de sa propre histoire, celle du monde germanique? Comment être femme et vivre pleinement son identité, de femme, de penseur, quand la société n'est pas encore prête? Telle fut la question de Rahel Varnhagen, qui fonda des salons pour avancer dans son idéal. Comment se rapprocher de l' homme idéal, de l'épanouissement de l' homme, voire du divin, de Dieu - par la meilleure des sociétés, par l'éducation, par l'art, par l'action éthique, par la réflexion - quand la réalité impose ses logiques, ses institutions, ses lois?

Au fil des pages se manifestera ainsi la constance de ce
problématique» qu'ont connu toutes ces femmes, nôtre à présent. Telle est la portée de ce recueil.

«

présent
le

tous ces hommes,

9

Qu'est devenu Daniel Jenisch ? Le parapluie d'Empédocle

L'idée paraîtra quelque peu saugrenue d'offrir à quelqu'un qui a tant fait pour ménager une vision "compréhensive" de l'histoire de la pensée allemande - le simple survol de ce qui resterait à faire en histoire des idées et des mentalités des pays de langue allemande, ne fût-ce que sur ces quelques années autour de 1800 où la doxa situe le "miracle allemand". Le lecteur s'interrogera: y a-t-il tant nécessité et utilité? Ces lacunes en sontelles vraiment? L'auteur de ces quelques réflexions le pense. C'est qu'en dépit des appels répétés à l'extension des objets d' "études germaniques", on constate au début de ce XXIe siècle que les thèses soutenues dans notre discipline sont toujours très largement dominées par des recherches en littérature, souvent en ses auteurs les plus "canoniques" et dans un esprit auto-référentiel qui les découple de l'ensemble des productions de l'esprit et des productions tout court des sociétés germanophones. S'agissant plus particulièrement de l'époque évoquée plus haut, nous constatons qu'en dépit des efforts de certains de nos collègues dix-huitiémistes, peu d'étudiants s'engagent dans des recherches concernant des temps pour eux aussi reculés. Il y a pourtant urgence; les commémorations, à deux siècles de distance, du Consulat puis de l'Empire, à l'échelle française mais aussi dans le contexte européen, ne vont pas manquer d'apporter leur lot d'approximations, de réductions, voire de réédition de la "gesta Francorum" ! Tant il est vrai qu'il Y a un vide relatif (au regard de la richesse potentielle et de l'intérêt) de la recherche pour les hommes et les

Jean- Paul Barbe

œuvres engagés de la période comprise années 1789-1795

entre le bloc que constituent

les on y

(en RDA puis en RFA, mais aussi en France,

redécouvrit et réhabilita un certain nombre d'écrivains et penseurs, en premier lieu Knigge, Forster, Cramer et Rebmannl) et l'Allemagne d'après 1815, bien étudiée dans l'élan communiqué par les études heinéennes. Il n'est pas jusqu'à l' histoire des rééditions qui ne témoigne de ce déficit. Le vaste projet d'éditions de microfiches du Saur Verlag fut tôt arrêté; le seul grand coup médiatique aura été la réédition, dans des conditions philologiques partiellement douteuses, l'auteur, de l' œuvre dont Schlabrendorff n'est que de H. l'Anti-Napoleon dans la "Andere Bibliothek"

M. Enzensberger en 1991. Chez les historiens, R. Dufraisse, suivant M. Dunant, s'en tint à l'économique2. En Allemagne, de substantielles études locales ou territoriales ont été produites, du type de M. Martin, Revolution in Landau und in der Südpfalz3. Ou in der Provinz. Die Fr. Revolution

encore les encyclopédiques catalogues de l'exposition consacrée à l'ère napoléonienne dans le Bade-Wurtemberg. Les germanistes français n'ont pas produit récemment de grand' œuvre, collectif ou non, embrassant la période, hormis quelques précieuses monographies, quand la richesse de la

vie y invite, comme celle donnée par J. Delinière pour K. Fr. Reinhard4. Que d'études, que de recueils bibliographiques, même comme l'indispensable brutalement, dictionnaire officiellement de Reinalter / Kuhn / Ruiz fatidique s'arrêtent de 18005 ! de la paix au moins à la charnière

Pourtant de 1800 à 1815, la vie a continué, l'intellectuelle De ce point de vue, la commémoration d'Amiens "première

comme l'autre.

de 1802, l'année

et de tous les espoirs de pacification de l'Europe sous la houlette jonction entre la et la "seconde vague" des prorépublicains et bonapartistes

du Premier Consul, offre un point de repère intéressant:

vague" des futurs napoléoniens. Année où F. J. A. Emerich se suicide de désespoir devant la disparition des idéaux républicains, où J. F. Reichardt est à Paris, ce même Paris où Fr. Schlegel vient vendre un projet.

12

Qu'est devenu Daniel lenisch ?

J'aimerais, dans cet esprit, aborder (au sens le plus modeste du terme) en trois lieux le domaine dont je viens de regretter les friches. Les deux premiers, plus idéologiques, concernent, l'un, ce qu'on pourrait appeler "les codes d'inconduite" des intellectuels allemands pris collectivement dans leurs parcours individuels de 1789 à 1815 ; l'autre "les collaborateurs de la raison", c'est-à-dire l'engagement significatif de nombre de ces mêmes intellectuels dans la logique napoléonienne. Le troisième relève plus d'un "lieu littéraire" et des moyens et formes qui y sont employés dans ces stratégies: la productivité de l'analyse des "petits genres" et de toutes les formes de discours à la limite du champ littéraire traditionnel (ainsi les "poèmes de circonstance").

I. Les codes d'inconduite
1.1. Je vais au collectif mais pour ce faire je partirai d'un cas individuel - et fictif qui plus est, mais d'une fiction qui vaut démonstration. G. De Bruyn raconte dans les Recherches Brandebourgeoises6, parues en 1985, l'histoire découvre d'un historien amateur de RDA, instituteur de son état, qui dans sa bourgade les traces d'un jacobin jusque-là passé sous

silence dans toutes les histoires. Il signale sa découverte aux historiens de profession qui s'empressent d'en tirer tout le parti qu'on devine et vont jusqu'à créer un Institut de Recherche autour de ce jacobin exhumé. Las! le petit instituteur poursuit ses recherches et fait la découverte scandaleuse que le jacobin avait continué à vivre et qu'il s'était accommodé des nouveaux contextes au point de devenir censeur pendant la Restauration. Scandale scandale aussi Vanité des choses, fragilité des opinions, habileté des calculs? dans le livre en tout cas: on essaie d'y étouffer la chose; hors du livre: fable aussi hétérodoxe. Et pourtant. . .

De Bruyn est malmené par la critique officielle pour une

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Jean-Paul Barbe

Qu'en est-il si l'on superpose, compare, classe les trajectoires (ou les parcours selon qu'on y mêlera plus ou moins de libre décision) de tous ceux qui accédèrent, dans le bouleversement général des esprits et des corps, à un nouveau degré de conscience et d'expression publique durant la période considérée? On pourra, pour la période s'étendant de 1789 à 1800, analyser ainsi le Dictionnaire biographique de Reinalter / Kuhn / Ruiz, complété se demander désir par des premiers décomptes en définitive personnels. collectives Plutôt que de recourent ces constater alors - et réprouver - tous les "retournements de veste", on peut

à quelles stratégies

individus. Sans doute y aura-t-il des interférences: d'acquérir ou de conserver matériels du pouvoir, l'escompte d'avantages

la "nature humaine", le symbolique qu'un ou pas, certain

(on a pu ainsi montrer

nombre des ténors des guerres de libération avaient été achetés par l'argent anglais). Cependant, on peut assez facilement distinguer des types de regroupement "desengano" et élaborer une ébauche de typologie germanique. par ceux qui vont jusqu'au des comportements, d'un dans leur montée idéaliste tout comme dans la phase descendante

1.2. Un premier groupe serait constitué

bout de leurs convictions. C'est le cas, bien connu, de G. Forster, partageant le sort de la France robespierriste et y décédant; c'est le cas de beaucoup d'autres, ainsi A. Lux, avocat de Charlotte Corday, condamné pour avoir été le défenseur à la fois de la femme s'engageant radicalement et des opinions girondines l'engrenage révolutionnaire de celle-ci. Les uns et les autres sont pris dans / contre-révolutionnaire qui les broie.

On en rapprochera ceux qui versent dans la folie et/ou se suicident, prenant acte de l'effondrement de leurs idéaux et de la trahison de leurs proches de la veille: ainsi des suicides de F. H. Ziegenhagen ou E. L. Posselt en 1806, ainsi de l'ami de Holderlin et Sinclair, C. U. von Boehlendorff qui après une errance de 22 ans, se suicide en 1823. De ceux 14

Qu'est devenu Daniel lenisch ?

qui sombrent Bonaventura

dans

la "simple"

folie,

la figure

littéraire

serait

le

des Veilles. Bien entendu aussi, dans la réalité des lettres et

de la vie, Halderlin mais également certains de ses amis tel F. J. Emerich. Et l'énigmatique fin de D. Jenisch, un des tout premiers esprits de cette période-charnière, "disparu -suicidé". On relèvera aussi l'ensemble, au bout du compte encore plus énigmatique, de ceux, nombreux, qui après avoir agi sur le proscenium public, disparaissent, en se taisant tout simplement, bien qu'ils vivent qui donne son titre à cet article et qu'on peut dire

encore plusieurs dizaines d'années. L'emblème en serait Chr. Sommer - un très grand juriste de rang international si son œuvre n'avait pas été tenue sous le boisseau - qui, après la prise du pouvoir par la "réaction" en 1815, se retire dans son village natal près de Jülich et y meurt vingt ans plus tard dans l'oubli total, et le silence - y compris le sien7.
1.3. Un second grand type est constitué par les "adaptateurs", maîtrisent le désenchantement en se (re)professionnalisant. ceux qui

On pense tout

de suite aux écrivains ou philosophes qui changent de ton, de style, de sujet et même de vision du monde. Fr. Schlegel en est l'emblème, mais on pourrait tout autant songer à J. Garres. Cependant, d'autres groupes professionnels sont tout aussi intéressants

pour l' historien des idées et des mentalités: - les médecins redeviennent volontiers médecins: ils soignent l'incompressible détresse corporelle ou psychique. J. G. Kerner, le frère de Justinus, en est l'emblème et le martyr.

