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L'art au risque de la technologie (Volume 1)

De
262 pages

Le monde s'appareille et la technologie s'insinue par tous les pores... L'art n'est pas resté à l'abri de cette invasion. Les oeuvres demeurent dynamiques, interactives, algorithmiques, instables. Ce volume porte le projecteur sur le temps de la création de l'oeuvre et sur son existence objectale.

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Ajouté le : 01 mai 2013
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EAN13 : 9782296535381
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Volume 1
Les appareils à l’œuvre
Pascal Krajewski
1
L’ART AU RISQUE DE LA TECHNOLOGIE
lumeVo6,508-62tohctednomuoCtliEdpieenssotsieid)8.oCruret(198MichelB
 
  
  Lart au risque de la technologie I
Les appareils à luvre
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot  Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou polisseurs de verres de lunettes astronomiques.   Dernières parutions  Pascal KRAJEWSKI, Lart au risque de la technologie II. Le glaçage du sensible, 2013. Thierry GIRAUD, Le désir-temps. Essai sur le temps suspendu , 2013. Jordi COROMINAS, Joan Albert VICENS,  Xavier Zubiri. La solitude sonore (Tome 2 1931-1940) , 2013. Rémy GAGNON, Phénoménologie de lindividualité , 2013. Jean-François MELCER, Ethique et rhétorique (d)après Chaïm Perelman, ou la raison hospitalière , 2013. Jean-François MELCER, Justice et rhétorique selon Chaïm Perelman, ou comment dire le juste ? , 2013. Jacques STEIWER, Les méandres de la raison impure , 2013. Philippe RIVIALE , Léternel dans le fini. Rencontre de Maître Eckhart et de Simone Weil, 2013. Norbert HILLAIRE, La fin de la modernité sans fin , 2013. Jean-Pierre GRES, La démocratie et le vivant. Un système à lépreuve des hommes , 2012. François HEIDSIECK, LOntologie de Merleau-Ponty (réédition), 2012.  María PUIG de la BELLACASA, Politiques féministes et construction des savoirs , 2012. Pascal KOLESNORE, Histoire et liberté : éclairages kantiens , 2012.
Pascal Krajewski
    Lart au risque de la technologie I      
Les appareils à luvre
Préface de Michel Guérin             
   
 
     Du même auteur  Lart au risque de la technologie II , Le glaçage du sensible : LHarmattan, 2013                                © L'Harmattan, 2013  5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris   http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00228-6  EAN  :  9782343 002286  
 
