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Individu et technologie

De
162 pages
Cet ouvrage est signé par deux auteurs: un philosophe et un scientifique. L'objet de leur recherche n'est autre que l'individu d'aujourd'hui. Celui-ci, placé dans un monde à haute densité technologique, peut et doit être pensé, tant sur le plan scientifique que philosophique. Prenant la parole à tour de rôle, ils abordent aux temps passé, présent et futur, la relation entre l'homme et l'artefact, en la situant dans la perspective de la réflexion actuelle sur l'écologie.
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Individu et technologie

La Philosophie en commun Collection dirigée par Stéphane Douailler, Jacques Poulain, Patrice Vermeren
Nourrie trop exclusivement par la vie solitaire de la pensée, l'exercice de la réflexion a souvent voué les philosophes à un individualisme forcené, renforcé par le culte de l'écriture. Les querelles engendrées par l'adulation de l'originalité y ont trop aisément supplanté tout débat politique théorique. Notre siècle a découvert l'enracinement de la pensée dans le langage. S'invalidait et tombait du même coup en désuétude cet étrange usage du jugement où le désir de tout soumettre à la critique du vrai y soustrayait royalement ses propres résultats. Condamnées également à l'éclatement, les diverses traditions philosophiques se voyaient contraintes de franchir les frontières de langue et de culture qui les enserraient encore. La crise des fondements scientifiques, la falsification des divers régimes politiques, la neutralisation des sciences humaines et l'explosion technologique ont fait apparaître de leur côté leurs faillites, induisant à reporter leurs espoirs sur la philosophie, autorisant à attendre du partage critique de la vérité jusqu'à la satisfaction des exigences sociales de justice et de liberté. Le débat critique se reconnaissait être une forme de vie. Ce bouleversement en profondeur de la culture a ramené les philosophes à la pratique orale de l'argumentation, faisant surgir des institutions comme l'École de Korcula (Yougoslavie), le Collège de Philosophie (Paris) ou l'Institut de Philosophie (Madrid). L'objectif de cette collection est de rendre accessibles les fruits de ce partage en commun du jugement de vérité. Il est d'affronter et de surmonter ce qui, dans la crise de civilisation que nous vivons tous, dérive de la dénégation et du refoulement de ce partage du jugement. Dernières parutions

Alejandro BILBAO, Les espaces de la causalité en psychanalyse, 2005. François de BERNARD (sous la responsabilité de), Europe, diversité culturelle et mondialisations, 2005. Eric PUISAIS, La naissance de l 'hégélianisme français, 2005. Giovanni Pietro BASILE, Transcendance et finitude. La synthèse transcendantale dans la Critique de la raison pure de Kant, 2005.

LA PHILOSOPHIE EN COMMUN
Collection dirigée par Stéphane Douailler, Jacques Poulain et Patrice Vermeren

Stanislas Breton - Bernard

Baudry

Individu et technologie

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris

FRANCE
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Espace Fac..des Harmattan Kinshasa L' Sc. Sociales, Pol. et Adm. ; BP243, Université KIN XI - RDC

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10]24 Torino ITALIE

L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements villa 96 12B2260
Ouagadougou] 2

de Kinshasa

http://www.librairieharmattan.com harmattan 1 @ wanadoo. fr

~ L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-9166-2 EAN : 9782747591669

Chapitre I

Perspectives

La lecture attentive de la Déclaration universelle des droits de I'homme, dans sa traduction française du moins, met en évidence que son texte recèle nombre d'expressions pour précisément désigner l'homme. On nomme ainsi tous les êtres puis chacun. Puis arrive le tout individu suivi de tous. On peut aussi citer le toute personne, fréquent, mais aussi le nul sans oublier le rare homme et femme. Arrêtons la lecture au tous et au quiconque, laissant là diverses variations de peu d'intérêt. A vrai dire, sans commettre d'acte sacrilège envers le vénérable texte, sans prétendre non plus en être un exégète même amateur, osons écrire que ces diverses expressions au contenu somme toute différent, se trouvent ainsi assimilées, enrôlées dans ce morceau de I'humanité moderne. On suppose que ces variations vont éviter une lassante répétition, favorisant ainsi la lecture, au moins dans sa langue d'origine. De toutes ces expressions, presque synonymes, tentons au cours de notre propos de n'en retenir qu'une. Essayons de nous limiter au mot individu, étymologiquement simple et