15

Jean-Paul Barbe

- les savants, les techniciens, en particulier les arpenteurs, continuent à avancer sur le chemin indirect mais certain du progrès scientifique, que, tôt ou tard, rejoindra l'autre, le politique. - les pédagogues se consacreront à la réforme initiale du cœur humain dans l'enfant, pour en faire le meilleur citoyen de demain. Et la création des écoles centrales, de l'Institut avaient été très bien accueillies; les réformateurs pédagogiques sont très intéressés par l'Etat moderne centralisé qui offre la possibilité de généraliser leurs expériences ou idées. 1. H. D. Zschokke montre la voie. Mais il n'est pas le seul. Campe, Trapp, Hufeland, Meyer font de même. Mais aussi C. G. Salzmann qui continue à agir et écrire après 1789 et toujours autant sous le Consulat et l'Empire. H. Würzer enseigne à l'école franc-maçonne d'Altona jusqu'en 1806... P. Villaume, professeur à l'Ecole Normale à Paris jusqu'en 1795, membre de l'Institut en 1796, retourne au Danemark germanophone pour y créer un Dorfschulseminarium. Mais que dire du silence total où l'on tient la forte personnalité qu'est le Silésien J.G. Schummel, francophile impénitent, pédagogue de mérite et journaliste courageux8. - les juristes, tels G. Fr. Rebmann président de la Cour d'Appel de Kaiserslautern après 1815 ou K. Winkelmann, président de la chambre des notaires, sauvent dans le bonapartisme, l'héritage révolutionnaire, puis dans la restauration, l' héritage napoléonien. C'est aussi le cas de J. N. Becker, républicain déçu, journaliste malheureux et homme de loi qui publie Actenmassige Geschichte der Rauberbanden à Cologne en 1804. Celui, en partie aussi, de l'utopiste radical que fut Chr. Sommer, avocat à Cologne. Celui de F. Th. M. Biergans qui fut le plus fougueux des révolutionnaires rhénans, avant de devenir notaire et juge de paix (deux créations du droit français), ce qu'il restera jusqu'à sa mort en 1838. Ils se rapprochent par là, mais dans le quotidien, de Hegel.

16

Qu'est devenu Daniel lenisch ?

1.4. Qu'on me permette ici une parenthèse ou Exkurs qu'autorise le genre du volume d'hommages: on voit bien qu'on pourrait aussi, de la même manière, bien qu'avec encore assez peu de recul, constituer l'histoire des "parcours d'enthousiasme" de la classe intellectuelle (et audelà) en France ou en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En distinguant le niveau des discours et celui des actes. La préhistoire français aux Etats-Unis naissants, en serait les volontaires puis les étrangers

au service de la République française et de l'Empire, le philhellénisme, la polonophilie, le garibaldisme, les volontaires étrangers de 1870, l'aide aux Boers contre l'ennemi anglais héréditaire, les brigades internationales. On aurait là, après la Seconde Guerre israélien, l'autogestion yougoslave, portugaise mondiale, le mythe du kibboutz Cuba, le Vietnam, la révolte l' Afghanistan de l' engagement

des œillets, Ie Chili d'Allende,

humanitaire, le David nicaraguaïen contre le Goliath américain, etc.

II. Les collaborateurs
2.1. J'emprunte

de la raison
culturelle dans

ce titre à un ouvrage relevant de l'histoire

allemande qui devrait inaugurer une nouvelle ère. P. Wucherpfennig,

une thèse à tous égards remarquable9, vient de redessiner l'histoire des raisons, des formes et des rythmes de l'engagement des intellectuels allemands autour de 1800 en démontrant qu'il s'opère largement dans un sens pro-napoléonien. Il brise par là un tabou, ouvre un impensé : la collaboration des intellectuels allemands à l'entreprise impériale. La scène publique s'était hâtée, après 1815, de faire disparaître les traces de la compromission (ou de la neutralité bienveillante) d'un bon nombre d'intellectuels durant l'ère napoléonienne. Hâtée d'autant plus qu'il y eut une chasse aux sorcières; il n'est que de voir la liste de proscription élaborée par Luden dans le périodique "Nemesis" en 1814.

17

Jean-Paul Barbe

2.2. S'était ensuite superposé un double tabou: Tabou de l'histoire nationale allemande réécrite en particulier après 1871 et vulgarisée dans le système scolaire et universitaire. Ce sont les intellectuels romantiques qui deviennent les résistants de l' heure, les seuls intéressants ou du moins la grandeur de référence. Même un siècle plus tard, un chercheur progressiste aussi éminent que J. Droz s' y conformera, envisageant les pro-napoléoniens comme l'écart par rapport à la norme romantiquelO. Mais aussi tabou introduit par le biais de l'historiographie de RDA après la seconde guerre mondiale. En effet, à côté des œuvres pionnières comme celle d'Ho Voegt, ou des élèves de W. Krauss, plus axées au demeurant sur la période directement contemporaine de la Révolution, on observe une tendance à idéaliser la période des guerres de libération, dans une double optique: l'armée nouvelle, "populaire" avant la lettre; l'alliance avec la Russie. On pourrait appeler cela "le complexe de Tauroggen". On voit bien en effet les difficultés matérielles à faire passer la russophobie progressiste de 1813 dans un texte de 1950. Pensons aux vitupérations de Goethe contre les cosaques et autres bachkires ! En outre, un danger plus insidieux existait: celui d'une analogie de situation entre
l'introduction forcée du progrès en Europe par Napoléon

- et

la création de

la RDA "dans les fourgons de l'étranger". Le "statut de Bayonne" octroyé aux Espagnols en serait le type tout comme la constitution-modèle de Westphalie. On serait amené à conclure que cet Etat est le dernier avatar de l'absolutisme éclairé. C'est ainsi d'ailleurs que se virent, en littérature aussi, certains des élèves de Krauss, passés à la fiction, comme Fr. R. Fries. 2.3. C'est enfin le problème de l'articulation de cette période "entre révolution et restauration" et du concept de SpataufkHirung, intéressant mais relativement peu exploité, qui est posé là.

18

Qu'est devenu Daniel lenisch ?

Il Y a donc là un vaste champ que nous devrions, en France et en Allemagnell - mais aussi en Europe car l'ère napoléonienne fournit la
première réalisation d'une idée européenne

- plus

et mieux occuper.

On

attend une étude sur le grand satiriste Voss12. La valeur des ouvrages (depuis ses grandes Histoires monumentales jusqu'au dernier ouvrage satirique) et le destin tragique d'un talent comme D. Jenisch auraient dû lui valoir l'intérêt d'une étude universitaire. Même chose concernant A. Mahlmann à Leipzig qui mérite mieux que d'être vu, comme chez Droz à travers les attaques dirigées contre lui par Seume ou d'autres!... Le personnage de P. Ph. Wolf, collaborateur d'Orell à Zurich puis d'Usteri à Leipzig, romancier satirique, historiographe et journaliste officiel de Munich en 1803, qui se suicide, fou, en 1808, attend son biographe13. Un complément à la redécouverte magistrale de Saul Ascher par W. Grab14est tout aussi désirable: qu'on songe aux Ideen zur natürlichen Geschichte der politischen Revolutionen de 1801, à l'ouvrage pro-napoléonien Napoleon oder über den Fortschritt der Regierungen de 1808 sans parler de son rôle de passeur avec la traduction de De la littérature des nègres de l'Abbé Grégoire 15. Des regroupements par lieux sont possibles. Cela vient d'être tenté une première fois pour Munichl6. Ou par journaux, la "Allgemeine Zeitung" de Cotta bien sûr, mais aussi des journaux a priori peu directement politiques mais éminemment intéressants, comme la "Zeitung für die elegante Welt" de Leipzig, soupçonnée d'ailleurs à l'époque, comme son directeur Mahlmann, de "francophilie aiguë". Mais aussi la "manière schokkienne", à l'écho contemporain si grand, dans le "Schweizer Bote" qui de 1798 à 1837 sort deux fois par semaine à 3.000, voire 5.000 exemplaires, ou dans "Der philosophische Hausfreund", de 1803 à 1819, sans compter, chez lui, comme chez d'autres (Hebbel) le continent des almanachs. Le sien tire à 50.000 par an. D'une manière générale, l'étude de l'influence et de la diffusion de cette pensée reste à faire. On ne peut se contenter de ce qu'en 19

Jean-Paul Barbe

disait Droz, à propos de K. J. Lange: "Il est peu probable que ses organes de presse aient beaucoup d'action sur l'opinion publique" (Droz 92). De parfaits inconnus parmi eux: les frères Murhard (Droz 134) ainsi Ludwig Daniel Jassoy (1768-1831) qui édite "Welt und Zeit" de 1815 à 1818. Martin Wieland continue l' œuvre de son père dans le "Oppositionsblatt"... On peut ainsi faire la soudure avec Borne et Heine, nos incontournables monuments ultérieurs. En deçà de l'imprimé, les réseaux de correspondance ont été bien étudiés par M.-CI. Hoock-Demarle et son groupe; mais il y a bien évidemment encore à faire. Quant au domaine des journaux intimes, il est
largement inexploité dans la perspective qui nous intéresse: on citera

- un

exemple parmi cent - celui de F. Chr. Beneke conservé au SA de Hambourg où l'on verrait sans doute comment l'auteur passe d'un thuriféraire de Bonaparte jusqu'enl804 en un adversaire de 1806 à 1815. En définitive, on pourrait sans doute dans un travail collectif reconstituer la façon dont travailla ce réseau, son degré d'organisation, de conscience de soi. Mais aussi les mots-clés, les sujets typiques abordés, les moyens stylistiques enfin. Sans oublier les contradictions du système: ainsi les pro- et antisémites s'y côtoyant, les premiers parce que Napoléon réalise l'émancipation des Juifs; les seconds parce que l'Angleterre détestée est un foyer de "juiverie internationale"17.