Préface  de Michel Guérin   
« Car il ne faut pas se méconnaître, nous sommes automate autant quesprit. » Pascal 1  
  Cest une question dallure kantienne que cet ouvrage articule : à quelles conditions un « art technologique » est-il possible ? Et de même que la philosophie transcendantale fait fond sur la révolution copernicienne, poursuivie par Newton, ainsi la présente synthèse, qui prend à bras le corps la question de lart au risque de la technologie , présuppose la révolution numérique. Or, le propre dune révolution, cest quelle transforme incoerciblement un domaine de réalités extensives en un ordre   notion quil faut entendre à la fois dans sa signification transitive (un ensemble gouverné de relations) et dans le sens que lui donne Pascal, cest-à-dire celui dune sphère exclusive dintelligibilité ne formulant et interprétant des vérités pertinentes quà méconnaître radicalement dautres types de vérités. César ignore la langue dArchimède, pour qui Jésus et César sont également invisibles 2 . Qui sattendrait à entendre lécho désinvolte de cette loi des ordres dans un des tout premiers livres de Stendhal, l Histoire de la peinture en Italie ? « Je ne dis pas quon ne puisse être amant passionné et fort mauvais peintre ; je dis que Mozart na pas eu lâme de Washington 3 ». Le grand                                                  1 Pascal, Pensées , Br. 252.  2  Ibid. , Br. 793. Inutile de préciser que ces emblèmes, ici, sont affranchis de la chronologie des personnages historiques.  3 Stendhal, Histoire de la peinture en Italie 1817 , Folio, p. 163. 5 - -
mérite de louvrage, en un sens sa radicalité, réside justement dans la coercition assumée de ce que lauteur appelle l ordre technologique . Cherchant invinciblement à étendre son empire, non par intention, mais du fait de la tendance qui le constitue formellement , comment peut-il négocier, passer des compromis, se marier avec des sphères de phénomènes obéissant à des motifs ou des règles dune nature si étrangère ? Pascal Krajewski ne se fait pas la partie facile : non seulement, en effet, les deux termes quil rapproche (lart et la technologie) sont à tous égards impairs, mais ils paraissent relever de principes exclusifs, sil est vrai quil y a loin  un infini, dirait Pascal  entre l âme  de lart, qui le dédie à la sensibilité et l ordre technologique dont la logique nadmet pas de trous et, une fois lancée, développe froidement ses conséquences ou plutôt actualise son programme, tout son programme. À en croire Stendhal, « lexpression est tout lart » et « chaque artiste devrait voir la nature à sa manière 1 ». « Il faut avoir une âme », écrit-il encore, du moins si lon veut être un artiste. Certes, dira-t-on, lart romantique nest pas tout l art, il reste quil préempte largement un certain profil transhistorique de lart en Occident et souligne en lui cette condition existentielle que les combats des avant-gardes ont finalement plus confirmée quinvalidée : la pérennité du lien entre lhistoricité de lart et la singularité (là où le dix-huitième disait « génie », le vingtième dira « originalité ») de la création. Il y a, quon le veuille ou non, un héritage de lart 2 . Ces attaches quasi viscérales de lart au sens de son histoire sopposent, en première analyse, au caractère, non pas seulement neuf ma s inédit 3 de « lart appareillé » et, plus i                                                  1  Ibid. , p. 160.  2 Cest le titre dun ouvrage de Dominique Chateau, LHarmattan, 1998.  3 Voir Michel Guérin, « Le nouveau et linédit », in Lart des années 2000  Quelles émergences ?  Jacques Amblard et Sylvie Coëllier (sld), Presses Universitaires de Provence, Université dAix-Marseille, 2012, p. 103-143. - 6 - 
largement, à la « nudité » dun univers de linformation qui, parce quil dispose du virtuel, nest réel que là où il fonctionne : dans leffectuation dune mémoire sans souvenir. Dun côté donc un héritier, chargé de sens jusquà la saturation et qui, jusque dans sa révolte contre lui-même (cette lutte désespérée contre loverdose de soi nest-elle pas le propre du Moderne ?), nabandonne pas cette étrange polysémie qui fait à la fois sa force et sa faiblesse. Dun autre côté une révolution installée, dictant son régime sans états dâme ni partage. Pareille asymétrie prend encore la forme suivante  Pascal Krajewski la présente à dessein de manière aiguë à la fin du livre : autant il est possible (pour ne pas dire obligatoire) de proposer une définition univoque de la technologie, autant le domaine aux frontières incertaines de lart ne vit que de léquivocité. Cest dire, encore une fois, que le propos du livre, empreint dune réflexivité roborative, exigeante, refuse demblée sa porte aux clichés et autres facilités de pensée qui, touchant cette thématique, sont aujourdhui légion. Le stéréotype lénifiant du « bon usage » de la technologie (variante : de la science), qui enjoint de subordonner les pouvoirs de lappareil à lintention dart, non seulement ne livre pas le mode demploi de