L'avenir de l'homme postmoderne

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En revendiquant une totale autonomie et en se voulant l'unique créateur de lui-même, à quel avenir l'homme postmoderne se prépare-t-il ? En détruisant les liens qui reliaient l'homme antique au cosmos, au divin et à ses semblables, liens déjà fort distendus par l'homme moderne, l'homme postmoderne n'est-il pas sur le point de perdre son humanité ? Un sursaut de conscience est nécessaire pour sauver l'homme et préserver en lui le principe d'humanité. Nous avons besoin d'une nouvelle Renaissance.
Publié le : lundi 1 juin 2015
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EAN13 : 9782336382043
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Dominique JosseL’avenir de l’homme
postmoderne
L’urgence de retrouver nos racines
En revendiquant une totale autonomie et en se
voulant l’unique créateur de lui-même, à quel avenir
l’homme postmoderne se prépare-t-il ?
En détruisant les liens qui reliaient l’homme antique L’avenir de l’homme
au cosmos, au divin et à ses semblables, liens déjà
fort distendus par l’homme moderne, l’homme postmoderne
postmoderne n’est-il pas sur le point de perdre son
humanité ?
Questions existentielles fondamentales qui ne L’urgence de retrouver nos racines
peuvent plus être éludées aujourd’hui en ces temps
de changement radical de civilisation.
Un sursaut de conscience est nécessaire pour
sauver l’homme et préserver en lui le principe
d’humanité. Nous avons besoin d’une nouvelle
Renaissance.
L’auteur fut professeur de Philosophie et directeur
d’établissement scolaire. Aujourd’hui à la retraite, il poursuit
son métier d’enseignant et de pédagogue en écrivant. Il a
déjà publié La Tentation du Nil et L’Islam et nous.
ISBN : 978-2-343-06401-7
26 €
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L’avenir de l’homme postmoderne
Dominique Josse
L’urgence de retrouver nos racines
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L’avenir de l’homme postmoderne

L’urgence de retrouver nos racines






















Pour Comprendre
Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud

L’objectif de cette collection Pour Comprendre est de présenter en
un nombre restreint de pages (176 à 192 pages) une question
contemporaine qui relève des différents domaines de la vie sociale.
L’idée étant de donner une synthèse du sujet tout en offrant au
lecteur les moyens d’aller plus loin, notamment par une bibliographie
sélectionnée.
Cette collection est dirigée par un comité éditorial composé de
professeurs d’université de différentes disciplines. Ils ont pour tâche
de choisir les thèmes qui feront l’objet de ces publications et de
solliciter les spécialistes susceptibles, dans un langage simple et clair,
de faire des synthèses.
Le comité éditorial est composé de : Maguy Albet, Jean-Paul
Chagnollaud, Dominique Château, Jacques Fontanel, Gérard Marcou,
Pierre Muller, Bruno Péquignot, Denis Rolland.

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L’avenir de l’homme postmoderne

L’urgence de retrouver nos racines









































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www. harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06401-7
EAN : 9782343064017 INTRODUCTION

Les hommes naissent, jetés dans une existence qu’ils
n’ont pas choisie. Ils tentent d’assumer leur vie selon leurs
idées, leurs sentiments et leurs passions. Ils engendrent des
enfants pour s’assurer une sorte de survie. Et,
inlassablement, les générations succèdent aux générations.
Chacune se construit en rejetant une part de l’héritage reçu
et en apportant de la nouveauté. Ainsi se fait l’histoire
humaine, depuis des millénaires. Une longue histoire dont
enous sommes les héritiers, nous les hommes du XXI
siècle.
Que penser du cheminement de ce long fleuve humain,
ponctué de sang et de guerres, de larmes et de
catastrophes ? Les diverses civilisations ont toutes pour loi
de naître, de se développer et de mourir. Mais, leur
mouvement d’ensemble n’en dessine-t-il pas cependant
une marche et une avancée, certes chaotique et irrégulière,
vers le progrès ? Ou, au contraire, ne creuse-t-il pas une
inexorable et lente décadence, une irrémédiable chute ?
Au plan scientifique et technique, la réponse est
évidente. Les sciences et les techniques n’ont cessé de se
développer. Il en résulte pour l’homme une amélioration
de ses conditions d’existence. Mais qu’en est-il au plan
humain, existentiel, moral et spirituel ? Qu’en est-il quant
au sens et à la signification que l’homme se donne à
luimême et donne à son existence ?
Ces questions ne sont pas seulement d’ordre
académique, même si elles sont régulièrement posées à
l’épreuve de philosophie du Bac. Elles sont fondamentales
et fondatrices, vitales et essentielles, existentielles. Chaque
civilisation, chaque société, chaque homme, se doit de les
faire sienne. Car des réponses qui y sont apportées,
dépendent la place que nous nous donnons dans le temps

