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Espaces, paix et sémiosis

De
320 pages
Cet ouvrage met à l'épreuve de production du sens critique deux phénomènes qui rythment le quotidien des camerounais aujourd'hui: les espaces et la paix. Il entend contribuer à l'intelligence des effets de sens que la notion d'espace renferme, en tant qu'actant participant de plein droit à l'histoire, à la réalisation ou au devenir de l'être humain, et pouvant être considéré comme le catalyseur, le reflet et la résultante de l'idiosyncrasie de nos peuples. Il soumet parallèlement la paix à l'épreuve de production du sens critique et célèbre celle ci, établie de manière controversée et invite à une prise de conscience du sens que chaque être humain devrait donner à sa vie.
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Photographie de couverture de l’auteur : l'arbre de la paix dans l'espace camerounais, un symbole d'espoir.
Travaux du Cercle africain de sémiotique et sociocritique (CASS) Sous la direction deJeanClaude MBARGA
ESPACES, PAIX ET SÉMIOSIS
Le Cameroun au début du troisième millénaire
OR ÉI E H S T
E TE U C Q RITI
Espaces, paix et sémiosis
Théories et CritiqueCollection dirigée par le Professeur Jean-Claude MBARGA En cette ère de globalisation, véritable rendez-vous du donner et du recevoir, où l’on observe en plein continent africain la contribution considérable des chercheurs au progrès de l’épistémologie dans diverses disciplines (la sémiotique, la sociocritique, etc.), la nécessité d’un support cadré et spécifique d’expression s’impose en termes de création d’une nouvelle collection aux Editions L’Harmattan. Ainsi, la collectionet Critique « Théories » a pour missions spécifiques d’assurer la publication et la diffusion des contributions diverses au progrès de l’épistémologie, à travers l’élaboration et l’expérimentation de nouveaux axes théoriques, et des études critiques, dans les disciplines des Lettres, des Arts et des Sciences Humaines. COMITE SCIENTIFIQUE INTERNATIONAL Cet ouvrage est un ensemble de travaux réalisés dans le cadre du Cercle Africain de Sémiotique et Sociocritique (CASS), sous les auspices du comité scientifique international constitué des membres ci-après : Eero Tarasti, Professeur des Universités, ancien Président de l’Association Internationale de Sémiotique (2004-2014), Directeur de l’Institut International de Sémiotique d’Imatra (Finlande), Directeur-fondateur de l’Académie des héritages culturels (Helsinki, Finlande), enseignant à l’Université de Helsinki (Finlande) ; Jean-Claude Mbarga, Professeur des Universités, ancien Vice-Président de l’Association Internationale de Sémiotique (2004-2014), membre du Comité Exécutif de l’Association Internationale de Sémiotique, Coordonnateur Continental de l’International Communicology Institute (ICI, Washington D.C., USA) ; Directeur du Cercle Africain de Sémiotique et Sociocritique (CASS) ; membre du comité consultatif international de l’Académie des héritages culturels (Helsinki, Finlande), enseignant à l’Université de Yaoundé I (Cameroun) ;Anne Hénault, Professeur des Universités, Vice-Présidente de l’Association Internationale de Sémiotique, enseignante à l’Université de Paris Sorbonne (France) ; José María Paz Gago, Professeur des Universités, ancien Secrétaire Général de l’Association Internationale de Sémiotique (2004-2014), membre de la Fédération latino-américaine de sémiotique, enseignant à l’Université de La Coruña (Espagne) ; Augustin Holl, Professeur des Universités, enseignant à l’Université de Paris-Ouest Nanterre (France) ; Richard L. Lanigan, Professeur des Universités, Directeur de l’International Communicology Institute (ICI, Washington D.C., USA) ; Paul Bouissac, Professeur des Universités, membre du comité exécutif de l’Association Internationale de Sémiotique, enseignant à l’Université de Toronto (Canada).