III. Faire parler les petits genres
3.1. Venons-en aux modes d'approche technique de l' archive: les effets de discours. Tous les textes de statut marginal devraient être examinés. Soient qu'ils aient été décrétés auparavant de statut intermédiaire ou subalterne et donc non-dignes d'intérêt esthétique, soit qu'ils aient emprunté la voie royale des grands genres mais qu'ils n'y aient pas fait preuve de qualités littéraires suffisantes. Dans l'un et l'autre cas, 20

Qu'est devenu Daniel lenisch

?

leur étude, sérielle, par superposition, peut éclairer de larges pans de l' histoire des idées. Il serait opportun d'abolir en l'occurrence, pour l'analyse, les frontières entre tous les genres, c'est ce que Napoléon avait d'ailleurs bien vu et qu'il invoquait pour refuser la création de la Bibliothèque Germanique (Droz 101). Il conviendrait ainsi de compléter l'énorme travail fait pour le dernier quart du XVIIIe siècle par les chercheurs allemands et français dans le domaine des relations de voyagel8. On n'a en effet pas d'étude d'ensemble des voyages allemands d'observation politique et sociale dans l'Europe napoléonienne. La littérature historique, même quand elle est panégyrique direct ou indirect, a droit à un regard critique. On pourrait étudier le recours systématique au "carolingisme", dans le groupe autour de Dalberg, le rappel emphatique du passé pan allemand des Wittenberg en Bavière organisé parfois en parallèle historique avec la réalité du temps, ainsi avec Mussinan dans Ludwig le Bavarois et 180919. Les textes didactiques devraient également faire l'objet d'une analyse d'ensemble pour découvrir ce qui s'y glisse de discours général sur la société. Et parmi eux, les poèmes didactiques, particulièrement méprisés par la recherche depuis, et pourtant en ce début du XIXe encore bien présents en Allemagne comme en France. De la même manière, l'énorme corpus constitué par les textes (essentiellement) poèmes de circonstances (de commande) devrait être systématiquement étudié. Ainsi, pour les poèmes en l' honneur de Bonaparte / Napoléon. Holderlin n'est pas seul à avoir écrit de telles choses, le groupe autour de lui également: K. Ph. Conz, F. J. Emerich ou Chr. L. Neuffero. En Bavière K. Rottmanner avec ses Frühlingsblulnen (1808) ; sur les bords du Rhin F. Th. M. Biergans dans Iduna en 1800, ou,

21

lean-Paul Barbe

dans telle ode de 1804 à Napoléon à l'occasion du voyage allemand de celui-ci, F. Lehne. Dans ce domaine, on aurait aussi intérêt à revenir d'une manière renouvelée et complétée sur les textes de circonstance relevant du passage au XIXe siècle: le paradigme pourrait en être celui de Herder dans Adrastea : "Aurora: apparition au seuil du siècle nouveau". Le prèche imprimé et son rapport à l'actualité pourraient enfin eux aussi faire l'objet d'un traitement particulier. 3.2. Certains de ces textes offrent, sous un volume réduit, une synthèse éclairante des arguments et procédés utilisés pour justifier le bonapartisme de l'auteur et mobiliser les esprits en sa faveur. Le discours prononcé dans la Aula de l'Université de Greifswald en 1809 par L.G.. .Kosegarten21 écrivain à succès, traducteur, théologien, historien - à l'occasion de l' anni versaire de Napoléon (il vient d'être nommé professeur d' histoire l'année précédente; en 1816, fait significatif, il changera de discipline et deviendra professeur de théologie !) en est, pourrait-on dire, l'archétype. Il débute par deux pages de ce qu'ultérieurement on a appelé chez tous ces auteurs des marques de "flagornerie" (mais qu'on prenne garde aux usages et formes de la politesse d'alors; rappelons-nous les "abaissements" stylistiques de Schiller devant tel prince !). Si l'on va au-delà, commence alors une analyse biographique croisée avec un tour d' horizon géopolitique très dense. Exceptionnalité que le destin de Bonaparte: la prédestination y fait bon ménage avec l'évocation de la géniaIité. Napoléon est "das Organ des Weltgeistes". La pensée maçonne et un certain hégélianisme (la "Phénoménologie" est parue un an auparavant) y aboutissent à des formules telles que "der hahere geistige ideale Mensch wird ans Licht gebracht". Kosegarten sait aussi mettre en avant les aspects de l' homme et du système qui parlent aux intellectuels allemands: sa formation Iivresque 22

Qu'est devenu Daniel lenisch

?

solitaire à Brienne qui renvoie aux savants allemands décrits par Madame de Staël, creusant chacun sa galerie en solitaire; le complexe: mathématiques (géométrie) plus arpentage, évoqué à plusieurs reprises: Napoléon savant mathématicien; l'expédition d'Egypte et ses inventaires; l'établissement, dans toute l'Europe satellisée, d'un cadastre scientifique permettant une fiscalité juste. Kosegarten va ensuite au bilan et à ses conséquences pour l'Allemagne; peu disert sur le chapitre de la liberté, il développe d'autant plus celui de l'égalité (à l'instar d'un autre chantre du napoléonisme, Fr. Buchholz qui, dans son Nouveau Léviathan de 1805, voit dans le napoléonisme l'alliance de l'unité des pouvoirs et de l'égalité de tous les citoyens), notion qui prolonge et parfait celle de la juste mensuration scientifique (système métrique) : adulation des corps et des esprits ou, si l'on veut: "de l' homologie à l' isonomie" . Non à la "fiscalité physiocratique" donc, à l'inégalité juridique, à l'étroitesse cléricale (nous serons tous "catholiques" au sens fort du terme), oui à la société du mérite (Légion d'Honneur), oui enfin et c'est une notion évidemment capitale et qui fait quelque peu éclater le cadre: oui à l'autonomie (SelbsUindigkeit) des peuples (il n'est rien dit des Etats I). Certes, l'Allemagne a souffert dans sa conscience de soi, a été humiliée, mais si elle a droit à un travail de deuil, il lui faut aller au-delà car elle a un avenir en tant que "Ur-und Zentralvolk". 1809 : un an après les Reden de Fichte: on voit ce que peut devenir un fichtéanisme resté bonapartiste. Kosegarten met en œuvre, à l'appui de sa thèse, un ensemble de procédés stylistiques et rhétoriques qui est lui aussi un épitomé des styles du radicalisme politique en ces années. On y voit se côtoyer: l'arsenal mythologique (Thésée et Hercule) et antique - non seulement Bonaparte, issu de Grecs contraints à l'exil, est "Herold und Hierophant der Weltgeschichte", mais il a aussi à ses côtés Desaix-Epaminondas; le 23

Jean-Paul Barbe

message et style biblique ou évangélique ("es war in der siebenten Abendstunde..."); le panthéon germanique d'Hermann à Luther se prolongeant jusqu'à Herder et Johannes von Müller; et même quelques clins d' œil vers les modes esthétiques de l'heure: l'Egypte y est ainsi désignée comme une "romantische Bestimmung" pour l'armée de Bonaparte, tandis qu'il promet à l'épopée napoléonienne dans les siècles à venir le sort et le succès des légendes d'Ossian... On le voit: au-delà des développements des idées elles-mêmes, les formes de leur mise en œuvre mériteraient qu'on les examinât de plus près.

IV. Remonter du parapluie à l'homme Faire parler les petits genres et les écrits de circonstance, reconstituer les engagements des individus, y compris dans ce qu'ils ont de composite et d'inconsciemment collectif en dernière instance, donner à voir les échecs assumés ou travestis, les espoirs reportés, les héritages dissimulés, les compromis intellectuels de toute nature - au cours de ces deux décennies qui ont vu se succéder comme jamais sans doute dans l'histoire de l'Occident régimes politiques et visions du monde correspondantes. Tel serait le travail auquel on pourrait s'atteler. Peut-être apprendrait-on à cette occasion quelle fut la vraie fin de Jenisch : il y a de fortes chances qu'il se soit suicidé mais certains à l'époque22 dirent qu'il avait trouvé refuge dans un couvent. Quoi qu'il en soit, ce parapluie qu'il laissa comme dernier signe de son existence sur le trottoir d'un pont de la Sprée le 9 février 1804, symbolise bien l'époque: Empédocle en jaquette, comme il y eut des conventionnels à se suicider "à l'antique", Catons en perruque. Ainsi disparut l'auteur remarqué de Geist und Charakter des achtzehnten lahrhunderts, le prédicateur de la Nicolaikirche, l'aède de Borussia,

24

Qu'est devenu Daniel lenisch

?

