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L'universalisation de la démocratie

De
240 pages
Les réalités démocratiques, différentes d'une contrée du globe à une autre parasitent la question d'un modèle universel de démocratie dont l'enjeu reste l'émancipation des êtres humains. L'universalisation de la démocratie en vue d'une paix perpétuelle trouve son fondement dans la Constitution. Aucune démocratie n'est réalisable sans une Constitution républicaine susceptible de permettre aux êtres humains d'exprimer leur citoyenneté sur le modèle du patriotisme constitutionnel prôné par Habermas.
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Etudes
L’universalisation de la démocratie africafricafricafricaiaiaiainesnesnesnes
Série PhilosophieVers la Théorie habermassienne de la démocratie ?
Les réalités démocratiques, différentes d’une contrée du globe à une
autre, parasitent la question d’un modèle universel de démocratie dont
l’enjeu reste l’émancipation des êtres humains. L’universalisation de
la démocratie, en vue d’une paix perpétuelle (E. Kant), d’une paix
Faloukou D de satisfaction (R. Aron), trouve son fondement dans la Constitution.
Aucune démocratie n’est réalisable sans une Constitution républicaine
susceptible de permettre aux êtres humains d’exprimer leur citoyenneté
sur le modèle du patriotisme constitutionnel. Est paradigmatique d’une
telle conception politique, le patriotisme constitutionnel prôné par LLLLLLLLLLLLLLL’’’’’’’’’’’’’’’univunivunivunivunivunivunivunivunivunivunivunivunivunivunivererererererererererererererersssssssssssssssalisalisalisalisalisalisalisalisalisalisalisalisalisalisalisaaaaaaaaaaaaaaation tion tion tion tion tion tion tion tion tion tion tion tion tion tion Habermas, censé conduire inexorablement l’Humanité à la démocratie
radicale, celle qui est favorable à la participation, à la délibération, à la
constitution d’un espace public qui se consolide dans la communication. de la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocrde la démocraaaaaaaaaaaaaaaaaatietietietietietietietietietietietietietietietietietieC’est la démocratie délibérative, l’autre nom de la démocratie radicale,
qui permettra aux hommes d’atteindre l’émancipation collective et
l’expression des libertés individuelles.
Vers la Théorie hhhaaabbbeeerrrmmmaaassssssiiieeennnnnneee ddddddddddde le le le le le le le le le le la da da da da da da da da da da dééééééééééémocmocmocmocmocmocmocmocmocmocmocrrrrrrrrrrraaaaaaaaaaatttttttttttiiiiiiiiiiie ?e ?e ?e ?e ?e ?e ?e ?e ?e ?e ?
Faloukou DOSSO est Enseignant-chercheur à l’Université Alassane
Ouattara (Bouaké, Côte d’Ivoire). Spécialiste de Habermas, ses
recherches portent sur la question du développement durable en
Afrique, sur la philosophie de la technique, la philosophie de la
communication sans omettre les questions éthiques et la crise
écologique. Il a publié, en 2014, Habermas bioéthicien : le parvenir de
la conscience de l’espèce humaine à son individualité et à sa liberté
à l’ère de la manipulation de sa nature interne, chez Edilivre et La
Discussion après la Communication I – Un dialogue entre Habermas et
les africains, en 2015 chez le même éditeur.
ISBN : 978-2-343-06629-5
24,50 €
L’universalisation de la démocratie
Faloukou D
Vers la Théorie habermassienne de la démocratie ?










L’universalisation
de la démocratie

Vers la Théorie habermassienne
de la démocratie ?
Collection « Études africaines »
dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection
« Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera
toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se
déclinera désormais également par séries thématiques : droit,
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développement ?, 2015.
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(Virginie), Démocratie et/ou démocrature en Afrique Noire ?, 2015.
TOPPÉ (Gilbert), Éducation aux archives. Théorie, pratique et
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WOUAKO TCHALEU (Joseph), Augustin Frederic Kodock,
L’homme politique camerounais (1933-2011), 2015.
NDIONE (Marcel Samba), Prophéties et politique au Sénégal.
Prédicateurs sereer (saltigi) et acteurs politiques, 2015.
TANDJIGORA (Abdou Karim), Inégalités de développement au
Sénégal, 2015.
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SIMBAGOYE (Athanase), Compétences langagières et apprentissage à
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d’Afrique, 2015.

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par ordre chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
Faloukou DOSSO






L’universalisation
de la démocratie


Vers la Théorie habermassienne
de la démocratie ?





















































© L'HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-06629-5
EAN : 9782343066295









À ma bien aimée épouse
et à nos merveilleux enfants !