bien affinné : ce qui ne se divise pas. Sans en être totalement certain, on reconnaîtra qu'il s'agit d'un individu humain, même si, stricto sensu, le ver de terre mérite aussi ce vocable. Le mot individu accompagne bien notre propos en ce sens où il implique, d'emblée, dans une acception intuitive, diverses notions qui se retrouvent au cœur de notre discusSIon. Tout d'abord, l'individu ne se divise pas. De fait, cette négation sous-entend que l'on peut imaginer, tenter peutêtre, de le diviser. Un «triste individu », raccourci, comme le rapporte l'expression populaire, par la guillotine, reçoit-il encore ce qualificatif? La tête est tombée dans le panier, exhibée quelquefois. Le reste se voit renvoyé dans un ailleurs, corps sans vie (non sans soubresauts), soudainement devenu inutile. Cet individu-là est divisé; il n'est plus: il est ôté. Nous poserons une première question: comment la technique ou la technologie envahissent-elles l'individu au point d'en rendre floue, incertaine, son enveloppe? Le mot renvoie ensuite à une autre notion, qui vise à distinguer, dans une collection d'éléments, l'un d'entre eux. Il s'agit de celui qui, en quelque sorte, oppose sa singularité, son unicité à un grand tout qui le contient. L'individu développe une relation avec le reste du monde, que l'on va nommer ici société. Ce faisant, nous posons une caractéristique forte de l'individu sur des expressions empruntées à la topologie: il existe un intérieur qui est individu et un extérieur qui est société. Remarquons que la société, de son côté, possède des propriétés différentes de l'individu; la première est de survivre, à leur échelle de temps, aux individus qui la peuplent. Nous confirmons bien la nette séparation entre les deux, car leur vie, et donc leur mort, 8

semblent sans rapport. Pour reprendre l'exemple de notre condamné à mort, on va alors affirmer que la pression sociale rompt brutalement la relation en faisant passer à l'intérieur de l'individu un objet invasif, le couperet soigneusement aiguisé. La société exige de pénétrer l'intérieur de cet individu; voici bien le principe des meilleurs supplices. On perçoit que la notion de frontière, de limite entre l'intérieur et l'extérieur, joue un rôle fondamental. A cette frontière physique, l'individu va utiliser ses divers sens; ils vont lui autoriser un supplément d'information pour pouvoir se former un jugement en suivant des critères d'expérience, de valeur morale. Ensuite, peut survenir une phase active, réponse de l'individu à l'environnement qu'il rencontre à ce moment. Comme postulat, nous posons donc que cet individu sensé doit avoir une perception claire de ce qu'il est. C'est-àdire que cette frontière, que nous discutons, existe, peut être décrite, rendant par là possible l'inventaire de ce qui se trouve à l'intérieur, sans ambiguïté. Il est aussi possible de connaître ce qui lui est extérieur, ce qui n'en fait pas partie. Notre deuxième questionnement sera donc: comment la technique perturbe-t-elle la relation entre l'homme et la machine? L'individu est conjonction indissociable d'un inné et d'un acquis. Cet inné est, jusqu'à preuve du contraire pour les humains, le fruit d'une rencontre sexuée: deux autres individus produisent un nouvel individu, réponse en forme de projet à leur destin mortel. La rencontre pleine de hasard de deux gamètes donne naissance à un nouvel être, un autre. Par l'inné, ce nouvel être sera doté de propriétés diverses et multiples: la couleur des yeux, l'aptitude à 9