épopée en douze chants, le traducteur d'I. Krasicki!

d'Eschyle,

de l'abbé Barthélémy

et

25

NOTES
1

P.-A. Bois, A. Frh. Knigge (1752-1796).De la "nouvelle religion" aux

Droits de l'Homme, Thèse Aix-Marseille, 1987. M. Gili, G. Forster. L'œuvre d'un penseur allemand réaliste et révolutionnaire (1754-1794) Thèse Lille, 1975. A. Ruiz, Le destin franco-allemand de K. Fr. Cramer (1752-1807), thèse Paris III, 1979. R. Kawa, G .F. Rebmann (1768-1824). Studien zu Leben und Werk eines deutschen Jakobiners, Bonn, 1980. Sans compter les études d'ensemble de W. Grab ou de H. Hassis, Gebt der Freiheit Flügel, 2 vol., 1988. 2 M. Dunant, Napoléon et l'Allemagne. Le système continental et les débuts du royaume de Bavière 1806-1810, Paris, 1942, œuvre maîtresse qui embrasse incomparablement plus que ne laisserait supposer son titre et fourmille de notes substantielles ouvrant sur des recherches potentielles en grand nombre; R. Dufraisse, L'Allemagne à l'époque napoléonienne. Questions d'histoire politique, sociale et économique, Bonn, 1992. 3 Pftilzische Verlagsanstalt, Landau, 1995. 4 J. Delinière, Karl Friedrich Reinhard (1761-1837). Ein deutscher Aufklarer im Dienste Frankreichs, Stuttgart 1989. 5 H. Reinalter / A. Kuhn / A. Ruiz, Biographisches Lexikon zur Geschichte der demokratischen und liberalen Bewegungen in Mitteleuropa (17701800), Francfort-sur-le-Main. 1992. Cité désormais en abrégé: RKR. 6 Markische Forschungen, Berlin, 1982. 7 Cf c. G.Wolfram, Chr. Sommer 1767-135. Verfassung und Verstandnis eines deutschen Jakobiners, Duncker et Humblot, Berlin, 1995. 8 Cf Max Hippe, Schlesische Lebensbilder, II, pp. 103-110 (avec bibliographie) .

26

Qu'est devenu Daniel Jenisch ?

9 P. Wucherpfennig,

"Kollaborateure

der Vernunft".

Literarische

und

publizistische Wegbereiter und Begleiter Napoleons in Deutschland, Darmstadt, 1992. 10 J. Droz, Le romantisme allemand et l'Etat. Résistance et collaboration dans l'Allemagne napoléonienne, abrégé entre parenthèses.
11

Paris, 1966. Nous citerons désormais

en

On jugera du travail à accomplir quand on voit paraître, trois ans après la thèse de P. Wucherpfennig, une publication d'E. Klessmann, Das BUd Napoleons in der deutschen Literatur (Fr. Steiner Verlag Stuttgart) sous les auspices de l'Académie des Sciences et de la Littérature de Mayence, véritable caricature de la "doxa", où la seule trace pro-napoléonienne relevée est un volume d'Odes à Napoléon de J. W. Rautenberg! 12 Droz n' y consacre qu'une ligne p. 107 alors que Voss occupe la première place de la scène satirique berlinoise pendant près de 20 ans! 13Cf. Dorette Hildebrand, Das kulturelle Leben Bayerns im letzten Viertel des 18. Jahrhunderts im Spiegel von drei bayerischen Zeitschriften, Munich, 1971. 14 W. Grab, Saul Ascher. Ein jüdisch-deutscher Spiitaufkliirer zwischen Revolution und Rrestauration, in Jahrbuch des Instituts für deutsche Geschichte, 1977. 15 Neger. Ein Beitrag zur Staats- und Menschenkunde, Berlin, 1809. Die 16S. Rouillé, Thèse 2001. l? Cf Droz à propos de Buchholz, p. 92. En particulier Moses und Jesus, Berlin, 1803. À l'inverse, S. Ascher! 18 Cf. la thèse de F. Knopper pour la France et l'activité du groupe d'Eutin autour de W. Griep en Allemagne. 191. von Mussinan, Ludwig der Baier und 1809, Munich, 1809. 20Cf P. Bockmann (Hrg.), Hymnische Dichtung im Umkreis Holderlins, Tübingen, 1965.

27

Jean-Paul Barbe

21 L. G. Kosegarten,

Dichtungen,

10 vol., Greifswald,

sème éd. 1824. Nous G. L.

citons d'après la reproduction en annexe dans: H. Franck, Kosegarten. Ein Lebensbild, Halle, 1887, pp. 437 à 467. 22A. W. Teller dans Ie "Neuer literarischer Anzeiger", 1806, p. 96.

28

Nietzsche aIs Komponist und Musiker

Die Wiederentdeckung

von Nietzsches musikalischem

Schaffen

Wahrend Jahren ist Nietzsches Musikinteresse var allem im Schatten seiner Auseinandersetzungen mit Richard Wagner gesehen worden. Man zitierte seine Argumente gegen Bayreuth, wies auf seine Vorliebe für Mozart und Haydn, Schubert, Mendelssohn und Beethoven hin, auf die Vorbehalte des jungen Nietzsche gegen die moderne Musik, die sogenannte "Zukunftsmusik", und belachelte seine Faszination durch Bizets Carmen und seine blinde Bewunderung für Peter Gasts Lowen von Venedig. Zu alledem gab es das vernichtende Urteil Hans von Bülows, im Brief vom 24. Juli 1872, in welchem seine Manfred-Meditationen aIs "das Extrenlste von phantastischer Extravaganz, das Unerquicklichste und AntÙnusikalischste" bezeichnet wurde, das dem grossen Dirigenten und Musikkenner "sei! langem von Aufzeichnungen auf Notenpapier zu Gesicht gekolnlnen" sei. Sa blieben denn seine Partituren weitgehend unbekannt, bis zur Einweihung des Nietzsche-Hauses in Sils-Maria am 25. August 1960. Der Stiftungsrat hatte den Musiker und spateren NietzscheBiographen Curt Paul Janz eingeladen, bei der Aufführung von Nietzsches Eine Sylvesternacht, Phantasie für Klavier und Violine mitzuwirken, woraus die Idee einer Publikation von Nietzsches musikalischem Nachlass entstand. Bereits 1939 hatte Karl Schlechta versucht, die Partituren durch Gustav Lenzewski veroffentlichen zu lassen, aber die Bombardierungen Leipzigs zerstorten aIle Vorarbeiten wie auch einzelne Originale, von denen nur noch die Abschriften erhalten geblieben sind. ln der Euphorie der Einweihungsfeier gelang es dem Stiftungsrat, Curt Paul Janz zu überzeugen, die Herausgeberschaft von Nietzsches musikalischem

Peter André Bloch

Nachlass

zu übernehmen, Gesellschaft.

im Auftrag der Schweizerischen N ach ausserst sorgfaltiger

Musikwissenkonnte

schaftlichen

V orarbeit

1976 im Barenreiter- Verlag Basel Nietzsches erscheinen, in historisch-kritischer Ausgabe, Kompositionseinheiten von Nietzsches Hand 1. An den seit 1981 jahrlich stattfindenden Maria hat sich der Stiftungsrat auch durch studentische Beschaftigung

Musikalischer Nachlass mit den 74 erhaltenen in Silsaber

Nietzsche- Kolloquien

stets urn die Aufführung

von Nietzsches Interpreten, mit ihrer

und auch Peter Gasts Musik bemüht, durch renommierte Gruppen, mit dem philosophischen und literarischen

die sich im Zusammenhang

Werk auch für

seine Musik interessieren. Ursprünglich begegnete man grossen V orbehalten und qualitatsbegründeten Einwanden - besonders auch von Forscherseite. Unentwegte private Initiativen machten es indessen moglich, das Interesse eines immer grosser werdenden Publikums zu wecken, sowie wobei sich vor allem Musiker Wolfgang Rihm durch grosse Verdienste wie Curt Paul Janz, Max Lang wie auch interpretamit dem am erwarben, nebst den ausführen(Sopran), die zusammen an eine Aufführung ihre theoretischen

torischen Ausführungen Pianisten Wolfram

den Künstlern: Frau Traudl Tiefenbacher Lorenzen Nietzsche-Kolloquium 1984 eine Schallplatte der Bildungsverein in Sils-Maria

im Anschluss

1982 eine Konzertreihe von Max Nyffeler.

startete und Spater gab Friedrich

mit Romantischen Plattentext die Panomia

Liedern von Friedrich Nietzsche Klavierkompositionen

und Peter Gast veroffentlichte, Nietzsches Silvaplana Kolloquium konnten

heraus, mit dem jungen Pianisten Carsten Storm. Die Luzerner Jans in der Kirche zu am Zuhorer Dobler zahlen anhand Nietzsches Miserere auf, wobei wir nebst den Teilnehmern aussenstehenden

V okalisten führten unter der Leitung von Hans-Jorg bloss auf einen einzigen

! Mit grossem Erfolg wies der Pianist Charles

ausgewahlter Beispiele auf die Eigenheiten von Nietzsches KlavierKompositionen hin, von der Jugend bis zur Reifezeit. Die Cembalistin Christina Kunz erklarte die Struktur und Hintergründe von Nietzsches

30

Nietzsche aIs KOlnponist und Musiker

Harmonisierungen von Bach-Kompositionen. Der Gitarrist Michael Erni führte zusammen mit Gert Westphal (Sprecher) und David Aguilar (Flote) Nietzsche-M elodramen auf, die 1990 im Berner Zytglogge- Verlag erschienen. Aus dem Engadin versuchten Dr. Martin Pernet und der Cellist Gyula Petendi Werke aus dem Umfeld Nietzsches vorzustellen, vor allem aus dem Umfeld der Naumburger Familie Krug, mit Eigenkompositionen und Konzertdarbietungen, wie sie damaIs in ihrem Hause stattfanden. Auf Anregung von Albi und Maud Rosenthal wurde die Ouvertüre zu Peter Gasts Lowen von Venedig erstmals in der Schweiz gespielt. Und schliesslich prasentierten US-Musikstudenten unter der Leitung des New Yorker Dirigenten Tali Makell selten aufgeführte Kompositionen für Klavier und Violine, wobei sie von Albi Rosenthal die Erlaubnis erhielten, die wiederaufgefundene Partitur der Monodie à deux, mit dem bisher unbekannten Schluss, zu verwenden. In Europa, den USA und Canada interessieren sich immer mehr Studenten für Nietzsches musikalisches Schaffen, weil sie den besonderen Charme dieser intelligenten Musik lieben und gerne mit Kostproben von Nietzsches Zeitgenossen vergleichen. Es besteht kein Zweifel darüber, dass man sich vor allem im Zusammenhang mit Nietzsches philosophisch-literarischen Tatigkeit auch für sein musikalisches Wirken interessiert. Zwischen Philosophie und Philologie, Essayistik und Lyrik stehend, ist er eine eigentliche Mehrfachbegabung, wobei bei ihm vor allem die Frage der Darstellbarkeit des Gedachten und Gemeinten irn Vordergrund steht, irn Zusarnrnenhang mit seinen Diskussionen urn die Verantwortlichkeiten des "neuen Menschen" und den Ausdrucksforrnen seiner Schopferkraft. Das Spektrum von Nietzsches Interessen war so weit und seine experimentelle Neugierde aIs Künstler und Denker so gross, dass er selbst rnehr und rnehr bei seinen Darstellungen auch an deren Wahrnehmungsmoglichkeiten dachte, an das Spiel mit verschiedenen Perspektiven und Erfahrungsdimensionen. Dazu gehort auch seine Beschaftigung mit dem KIang, der Melodie, den Horgewohnheiten des Menschen. Ihn interessierte das Wort nicht nur in 31