5
et l’espace, la conscience que nous avons de notre être, les
projets que nous faisons pour notre futur, le sens que nous
donnons à notre destinée.
e En ce début de XXI siècle, nous vivons de profonds
changements et de radicales ruptures dans tous les
domaines de notre existence. L’économie se fait mondiale
et globale en se jouant des frontières des Etats. La parole
et l’action des politiques deviennent de plus en plus
inaudibles et inopérantes. Les structures sociales
traditionnelles éclatent, remplacées par les liens et les
réseaux numériques. De nouvelles façons de vivre,
d’aimer, de consommer se développent et remplacent les
normes anciennes. Même le corps humain se transforme
een s’artificialisant. L’individu du XXI siècle voit surgir
une civilisation nouvelle, celle des temps postmodernes,
voire hypermodernes, qui relègue aux oubliettes du passé
non seulement les civilisations anciennes mais aussi celles
des temps modernes.
Avec l’apparition de l’homme postmoderne, l’histoire
humaine s’est accélérée, empruntant des chemins encore
inexplorés, donnant à l’individu de nouveaux pouvoirs, lui
faisant espérer des horizons jamais atteints jusque là. Mais
que penser de cette accélération de l’histoire ? Quelles en
sont les conséquences pour l’homme et pour l’humanité ?
De toutes ces transformations radicales, que reste-t-il de
l’homme, de son être et de son existence, de son destin et
de son futur ?
En clair, que penser du temps présent ? Est-il de l’ordre
de l’avancée et du progrès, ou de celui du retrait et de la
décadence ? C’est à cette question iconoclaste et
réactionnaire, mais fondamentale et essentielle, que
l’auteur a osé se confronter dans ce présent essai. Mais
une époque ne peut être étudiée qu’en référence à celles
qui l’ont précédée et qui l’ont préparée. Aussi, l’auteur

6
s’est-il employé d’abord à analyser les principaux traits
des deux époques qui ont marqué l’humanité avant la
venue des temps postmodernes. En particulier, il a cherché
à étudier comment l’homme se concevait dans le passé, et
comment il se situait par rapport à la nature, au divin et au
social.
Aussi, dans une première partie, il s’attarde sur la
représentation que l’homme se faisait de lui-même à
l’époque antique, celle des grandes civilisations anciennes
qui s’achève avec le Moyen Age chrétien. Dans une
deuxième partie, il poursuit cette même recherche à
l’époque moderne, qui débute avec la Renaissance et
s’interrompt dans les années 80, avec la fin des « Trente
glorieuses ». La troisième partie étudie cette époque
postmoderne dont nous faisons partie.
De cette étude comparative, l’auteur en retire le
sentiment douloureux qu’avec l’avènement de l’individu
postmoderne, l’homme est en danger. Il risque de se
perdre en rompant les liens constitutifs et vitaux qu’il
entretenait jusque là avec la nature, le divin et le social.
Cherchant orgueilleusement à étendre et à affirmer son
autonomie et son indépendance, il en arrive à se couper de
ses racines. Ce faisant il n’a de cesse de se déconstruire et
de porter atteinte au principe d’humanité.
Il est donc urgent de réagir afin de sauver l’homme de
l’hubris démesurée qui l’assaille et le détruit. Ce salut ne
peut survenir que d’un sursaut de la conscience et de la
volonté, rebelles et conservatrices à la fois, et décidées à
relier à nouveau l’homme à ses fondations et à ses racines
cosmiques, divines et culturelles. C’est le sujet de
réflexion de la quatrième partie.
L’auteur n’a pas cherché dans cet essai à faire œuvre
d’historien, il n’en a pas les compétences. De formation
philosophique, il a privilégié l’étude des idées, des

7
représentations et des mentalités que l’homme a de
luimême, à travers le temps. Car, sans méconnaître
l’importance de l’infrastructure socioéconomique, l’auteur
pense, qu’en partie, les idées mènent le monde et
conditionnent l’existence humaine. Aussi n’a-t-il pas
craint de faire de fréquentes allusions à la pensée des
grands philosophes et à celle de penseurs actuels dans le
cours de son essai. Les auteurs philosophiques ont marqué
l’histoire humaine car ils ont su penser et exprimer avec
intelligibilité et rationalité ce que les hommes ressentaient
et éprouvaient, vivaient et expérimentaient.