SOMMAIRE



INTRODUCTION ........................................................... 11

I - DÉMOCRATIE, VALEUR ARCHITECTONIQUE
DE CONSTRUCTION POLITIQUE D’UNE SOCIÉTÉ
SUR LA VOIE DE SON ÉMANCIPATION .................. 25

II - DES NIVEAUX DE DÉMOCRATISATION
SELON LES RÉGIMES POLITIQUES
AUX RÉALITÉS DÉMOCRATIQUES .......................... 49

III - CONSTRUCTION RÉPUBLICAINE
ET LÉGITIMATION DÉMOCRATIQUE.
POUR LE MODÈLE DU PATRIOTISME
CONSTITUTIONNEL .................................................. 123

IV - DE LA DÉMOCRATIE DÉLIBÉRATIVE ........... 139

V - POUR UNE INTÉGRATION
SOCIALE RADICALE ................................................. 189

VI - DU DISCOURS DU "NOUS" AU DÉTRIMENT
DE CELUI DU "JE" POUR UNE RADICALISATION
DE LA VIE SOCIÉTALE ............................................. 203

CONCLUSION .............................................................. 211

BIBLIOGRAPHIE ......................................................... 221

TABLE DES MATIÈRES ............................................. 231

9
INTRODUCTION



Des régimes politiques qui existent, ce sont les régimes
démocratiques qui font la preuve d’une bonne volonté
dans le processus de rationalisation de la vie sociétale des
hommes. En se déterminant à agir ou à ne pas le faire en
vertu de motifs conscients et délibérés, ils s’engagent sur
la voie du vouloir qui « se reconnaît à ce qu’il assure la
victoire de la raison sur la passion et sur le désir. Le rôle
de la volonté sera de rameuter, si l’on ose dire, le cortège
1des désirs et des tendances qui lui sont favorables » .
Faire le choix de la démocratie, c’est faire le choix
raisonnable tendant à favoriser les désirs et les tendances
qui se rapportent à la volonté de démocratisation qui est ce
qu’il faut aux hommes pour emprunter la voie rationnelle
et/ou rationalisable de sociabilisation de leur société. Ils se
regroupent en vue de bien mener leurs actions communes,
celles de la démocratisation-rationalisation-émancipation
de la société. Il est question de leur donner les raisons
démocratiques de leur vie en cité en leur fournissant
délibérément "l’espace public" expérimental en vue de
s’exprimer, de s’extérioriser rationnellement.
« Les régimes démocratiques représentent un effort
pour établir l’édifice gouvernemental sur des bases
2rationnelles » et/ou rationalisables. Tout est mis en place
en vue de permettre aux hommes de vivre ensemble, de se
donner de bonnes raisons, des raisons démocratiques de
participer à la gestion rationnelle des affaires publiques de
la société. Ils doivent s’accorder à établir les conditions
d’une vie émancipée. En fait, l’ère de la démocratisation

1 PRÉVOST, Claude-M., La volonté, Paris, P.U.F., 1986, p. 122.
2 DUVERGER, Maurice, Les régimes politiques, Paris, P.U.F./Que
sais-je ?, 1961, p. 14.
11
de la société est celle de sa rationalisation. Il s’agit de faire
prévaloir le principe de la souveraineté du peuple.
La démocratie se soucie de produire « des effets
extrapolitiques en particulier parce qu’elle rend possible, grâce
aux institutions et au droit, le développement de toutes
sortes d’activités humaines – qu’elles soient économiques,
culturelles, personnelles – qui ne relèvent pas directement
3du pouvoir régulateur de l’État » . Le champ d’expression
des hommes s’étend à tous les domaines d’activités de la
société.
Sans doute la démocratie a-t-elle un souci de méthodes
et de logiques flanquées de "bon sens" dans la construction
de la société. Elle a ses méthodes et suit une certaine
logique de fonctionnement qui ne peut s’effectuer sans la
Raison qui intervient dans la libre construction de la
société et participe à la libération de la société. En d’autres
termes, la démocratie devient un autre versant de la
manifestation de la Raison sur le champ politique.
Le but subtil de la démocratie est « d’assurer à chaque
homme une liberté aussi grande que possible dans la vie
4en communauté » . Ici, les hommes s’expriment comme
des citoyens qui profitent d’un suivi éducatif, éducationnel
des institutions. Autrement dit, « il faut que les institutions
achèvent l’éducation morale des citoyens. En respectant
leurs droits individuels, en ménageant leur indépendance,
5en ne troublant point leurs occupations » , elles ne doivent
consacrer leur influence que sur la chose publique. Elles
les appellent « à concourir par leurs déterminations et par
leurs suffrages à l’exercice du pouvoir, leur garantir un
droit de contrôle et de surveillance par la manifestation de