Peter André Bloch

seinen inhaltlichen Belangen, sondern auch in seiner bild- und klanghaften Anschaulichkeit, aIs Klangkorper und figürliche Erscheinung, in der objektivierten Gestalthaftigkeit und den subjektiven Wirkungsmoglichkeiten. Mir scheint es wichtig, auch Nietzsches eigenen Erfahrungen mit Musik nachzugehen, urn seine lntentionen und Gestaltungsprobleme in deren existentiellen Tiefe zu erfassen, ohne Überschatzung, aber auch ohne Überheblichkeit gegenüber dem zum Teil doch sehr privaten Charakter seines musikalischen Oeuvres. Es geht mir darum, seinen Weg zur Musik nachzuzeichnen, urn seinen Eigenstandigkeiten und gleichzeitigen Abhangigkeiten aIs Autodidakt gerecht zu werden. lm Sinne auch einer Einführung in die magisch-sinnlich-akustischen Bereiche seiner Einbildungskraft.

Die Rolle der Musik in Nietzsches Kindheit und Jugend Musik hat bekanntlich in Nietzsches ganzem Leben eine entscheidende Rolle gespielt. lm Elternhaus widmete man sich intensiv der gehobenen Haus- und Kirchenmusik. War nicht sein Vater Prinzenerzieher im musikfreundlichen Altenburg gewesen, und hatte er nicht seiner jungen Gattin wahrend ihrer Schwangerschaften stundenlang klassische Musik vorgespielt - Bach, Mozart, Beethoven, ebenfalls eigene lmprovisationen damit das Kleinkind bereits im Mutterleib an Wohlklange gewohnt werde ? lm gefühlsmassig sonst eher zurückhaltenden Pfarrhaus vermittelte sich Zartlichkeit eher indirekt in musikalischen Stimmungen und vorgegebenen Musikharmonien. ln der Kirche fühlte man sich mit der singenden Gemeinde vereint zum Lobe Gottes. lm Gesellschaftlichen wie im Erzieherischen gehorten gemeinsames Musizieren und Chorsingen zu den personlichkeitsbildenden, gemeinschaftsfordernden Elementen. Von Anfang an stand für Nietzsche von seiner protestantisch-pietistischen Herkunft her die Kommunikationskraft des musikalischen Ausdrucks im Vordergrund, und er setzte sich früh mit den verschiedenen Formen der 32

Nietzsche als Komponist und Musiker

europaischen Musiktradition auseinander, Hand in Hand mit dem Erlernen seiner eigenen sprachlichen oder bildnerischen Ausdrucksmoglichkeiten. Und wie in all diesen Bereichen ging es ihm auch im Musikalischen urn Ganzheitlichkeit im Aneignen und Durchdenken künstlerischer Vollkommenheit. Nietzsches Briefe und Notizen sind vall von Bemerkungen über Musikalisches; bereits in seinem ersten umfangreicheren Werk, dem Entwurf zu einer Selbstdarstellung aus dem Jahre 1858, den er aIs 14jahriger niederschrieb und mit Aus meinem Leben2 betitelte, beschreibt er seine Faszination durch die Musik. Er spricht von der grossen Fertigkeit seines Vaters im Klavierspiel, besonders im freien Variieren; und el' erwahnt aIs erstes grosses Jugenderlebnis das Erklingen der Osterglocken in Rocken beim Spaziergang mit seinem Vater. Die gleichen Glacken ertonten zur Beerdigung seines Vaters, welche den jungen Nietzsche, zusammen mit Bachs Choral "Jesu meine Zuversicht", zutiefst ergreifen: "Oh, nie wird sich der dumpfe Klang derselben aus lneineln Ohr verliehren, nie werde ich die düster rauschende Melodie des Liedes ,Jesu lneine Zuversicht' vergessen ! Durch die Hallen der Kirche brauste ,,3 Orgelton ... Diese beiden Grunderfahrungen haben Nietzsche in seinem Verhaltnis zur Musik gepragt: el' eiferte seinem verstorbenen Vater im Klavierspiel nach, und eine seiner ersten Kompositionen ist die Harmonisierung van Bachs Jesu meine Zuversicht in mehreren schonen Variationen. Das Glockenmotiv selbst wird die Eingange und Zwischenpartien seiner Kompositionen leitmotivartig pragen; und auch bei seinen Improvisationen so11 el' immer wieder auf das Glockenklang-Motiv zurückgegriffen haben. Nach dem Umzug nach Naumburg kaufte Franziska Nietzsche ein Klavier, urn ihren Kindern vorerst selbst Klavierunterricht zu geben, nachdem sie selbst die einfachsten Grundlagen erlernt hatte. Dann schickte sie Fritz zur besten Musikpadagogin von Naumburg und fuhr selbst fort, mit den Kindern, oft vierhandig, zu spielen, wie sie sie für jedes Familienfest auch Gedichte verfassen Hess, die ganz in Erinnerung an den 33

Peter André Bloch

verstorbenen

Vater

standen.

Für solche

Gelegenheiten

hat del' kaum

1OJahrige Nietzsche seine ers ten Werklein komponiert: "M elodienfragment / Übungen / Mehrstimmige Siitzchen / Introduzion / Sonatine op. II / Geburtstagssinphonie" etc. Es handelt sich dabei urn ganz kleine musikalische Satze, Melodienskizzen, elliptische Wendungen, die kaum je affentlich aufgeführt worden sind. Ihre Titel weisen auf grassere Einheiten hin, auf V orbilder, die es einzuholen gilt, auf del' Suche nach einer eigenen musikalischen Einfalle Auffallig mit Sprache. Nietzsche entleiht links und rechts Ton- und Rhythmuskombinationen, musikalische Wiederholung Ausdruck die el' in neuen Verbindungen verwendet, eigene übernommenen Figuren kombinierend. So entstehen in der klassischen Tradition, wie el' sie kennt. an der die el' seiner Grundmotive, an sein pathetischer Ton, die Freude

Entwürfe

ist von Anfang

und Abwandlung

einmal gefundener

mit seinem allerdings noch etwas verhaltenen hin zusammenhalt, Musik bleiben wird.

Schwung zum ekstatischen

was eines del' Hauptkennzeichen

Für den Schüler wurden besonders der Messias von Haendel und das Requieln von Mozart, die el' 1853 und 1854 in der Stadtkirche St. Wenzel harte, zum musikalischen die harmonischen Wirklichkeit Grunderlebnis. verlierend, Immel' wieder besuchte el' die Proben, denen el' in del' Dunkelheit Tongebilde el' genau harte del' Kirche aufmerksam folgte, sich in ein so urn im einer zum

aIs ob el' in Traume versinke. ln wie man Instrumente in all ihren

hin, urn zu erfahren, Ganzen

komplexes Zusammenspiel Ausdrucksmaglichkeiten Zuschauer pietistischen Energien. eine Wirkung

der unterschiedlichsten zu einem des Erhabenen

zusammenbringe, im Sinne

auszulasen,

geistigen Gottesekstase.

Und el' fühlte sich unmittelbar

eigenen Arbeiten angeregt, zum aktiven Umsetzen

del' in ihm ausgelasten 1858 beder

In del' erwahnten Selbstdarstellung aus dem Jahre schreibt el', wie sehr el' yom Halleluja beeindruckt war:
Mir war, aIs wollte ich mit einstimmen, Engel, untel' dessen Brausen den ernstlichen Entschluss, Jesus Christus etwas Aehnliches gen Himmel führe. AIsbald Sogleich

deuchte mir doch, es sei der Jubelgesang zu komponieren.

fasste ich nach der

34

Nietzsche als Komponist und Musiker

Kirche ging ich auch ans Werk und freute mich kindlich den ich erklingen liess. Indem ich aber davon jahrelang

über jeden neuen Akkort, nicht abliess, gewann ich

doch sehr dabei, indem ich durch die Erlemung des Tongefüges etwas besser vom Blatt spielen lernte. [ ... ] Ich empfing dadurch einen unausloschlichen Hass gegen aIle moderne Musik und alles, was nicht klassisch und Mendelssohn, Beethoven deutsche Musik und ich gründete.4 war. Mozart und Haydn, Schubert auf die sich nur und Bach, das sind die Stiulen,

