Epreuve de soi et vérité du monde : depuis Michel Henry

De
Publié par

Après un premier volume, À l'Orient de Michel Henry (2014), cet ensemble de textes poursuit la quête d'une définition de la vérité comprise comme subjectivité vivante, comme cette épreuve de soi qui conditionne et transite ensuite l'ensemble des expériences et des savoirs qui sont les nôtres. Il apparaîtra, ce faisant, le caractère éminemment concret des catégories mises en œuvre par Michel Henry et comment elles peuvent s'appliquer à de nombreux domaines d'existence, étant capables d'en rendre compte avec cette pertinence et cette puissance explicative que permet seul leur ancrage dans le fondement vivant qui les informe secrètement sous l'apparence des choses.

Publié le : mercredi 8 juin 2016
Lecture(s) : 2
Tags :
EAN13 : 9791030903775
Nombre de pages : 218
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
VXLW OD TXrWH G¶XQH Gp¿QLWLRQ GH OD YpULWp FRPSULVH
Roland Vaschalde
Épreuve de soi et vérité du monde : depuis Michel Henry
LAMAIND’ATHÉNA/ PHILOSOPHIE
Daniel Cohen éditeur www.editionsorizons.fr
La main d’Athéna/Philosophie Collection dirigée par Jad Hatem
Partout où l’on annonce à grands cris la fin de la méta-physique et là même où l’on croit pouvoir enterrer en silence la libre pensée, c’est l’homme en la totalité de son être et en sa dimension de transcendance qui est en péril. Rien, d’une certaine manière, n’est plus vul-nérable qu’elle car elle est tout l’homme. Elle s’expose à la déchéance car la liberté est son essence. Insulté par Agamemnon, Achille est sur le point de s’emporter et de tuer son rival quand Athéna, venue l’apaiser, se place derrière lui et le retient par la chevelure. Il se retourne et la reconnaît seulement pour lui. La main qui guérit la passion est en même temps la main qui dessille les yeux. Par la conversion qu’elle opère, la sagesse est vision de l’invisible. « Nous sommes tous », dit Plotin, « comme une tête à plusieurs visages tournés vers le dehors, tandis qu’elle se termine vers le dedans par un sommet unique. Si l’on pouvait se retourner ou si l’on avait la chance d’avoir les cheveux tirés par Athéna, on verrait à la fois Dieu, soi-même et l’être universel ».
ISBN:979-10-309-0072-9 © Orizons, Paris,2016
Épreuve de soi et vérité du monde : depuis Michel Henry
Dans la même collection
Monique Lise Cohen,Récit des jours et veille du livre, Ori-zons,2008 Jad Hatem,La poésie de l’extase amoureuse,Shakespeare et Louise Labé, Orizons,2008
Jad Hatem,L’art comme autobiographie de la subjectivité absolue,Schelling,Balzac,Henry, Orizons,2009
Monique Lise Cohen,Emmanuel Lévinas et Henri Meschon-nic,résonnances prophétiques, Orizons,2011 Riccardo Di Giuseppe,Le Voyage de Parménide, Orizons, 2011 Jad Hatem,Rupture d’identité et roman familial, Orizons,2011
Jad Hatem,Barbey d’Aurevilly et Schelling, Orizons,2013 Jad Hatem,Liberté humaine et divine ironie. Schelling avec Luther, Orizons,2013 Paul Saadé,La demeure du Don, Orizons,2013 Gianfranco Stroppini de Focara,D’Alexandre à Jésus, Ori-zons,2013
Bernard Forthomme,Une logique de la folie, Orizons,2014 Jad Hatem,Le Vin éternel — Sur Ibn Al-Fâri, Orizons,2014 Jad Hatem,Un bruit d’avoir été. Sur Qohélet, Orizons,2014 Laurent Millischer,Heidegger ou la détresse du monde-irOr,zons,2014 Roland Vaschalde,À l’Orient de Michel Henry, Orizons,2014
Nicole Hatem,Raïssa Maritain ou le courage philosophique, Orizons,2015 Jad Hatem,Messianités — Kafka, Kazantzaki, Böll, Tournier, Kemal, Orizons,2015 Jad Hatem,Empédocle, Qohélet, Bar Hebraeus, Orizons,2015 Jad Hatem,Le Christ druze et l'inde éternelle, Orizons,2016
Roland Vaschalde
Épreuve de soi et vérité du monde : depuis Michel Henry
2016
Du même auteur