8
ère1 PARTIE
L’homme ancien

L’époque de l’homme ancien couvre l’ère des grandes
civilisations antiques qui apparaissent au IV millénaire
avant JC. Elle s’achève en Occident avec la fin du Moyen
Age chrétien, au XV siècle. Elle se poursuit, sans doute
au-delà, pour des populations dont l’évolution se présente
plus longue.
L’homme ancien est un homme relié, en relation avec
des êtres supérieurs à lui. Il vit au sein d’entités
englobantes qui le dépassent et le dominent. Mais aussi,
par le fait même, le fondent et l’assurent, lui donnent sens
et signification : le cosmos, le divin, le groupe humain.
Ainsi enraciné, l’homme antique, dans l’acte de
connaissance, n’a qu’un rôle second et passif. Le monde et
les dieux se révèlent à lui et se donnent à connaître.
Ainsi sa vie morale ne peut être que d’hétéronomie,
d’acceptation et de dépendance. Le sage ancien mène sa
vie en harmonie avec le cosmos, les dieux et son groupe
d’appartenance.














9
Chapitre I : Un monde ordonné et divin

. Un monde imprégné de divin

Pour l’homme ancien, l’univers est bien loin de lui
apparaître comme une immense mécanique, froide et
impersonnelle, infinie et illimitée, régie par des lois
universelles et quantitatives. Le monde – la nature – est
pour lui un tout cohérent et fini, ordonné et hiérarchisé, de
nature et d’origine divines : un cosmos. Le terme
« cosmos » vient du mot grec « kosmos » qui signifie
« ordre ». Pour l’homme antique, le cosmos c’est
l’univers, le monde, la nature, considéré comme un tout
organisé, un ensemble harmonieux, un grand vivant divin.
Non seulement les dieux sont à l’origine du monde, mais
ils en constituent la texture, la structure et la vie. Ils sont à
l’origine de toutes les formes de vie, ils en sont la sève et
le sang, la trame et le noyau. Tout élément naturel est
divin et donc en quelque sorte sacré.
L’homme ancien ne sépare donc pas le divin du
terrestre, les dieux du monde, le sacré du profane. L’idée
de la transcendance divine, de sa séparation d’avec le
naturel, que vont apporter les religions monothéistes, n’a
pour lui pas de sens. Au mieux, elle lui est insensée car il
ne conçoit qu’un seul ordre de réalité englobant la totalité
des êtres, l’ensemble des étants : les phénomènes naturels,
les vivants terrestres, les dieux. Ces derniers ne sont pas
transcendants au cosmos mais ils lui sont immanents,
présents à l’intérieur du monde dont ils constituent la vie,
le souffle, l’âme. L’homme ancien est, par nature,
panthéiste. Pour lui, tout (grec : pan) est divin (grec :
theos) ; le divin ne constitue par un être personnel et
distinct du monde. Tout au contraire, le divin est répandu
dans le monde, il l’ordonne et le soutient dans l’être.

10
Cette conception ne relève en rien d’une pensée
primitive ou prélogique. Construite, structurée, enrichie,
remaniée, elle s’exprime dans les grands mythes antiques
et en particulier dans la très riche mythologie grecque.
Ainsi, au VIII avant J.C. le grand poète Hésiode relate
dans sa « Théogonie » la naissance des dieux, leurs luttes
pour le gouvernement du monde, la création des hommes
et l’établissement du règne ordonné du dieu suprême Zeus.
D’une façon plus générale, tous les mythes antiques
racontent comment le monde des hommes est « enchanté »
par les dieux et les déesses dont les passions et les amours
donnent les clefs de compréhension de la vie des hommes
et des phénomènes naturels. C’est le sens profond du
grand poème d’Homère qui, au VIII siècle avant J.C., écrit
l’ « Odyssée » qui relate les aventures de son héros
Ulysse. Ce dernier, après avoir participé à la guerre de
Troie que raconte « l’Iliade », tente de rentrer dans sa
patrie, Ithaque, pour retrouver son épouse Pénélope. Afin
de revoir son pays et sa maison, il doit vaincre bien des
obstacles matériels qui sont concrétisés et personnifiés par
les rencontres qu’il fait avec des êtres surhumains doués
de pouvoirs divins. Ainsi en est-il en particulier du
Cyclope, géant affamé n’ayant qu’un œil au milieu du
front ; de la magicienne Circé qui transforme les
compagnons d’Ulysse en pourceaux ; des sirènes qui
charment par leurs chants les marins pour les attirer sur les
rochers ; de la nymphe Calypso qui retient dix ans auprès
d’elle Ulysse grâce à un filtre d’amour.
Pour l’homme ancien, le divin et l’humain sont
inséparables ; ils s’imbriquent et se rencontrent sans cesse.
Et leur étroite union explique et donne du sens à tous les
faits et les événements de son existence. La philosophie
antique, en particulier la pensée grecque, intellectualisera
et conceptualisera ces mythes, mais elle en gardera le sens