Er machte selbst grosse Fortschritte im Klavierspiel; 1856 spielte er, sa Janz5, ohne Schwierigkeiten die Sonaten 7, 26 und 49 von Beethoven wie auch dessen zweite Sinfonie in der KIavierversion zu vier Handen. Für den Entwurf seiner Tragadie Orkadal konzipierte er eine "rasende Ouvertüre" für Klavier zu vier Handen, die leider verloren ist, im November 1856 zwei Sonaten, die er am 2. Februar 1857 seiner Mutter zum Geburtstag schenkte, wie er van nun an aIle seine musikalischen Werke für eine ganz bestimmte Person verfasste. So zur gleichen Zeit eine Geburtstagssinphonie für Klavier und Geigenchor, sodann bis 1858 neben verschiedenen kleinen Skizzen eine Ouvertüre in G-MoIl für Streichorchester, einen vierstimmigen Satz Es zieht ein stiller Engel, sowie zwei- und vierhandige Klavierstücke, einen Streichquartettsatz und Choralmelodienkonzepte; darunter befindet sich auch die Harmonisierung der Bachmotette Jesus meine Zuversicht. - Nietzsche ist zu diesem Zeitpunkt seines Lebens ein durch den Pietismus stark gepragter gHiubiger Mensch. Er ist überzeugt, dass Gatt sein SchicksaI gütig leitet, ja selbst die herben Verluste seiner Jugend versteht er aIs Zeichen seines Auserwahltseins für hahere Bestimmungen. Musik ist für ihn ein Mittel, Gatt naher zu kommen, mit Verstand und mit Herz. "Gott hat uns die Musik gegeben, damit wir ers ten s, durch sie nach Oben geleitet werden," halt er in seiner Lebensbeschreibung fest: "Die Musik vereint alle Eigenschaften in sich, sie kann erheben, sie kann tlindeln, sie kann uns aufheitern, ja sie vennag

mit ihren sanften wehmüthigenTonen das roheste Gemüthzu brechen." ln
der Erschütterung kann man Gatt in sich erfahren; durch eine starke Konzentration auf die eigenen Gefühle, so dass man ganz sich seIber wird. Aber wehe, wenn man durch Musik zerstreut oder bloss unterhalten wird; das ist "sündlich und schlidlich; denn es führt von der gottlichen
35

Peter André Bloch

Bestimmung der Musik weg ,,6. Daher wendet er sich gegen die Versuche der modernen Musik, durch OriginaliUit und Artistik eine in seinen Augen oberflachliche, rein formalistische, leere Melodienfolge zu bewirken.

Kompositorische

Arbeiten für den Freundeskreis

"Germania"

ln Naumburg hat er des ofteren mit seinen beiden Freunden Wilhelm Pinder und Gustav Krug, der ein Patenkind von Mendelssohn war, musiziert. Auch aIs Nietzsche in Schulpforta war, tauschten sie ihre Leseerfahrungen aus und verfassten für ihre gemeinsame Diskussion eigen-schopferische Beitrage: Gedichte, musikalische Werke, Essays, philosophische Abhandlungen. Wahrend der Sommerferien 1860 Iud Nietzsche seinen Freund Pinder auf einige Tage zu seinem Onkel Edmund Oehler, Pfarrer in Gorenzen im Harz, ein; und hier beschlossen sie, ihren literarisch-künstlerischen Austausch zu intensivieren. Sie gründeten, zusammen mit Gustav Krug, den Freundeskreis "Germania", mit dem Zweck - nach Nietzsches eigenen Worten: "... für unsere produktiven Neigungen in Kunst und Literatur eine feste und verpflichtende Organisation zu finden: d.h. schlichter ausgedrückt: es musste sich ein Jeder von uns verbindlich machen, von Monat zu Monat ein eignes Produkt, sei es eine Dichtung oder eine Abhandlung oder ein architektonischer Entwurf oder eine musikalische Produktion, einzusenden, über welches Produkt nun ein Jeder der Anderen 1nit der unbegrenzten Offenheit freundschaftlicher Kritik zu richten befugt war ,,7. Und sie hielten sich an diese Vereinbarung bis zum 4. August 1863 ! So wurde die "Germania" für Nietzsche zum ersten Forum, für das er seinen Bildungstrieb und seine schopferischen Impulse ausleben konnte. Die gemeinsamen Briefe und Aufzeichnungen sind zu einer interessanten Quelle für das kritische Temperament Nietzsches geworden: Mit seinem unbestechlichen Sinn für Qualitat sowie konsequentes Denken und Formulieren ging er mit seinen Freunden so hart ins Gericht, dass deren 36

Nietzsche aIs KOlnponist und Musiker

Versuche schliesslich erlahmten... Seine eigenen Beitrage bestanden vorerst aus mehreren Ausschnitten für ein geplantes Weihnachtsoratorium. Voller Überzeugung erkHirte er seinen Freunden, wie sehr er dabei bemüht war, den Charakter dieser Musikgattung zu reformieren, indem aIle ,,8 aufzugeben seien. Nach Moglichkeit sei "weltlichen Beimischungen nichts Unsingbares beizubehalten. AnsteIle des Rezitativs sei das Melodram, d.h. das gesprochene Wort, mit begleitender Musik, zu erganzen. Gleichzeitig skizzierte er Teile einer Messe, fasste den Plan eines Requielns, komponierte ein Miserere für 5stimmigen Char a capella, ferner eine Phantasie für Klavier, die er zusammen mit seiner Schwester denn auch 1859 zu Weihnachten spielte. Es ist erstaunlich, mit welcher Leichtigkeit er die grossen Tonfolgen eines Palestrina nachbildete, die Stimmen parallel oder gegenlaufig miteinander verband, zu eigentlichen Klangtürmen zusammenfügte, urn sie wieder in sich zu vereinzeln und dann erneut - in wellenhaften Auf- und Abwartsbewegungen - ineinander aufzulosen. Es gelang ihm dabei der Versuch, sich einen bestehenden Stil mit meisterlicher Perfektion anzueignen und konzepthaft auf eine Aufführung hin zu verwirklichen, wobei er wahl auch auf die gotische Architektur der Kirche von Schulpforta anspielte. Seine Fahigkeit in der mimetischen Übernahme von Vorbildern zeigt sein starkes, kreatives Anpassungsvermogen; die Eigenschaften eines Werks oder eines Stils vermochte er mühelos zu durchschauen und aus sich selbst heraus neu zu gestalten, mit einer unbandigen Freude an der konsequenten Durchführung. Eine moglichst abstrakte Linienführung lag ihm am Herzen, ohne sentimentale Einsprengsel, sa dass man den Eindruck erhalt, aIs ob er eine neu gelernte Sprache akzentlos, ohne eigene grosse Beigaben, reproduziere, in technisch virtuoser Kunstfertigkeit, wie dies bei so vielen manieristischen Werken kirchlicher Pragung ja auch oft der Fall ist. Kurz nach seiner Konfirmation vom 10. Marz 1861 ist indessen ein deutlicher Stilwandel feststellbar. Er gab das schon weit gediehene Vorhaben des Weihnachtsoratoriums auf, wie aIle andern Plane religiosen lnhalts, urn die symphonische Dichtung Ermanarich in Angriff zu nehmen, 37

Peter André Bloch

nach dem Vorbild von Franz Liszts Hungaria. Es war sein Freund Krug, der ihn in einem Vortrag mit einigen Szenen aus Wagners Tristan und Isolde bekannt machte und für diese neuartige Musik Partei ergriff. Bisher hatte Nietzsche, wie Janz ausführt9, die Technik des Kontrapunktes nach Johann Georg Albrechtsberger, Theorielehrer von Beethoven, studiert. Anstelle der linearen Ordnungen dominieren bei Wagner vornehmlich die harmonischen, was Nietzsche noch befremdet; jedenfalls lassen seine Reaktionen noch nichts von seinem spateren Enthusiasmus für - und spater wieder gegen - diese Musikpraxisspüren. Er wendet sich vor allem wieder kürzeren und übersichtlicheren Formen zu: Ungarische Skizzen und zwei polnische Tiinze werden abgelost von der Komposition mehrerer Lieder. Er verschaffte sich beim Verleger Hofmann in Berlin aus dem "Verlag der modernen Klassiker" einige kleinere Gedichttexte, aus denen el' seine Anregungen zum Komponieren entnahrn. Mit Freude sah er sich der Aufgabe gegenüber, eine besondere Stirnrnung, einen Gernütsausdruck oder eine kleine Situation ins Liedhaft-Atmospharische zu übertragen, mit viel Sinn für Fasslichkeit und zarte Ausdruckskraft. In schneller Folge komponierte er einige sehr sangbare Lieder wie Mein Platz vor der Tür (nach Klaus Groth), Aus der Jugendzeit (nach Paul Rückert). Er schenkte eine kleine Liedersarnmlung, zusarnrnen mit anderen Kornpositionen, Anna Redtel, aus Kosen, der Schwester eines Schulfreundes, mit welcher er in den Ferien zusarnmen musiziert hatte. In der Mutter loste diesel' Versuch einer personlichen Kontaktnahme mit einem Madchen grosse moralische Bedenken aus; sie machte ihrn schwere Vorhaltungen wegen Verschwendung und kürzte sein Taschengeld ! - Tatsachlich ist in seinen Liedern so etwas wie zarte Sinnlichkeit spürbar; einschmeichelnde Melodien wechseln mit dramatischen Mornenten und starken Gefühlsregungen, es geht urn recht romantische Motive wie Abschied und Sehnsucht, urn Objektivierungen von bernerkenswerten Situationen und Eindrücken, die er musikalisch mit Konnerschaft anschaulich inszeniert. FormaI wirken diese Lieder in sich geschlossen, von verhaltener Eindringlichkeit und 38

Nietzsche aIs Komponist und Musiker

Klarheit, ohne Schnorkeleien oder überflüssiges Bei werk. Nietzsche versuchte noch eine Klaviersonate zu vollenden, aber die Berufs- und UniversiUitswahl belasteten ihn am Ende seiner Zeit in Schulpforta so sehr, dass er das Komponieren aufgab, obwohl er sogar im Stillen mit dem Gedanken spielte, sich ganz der Musik zu widmen, wie er es am 27. April 1863 seiner Mutter nach Naumburg schrieb: "Es kommt mir alles tot vor,

wo ich nicht Musik hore. " Seine inneren Entscheidungskampfe schlagen
sich in einer Reihe von Krankheiten nieder, lassen sich aber auch in der etwas melancholischen Verhaltenheit seiner Phantasie für Violine und Klavier, Eine Sylvesternacht, fassen, die er zusammen mit Krug spielte, in wehmütiger Erinnerung an die gemeinsame idyllisch-glückliche Zeit in Gorenzen. Nach dem Schlussexamen in Schulpforta blieb er noch einige Tage bei seiner Mutter, zusammen mit dem Freund Paul Deussen, mit welchem er - vor der Immatrikulation in Bonn - eine Reise auf dem Rhein machte, der sich eine Ferienwoche bei den Eltern Deussen auf dem Lande anschloss. Hier machte er die Bekanntschaft von Marie Deussen, für welche er in Erinnerung an diese wunderschonen Tage - denn Marie liebte seine Improvisationsgabe über alles - mehrere Lieder komponierte, die er ihr von Bonn aus in einem prachtig gebundenen Bandchen aIs Geschenk übersandte: z.B. Beschworung (nach Alexander Puschkin), Nachspiel (nach Sandor Petofi), Stiindchen (nach Sandor Petofi), Gern und Gerner (nach Adalbert von Chamisso).

