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Habiter le monde fragile

De
162 pages
Avec le début de l'ère industrielle, notre écosystème n'a cessé d'être dégradé par l'activité humaine. Et puisque la vie humaine est liée à la terre, et donc à sa qualité minimale, comment habiter ce monde devenu désormais fragile ? En travaillant sur le système philosophique d'Hans Jonas, au regard de Gunther Anders et Heidegger, l'auteur pose la question de la cohabitation de l'homme avec la technique. Avec, in fine, quelques hypothèses pour conserver notre "maison commune".
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Barthélemy KABWANAMINANI
HABITER LE MONDE FRAGILE Réflexion sur la technique dans l’ontologie de Hans Jonas
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10089-0 EAN : 9782343100890
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HABITER LE MONDE FRAGILE
Ouverture philosophique Collection dirigée par, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Fabrice MOUSSIESSI,Penser l’épistémologie non classique des mathématiques chez Imré Lakatos,2016. Gérard GOUESBET,Violences des Hommes, 2016. Dominique CHATEAU,Ontologie et représentation, 2016Philippe FLEURY,Walter Benjamin, Un itinéraire philosophique, 2016. Paul DUBOUCHET,Le « scandale Joseph de Maistre », 2016. Pierre LAMBLE,Le temps des monstres, Conscience humaine et violence de l’état, tome 4, 2016. Pierre LAMBLE,Esprit et déraison, Conscience humaine et violence de l’état, tome 3, 2016. Pierre LAMBLE,L’ombre de César, Conscience humaine et violence de l’état, tome 2, 2016. Pierre LAMBLE,L’enfance terrible des États, Conscience humaine et violence de l’état, tome 1, 2016. Rafik HIAHEMZIZOU,L’Expérience scientifique. Exposé philosophique de son développement, 2016. Joël BALAZUT,La structure métaphysique du monde moderne. Heidegger et la question de la technique, 2016. Gilles GUIGUES,La vertu en acte chez Aristote, Une sagesse propre à la vie heureuse, 2016.
Barthélemy KABWANAMINANIHABITER LE MONDE FRAGILE Réflexion sur la technique dans l’ontologie de Hans Jonas Préface de Marc Grassin
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier tous ceux qui de près ou de loin m’ont aidé à parfaire ce travail : Le prof. Marc Grassin qui l’a dirigé, Anne-Marie Pierron et Odile Beguin qui l’ont relu et corrigé, les confrères et amis dont l’apport moral et matériel a été déterminant pour sa publication : Paolo Tovo, Pier Agostinis, Emmanuel Adili, Benjamin Mugisho, Jacques Galangwa, Paulin Batairwa, Ghislain Mulumanzi, Louis Birabaluge, Joseph Bavurha, Donatien Ciza, Seraphin Akonkwa, Gabriel Basuzwa, Ferdinand Mushagalusa, Damas Bwiza, François Mushinzi, Martin Ali Keke et tous les autres.
PRÉFACE
Ce texte serait-il une contribution de plus sur Hans Jonas, la simple mise en forme d’un travail académique de plus ? Pas tout à fait. Il y a dans ce texte, devenu un livre, bien autre chose. Il y a un petit quelque chose qui nous emmène au fil de la lecture vers une compréhension plus juste de l’enjeu qui désormais nous est incombe. Il y a dans ce texte un authentique travail philosophique qui nous invite non seulement à mieux comprendre la position philosophique de Hans Jonas – ce qui n’est déjà pas rien –, mais à nous positionner sur la modernité contemporaine. Tout l’enjeu de ce livre, et c’est sa force, est d’assumer les tensions qui désormais font partie de notre condition anthropologique. Nous habitons le monde dans le mouvement infini de le transformer jusqu’à mettre en jeu la nature elle-même, mais aussi notre condition humaine. Nous découvrons par la puissance de notre pouvoir-faire et de notre capacité à intervenir que l’homme est celui qui s’invente comme liberté. C’est son mode d’être, sa manière à lui d’être au monde. Sa liberté a un prix, celui du risque, mais aussi celui d’avoir à avancer en clair-obscur en ayant à tracer un futur au sens propre
du terme infigurable. Notre condition humaine est incertitude et complexité. Et si cela inquiète et fait peur, c’est aussi l’occasion formidable de reprendre la main. Plus que jamais, la responsabilité enracine l’homme dans sa condition, celle d’avoir pour reprendre une formule de Paul Ricoeur à « rendre compte parce qu’un autre compte sur nous ». Barthélémy Kabwana Minani rend compte à sa manière en tentant de dire là où nous avons désormais à creuser l’exigence éthique de notre responsabilité vis-à-vis de l’autre, et de tout autre, y compris de ceux et celles qui n’existent pas encore et dont pourtant nous avons à être déjà maintenant solidaires. Le monde humain est un monde ouvert parce qu’un acte créatif. Nous créons notre monde et avons à l’habiter. Qu’est-ce que cela signifie ? Habiter son monde veut dire que nous n’avons pas seulement à suivre le mouvement de ce qui s’impose à nous, mais que nous avons à décider nos manières d’investir ensemble notre habitat anthropologique et politique. Si le monde – c’est-à-dire que ce que nous faisons – est la « maison commune » des Hommes, mais plus encore de la vie en humanité, c’est-à-dire d’un éco-système anthropo-politique, l’habiter nous renvoie à la question des modes de relations entre les Hommes, les choses et l’environnement. Que souhaitons-nous comme type de relation ? Voilà la question décisive, celle de la décision de la relation présente et future de l’homme avec lui-même. Lourde tâche et lourde responsabilité qui nécessitent une éducation, véritable condition assumer une liberté commune.
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Une préface n’a pas besoin d’être longue, elle n’est là que pour servir l’auteur du texte, comme une sorte de premier témoignage de ce qu’a été son expérience de lecture. Et comme premier lecteur, je voudrais dire à ceux et celles qui liront à leur tour ce texte authen-tiquement philosophique qu’il invite au dialogue intellectuel avec l’auteur. C’est là l’essentiel. Les quelques heures passées avec son auteur au fil de son analyse laissent le sentiment plaisant qu’à la fin il y a un possible, un avenir et un futur. Il y a dans ce texte une confiance sans naïveté dans le monde et dans l’homme. C’est cela aussi l’exigence éthique. Croire et vouloir que l’avenir est ouvert… Croire et vouloir que l’homme est son propre avenir. Marc Grassin Professeur à l’Institut Catholique de Paris Directeur du groupe "Philosophie et entreprise"
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