comprendre les mathématiques, une dentition fragile. Ces diverses propriétés déterminent le caractère unique, donc exceptionnel, de l'individu. De son côté, l'acquis témoigne du passé de l'individu, il raconte son passé. L'ensemble de son savoir participe bien sûr au premier chef dans l'élaboration progressive de cet acquis. Ce savoir peut, dans certains cas majoritairement, déterminer l'individu par confusion entre le savoir-faire et l'être; on parlera alors du boulanger, du médecin. On désigne à la fois I'homme, la profession, la fonction, le lieu. Les rencontres, elles-mêmes souvent fruit du hasard, orientent sa vie également, quelquefois radicalement et définitivement. Rendre compte de ces deux notions, l'inné et l'acquis, c'est dire leur caractère intimement mélangé, mêlé au sein d'un individu; c'est aussi affirmer la nécessité dans la complémentarité de l'une et de l'autre. La science rend possible la maîtrise des générations, de façon industrielle chez les animaux, à un stade expérimental chez I'homme. Quelles conséquences dues aux manipulations sur l'inné disceme-t-on dès à présent vis-à-vis de la notion d'individu? Telle sera notre troisième question posée à propos de la technique. C'est donc par rapport à ces trois approches et ces trois questions que nous allons maintenant évaluer les perturbations apportées par la technique à la notion d'individu. Le dessein est d'ouvrir le champ de la réflexion par un petit panorama de ce que la science peut aujourd'hui produire. Cette ouverture apparaît nécessaire pour deux raisons avant de laisser la plume au philosophe. D'une part, la science avance de façon exponentielle. De façon banale, cette assertion signifie que plus de temps s'est écoulé pour passer du fardier de Cugnot à la première 10

voiture de série que du premier transistor électronique à l'exploration lunaire. Il semble cependant que le supplément de science soit plus important dans le second intervalle que dans le premier (mais cela peut aussi être un effet de l'immodestie de notre génération !). Ainsi, la science qui avance en s'utilisant elle-même comme outil de son propre progrès subit une sorte d'effet d'avalanche: l'augmentation de sa vitesse augmente... et ainsi de suite, ce qui provoque cet apparent effet d'emballement. Par contre, le premier observateur des effets de la science, l'homme qui vit dans son époque, voit sa vie d'une durée approximativement constante. La Bible rapporte déjà le chiffre de quatre-vingts ans «pour les plus vigoureux », chiffre proche des données actuelles. Cela signifie que les hommes du Moyen Age devaient avoir une perception de leur environnement comme sensiblement constant par rapport à ce facteur de technicisation. Chacun disposait, selon son métier, d'un ensemble d'outils qui ne variaient guère; du moins, il en suivait sans peine les évolutions. Bien souvent, sa panoplie s'héritait du père et se transmettait aux enfants. Il en va différemment à notre époque. Les outils qui sont les nôtres n'existaient pas pour nos parents: ordinateur, téléphone portable... Les mots pour les décrire non plus: cdrom, microprocesseur, e-mail. Nous sommes donc confrontés à une complexité inaugurale et permanente. Cette nouvelle complexité s'impose à nous et provoque un effort d'adaptation qui précède en permanence la réflexion. Un état des lieux s'avère nécessaire. D'autre part, la science dans son avancée, parce qu'elle procède d'elle-même et qu'elle s'accélère comme on l'a vu, peut provoquer, dans l'esprit de ceux qui en usent et la subissent, une montée aux extrêmes, clivante et stérilisante. Une première attitude est de tout rejeter en bloc en accusant la technique de tous les maux; cela revient à Il

