L'ironie de Socrate

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Contrairement à l'ironie polémique et insidieuse des Sophistes, celle de Socrate est plutôt interrogeante, désirante et ex-centrique, toujours en quête de connaissance vraie. Le fameux « je sais que je ne sais rien » devient chez lui un outil de défigement de la pensée prisonnière des « systèmes compacts », mais, aussi le meilleur remède contre les pseudo-vérités religieuses et idéologiques.
Publié le : mardi 1 décembre 2015
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EAN13 : 9782336397795
Nombre de pages : 108
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SamirMESTIRI
L’IRONIE DE SOCRATE
Essai sur l’ironie philosophique
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
L’ironie de Socrate
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Paul DUBOUCHET,? De la guerre auDemain, l’apocalypse terrorisme… Les véritables causes, 2015. Etienne PIERRE,Le boudoir de la mort ou l’imposture de Sade, 2015. Gérald ANTONI,Le Saint Nom de Jésus. Mystère et révélation, 2015. Stéphane MOURAD,L’unité de l’intellect. Histoire d’une controverse, 2015. Jean-Louis BISCHOFF,Corps et pop culture, 2015. André DOZ,La voie de l’être, 2015. Hamdou Rabby SY,Hegel et le procès d’effectuation. Des figures abstraites de la conscience aux figures de l’esprit, 2015. Hamdou Rabby SY,Hegel et le principe d’effectuation. La dialectique des figures de la conscience dans la Phénoménologie de l’esprit, 2015. Michel J.F. DUBOIS,La métaphore et l’improbable. Émergence de l’esprit post-scientifique ?,2015. Ado-Dieumerci BONYANGA,Émancipation et révolution biologique selon Habermas, 2015. Olivier LAHBIB,Phénoménisme et empiriocriticisme, 2015.
Samir MESTIRI
L’ironie de Socrate
Essai sur l’ironie philosophique
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07035-3 EAN : 9782343070353
 A toi Nora…
« Au temps de Socrate, il y avait, à Delphes, comme chacun sait, une espèce de Sibylle inspirée par Apollon, et qui vendait des conseils sut toute chose. Seulement, le Dieu, plus honnête que notre marchand de fluide, avait écrit, son secret au fronton du temple. Et lorsqu’un un homme venait interroger le destin, afin de savoir ce que les choses feraient pour ou contre lui, il pouvait lire, avant 1 d’entrer, ce profond oracle, bon pour tous : Connais-toi » . Alain, 29 octobre, 1909. 1  E. Alain,Propos sur le bonheur, Gallimard 1928.
I-Socrate l’ignorant  Le concept d’ironie est on ne peut plus insaisissable, vague, glissant, déroutant voire indéfinissable, à cause du topos bien connu : vouloir circonscrire cet objet qui a fini par signifier le « je ne sais quoi », « le peut-être », l’insituable et l’insondable gris, c’est vouloir le détruire. Définir l’ironie, ce mélange de oui et de non, c’est la tuer en lui demandant de jouer ce rôle. L’étude de l’ironie socratique ne saurait donc être réduite à une quelconque formule magique, d’autant que l’ironie en question n’est pas écrite - Socrate est le philosophe qui n’a rien écrit, mais il est celui qui a consacré sa vie-plutôt misérable -, à un monosyllabe très simple : le « non » subversif et rebelle. 2 3 Son discours « infidèle » et ironique - au sens entendu par Complido -, dont on traitera ici, n’est pas un échantillonnage de phrases ironiques ou une somme de figures locales, mais il a ceci de particulier : c’est une posture d’énonciation non construite en énoncés - comme c’est le cas pour l’ironie moderne où le dit et l’intention du locuteur sont discordants et où l’auteur et son œuvre sont placées au centre de son esthétique -, et qui fait prévaloir
2  Par discours nous entendons le sens que donne Benveniste à ce terme : « l’énonciation discursive suppose un locuteur et un auditeur, et, chez le premier, l’intention d’influencer l’autre en quelque manière » 3  A. Complido,Euthyphron, traduit par Gilles Deloure, Ellipses, 1998 : « Le rhéteur est un fils de « pub », un spécialiste de rien qui sait parler de tout, « sensibilise » les foules au lieu de les raisonner. L’ironie de Socrate, au contraire, prend nécessairement la forme d’un dialogue vivant, vif parfois, mais toujours effectué par deux sujets animés du désir de savoir et de découvrir la Vérité par eux-mêmes. En dialoguant avec le philosophe celui qui s’ouvre devient meilleur. 9
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