Musikalisches Leipzig

Wirken in der Studentenzeit,

in Bonn und

Durch seinen Eintritt in die Burschenschaft Franconia traf er mit vielen musikliebenden Philologen zusammen, die durch seine originellen Klavierimprovisationen, vor allem aber aufgrund seiner parodistischsatirischen Offenbachiade Die Frankonen im Himmel auf ihn aufmerksam wurden. Sein Studentenname lautete bezeichnenderweise "Ritter Gluck". Er stand zwar den Zwangen des Burschenbetriebs eher kritisch gegenüber, 39

Peter André Bloch

thematisierte in seiner zügigen Offenbachiade das mannerbündlerischgesellschafts-hierarchisch gepragte Verhalten gegenüber dem weiblichen Geschlecht und wird nach einem Jahr dem studentischen Burschenleben den Rücken kehren. Zu sehr ging er in seiner Freizeit in den Anregungen der musikbezogenen Umwelt auf. In Bonn besuchte er das Grab Schumanns, wo er feierlich einen Kranz niederlegte; fuhr an Weihnachten 1864 nicht nach Hause, sondern vertiefte sich mit seinen Bonner Freunden in Schumanns Manfred, Geschenk seiner Tante, im gemeinsamen vierhandigen Klavierspiel. Mutter und Schwester hatte er ein in Leder gebundenes und mit seinem Photo versehenes Bandchen seiner Lieder geschenkt. Zum Teil sind es dieselben, die er an Marie Deussen geschickt hatte, die er nun aber auf einem beigelegten Merkblatt mit Kommentaren versah, mit welchen er der Schwester moglichst genau das Singen dieser Lieder erlauterte: ,,'" für den Fall, dass Du die Lieder selbst spielen und
singen willst ... Das leichteste zum Vortragen ist ,Das Kind an die erloschene Kerze', so innig, einfach und harmlos wie Inoglich ZU singen. das, ebenfaUs einfach, indessen Dir gewiss gefallen wird. Vergiss und, und endlich zu singen. schwerer, Das die und gross ist ein wenig

Aehnlich das letzte Lied (,Nachspiel'), getragen von grossartiger Resignation, selber nlit ihr untergehen'

nicht die Stellen" in eine wilde schone Waldeinsamkeit' voll, erhoben Standchen liegt sehr tief, die Begleitung

Melodie ist sehr Leicht zu singen. Es kommt darauf an, die letzte Zeile jedes Verses hervorzuheben. Das ,Ungewitter' von Chamisso wird Dir gefallen; ,nittelsten und neigt' spiele und singe es ernst, düster und entschlossen, erfordert die Fahigkeit, vollgriffige Akkorde bis auf den zu ist Vers, der den Contrast nach beiden Seiten hin bildet. ,Es winkt anschwellen des Tons zu geben. ,Verwelkt'

lassen, und der StÙnme aUe Nüancen

ahnlich, aber Leichter. Der Schluss ist ,erfroren', nicht belnerkst. Die besten, aber auch schwersten gerner' und, Unendlich' grazios ausgeführt

sieh einmal, ob Du das Lieder sind, Gern und keck und Nimm den

! Das erste muss sehr schwungvoU,

werden, das andre mit voller Leidenschaft.

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Nietzsche aIs Komponist und Musiker

MitteIvers Iangsamer. Besonders muss die BegIeitung vorzüglich eingeübt ,,10 sein, wenn das Lied gefalIen solI ... Mogen Dir die Lieder gefallen ! ln Bonn fuhr er mit seinen Liedkompositionen fort, und viele Kritiker - wie auch Curt Paul Janz selbst
technischer Hinsicht Situationen Aphorismen Hinsicht seine besten entsprechen sie am ehesten Stimmungen Ihre Kürze
-

sind der Meinung, dass diese in
darstellen; in formaler seinem Willen, entspricht in einem fasslich V orliebe für

Musikwerke

überschaubaren

Rahmen

und gefühlvoll-Ieidenschaftliche seiner und deren zu verstarken. Modulationen. urn durch den - In Bonn ging urn Geld

wiederzugeben. und pragnante

Formulierungen

Gern stellte er die Einzelwerke Kompositionsrahmen der Student Nietzsche finanziellen

zu einem Zyklus zusammen,

ihre Ausdruckskraft

so oft ins Konzert und Theater, dass er sich bald in sah und mehrmals umso beunruhigter seine Mutter wurde, aIs ihr Sohn

Schwierigkeiten

bitten musste, welche ihrerseits

sich mehr und mehr von der Theologie

entfernte - sa wie sie sich diese

vorstellte - , Das Leben Jesu von David Friedrich Strauss las und es auch ablehnte, mit ihr und der Schwester zum Abendmahl zu gehen. Statt dessen sah er aIle Opern: Fidelio, die Hugenotten (mit der bekannten Sangerin Bürde-Ney), den Freischütz und Oberon; er harte Clara Schumann und Adelina Patti und sprach oft mit Paul Deussen über die Musik Wagners, die er zu der Zeit noch sehr "problelnatisch" fand. lm Juni 1865 besuchte er das dreitagige Musikfest in Kaln, unter der Leitung van Ferdinand Hiller. Nietzsche war Mitglied des grossen Chores des Bonner stadtischen Gesangvereins mit 600 Mitgliedern, nahm aktiv an der Aufführung van Haendels Israel in Aegypen teil, und trotz enormer Hitze besuchte er aIle Konzerte mit den Werken von Beethoven, Schumann, Hiller. Für ihn war das Gemeinschaftserlebnis wichtig, die Erfahrung des Zusammenspiels aller Sinne, wie er es von den griechischen Festspielen her kannte und bewunderte: Sich ais Teil eines Ganzen erleben und aktiv am Geschehen beteiligen, nicht bloss Zuschauer sein. Bevor Nietzsche Bonn verliess, urn in Leipzig weiter zu studieren, komponierte er noch das Lied Junge Fischerin, nach eigenem Text, für 41

Peter André Bloch

den Geburtstag Uch durch Nachmittag die Ursache

del' Schwester,

in einem Zug, wie el' es ihr in seinem Brief

vom 10. Juli 1865 schildert: "An Deinem Geburtstag, den Du wahrscheineinen grossen Jungfrauenkaffé gefeiert hast, habe ich am ZUln ersten Male in diesem Jahre wieder cOlnponiert. Wuth, gleich alles fertig. Da Dein Geburtstag sein Inuss, so sei die Composition Und doch

zwar ,nit energischer

Dir noch nachtraglich mit einem natürlichen

dedizirt. Es ist ein Lied im hochsten Zukunftsstile

Aufschrei und dergleichen Ingredienzen einer stillen Narrheit. Zu Grunde liegt ein Gedicht, das ich als Untersecundaner gemacht habe und zwar in Gorenzen. le sujet!" Ein Fischermadchen, das sich nach ihrem Schatz sehnt - voilà sich die Reihe seiner Lieder; Komposition es sein, ausser Mit diesem Werk schliesst

soUte für langere Zeit die letzte abgeschlossene einem Kyrie für Soli, Char und Orchester Februar 1866 seiner Mutter nach Naumburg

(Klavier), das el' auf den 2. schickte; des sen Partitur ist

leider nicht erhalten, ausser dem Titelblatt sowie der ersten Seite. W ollte el' damit, wie Curt Paul J anz denkt, die Mutter durch diese Zusendung beruhigen ?11 JedenfaIls kontrastiert die Idee einer Komposition religiosen Inhalts Denken. ln Leipzig konnte el' ein viel unabhangigeres nicht mehr den Regeln einer Burschenschaft dessen vertiefte sich seine Freundschaft Bonn studiert zusammen Nietzsche und nun mit Ritschl Beide waren sie Schopenhauerianer, die Afrikanerin Leben führen, da el' sich zu unterziehen hatte. Statt hatte. So sah do ch sehr mit seinem Enthusiasmus gegenüber Schopenhauers

mit Erwin Rohde, der - wie el' - in nach Leipzig übergewechselt spater Wagnerianer. Oft gingen sie mit grosser

in Theater und Opel', besuchten praktisch aIle Konzerte. von Meyerbeer (die ihm missfiel),

Wahrscheinlichkeit Wagners Tannhauser sowie Mozarts Zauberflote; Offenbachs Schone Helena, Rossinis Wilhelm Tell sowie Verdis Troubadour. AIs aktives begeistert der Aufführung Aufmerksamkeit besuchte Mitglied des Riedelschen Chars folgte el' von Bachs J ohannespassion. Mit spezieller el' aIle Theateraufführungen mit Frau Hedwig

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Nietzsche ais Komponist und Musiker

Raabe, die er in alIen Rollen sah und der er ein Bandchen seiner Lieder dedizierte, begleitet von einem langen Bewunderungsbrief. Die Frohlichkeit seines Bonner Lebens spiegelt sich in seiner Komposition Herbstlich sonnige Tage (nach Emanuel Geibel), für vier Stimmen und Klavier, ein sehr romantisches Lied, das sich dazu eignet, durch einen kleinen Freundeskreis prima vista gesungen zu werden. Ob er es für den von ihm gegründeten "Philologischen Verein" komponierte ? - Wahrend der Semesterferien im Sommer 1867 unternahm er mit Rohde eine Fussreise durch den Bohmerwald, der für sie mit einem grossen 4tagigen Musikfest in Meiningen endete, welches von Avant-Garde-Musikern urn Hans von Bülow organisiert wurde. Sodann begaben sie sich aufs Wartburgfest, wo Liszt seine Heilige Elisabeth dirigierte. Er war von der Bedeutung solcher kultureIler Veranstaltungen mit Gemeinschaft stiftendem Charakter so erfüIlt, dass er sich entschloss, neben seiner Arbeit aIs Philo loge auch aIs "Rezensent und Musikhistoriker" tatig zu werden; Musik erschien ihm aIs eine Sprache ohne Worte besonders befahigt, Menschen verschiedenster Überzeugungen zusammenzuführen, auf der Ebene des gefühlhaftharmonischen Einklangs.