priver l'accusateur de tous les progrès que l'on peut légitimement espérer dans telle ou telle parcelle de science. Cela conduit à une séparation plus ou moins marquée d'avec le monde environnant. Or, il se trouve que l'objet même de ce refus évolue en permanence; une pratique technologique en remplace une autre. L'utilisateur potentiel se trouve ainsi confronté à une sorte de jeu d'étapes où le fait d'en manquer une conduit à l'élimination. On perçoit bien sûr, mais c'est un autre sujet, qu'il s'agit d'un authentique instrument du pouvoir politique. La seconde attitude consiste à tout accepter, sous prétexte de nouveauté, de nécessité, de fatalité. C'est la pseudothéorie, sans fondement, de «l'air du temps », du «sens du fleuve ». Il faut être dans le coup. Dans la bouche de

ses défenseurs, il y a une sorte d'espoir - car demain sera, à coup sûr, meilleur qu'aujourd'hui - et aussi une évidente soumission - comme si l'avancée du monde gouverné par
la science obéissait à une sorte de projet extérieur à ceux qui le subissent. Une réflexion que l'on tente de rendre fructueuse ne peut s'engager dans ces conditions. Une appréhension objective passe par un inventaire des outils que la technique moderne nous propose, tout en décrivant d'ailleurs les rapports dans la vie quotidienne avec notre sujet individu.

Une enveloppe incertaine

Voilà déjà plusieurs millénaires que l'homme tente de se modifier à titre personnel ou plus souvent dans le cadre d'une activité professionnelle. Laissant de côté les formes ablatives (amputations, dissections...) qui ne produisent 12

pas de réelle nouveauté, nous observons qu'avec constance 1'homme utilise les techniques dont il dispose pour permettre une modification des individus; cette action peut être correctrice après une déficience innée, réparatrice après un accident ou simplement palliative pour atténuer les effets de la maladie ou de la vieillesse. Nous sommes dans la gamme des prothèses de tout genre, des compléments d'individu aptes à faciliter l'exécution de la fonction concernée. Ces compléments permettent par exemple une meilleure restitution des sens: le cornet du malentendant, électrifié puis actuellement doté des meilleures techniques de traitement des signaux acoustiques dans des volumes tout à fait réduits; les bésicles apparues dès le XIIIe siècle et qui depuis suivent fidèlement les progrès réalisés en optique et surtout dans le traitement des matériaux. Ces compléments vont aussi intéresser une fonction mécanique: des nouveaux membres Gambe de bois, main crochet.. .) ou des prothèses dentaires restaurant une mastication suffisante des aliments. Très tôt, ces attributs vont arriver comme substitut après une perte de l'élément originel entraînant la perte de fonctionnalité. Ils peuvent aussi jouer un rôle simplement esthétique, chargé d'améliorer un physique ingrat (perruque, œil de verre...) ou même encore de séduire (faux cils, faux ongles). Limitons là cette énumération sans autre intérêt que de traduire l'appétit insatiable d'artifice! L'ensemble de ces prothèses possède deux caractéristiques; d'une part, elles se situent en périphérie de l'individu, sans donc remettre en cause formellement sa frontière avec le réel; en image, on peut écrire qu'elles épaississent la frontière, sans toutefois la déplacer. D'autre part, elles sont relativement inertes, dépourvues 13

d'intelligence et ne faisant pas ou peu appel à une énergie extérieure. Même si elles procurent un gain fonctionnel réel et permanent, leur usage ne modifie donc pas fondamentalement la relation entre l'individu et son environnement. D'autres types de prothèses se sont développés dans les dernières dizaines d'années. Certaines présentent un caractère nettement plus invasif, par exemple le stimulateur cardiaque. Il remplace, sans faille possible, une fonction importante, non redondante, du corps humain. Cet appareil complexe perturbe l'individu qui évolue dans ses caractéristiques. Ainsi, au contraire du non-greffé, le porteur de cette prothèse devient sensible à certaines radiations électriques, même assez faibles; cette susceptibilité nouvelle ressemble à celle de matériels électroniques fragiles, propriété non humaine. En restant du côté du muscle cardiaque, notons aussi certaines valves, qui représentent réellement un miracle technologique, qu'il faut changer tous les dix ans. On entre dans une pratique préventive un peu analogue aux révisions périodiques des automobiles. Mais la technologie avance encore et c'est sans doute du côté de la micro-électronique qu'il faut observer et discerner des progrès déterminants. Ce domaine est porteur de nombreuses promesses car la machine et 1'homme partagent un langage commun: celui de l'électricité. Les travaux sur les conductions dans les nerfs et la compréhension intime du cerveau autorisent des expériences tout à fait nouvelles. Par exemple, des recherches font état d'un nerf optique relié à une rétine artificielle autorisant les aveugles à recouvrer la vue. On songe également, après une section accidentelle de la moelle épinière provoquant une paraplégie, à raccorder la partie indemne de 14