ce beau programme, mais évite surtout de penser conséquemment tant le caractère invasif de la technologie que la dimension sempiternellement problématique de cette activité énigmatique, nommée « art » (tout court) en Occident depuis quelques siècles et quon trouve partout attestée sous un nom ou sous un autre sans quon ait jamais été capable, observe Freud lui-même, de lui assigner une fonction précise dans la culture. Cest ainsi à la rencontre, voire à la collision (ne suffirait-il pas de changer une voyelle ?), de lénigme redondante de lart et des appareils technologiques sous-traitant le traitement de linformation en peuplant notre environnement de façon de plus en plus massive que la réflexion de Pascal Krajewski se consacre en convoquant les outils de lépistémologie, de
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lesthétique (philosophique), de lanthropologie des techniques. Lauteur assure dès labord la clarté de la problématique engagée en distinguant nettement technique  et technologie 1   nonobstant les relations génétiques et historiques qui, bien sûr, les articulent dans le temps. De même que la révolution industrielle a concentré brutalement les techniques extensives (les « tours » de lartisan isolé) dans un ordre cimenté par la production sérielle et la diffusion massive, de même cest linvasion des appareils et lextension du milieu numérique (internet) qui induit et consacre le règne de la technologie informatique. André Leroi-Gourhan, suivant la double ligne dextériorisation des gestes et des symboles, laissait déjà prévoir la réunion des outils, instruments et machines sous la gouverne dune logistique qui en multiplierait infiniment lefficace. La technique, dans le lexique de Krajewski, est un geste facteur, la technologie un geste interfacé. Le premier produit de la réalité (matérielle), le second produit de la connexion et de la communication dinformation. Toutefois, précise lauteur, la technologie ne fait pas disparaître le réel, elle prend symbiotiquement racine en lui. Plutôt quun médium sui generis , elle se désigne de laptitude, non seulement à parasiter tous les médiums, mais encore et surtout à installer une idéologie et même une nouvelle sensibilité technoïde . Jusquà notre époque, lart a lié son sort à la tekhnè , en ce sens quil a opéré avec des outils sur des matériaux afin de produire, au-delà de la forme physique, du symbole, en lespèce une Idée esthétique (indéterminée). Il a beau se définir contre le métier, il sexécute avec . La preuve en est que lessoufflement du « grand art » coïncide avec la fin de lâge artisanal. Si lartiste a cherché à se distinguer de l homo faber , il nen a pas moins été aussi un fabricateur ; cest aujourdhui                                                  1  Je renvoie à larticle de Pascal Krajewski, repris dans le présent prologue : « La perceuse et la girouette » dans la revue Medium , n° 22, premier trimestre 2010.  
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un programmateur. Le premier, comme nimporte quel ouvrier, ambitionnait de dominer la nature (ou de maîtriser son médium) ; le second admet par hypothèse ce que Pascal Krajewski appelle la  protocolarisation technologique de la création . Lartiste traditionnel, soucieux de traduire une Idée dans une figure sensible, obéissait à son médium, mais contre promesse que luvre refléterait son intention. Tandis que cest une soumission complète au programme quexige un art appareillé. Lart technologique se définirait à létiage : un art qui fonctionne, nexiste que dans et par son fonctionnement. Il suppose quon en rabatte et sur le privilège auctorial et sur luvre comme quasi personne transcendant lieux et temps. Par là, ne relève-t-il pas de linnovation (au sens de lingénierie) plutôt que de linvention ? Cest lobjection que ne manque pas de faire lâme de lart à lordre technologique (pour garder nos personnages du début) : si cest lentendement calculateur qui gouverne, si les résultats des algorithmes sont imparables, quelle part reste-t-il à la sensibilité et à limagination ? Lesthétique philosophique du dix-huitième siècle avait taillé aux beaux-arts, au génie et au goût un royaume conquis au détriment (et, dans une certaine mesure, en dépit) de la logique ; même Kant, qui pâtit dune sotte réputation dintellectualisme, avait, avant Freud 1 , compris quune sensibilité (humaine) à la beauté, pour spéciale et irréductible quelle fût de par sa constitution transcendantale, ne pouvait être totalement étrangère au fonds de sensorialité animale. Aucun texte plus explicite que celui-ci : « La beauté na de valeur que pour les hommes, cest-à-dire des êtres dune nature animale, mais cependant raisonnables, et cela non pas seulement en tant quêtres raisonnables (par exemple des esprits), mais aussi en
                                                 1  Hubert Damisch, Le jugement de Pâris , Champs Flammarion, 1997, chapitre 3, Freud avec Kant ?  
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