11
profond et le message essentiel. Le monde de la nature et
le monde des humains ne sont pas séparés du monde divin.
Celui-ci, sans cesse, porte à l’existence ceux-là ; il les
maintient dans l’être, il les gouverne et les dirige. Ainsi en
témoigne cette hymne d’inspiration panthéiste dédiée à
Zeus, écrite par Cléanthe au III siècle avant J.C., un des
fondateurs de l’école stoïcienne : « Ô Toi qui est le plus
glorieux des immortels, qui as des noms multiples,
toutpuissant à jamais, Principe et Maître de la Nature, qui
gouverne tout conformément à la loi, Je te salue, car c’est
un droit pour tous les mortels de s’adresser à toi,
puisqu’ils sont nés de toi, ceux qui participent à cette
image des choses qui est le son… C’est à toi que tout cet
univers, qui tourne autour de la terre, obéit où que tu le
mènes et de bon gré, ils se soumettent à ta puissance ».

. Un monde ordonné et hiérarchisé

Divin, le monde est gouverné et régi selon un ordre
sacré qui ne peut être que beau, bon et harmonieux. Cet
ordonnancement est celui que lui insufflent la raison
divine qui en est comme l’âme, et le logos divin, qui en est
comme le souffle. Animé par une âme divine, le monde ne
peut être qu’un grand vivant, un ensemble parfait, fermé et
complet en lui-même, ordonné et hiérarchisé. Il se
présente comme une sorte de grand organisme
autosuffisant et harmonieux, plus beau et plus perfectionné que
toutes les inventions humaines. En lui, chaque élément,
chaque vivant, a sa place attitrée et son rôle dédié. Chaque
vivant n’existe et ne travaille que pour l’harmonie et la
perfection de l’ensemble, oubliant sa particularité et sa
singularité. Une vie commune et un destin identique
animent tous les êtres, les faits et les phénomènes qui
communient à la même source divine.

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C’est ce que les philosophes stoïciens appellent la
« sympathie universelle », croyance intellectuelle qui est
au cœur de leur pensée que Jean Brun décrit ainsi : « La
théorie de la sympathie universelle a non seulement une
portée physique, dans la mesure où elle couronne une
théorie de la causalité, mais aussi une portée
métaphysique et éthique. Une portée métaphysique en ce
sens que, puisque la sympathie des choses ne fait
qu’exprimer la présence totale de Dieu dans un monde qui
se ramène au fond à ce Dieu même, cette sympathie
fondée en Dieu et par Dieu implique un finalisme de la
nature supposant les bienveillants desseins d’une
providence toute-puissante… Une portée éthique en ce
sens que la vie du sage sera une vie qui aura su mettre
l’harmonie au sein d’elle-même et se maintenir en
1sympathie avec l’univers auquel elle participe ».
Durant le Moyen Age chrétien, cette adhésion à la
sympathie universelle se transformera en une vertu de
confiance dans la providence divine qui gouverne toute
chose et tout être avec amour et bienveillance, pour la
parfaite réalisation du plan de Dieu. Il appartient au
chrétien du Moyen Age comme au sage antique, de
découvrir l’œuvre de la providence ou de la raison divine
en toutes choses et dans tous les événements. Il se doit de
dépasser ce qui, dans un premier temps, lui apparaît
accidentel, fortuit, contingent, pour en saisir la raison
nécessaire d’existence, au niveau de la totalité du monde
et de sa plénière harmonie. Et même, ce qui peut lui
sembler inutile, inconvenant et disgracieux doit être lu et
accepté comme important, bienséant et harmonieux, à

1 Le Stoïcisme Que sais-je ? p.60.

13
l’échelle de l’ensemble du cosmos. Et nécessaire pour le
bon ordonnancement de ce dernier.
C’est à ce regard élargi aux dimensions de l’univers
qu’invite Epictète (50-125), l’esclave grec affranchi,
devenu un des principaux représentants de l’école
stoïcienne, dans ses « Entretiens » : « Dieu a fait tout ce
qui est dans l’univers et l’univers dans son ensemble, libre
de contrainte et indépendant, mais il a fait les parties du
Tout pour l’utilité du Tout. Les autres êtres sont
dépourvus de la capacité de comprendre l’administration
divine, mais le vivant raisonnable possède des ressources
intérieures qui lui permettent de réfléchir sur cet univers,
sur le fait qu’il en est une partie et quelle sorte de partie,
1et que c’est un bien pour les parties de céder au Tout ».
C’est le même conseil que donne le grand empereur
romain Marc Aurèle, lui aussi fervent stoïcien, dans ses
« Pensées ».
« Tout vient de là-haut, ou bien sous l’impulsion du
principe directeur universel, ou bien par voie de
conséquence : ainsi la gueule béante du lion et le poisson
et tout ce qui est désagréable : les épines, la fange, ne sont
que des conséquences accessoires de ces choses d’en haut,
véritables et sacrées. Ne te présente donc pas ces choses
qui viennent par voie de conséquence comme étrangères à
ce que tu vénères, mais remonte par le raisonnement
2jusqu’à la source de tout ».
Et, un peu plus loin, il écrit à propos de la sympathie
universelle qui court à travers tous les êtres, les unit et les
rassemble : « Réfléchis souvent à la liaison de toutes
choses dans le monde et à la relation des unes aux autres.
En un certain sens, elles sont toutes tressées les unes avec