Zwischenbilanz Ziehen wir Bilanz über die bisherige kompositorische Tatigkeit Nietzsches: Die meisten seiner Werke sind bereits entstanden, es werden bloss noch 8 bis 10 weitere Kompositionen folgen. Nietzsche wird noch zwei Jahre in Leipzig bleiben, dann in Basel seine Professur aufnehmen und noch immer hat seine Begegnung mit Richard Wagner nicht stattgefunden ! Noch immer ist er ein feuriger Bewunderer der Klassiker, der mit Rohde lebhaft die" me rkwürdigen Orgien" der Modernen kritisiert, wie er es selbst in seinem Bericht an Gersdorff über den Aufenthalt in Meiningen und auf der Wartburg unterstreiche2. Wer immer die Musik Nietzsches durch den EinfIuss Wagners zu erklaren sucht, soUte sich bewusst sein, dass er bis jetzt nur wenige seiner Werke kennt und sich 43

Peter André Bloch

in seiner anti-modernen Einstellung vor allem in der Tradition Schumanns begreift. Vor allem setzt er sich mit Schopenhauers Pessimismus auseinander, mit seinem grossen Einfluss auf die zeitgenossische Kunst. Er nennt ihn "den wahrsten Philosophen" [...] "einer wieder-entdeckten Klassizitiit, eines gernlanischen Hellenentums", den" Philosophen eines regenerierten Deutschlands ,,13.Von der Tradition der religiosen Musik hat er sich mehr und mehr abgewandt, bleibt aber von der Geschlossenheit ihrer asthetischen Vollkommenheit stark beeindruckt.

lm Zeichen von Rausch und Begeisterung. Begegnungen mit Richard Wagner: Leipzig - Basel- Tribschen - Bayreuth Erst jetzt, am 6. November 1868, begegnet er in Leipzig Richard Wagner, durch Vermittlung seines Freundes Windisch, bei Professor Brockhaus, dessen Frau die Schwester Wagners war. Einige Tage zuvor, am 27. Oktober, hatte er einem Konzert - mit dem Tristan- Vorspiel sowie der Ouvertüre zu den Meistersingern - beigewohnt, das ihn - wie er gleichentags an Rohde schrieb - in einen eigentlichen Rauschzustand versetzte: "Ich bringe es nicht übers Herz, mich dieser Musik gegenüber kritisch kühl zu verhalten; jede Faser, jeder Nerv zuckt an mir, und ich habe lange nicht ein solches andauerndes Gefühl der Entrücktheit gehabt als bei letztgenannter Ouvertüre. "Rückhaltlos liefert er sich Wagners Musikstromen aus, die früheren Widerstande überwindend, ja nunmehr verurteilend. Wiederum an Rohde, drei Tage spater: "Ich wollte [...] wir konnten zusamlnen den kühnen, ja schwindelnden Gang seiner ulnstürzenden und aufbauenden Aesthetik gehen, wir konnten endlich uns von dem Gefühlsschwunge seiner Musik wegreissen lassen, von diesem Schopenhauerischen Tonmeere, dessen geheimsten Wellenschlag ich n1itenlpfinde, so dass mein Anhoren Wagnerischer Musik eine jubelnde Intuition, ja ein staunendes Sichselbstfinden ist (d4. In der Tat: wahrend Jahren wird Wagner für ihn zum Inbegriff, zum Wesen selbst, von 44

Nietzsche ais Komponist und Musiker

Gegenwartskunst. Zeit erstehen zahllosen

glaubt el' eine neue klassische zu sehen, an der el' aktiv teilnehmen will. Anhand von Hisst sich die Entwicklung ihrer Freundschaft

In seiner Schopferkraft

Dokumenten

dokumentieren: aufgrund von Nietzsches philosophischen und literarischen Schriften, der Briefe Wagners und Cosimas, deren Tagebuch sowie der zahlreichen Briefe Nietzsches an seine Freunde, ausser denjenigen, die in Bayreuth nach ihrem Bruch zerstort wurden. Wahrend langen Jahren tat del' eine nichts, was del' andere nicht wusste, und sie erganzten sich - trotz des grossen Altersunterschieds Diskussionen über ihre Absichten - vorzüglich: Sie führten unendliche und V orhaben und

erklarten sich gegenseitig ihre Werke. Und Cosima tat alles, urn ihre Beziehung zu vertiefen: AIs sich Nietzsche 1870 entschIoss, freiwilligen Kriegsdienst zu Ieisten, versuchte sie ihn davon abzuhalten, indem sie ihn auf seine Aufgaben und Pflichten Leben del' Gegenwart hinwies. ausserordentlichen Griechisch Besonders dem Geiste Auffassungen, Bemühungen Begabungen und Lateinisch der Musik die urn sie das an der Universitat und im kulturellen Die Wagners erkannten früh seine und gingen sogar so weit, Texte in aus zu verstehen. Nietzsches Wagners In Wahrheit

zu lesen, urn seine Arbeiten sie sich solidarisch Recht aIs Würdigung verstanden.

auch nach der Veroffentlichung stellten mit

der Geburt der Tragodie hinter von

Gesamtkunstwerk

interessierten sie sich VOl' allern für den streitbaren Denker und Schriftsteller, den sie für ihre eigenen Zwecke einzusetzen gedachten. Urn seine musikalischen Bekanntlich Mannerstimmen, auf der Reise Wahrscheinlich Werke kümmerten sie sich weniger, und Pathetik. ein rnilitarisches spater Marschlied für aIs el' sich 1870 befand. Werk nicht zur zeigten sich eher belustigt von deren Schwerfalligkeit hat Nietzsche nach Lindau hat Wagner

spontan und etwas

Ade ich muss nun gehen, komponiert, dieses doch unbedeutende

nach Erlangen

Kenntnis genommen, aber Cosima notierte in ihrem Tagebuch untel' dem 21. August 1870 mit Erleichterung: "Brief von Prof Nietzsche; er

kOJ1'zponiertÙn Lazarette

H.

Nietzsche war selbst krank geworden, wie
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Peter André Bloch

Immel', wenn el' sich in schwierigen Situationen, die el' nicht meistern konnte, befand. AIs Nietzsche an Cosima das ihr gewidmete musikalische Werk Nachhall einer Sylvesternacht (für Klavier 4handig) sandte, antwortete sie am 30. Dezember mit einem ausweichenden Wortspiel:

"Sylvester- Tag soU für die Sylvester-Nachtklange danken,o gemeinsame Eindrücke zur Erinnerung geworden, leuchteten durch die Mitternachtsglocken lneinem diesjahrigen Geburtstag, und ich sage dem freundlichen ,M elomanen' Dank!" Fünfzehn Jahre spater erinnert sie sich dieses Geschenks in einem Brief an Felix Mottl: "Jakob Stocker, lnein damaliger Diener [ ... ] blieb beim Abdecken des Tisches [... ] stehen, horte aufmerksaln zu, wandte sich endlich ab mit den Worten ,schint mir nicht gut'. [ch gestehe, dass ich vor Lachen, trotz meiner damaligen grossen Freundschaft, gar nicht weiterspielen konnte ,,15. Ein anderer Zeuge, Hans Richter, berichtet, dass Wagner, laut lachend, bemerkte: nun schon seit anderthalb Aber aIs Nietzsche machte, Jahren mit dem Menschen, ahnen,o und nun kommt er so meuchlings, notierte Cosima in ihr Tagebuch: Viel durchgesprochen; "Da verkehrt man ohne dergleichen zu ,,16. die Partitur im Gewande Nietzsche, dessen

am 20. Januar 1872 seine nachste Visite in Tribschen "Professor Plane für künftige Zeiten, sehr schon vor. " Mal wida

Besuch uns sehr freut. Tatsachlich

Reform der Schule usw.,o er spielt uns seine Komposition von Meysenbug schliesslich beschreibt

machte sein Spiel allerorts den grossten Eindruck. an Wagners 59. Geburtstag erwartete dirigierte selbst die Neunte

ihrerseits eine andere Episode, bei sehr verletzt wurde: Es war Tag der Grundsteinlegung Sinfonie alle naheren Freunde in dazu von Beethoven, improvisierte

welcher Nietzsche Bayreuth. eingeladen: Wagner

der 22. Mai 1872, der sehnlichst und Nietzsche

hatte in seiner Begeisterung

Rohde, Krug, Gersdorff. Bei dieser Gelegenheit

el', nach dem Fest, vor Wagner am Klavier, zum grossen Missvergnügen des Meisters, der sein Spiel vor alIen Leuten mit der ironischen Bemerkung "Nein, Nietzsche, Sie spielen zu gut für einen Professor" unterbrach 46 !