À l’Orient de Michel Henry, Édition Orizons,2014Roland Vaschalde (textes) / Pierre Rivas (photos):Signes d’étangs, Nîmes : Édition de la Fenestrelle,2015
Préface
l y a différentes formulations possibles pour res-I tituer ce qui constitue l’intuition essentielle de la pensée de Michel Henry. L’une d’elle pourrait être la suivante : il existe deux sources et donc deux domaines d’évidence. La première, dont Michel Henry attribue la première formulation philoso-phique explicite à Galilée puis Descartes consti-tue cette sorte de vérité, liée à des idées claires et distinctes, dont la mathématique nous fournit l’exemplification et le paradigme les plus remar-quables. Dès lors que le cogito se trouve inter-prété comme la première d’entre elles invite à lire le cartésianisme comme une pensée inaugurale du rationalisme moderne qui étendra son emprise ex-plicative sur la totalité du réel alors défini par des critères d’objectivité mesurables, à l’abri de toute vision subjective singulière désormais assimilée à une simple opinion. Il s’ensuivra une désincarna-tion du sujet réduit au simple pôle noétique de
8ÉpreuvedesoietvÉritÉdumonde
la relation intentionnelle et qui culminera ultime-ment dans sa négation pure et simple en tant que réalité ontologique. Selon une de ses formulations magistrales, la subjectivité du sujet n’est plus alors 1 que l’objectivité de l’objet . Mais cette vérité de lathéoriane possède en réalité aucune autonomie ontologique malgré son évidence, massive jusqu’à accaparer presqu’ex-clusivement l’attention des philosophes tout au long de l’histoire tant apparaît hypnotique la fascination naturelle que nous éprouvons pour la sphère du visible qu’elle occupe totalement. C’est que cette donation ne saurait être telle que sur le fond en elle d’une auto-donation première qui, la donnant d’abord à elle-même lui permet ensuite de donner à voir ce qui lui advient depuis le dehors du monde. Concrètement cette seconde sphère d’évidence — la première dans l’ordre de préséance — se confond avec ce s’éprouver soi-même, ce soi authentique qui a seul droit au titre de fondement, auquel Michel Henry consacrera l’ensemble de son travail et donnera le nom philo-sophique qui lui parut le plus pertinent « la Vie. »
« Et tu choisiras la vie ». Cette injonction ou cette promesse décisive formulée dans le cinquième
1.
L’essence de la manifestation,PUF,1963; p.111.
prÉface 9
2 livre de la Torah n’a, sauf erreur, jamais été citée par Michel Henry. Elle aurait pu, pourtant, à très juste titre, servir de devise à l’ensemble de son œuvre comme à sa vie même. Il y a, en effet, dans l’une comme dans l’autre, explicite ou implicite, le souci constant de servir et de rendre grâce à cette vie qui sourd dans les tréfonds de notre être avant le surgissement du monde et sans qui nous ne serions pas. Une vie qui, en ces temps troublés de la modernité, se trouve de plus en plus menacée dans ses conditions d’apparition et d’épanouisse-ment par une « barbarie » multiforme : pouvoirs totalitaires et volontiers génocidaires — fascismes, communismes… —, élimination tendancielle du travail vivant au profit de dispositifs machiniques de plus en plus autonomes — robotisation, infor-matisation des processus de décision, de gestion et de création — produisant chômage et misère sociale, abêtissement d’une large frange de l’hu-manité délaissant le faire pour la passivité d’un voir omniprésent voué à l’emprise d’une télévision ou de jeux vidéo nivelant par le bas la curiosité naturelle et établissant le règne du divertissement généralisé…Il est difficile pour qui ne l’a pas côtoyé d’imaginer l’intensité douloureuse avec laquelle le « philosophe de la vie » constatait ces tendances destructrices à l’œuvre dans nos sociétés
2.
Devarim / Deutéronome,30-19.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.