3 COSSON, Franck, La démocratie, Paris, Ellipses, 2005, p. 17.
4 DUVERGER, Maurice, Les régimes politiques, Paris, P.U.F./Que
sais-je ?, 1961, p. 21.
5 CONSTANT, Benjamin, Écrits politiques. Textes choisis, présentés
et annotés par Marcel Gauchet, Paris, Gallimard, 2010, pp. 618-619.
12
leurs opinions, et les formant de la sorte, par la pratique, à
ces fonctions élevées, leur donner à la fois et le désir et la
6faculté de s’en acquitter » .
La démocratie est l’espace d’éducation des citoyens,
des institutions dans un contexte de garantie du droit de
contrôle et de surveillance de leurs opinions, de leur
formation aux fonctions élevées. De fait, les institutions
sont les piliers de consolidations de la citoyenneté. Et, les
citoyens deviennent les pièces maîtresses qui assurent le
bon fonctionnement du processus de démocratisation de la
société. Ils sont des acteurs libres et égaux qui influencent
la chose publique. Aussi les citoyens sont-ils implémentés
au système de citoyenneté dans l’ultime optique d’exercer
le pouvoir politique qui n’est pouvoir qu’en virant sa cuti,
c’est-à-dire en réagissant positivement aux prescriptions
démocratiques.
Ici, la citoyenneté se vit dans un espace public libéré de
toute altérité, de toute domination, de toute contrainte.
Chacun doit, de façon exclusive, bénéficier de son droit de
citoyenneté. Tous les habitants qui sont « fils de citoyens,
tous ceux qui sont nés sur le sol national, ont rendu service
à l’État, ou doivent, pour toute autre raison, bénéficier du
droit de citoyenneté, tous – je le répète – peuvent se fonder
sur la loi, pour réclamer le droit de vote à l’assemblée
suprême et pour poser leur candidature aux différentes
7charges » . En clair, la démocratie est « l’union de tous les
hommes qui détiennent collégialement, comme un tout
organisé, un droit souverain sur tout ce qui est
8effectivement en leur pouvoir » . Ici, les notions de droit
de citoyenneté, de droit de vote, de candidature trouvent

6 Idem, p. 619.
7 SPINOZA, Baruch, Traité de l’autorité politique, trad.fr Madeleine
Francès, Paris, Gallimard, 1978, p. 272.
8 Idem, p. 37.
13
l’espace de leur utilisation. Il s’agit de promouvoir un
cadre collégial de gestion des affaires publiques.
Il s’ensuit que la démocratie se soucie de laisser à tous
les hommes l’espace d’expression de leur liberté, de leur
civilité qui constitue la condition à l’extériorisation de la
citoyenneté et de son exercice. Elle crée les conditions de
leur sociabilisation et est considérée comme un moyen
d’harmonisation de la vie sociale en jugulant les crises,
celles inhérentes à la bonne marche de toute société.
Qui dit démocratie, dit mise en place de dynamiques
institutions qui se chargent de promouvoir l’espace public
d’éducation, d’émancipation, de légitimation des citoyens.
Les valeurs démocratiques se manifestent « plus dans la
9paix que dans la guerre » . C’est pourquoi, Habermas
révèle que « la démocratie est à la fois le moyen et la fin
10de l’émancipation individuelle et sociale » . Elle touche
les individualités et la collectivité et crée les conditions
d’une libre-expression, de sécurisation des personnes et de
leurs biens. En d’autres termes, la démocratie conçoit les
conditions émancipatoires d’une vie sociétale profitable à
tous, celles d’une vie harmonieuse. Elle est ce qu’il faut
aux hommes pour sortir de la spirale de la violence. La
démocratie intervient dans tous les domaines d’activités
humaines. Dans ce cas, l’émancipation n’est possible que
dans un cadre typiquement démocratique.
Toutefois, la démocratie est loin d’être un acquis. Elle
est de l’ordre de la conquête, une aspiration, ce qui est
approprié aux hommes, à leur société. En tant qu’œuvre
humaine, la démocratie n’est pas donnée. Elle est loin de
respecter une posologie dont l’applicabilité se fait comme
sur les roulettes. Elle s’acquiert, se construit en vue de