1 Entretiens IV, 7,6.
2 Pensées VI, 36,2.

14
les autres, et toutes, par suite sont amies les unes avec les
autres. L’une, en effet, s’enchaîne à l’autre, à cause du
mouvement ordonné du souffle commun et de l’unité de la
1substance ».
Il s’ensuit que ce cosmos complet et global, cohérent et
total, est composé d’êtres complémentaires et hiérarchisés
qui occupent toutes les possibilités de l’être et de
l’existence. Chacun est appelé à jouer sa partition
particulière, à sa place et à son rang, selon sa nature et son
degré de perfection, afin d’assurer l’harmonie et la
consonance de l’ensemble, la beauté et la perfection du
tout. Chaque partie est appelée à occuper le « lieu » qui est
le sien afin que toutes les places de l’être soient occupées,
afin que le tout soit complet, bien proportionné et bien
équilibré. Il n’ya a pas de place et de lieu pour le non-être
et le mal.
Tout en haut, dans l’Olympe, les dieux règnent et
assurent la stabilité et la pérennité du cosmos. Tout en bas
sur terre, le règne minéral, les végétaux et les animaux,
concourent à la subsistance des hommes, seuls être
rationnels. Ces derniers, qui partagent avec les dieux la
raison, trouvent leur lieu au centre du cosmos. Et en cela,
ils doivent reconnaître et adhérer à l’harmonie d’ensemble,
la respecter, la conserver en y participant activement.
Ainsi, ils remplissent le devoir confié à eux par les dieux ;
ainsi font-ils œuvre de piété. Ils manifestent de la sorte
leur attachement aux dieux, ce qui est le sens
étymologique du terme latin « pietas » d’où vient le terme
de piété.
Cette tripartition harmonieuse et équilibrée de
l’ensemble des étants qui donne naissance à un cosmos

1 Pensées VI, 36,35.

15
harmonieux, équilibré et beau, se retrouve dans le
microcosme qui constitue l’homme. Celui-ci est un mixte,
un mélange bien proportionné fait d’intelligence dont le
lieu est la tête, de courage dont le siège est le cœur, de
désirs contenus dans le ventre. Il en résulte que l’humanité
entière se compose de trois catégories d’hommes. Ceux
chez qui dominent la pensée et l’intelligence qui sont fait
pour commander, ceux qui cultivent le courage et vont à la
guerre, ceux chez qui les désirs l’emportent et qui ne sont
bons qu’à travailler pour subvenir aux besoins de tous.
Une société ne peut être harmonieuse et durer que si les
princes, les rois ou les empereurs disposent des moyens de
commandement et font preuve d’autorité, de même qu’il
est de la nature de l’intelligence de gouverner et de
maîtriser le cœur et les désirs ; que si les soldats doués de
courage et de vaillance font la guerre et se sacrifient pour
leur patrie. Et que si les esclaves, ces êtres à qui manque
l’intelligence et le cœur, travaillent et accomplissent les
tâches serviles et matérielles.
Cette conception tripartite et inégalitaire de la société
ne peut que heurter notre mentalité moderne éprise de
justice et d’égalité. Et, au cours des siècles, en particulier
sous l’influence de la pensée chrétienne et de la réflexion
philosophique, toutes deux contribuant à l’émergence de la
conception de la dignité de la personne humaine, cet
antique modèle de la société évoluera et se démocratisera.
Il n’empêche que, loin d’être aberrante et monstrueuse, il
se fonde et prend sens dans une conception cosmologique
et holistique du monde. Le particulier, l’individuel, n’a de
sens, de place et de lieu, que compris dans un ensemble
dont il n’est qu’une partie. Sa raison d’être n’est pas en lui
mais dans le tout, au service de la totalité d’ensemble.
Cette conception holistique explique que l’homme
ancien n’ait pas connu le régime politique démocratique

