Figures du gnosticisme

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Le gnosticisme apparaît dans les premiers siècles de l'ère chrétienne. Intégrant des éléments helléniques, chrétiens, orientaux, il propose une réponse radicale au monde chaotique, en opposition à l'univers harmonieux du cosmos grec. Le gnosticisme soutient l'hypothèse d'un dualisme radical, d'un Dieu caché, au-delà du démiurge, créateur de l'ici-bas. Il apporte ainsi une réponse originale à la radicalité du mal, à son origine, en supposant un salut transcendant, ultra-mondain, irréductible au temps cosmique.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
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EAN13 : 9782140005237
Nombre de pages : 118
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PhilippeFLEURY
FIGURES DU GNOSTICISME
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
Figures dugnosticisme
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot
Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Marc LEBIEZ,Œdipe athée, Les hommes abandonnés des dieux, 2016. Philippe FLEURY,Nicolas de Cues et Giordano Bruno, philosophes de la Renaissance, 2016. Christian SALOMON,La Condition corporelle, 2015. Edmundo MORIM de CARVALHO,Paradoxes et peinture I : Escher, Klee, Kandinsky, Matisse, Picasso, 2015. Edmundo MORIM de CARVALHO,:Paradoxes et peinture II Monochrome, Hyperréalisme, expressionnisme abstrait et pop art, 2015. Lenka STRANSKA, Hervé ZÉNOUDA (dir.),Son – image – geste. Une interaction illusoire ?, 2015. Jean-Luc EVARD,Du sensible au sensé, 2015. Philippe FLEURY,Philosophie de l’histoire et cosmopolitisme, 2015. Aouichaoui Mohamed KARRAY,Thomas Hobbes et l’idée de puissance, 2015. Jalal BADLEH,De Derrida à Lévinas, La dette et l’envoi, Le temps de l’autre, La déconstruction et l’invention du futur, 2015.
Philippe FleuryFigures du gnosticisme
Du même auteur
« Georg Lukács, Ernst Bloch et l’expressionnisme », La Pensée, n° 284, nov.-déc. 1992. « Dialectique négative et hégélianisme », La Pensée, n° 293, mai-juin 1993. « Horkheimer et la philosophie de l’histoire », La Pensée, n° 298, avril-mai-juin 1994. « L’ange comme figure messianique dans la philosophie de l’histoire de Walter Benjamin », ème Archives de sciences sociales des religionsannée,, n° 78, 37 avril-juin 1992. « Lumières et traditions, Jürgen Habermas face à Hans-Georg Gadamer », Philosophie, Institut catholique de Paris, Comprendre et interpréter, éditions Beauchesne, 1993. Hegel et l’Ecole de Francfort, L’Harmattan, Ouverture philosophique, 2015. Philosophie de l’histoire et cosmopolitisme, L’Harmattan, Ouverture philosophique, 2015. Nicolas de Cues et Giordano Bruno, philosophes de la Renaissance, L’Harmattan, Ouverture philosophique, 2016.
© L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08551-7 EAN : 9782343085517
I. Introduction La définition du gnosticisme se voit réactualisée à travers le temps, d’où son caractère dynamique. Et cette tendance s’est accrue par les découvertes récentes de manuscrits, tant sur les bords de la mer morte que dans la vallée du 1 Nil . Si, d’un côté, la définition de ce mouvement reli-gieux n’est pas arrêtée, d’un autre côté elle ne concerne pas non plus un type unique et fixe de recherches. Hormis les études classiques des hérésiologues chrétiens, le gnos-ticisme en vint à intéresser dans la recherche contempo-raine la psychologie religieuse avec Jung, la phénoméno-logie et on rapproche même le cri angoissant, proféré par les gnostiques, de l’existentialisme. Mais tentons mainte-nant d’établir un « consensus », une définition provisoire de la gnose. Tout d’abord, il faut distinguer gnose au sens 2 large, gnose au sens étroit et gnosticisme . Schématiquement, le gnosticisme est un mouvement plus limité, temporellement et spatialement plus restreint que la gnose. Le gnosticisme, c’est cette création conceptuelle, imaginative, mythologique, syncrétique des trois premiers siècles de l’ère chrétienne. Les figures ou figurants du gnosticisme sont alors ces personnages classiques : Basi-lide, Valentin, Marcion, Epiphane, etc., essentiellement ceux qui entrent en polémique, avec leurs épigones, contre les hérésiologues chrétiens. La gnose est, au contraire, un mouvement protéiforme, plus vaste. En elle, surgissent ou renaissent des notions gnostiques (relatives au gnosti-cisme) pouvant puiser leurs racines dans l’Orient mytho-logique, le paganisme hellénistique, etc. C’est pourquoi l’on parle d’une gnose pré-chrétienne mais l’on décèle dans l’histoire une gnose aussi bien chez les mystiques théosophes, panthéistes (comme chez Jacob Boehme) que dans des courants sectaires ou artistiques (symbolisme –
