Imagination et alchimie à la Renaissance

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Ce deuxième tome du tarot philosophique et alchimique traite tout particulièrement des lames majeures du tarot de Marseille, d'où son titre « Lames de l'âme ». Il s'agissait, pour un voyageur impénitent de la Renaissance, en déchiffrant ce « livre muet », de se recréer par la « connaissance intelligible ». S'appuyant sur les témoignages écrits et iconiques de la première Renaissance, se référant eux-mêmes aux Grecs et aux alchimistes spirituels soufis, l'auteur souhaite rendre justice à ce jeu en en rappelant les références.
Publié le : mercredi 15 juin 2016
Lecture(s) : 11
EAN13 : 9782140012914
Nombre de pages : 256
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JeanPierreJOUVIN
IMAGINATION ET ALCHIMIE À LA RENAISSANCEL’exemple du tarot de Marseille
Tome 2
Lames de l’âme Approche néoplatonicienne du tarot
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
Imagination et alchimie à la Renaissance L’exemple du tarot de Marseille
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Chloé DELAPORTE, Léonor GRASER, Julien PEQUIGNOT (dir.),Penser les catégories de pensée. Arts, cultures et médiations, 2016. Pierre DREYFUSS,La Photographie « de » Wittgenstein, 2016. Robert FOREST,L’homme connaissant, Quatre essais de philosophie critique, 2016. Fatma MOUMNI,Auguste Comte et la pensée de David Hume, 2016. Germain-Djéry NDONG-ESSONO,De l’éthique environnementale à la dialectique réflexive. Confrontation entre Hans Jonas et André Stanguennec, 2016. Arash JOUDAKI,La politique selon l’égalité. Essai sur Rancière, Gauchet, Clastres et Lefort, 2016. Gérard GOUESBET,Violences de la nature, 2016 Olivier VERDUN,L’énigme de la domination, 2016 Michel FATTAL,Du bien et de la crise, Platon, Parménide et Paul de Tarse, 2016. René PASSERON,L’amour refus,2016 Mouchir Basile AOUN,La Cité humaine dans la pensée de Martin Heidegger. Lieu de réconciliation de l’être et du politique, 2016. Nikos FOUFAS, La critique de l’aliénation chez le jeune Marx, 2016. Patrick MBAWA DEKUZU YA BEHAN,Le paradoxe du pardon chez Paul Ricoeur. De la gratuité à la gratitude, 2016.
Jean-Pierre JOUVINIMAGINATION ET ALCHIMIEA LARENAISSANCEL’exemple du tarot de Marseille Tome 2 Lames de l'âme Approche néoplatonicienne du tarot
L’Harmattan
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30582-0 EAN : 9782336305820
Remerciements
Je remercie Monsieur Jacques van Lennep, Attaché aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Professeur à l'Académie Royale des Beaux-Arts, Bruxelles, qui m'a donné l'autorisation d'utiliser certaines illustrations alchimiques du livre « Alchimie », commandé par le Crédit Communal Belge, en 1984.
Je remercie France Cartes qui m’a donné l’autorisation de reproduire les lames du Tarot de Marseille.
Je remercie les éditions Snoeck, Belgique, pour m'avoir permis d'intégrer dans ma thèse tout dessin alchimique extrait du livre « Alchimie » issu par le Crédit communal Belge.
Je remercie Guy Defoin, artiste belge et ami, qui a illustré ma thèse pour la première de couverture du premier volume.
Je remercie Richard Beczkowski, collègue à l’Université Populaire du Chalonnais, pour son aide amicale en informatique.
Je remercie mon ami François Gosselin, photographe et administrateur à l'Ardi-Photographies (Association Régionale pour la Diffusion de l'Image) à Caen pour son aide concernant l'utilisation de logiciels photos.
Je remercie mon épouse, France, qui a relu patiemment mon travail et m'a proposé des corrections utiles.
Dilectissimae uxori France
Note préliminaire.
Le Tarot de Marseille est un livre muet. Comment le lire ou le faire parler ? Notre époque le connaît en tant que jeu divinatoire sans néces-sairement questionner le dessin des lames qui le constitue. Le premier volume, en situant la création de ce jeu dans la première Renaissance, au XVe siècle, se donnait pour but d’en rechercher les sources. Celles-ci sont d’ordre philosophiqueoù hermétisme, orphisme, paracelsisme, alchimie, soufisme chrétien, voire également kabba-lisme chrétien, cohabitent, dans un grand souci de liberté, en contraste avec la scolastique qui avait unifié toutes les connaissances mais les avait insérées dans une dogmatique sévère et rigide. Le Tarot de Marseille est un Art de la mémoire dans la ligne que postulait Raymond Lulle. C’est un jeu hermétiste, ou comme le dit Antoine Faivre, hermésien.