Travaux du Cercle africain de sémiotique et sociocritique (CASS)
Sous la direction de Jean-Claude MBARGAEspaces, paix et sémiosis
Le Cameroun au début du troisième millénaire
Du même auteur, chez L’Harmattan Traité de sémiotique vestimentaire,2010Manuel d’ingrédients culturels camerounais, 2011 L’essence du Camerounais,2012 © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11221-3 EAN : 9782343112213
A ma mère, Sa Majesté Mme MBARGA MEWOLI Jeanne d’Arc, qui s’en est brutalement allée pour l’éternité, le 09 décembre 2012.
PROLEGOMENES
Jamais cinq sans six, pourrait-on dire… Après la publication de cinq 1 ouvrages , voici un sixième livre qui vient enrichir la toute nouvelle collection « Théories et Critique », ce nouveau-né qui décidément, pour ainsi dire, se hâte lentement, mais sûrement. Le présent ouvrage se présente de manière binômiale, comme l’agencement de deux typologies thématiques étroitement liées : les espaces et la paix. La première a trait au cadre, la deuxième au phénomène qui s’y manifeste. Depuis ce prisme d’appréciation, le premier élément du binôme doit être entendu comme le réceptacle du deuxième. Il s’agit donc d’un agencement souhaité, fait à dessein, pour mettre en exergue, de manière implicite, non seulement les relations de contiguïté, d’assonance et d’imbrication, mais aussi de discordance ou de dissonance entre les deux entités ainsi appelées à convoler en justes noces, l’instant de cet ouvrage, pour des raisons qu’il n’est pas superfétatoire d’expliquer. e En ce début du 3 millénaire, l’espace –au sens large du terme-constitue l’une des préoccupations majeures des citoyens de la planète Terre, une question vitale pour la survie de l’espèce humaine. L’espace, qu’il soit réel, virtuel ou fictif, en tant que lieu d’action de l’individu en société, apparaît au Cameroun comme un véritable actant participant de plein droit à l’histoire, à la réalisation ou au devenir de l’être humain, et pourrait être considéré par ce fait même comme le catalyseur, le reflet, la résultante de l’idiosyncrasie des peuples. L’espace est ainsi considéré comme signe, comme phénomène soumis à l’épreuve de production du sens, comme lieu ou comme cadre générateur de lasemiosis –entendue comme processus de production du sens- de l’être humain en tant qu’animal social.
1  Il s’agit précisément de : Jean-Claude Mbarga,Manuel d’ingrédients culturels camerounais, Paris, L’Harmattan, 2011 ; Barnabé Mbala Ze,Algirdas Julien Greimas et la science des signes, Paris, L’Harmattan, 2012 ; Jean-Claude Mbarga,L’essence du Camerounais; Annette Angoua Nguéa,, Paris, L’Harmattan, 2012 Repenser la production cinématographique au Cameroun, Paris, L’Harmattan, 2012 ; Julia Ndibnu-Messina Ethe,La culture à l’école primaire camerounaise, Paris, L’Harmattan, 2013.
Cet ouvrage collectif entend ainsi contribuer à l’intelligence des effets de sens que la notion d'espace renferme dans le contexte camerounais. Il a pour but de réfléchir à la signification et aux mécanismes de fonctionnement des espaces et des phénomènes spatiaux relevant de divers domaineset points de vue induisant une perspective -comparatiste ou non- qui renforcerait la rentabilité des outils d’analyse et des méthodes interdisciplinaires caractérisant la théorie sémiotique.
Parallèlement au questionnement des espaces, cet ouvrage collectif vient, pour ainsi dire, mettre à l’épreuve de production du sens critique la situation, à la fois lamentable et savamment entretenue, que nous vivons tous par ces temps difficiles à travers le monde, en tant qu’il constitue, dans une certaine mesure, un hymne ou une véritable célébration de la Paix, établie de manière controversée, controversante ou controversable, en même temps qu’il est une invite, une exhortation à une prise de conscience du sens que chaque être humain devrait donner à la vie. Cet état de choses explique peut-être l’engouement que l’on observe dans les diverses disquisitions épistémologiques autour du phénomène de la Paix, qui vont dans le sens, soit de la négation, soit de l’affirmation, soit de l’indécision dialectique. De mon point de vue, celles-ci sont un ensemble d’analyses parfois strictes, parfois engagées, telles que l’on ne devrait en subvertir ou en travestir l’esprit, au risque de faire montre d’un manque de lucidité, de discernement ou d’objectivité dans leur interprétation, mieux, dans leur réception critique.