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romantisme). En d’autres termes, la gnose semble être de tous les temps. Or, dans cette monographie limitée, il sera question du gnosticisme et non de la gnose. En outre, l’objet gnosticisme, dont il sera ici débattu, peut tout d’abord être déterminé négativement. Ainsi, on ne tentera pas de circonscrire l’origine du gnosticisme, soit en 3 le reliant à une gnose pré-chrétienne , soit en confirmant son apparition comme hérésie au sein du christianisme déjà existant. La question des origines temporelles du gnosticisme sera ici éludée. De même, les affinités avec le milieu spatial passeront en second plan. On ne tentera pas de discerner les apports respectifs de diverses cultures ou des antécédents immédiats, par exemple le rôle des néo-pythagoriciens (Numenius), de l’Ecole d’Alexandrie (Phi-lon), des cultes orientalisants à mystères… Leur mention aura seulement valeur illustrative puisque ce qui prévaut, c’est de préserver la spécificité du gnosticisme et ce, par le biais de la méthode phénoménologique. Il s’agit bien plutôt de dévoiler une structure objective propre à ce mouvement religieux. Toutefois, il faut éviter de fossiliser les notions gnostiques en « mythèmes » ou 4 « philosophèmes » invariants , les critères structuraux proposés restant sujets à caution et pouvant être infirmés par une autre perspective de recherche. On peut en ce sens formuler certaines notions axiales propres au gnosticisme. Tout d’abord, il faut noter que cette dénomination est ré-cente, c’est un concept générique qui englobe différentes 5 sectes et qui permet le discernement des traits communs. Le gnosticisme ne se réduit pas à lagnôsis, ce n’est pas simplement un type ou une théorie de la connaissance. Ce n’est pas non plus uniquement une doctrine de salut par la connaissance. La connaissance des gnostiques n’est pas seulement une découverte de soi mais aussi du dieu qui
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était auparavant inconnu. Par ailleurs, méditant sur leur existence déchirée, intra-mondaine, ils mettent en question la temporalité et tentent de mettre à jour « la connaissance de ce que nous sommes et de ce que nous sommes deve-nus ; du lieu d’où nous venons et de celui dans lequel nous sommes tombés ; du but vers lequel nous nous hâtons et de ce dont nous sommes rachetés ; de la nature de notre 6 » naissance et de celle de notre renaissance. Or la réponse à ces thèmes implique un certain anticosmisme qui dé-bouche alors sur une théologie et une cosmologie spéci-fique. C’est pourquoi lagnôsis est essentiellement une révélation de « soi », celle-ci impliquant une adhésion à une religion. Lagnôsis protéiforme n’est assurément pas purement ra-tionnelle et l’on peut dire qu’il n’y a pas de distinction de type analytique entre foi et raison chez les grandes figures 7 du gnosticisme . Lagnôsis, malgré son apparence, ne se 8 rattache pas au seullogos. Elle débouche sur hellénisant un anticosmisme qui induit un dualisme théologique, avec comme corollaire l’antithèse démiurge-dieu supérieur (deus absconditus). Tout ceci pour montrer combien il est malaisé de déduire a priori l’existence de la gnose ou du gnosticisme ou, en en revanche, d’induire a posteriori – à partir de données empiriques – une définition qui sera né-cessairement partielle (l’objet gnosticisme est infini en extension, de nouvelles découvertes quant aux sources sont toujours possibles) et partiale (liée à la compréhen-sion propre au chercheur). Mais au-delà de cette constata-tion, des questions restent nécessairement irrésolues ; no-tamment celle qui prétend justifier l’anticosmisme comme lié au gnosticisme. Pourquoi la valeur de la création y est-elle renversée ? Certains chercheurs proposent des réponses unilatérales.
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