16
fondé sur l’égalité des droits et des devoirs de chacun. A
l’exception de la particularité de la démocratie athénienne,
d’ailleurs partielle et limitée dans le temps. En effet, à
Athènes, les métèques ne participent pas à la vie politique.
Et en -338, après la défaite de Chéronée, la cité libre
tombera sous le joug de l’empire macédonien de Philippe
et de son fils Alexandre. L’homme antique n’est pas un
citoyen mais le sujet soumis à l’autorité des rois et des
empereurs.
Ceux-ci trouvent dans le statut et le rang supérieur qui
sont les leurs, la justification non seulement politique mais
philosophique et morale de leur pouvoir. Et ils arguent, en
toute bonne conscience de la position inférieure du statut
et du rang des esclaves et des soldats pour se dire et se
prétendre lieutenants et représentants des dieux sur terre.
Ils confortent ainsi leur autorité, souvent absolue, en la
disant de droit divin. Ce qui nous apparaît aujourd’hui
comme un abus de droit, est accepté comme normal et
logique à l’époque antique. L’inégalité politique foncière
des régimes antiques est conforme à l’ordre cosmologique
et religieux du tout. Elle ne fait que reproduire et imiter
l’organisation hiérarchique du cosmos.
Il en va de même de l’acceptation de l’esclavage dans
la mentalité antique et de sa justification par les
philosophes de ce temps, en particulier par le grand
philosophe grec Aristote (385 – 322), disciple de Platon
(427 – 347). Pour appréhender avec justesse et sans
anachronisme ce statut qui fait de la personne humaine un
être de non-droit, il faut là encore faire appel à la
conception antique de l’ordre harmonieux car hiérarchisé
du cosmos. Celui-ci ne peut exister et subsister que s’il est
constitué d’êtres distincts de nature, de rang, de place, de
rôle et de fonction. Comme dans un orchestre, la diversité
des instruments assurent l’harmonie du concert, de même

17
dans la cité, la diversité et l’inégalité des rangs et des
fonctions rendent possible le bon déroulement de la vie
sociale et de l’existence quotidienne. Il faut donc des
hommes assujettis aux tâches matérielles et nourricières,
les esclaves, afin que les soldats valeureux se dévouent à
la sécurité de la cité et que les plus doués d’intelligence,
les dirigeants, se consacrent à la politique.
Dans son ouvrage « La Politique » Aristote écrit à ce
propos : « Ainsi, il est nécessaire tout d’abord que
s‘unissent les êtres qui ne peuvent exister l’un sans
l’autre, par exemple la femme et l’homme en vue de la
procréation… ; et celui qui commande et celui qui est
commandé, et ce par nature, en vue de leur mutuelle
sauvegarde. En effet, être capable de prévoir par la
pensée c’est être par nature apte à commander,
c’est-àdire être maître par nature, alors qu’être capable
d’exécuter physiquement ces tâches c’est être destiné à
être commandé, c’est-à-dire être esclave par nature. C’est
pourquoi la même chose est avantageuse à un maître et à
1un esclave.

. Un monde gouverné par le destin et la providence

Dans ce monde antique divin et parfait, beau et
harmonieux, ordonné et hiérarchisé, il n’y a pas de place
pour l’accidentel, le fortuit et le contingent. Le hasard et le
non-être, le mal et le manque n’ont pas de raison d’être, ils
ne sont pas pensables et pensées. La raison divine,
véritable âme du monde, coordonne l’ensemble des
phénomènes et des êtres en vue de bien commun, en vue
de l’harmonie du tout et de la perfection de l’ensemble.

1 Politique, I,2.

18
Chaque élément et chaque être n’agissent que selon leur
rang et leur fonction. Rien n’arrive sans raison et sans
nécessité. Tout est déterminé, à chaque instant, en vue de
l’harmonie finale et totale.
A propos de cette parfaite harmonie, Marc Aurèle
écrit : « Toutes choses s’enchaînent réciproquement et
leur liaison est sacrée ; en quelque sorte, aucune chose
n’est étrangère à une autre ; tout est coordonné en effet et
tout contribue à l’ordre d’un même monde ; un seul
monde résulte de tout, un seul Dieu est à travers tout, une
seule substance, une seule loi qui est la raison commune à
1tous les êtres intelligents, une seule vérité ».
Dans ce monde, pas de place pour l’imprévu, le
spontané, l’irrationnel. La même loi divine, une identique
raison divine, actionne chaque élément et chaque être, les
faisant intervenir à leur heure et à leur place, selon leur
rang et selon leur fonction en vue de l’harmonie et de la
perfection de l’ensemble du cosmos. Ce « moteur »
universel, le destin, loin d’être une force tragique
intervenant par effraction dans la réalité, constitue la loi
universelle, la cause première, de tout ce qui advient dans
le monde. Il est comme le « nœud des causes »,
c’est-àdire l’organisateur de toute vie, l’ordonnateur de tout
phénomène. Rien n’arrive, ne surgit, n’existe que par lui.
Il est la raison d’être de tout événement comme l’écrit
Marc Aurèle : « Cet événement qui vient à ta rencontre…
il t’est arrivé, il t’a été coordonné, il a été mis en rapport
avec toi, ayant été filé avec toi, dès le commencement, à
2partir des causes les plus anciennes. « Quelque chose
t’arrive ? Bien : tout événement qui vient à ta rencontre a