La Renaissance est une époque de jeux de toutes sortes, intellec-tuels et physiques. Les tarots en font partie ; ils y en a de célèbres, tel le tarot de Charles VI, le tarot de Mantegna ou de Visconti. Ils suppo-sent une vie de cour et de culture, un art de vivre où les femmes sont associées.
Mais en tant que livre muet, il masque d’autres attentes. En tant qu’Art de la mémoire, il rappelle d’anciennes techniques héritées de l’Antiquité et du Moyen âge dans lesquelles les lieux de référence étaient les signes du zodiaque. Sa méthode était très élaborée et les images étaient censées représenter toute la connaissance du Monde.
Une telle méthode devait être utilisée de manière magique à la Renaissance, comme un chemin pour atteindre le monde des idées au-delà des apparences et obtenir ainsi le pouvoir d'influer sur les événements du monde réel.
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Cet aspect magique se voulait théurgique dans la mesure où les lames pouvaient servir de supports dont le symbolisme opératoire était destiné à éveiller la présence divine.
L’École platonicienne de Marsile Ficin, sous la coupe de Cosme de Médicis à Florence au XVe siècle, avait à cœur d’éveiller les consciences des adeptes qui se croyaient volontiers les intercesseurs de ces puissances. L’imaginal, c’est-à-dire, la puissance imaginative pour reprendre un concept qu’Henry Corbin a laissé à la philosophie occidentale, devait permettre à l’âme de s’élever progressivement jusqu’à incarner les puissances qu’elle s’efforçait d’invoquer.
Le jeu présenté ici reprend les lames majeures une à une ; les commentaires qui les accompagnent ont pour but de les décrypter selon les connaissances disponibles alors, qui faisaient la part belle à la redécouverte du néoplatonisme et aux sciences qui l’entouraient, l’alchimie spirituelle n’étant pas le volet le moins original.
Celle-ci -l’alchimie spirituelle et sa puissance imaginale- a été masquée pendant des siècles ; la Contre-Réforme préoccupée de repenser ses fondamentaux, la science naissante luttant pour affirmer sa légitimité, voilà deux frères ennemis en puissance qui se sont solidarisés pour évacuer toutes sortes de correspondances censées unir le ciel et la terre, l’hermétisme en étant un exemple. Le dualisme cartésien l’emportera. Il faudra attendre CarlJung, Henry Gustav Corbin et leurs épigones pour rendre justice au XXe siècle à ces domaines de connaissances jugés bien inaptes à la rationalité.
Enfin, Jean-Jacques Wunenburger, qui questionne notre temps entré dans une crise de la raison, s’efforce dele rationnel de distinguer l’irrationnel; pour lui, comme il le développe dans « la Raison contradictoire », il existe un nouveau type de raison devant permettre de mieux saisir la complexité du réel sans pour autant évacuer les normes d’intelligibilitérationnelles.
Ce faisant, une réappropriation de la « dualitude contradictorielle », qui caractérise l’alchimie notamment, ne met pas en cause l’ortho-doxie aristotélico-cartésienne, mais amplifie au contraire l’approche du réel que cette « science » traditionnelle s’efforçait de faire en s’appuyant sur les notions de vie et de temps, les deux impliquant les
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natures,natura naturans etnatura naturatales temps, humain et et divin. C’est ainsi que la Renaissance qui n’avait pas encore accouché de Descartes, n’était pas irrationnelle; elle avait développé, dans une grande liberté, les pensées présocratique, néo-platonicienne et hermésienne. Comme rien d’humain, et on pourrait ajouter, de divin, ne lui était étrangère, elle s’était approprié tout l’universreligieux venu d’Orient, judaïsme, islam et hermétisme.
C’est ainsi que le jeu espère montrer la progression de cette puissance qui faisait que l’adepte de la première Renaissance devenait la puissance divine ou croyait en être investi, jusqu’à se faire mage, Magus ou théurge, pensant peut-être, tels les Grecs de l’Antiquité, se mettre à l’écoute des mystères d’Eleusis.Nous avons tenté ce pari : celui de retrouver de façon imaginaire et imaginale, mais appuyée sur de la documentation, vérifiée par l’uni-versité, l’itinéraire initiatique d’un pèlerin de l’âme en quête d’initiation.
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