cette moelle à un nerf situé dans la jambe. Entre les deux, un simple fil électrique avec à chaque bout des transducteurs chargés de faire la « conversion ». Ce dispositif permettrait à nouveau le dialogue entre les neurones humains accidentellement isolés les uns des autres. Cette chirurgie réparatrice nous rassure plutôt car elle permet à l'individu de retrouver une fonction qu'il a possédée ou aurait dû posséder naturellement.

L'intimité entre l 'homme et la machine

Le dialogue entre le cerveau et l'extérieur ou le monde environnant passe par les différents sens. Depuis que I'homme existe, il appréhende ce qui lui est extérieur à l'aide de ses sens. Ses sens peuvent être corrigés, on l'a vu, ou modifiés, mais en tout état de cause ils restent nécessaires pour recueillir de l'information, en effectuer une synthèse et passer à l'action1. Une connexion directe au cerveau par une «puce» électronique permet la liaison avec un environnement artificiel: machine, ordinateur. Il devient facile de lire dans le cerveau et d'y écrire. Par exemple, un ami malgache vient dîner ce soir et on souhaite dialoguer dans sa langue maternelle. Il suffit de brancher son cerveau (par liaison radio sans doute) sur une méthode Assimil version futuriste, et, en quelques minutes, on a l'intelligence de cette langue, sans apprentissage préalable. Voilà bien de quoi ruiner la profession d'interprète! De même, en pratiquant une connexion di1

. . Juger, agIr.

Cf. Les trois verbes qui régissaient jadis l'action catholique: voir,

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recte, sans locution intermédiaire, la communication de cerveau à cerveau, en parole silencieuse, commence à pouvoir être sérieusement envisagée, au moins dans un stade rudimentaire d'échange des émotions (peurs, plaisirs.. .). La caractéristique commune à ces recherches est d'adjoindre à l'individu des capacités qui lui sont ordinairement extérieures, essentiellement capacités de calcul et possibilités sensorielles nouvelles. En effet, en matière de calcul, l'observation depuis quelques décennies permet de prédire, sans trop de risque de se tromper, qu'aux alentours de 2020, dans moins d'une génération humaine, l'ordinateur à bon marché accomplira autant d'opérations élémentaires à la seconde que le cerveau humain. De la même façon que I'homme s'est doté de moyens de transport pour suppléer sa force musculaire, il est aisé d'imaginer que, la technologie l'autorisant, il utilisera un moyen de pensée multipliant ainsi ses facultés. Ouverte aux classes dirigeantes dans un premier temps, cette nouveauté se présentera comme un cerveau déporté, connecté par un réseau de transmission. D'ailleurs, pourquoi ne pas envisager un parallèle avec les moyens de transport qui existent sous forme individuelle et sous forme collective, les transports en commun? Dans le cas de notre machine à penser extériorisée, la forme individuelle est un espace de pensée réservé, puissant à souhait, échangeable selon la volonté de son propriétaire. Il l'a choisie dans une revue qui compare les dernières machines, avec des tests types, le jeu d'échecs restant la référence la plus simple. De leur côté, les machines à penser collectives apportent globalement plus de puissance, mais elles se partagent entre de nombreux demandeurs, et la saturation en limite singulièrement l'intérêt.

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