1 Pensées VII, 9.
2 Pensée V, 8, 12.

19
été lié avec toi par le Destin et a été filé avec toi à partir
1du Tout depuis le commencement ». . « Quoi qu’il t’arrive,
cela était préparé d’avance pour toi de toute éternité, et
l’entrelacement des causes a, depuis toujours, tissé
ensemble ta substance et la rencontre de cet
2événement ». .
Ce destin qui entrelace tous les êtres, les choses, les
phénomènes et les faits, en vue de l’harmonie finale du
tout, apparaît à l’homme antique comme l’expression de la
volonté des dieux, comme leur providence bienveillante et
bienfaisante. Et l’homme du Moyen Age chrétien n’aura
aucune difficulté à l’identifier à la volonté de Dieu envers
les hommes, à sa toute puissante providence, à l’action de
sa bonté et de sa prévoyance. Pour l’un et pour l’autre,
cette providence octroie a chacun ce qu’il y a de meilleur
afin qu’il remplisse sa fonction dans son rang. Elle les
gouverne au mieux de ses intérêts particuliers et surtout au
mieux des intérêts de la totalité du monde. Elle veille sur
chacun des êtres avec un soin constant et fidèle.
Origène (185 – 252/254), père de l’église et fondateur
de la célèbre école de théologie d’Alexandrie, écrit dans
son ouvrage « Contre Celse », à propos du rôle de cette
providence vis-à-vis des hommes : « La providence a fait
toutes choses en premier pour le bien des êtres
raisonnables. Les êtres raisonnables, parce qu’ils sont les
plus importants jouent le rôle des enfants mis au monde,
les être sans raison ou inanimés celui du placenta produit
en même temps que l’enfant… la providence pourvoit
principalement au bien des êtres raisonnables, mais, par

1 Pensées IV, 26.
2 Pensées X, 5.

20
voie de conséquence accessoire, les êtres sans raison
1profitent de ce qui est fait pour les hommes ».
Ainsi pour l’homme ancien qui comprend l’homme
chrétien du Moyen Age, le monde est « enchanté », le
cosmos est vivant et divin. Loin d’être l’univers des
modernes, matériel et mécanique, mu par des lois aveugles
et impersonnelles, il est au contraire un immense
organisme vivant, animé et intelligent, raisonnable et
ordonné auquel une âme divine insuffle l’être et
l’existence. Loin d’être séparé du divin, il en est la
manifestation phénoménale et concrète. Il est comme un
livre à travers lequel se dit et se lit le divin. Il n’y a donc
pas de place en lui pour le hasard et la contingence, pour
l’imperfection et le mal. Encore moins le non-être ; c’est
un cosmos complet, plein, fermé sur lui. En lui, tout se
produit et survient de manière parfaitement déterminée par
le destin et la providence.
Ce cosmos vivant animé par la raison, où tout être
trouve sa raison d’être et sa place, est donc chaleureux et
rassurant pour l’homme ancien. En lui, en tant que partie
nécessaire du grand tout, il trouve sa raison d’être, sa
place, son sens et sa signification. Il se découvre faire
partie d’un grand ensemble au service duquel il est, mais
qui le fonde et le soutient. Il ne se sent pas perdu et isolé
dans son individualité et sa particularité, mais lié et relié
avec tous les autres êtres. En quelque sorte, ce cosmos lui
apparaît comme une grande famille, unie et solide,
cordiale et stable qui l’englobe et l’enveloppe de sa
chaleur et de sa vie. L’homme ancien ne se pose pas de
questions métaphysiques et existentielles. Il adhère au

1 Contre Celse IV, 74.

21
monde et aux dieux, et plus simplement, il vit
quotidiennement dans un monde tissé de divin.

