« Plaidoyer pour un monde meilleur », pourrait-on mettre en frontispice de cette présentation. A raison, pourraient rétorquer les Apôtres de la Paix. En effet, dans ce monde où la guerre apparaît, pour paraphraser Héraclite, comme la mère de toutes choses, en tant qu’elle 2 fait les dieux et les hommes, les maîtres et les esclaves , la Paix, en tant que vertu cardinale de l’être humain, se manifeste curieusement et e malheureusement en ce début du 3 millénaire, toute échotomographie faite à travers le monde, comme une denrée rare, mieux, comme une ‘diplomatie’ périmée. Comme un îlot de bonheur dans un océan de misère, elle se trouve parsemée çà et là, elle subsiste tant bien que mal, et parfois elle persiste dans notre for intérieur, parmi nous, entre nous, tant à
2  Voir Gaston Bouthoul,Essais de polémologie, Paris, Denoël, 1976 ; et du même critique, « Guerres et Civilisations »,Cahiers de la Fondation des Etudes de Défense Nationale, 1979, n° 4.
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l’intérieur de la même communauté que dans le cadre des relations inter-communautaires au sens large. Jamais peut-être, un terme n’a suscité autant de controverses que le motpaix, quant à son contenu et à sa praxis quotidienne, comme on peut le constater à travers les différentes contributions de cet ouvrage. Pour certains, ce terme ne signifie presque rien du tout, et pour d’autres rien de précis. D’aucuns lui confèrent un contenu plat, creux, évasif, multidirectionnel et multidimensionnel, passe-partout. D’autres y voient la preuve d’une insécurité linguistique, en termes de compétence et de performance communicative des sujets culturels camerounais. Nombreuses sont les définitions de ce vocable. Les quelques définitions qui nous sont proposées dans cet ouvrage nous permettent de ne cerner que quelques contours sémantiques de ce terme, pour ne pas dire tout simplement qu’elles nous laissent sur notre faim. Au lecteur d’en juger lui-même. Depuis ce prisme d’appréciation, cet ouvrage collectif a deux objectifs, l’un plus modeste ou simpliste au goût de certains, et l’autre plus ambitieux, peut-être. Le premier objectif est d’épiloguer sur l’existence ou la non existence de la paix comme phénomène social au e Cameroun, en ce début du 3 millénaire. Le deuxième est de démonter les mécanismes de construction, de fonctionnement et de signification de la paix dans ses diverses expressions et manifestations, d’en interroger les contours conceptuels et pragmatiques en tant que phénomène social et comme signe culturel consensuel ou controversé (?), ou consensuellement controversé de la grande majorité des Camerounais, des points de vue morpho-syntaxique, sémantique et pragmatique. Ainsi, l’on questionne divers discours et faits sociaux relevant de différents systèmes de signes (linguistiques, non-linguistiques, etc.), qui rendent compte d’une heureuse cohabitation entre la visualiture (fictive ou réelle), la littérature (dans son sens large) et l’oraliture, pour un seul et même but : la Paix. Pour tout dire, cet ouvrage prétend ainsi retisser la toile d’un phénomène social controversé, en repérant les points où la trame s’est effilochée, a perdu ses teintes et son épaisseur, en renouant les fils qui s’étaient coupés.
Il y a donc tout lieu d’affirmer que cet ouvrage collectifmet à l’épreuve de production du sens critique, pour ainsi dire, de manière binomiale, deux phénomènes qui rythment le quotidien des Camerounais, en ce début du troisième millénaire : les espaces et la paix. Il ne serait pas
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