22
Chapitre 2 : Un homme relié et enraciné

. Un homme relié à la nature

Vu la conception que l’homme ancien se fait du
cosmos : un ensemble divin, ordonné, harmonieux et beau,
il ne peut vivre qu’en union et en symbiose avec la nature.
Celle-ci se présente pour lui, non pas comme une simple
création matérielle inanimée, actionnée par des
mécanismes aveugles et indifférents, mais comme la face
concrète et vivante du divin, sa manifestation
phénoménale. Panthéiste, il ne sépare pas la nature du
divin. A travers tous les phénomènes de la nature, il
découvre l’action d’une multitude de dieux, de
demidieux, de déesses. Il suffit de se reporter au très riche
panthéon grec et latin pour comprendre que pour l’homme
ancien la nature n’est qu’un immense livre dans lequel il
déchiffre l’action du divin. Si la mer gronde c’est
Poséidon-Neptune qui est en colère ; si le vent souffle,
c’est Eole qui s’éveille ; si les moissons sont maigres,
Déméter-Cérès est de mauvaise humeur, etc. Sans compter
l’appel à une multitude de petits dieux : nymphes, naïades,
sylvains qui interviennent pour expliquer le cours de tel
ruisseau, l’ombre de telle forêt.
Pour saisir combien l’homme ancien se tient admiratif
devant la nature, comme devant un miroir qui lui
renverrait l’image des dieux, il est intéressant de relire le
ème ème2 et le 3 paragraphe du livre premier du « De natura
rerum – (De la Nature) », l’œuvre principale du grand
poète latin épicurien Lucrèce (98 – 55) : « Sitôt qu’a
reparu le visage printanier des jours et que, longtemps
captive, s’affranchit l’haleine féconde du zéphire, tout
d’abord les oiseaux des airs, ô Déesse (le poète s’adresse
à Vénus, déesse de la beauté, de l’amour mais aussi pour

23
les latins, des jardins, donc de la nature) témoignent de ta
venue, frappés au cœur par ta puissance. Ensuite
s’emportent les troupeaux qui bondissent dans les gras
pâturages et qui traversent les fleuves rapides ; cédant à
ton charme, à tes doux attraits, toute la nature animée
brûle de te suivre dans la voie où tu veux l’entraîner.
Enfin dans les mers, sur les montagnes, au sein des fleuves
impétueux, sous les feuillages qu’habitent les oiseaux,
parmi les herbes des prairies, jetant dans tous les cœurs
les doux attraits de l’amour, tu inspires à tous les êtres
1l’ardeur de perpétuer leur espèce.
Plus tôt, dans un autre contexte culturel, le roi David
loue à travers la nature la grandeur et la gloire de Dieu. A
travers les éléments naturels, il lit et admire l’œuvre du
créateur :

« Les cieux racontent la gloire de Dieu,
le firmament proclame l’œuvre de ses mains.
Le jour en prodigue au jour le récit,
la nuit en donne connaissance à la nuit.
Ce n’est pas un récit, il n’y a pas de mots,
leur voix ne s’entend pas.
Leur harmonie éclate sur toute la terre
2 et leur langage jusqu’au bout du monde… ».
« Alléluia
Louez le seigneur depuis les cieux :
Louez le dans les hauteurs ;
Louez le, vous tous ses anges ;
Louez le, vous toute son armée ;
Louez-le, soleil et lune ;
Louez-le, vous toutes les étoiles brillantes ;

1 De la Nature I, 1-28.
2 Psaume 19.

24
Louez-le, vous les plus élevés des cieux,
1 Et vous les eaux qui êtes par-dessus les cieux. ».

Loin de s’opposer et de se dresser contre la nature,
l’homme ancien sait et accepte d’en être qu’un de ses
éléments, une de ses parties. Certes, l’élément intelligent
et raisonnable mais cela n’en fait pas un être à part et
distinct de la nature. Ainsi son comportement envers cette
mère nature qui le comprend et le contient, ne peut être
qu’empreint de respect et de bienveillance, de coopération
et de collaboration, de complicité pourrait-on dire. Loin de
se poser en « maître et possesseur » de la nature, comme
l’écrira Descartes (1596 – 1650), il se conçoit en tant
qu’être intelligent et raisonnable, comme son gardien et
son intendant, le lieutenant des dieux sur terre. C’est la
mission que le créateur lui donne dans le récit biblique de
la création que l’on trouve dans le livre de la Genèse,
chapitres 1 et 2.
Aussi, il ne saurait chercher à accaparer et à
s’approprier la nature pour l’exploiter à son profit. Il se
contente de la travailler et de la cultiver pour assurer sa
subsistance. Il n’est pas inintéressant ici de rappeler que le
terme « culture », à l’origine, désigne non pas la formation
de l’esprit mais l’action de travailler la terre en vue des
récoltes. Ce terme vient du latin « cultura », qui lui-même
n’est pas sans rapport avec le terme « cultus » qui lui
désigne l’action de soigner, d’honorer. D’honorer ses
parents et les dieux par un « culte » approprié. Cultiver la
terre c’est donc la respecter, la labourer avec bienveillance
et reconnaissance pour les fruits qu’elle donne.

1 Psaume 148.

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