9 Idem, p. 39.
10 HABERMAS, Jürgen, Le « concept » du 11 septembre. Dialogues à
New York (octobre-décembre 2001) avec Giovanna Borradori, trad.fr
Christian Bouchindhomme, Paris, Galilée, 2004, p. 79.
14
permettre aux hommes de se sociabiliser, d’emprunter la
voie rationnelle et royale de délivrance de leur société. Il
revient aux hommes de se donner les moyens de construire
démocratiquement leur société.
En tant que conquête, le processus démocratique « n’est
pas d’ordre pratique naturel, un système qui s’imposerait
naturellement aux hommes. [Il] est, pour utiliser une
métaphore architecturale, le produit d’une entreprise en
11construction » . En effet, le processus démocratique est
une activité en mouvement dans le sens de la quête de la
concorde, de la paix.
Des matériaux démocratiques doivent être réunis pour
que les éléments de la construction de la société se mettent
en place. Ce qui créera les conditions d’une émancipation
digne de ce nom. Ainsi la démocratie doit-elle remplir des
conditions de son effectuation. Elle cherche à atteindre un
objectif, celui de se construire tout en se perfectionnant
dans un espace libéré de toute contrainte, de toute
domination.
Le processus de démocratisation de la société n’est-il
pas l’occasion d’un subtil retour à la rationalisation de la
domination ? N’est-ce pas une autre occasion qui s’offre à
certains hommes pour soumettre leurs prochains, pour se
terroriser ? La démocratie n’est-elle pas une autre tentative
de gestion contraignante de la vie en cité ? L’objectif
d’atteindre le summum, le plus haut degré de
libérationémancipation des hommes peut-il être réalisé ou/et est-il
réalisable en démocratie ?
Tout processus de démocratisation ne s’achemine-t-il
pas vers la démocratie délibérative, celle qui permet aux
hommes d’atteindre le plus haut niveau de leur liberté, de
leur libération, de leur émancipation favorable à la

11 POAMÉ, Lazare, Marcellin, « La démocratie comme marche
philosophique de l’humanité » in Le Korè (à la conquête de l’homme)
Revue ivoirienne de philosophie et de culture, 2000, n° 30, pp. 55-88.
15
délibération, à la participation aux affaires publiques de la
société ? Ne sommes-nous pas inexorablement à l’ère de
« la liberté comme autonomie et joie et la démocratie
12comme société rationnelle » ?
Jusqu’ici, la démocratie verse dans l’utopie, dans ce qui
« n’est pas ce qui ne peut pas avoir lieu, c’est bien ce qui
13n’a pas encore un « topo »» . L’utopie du topo est ce qui
va permettre à la démocratie d’opter pour l’émancipation
des hommes. Autrement dit, l’excursion démocratique doit
être préparée avec le topoguide qui permet la libération de
la société, en termes de sa rationalisation-émancipation.
Le recours à l’utopie devient « l’impératif prioritaire de la
14lutte pour l’émancipation » . Sans doute l’utopie peut-elle
être définie comme l’élément stimulateur du processus
démocratique. C’est ce qui conditionne le processus de
sociabilisation de la société et permet aux hommes de
s’émanciper. Ici, la société ne fait que mettre en œuvre les
conditions pour que l’espace de son émancipation soit une
réalité libre et libérée de toute oppression.
C’est ainsi que la découverte de l’intelligence politique
entre inévitablement dans l’ordre de l’intelligible «
opération de l’esprit par laquelle les faits de l’expérience
15sensible sont interprétés, réglés, organisés » . Les
hommes recourent à leur intelligence en vue
d’expérimenter cette occasion de sociabilisation que leur
offre la démocratie. Les caractères égoïstes et violents qui
définissent leur vie en société doivent être balisés, réglés

12 SPINOZA, Baruch, Traité de l’autorité politique, trad.fr Madeleine
Francès, Paris, Gallimard, 1978, p. 36.
13 BIDIMA, Jean-Godefroy, Théorie critique et modernité
négroafricaine. De l’École de Francfort à la "Docta Spes africana", Paris,
Publications de la Sorbonne, 1993, p. 74.
14 RAULET, Georges, Utopie-marxisme selon Ernst Bloch, Paris,
Payot, 1976, p. 28.
15 ABENSOUR, Miguel, La Démocratie contre l’État. Marx et le
moment machiavélien, Paris, Félin, 2004, p. 57.
16
sur l’inévitable voie de la vulgarisation de l’intelligibilité
politique. Que faire donc d’une société où les hommes
sont caractérisés par la violence, où l’usage subtil ou avéré
de la violence ne souffre d’aucun doute ?
Cette situation suscite les préoccupations suivantes :
Comment les hommes doivent-ils lutter en vue d’atteindre
l’ère de leur émancipation ? Comment arriveront-ils à
baliser les puissants traits caractéristiques (égoïsme et
violence, esprit belliqueux) qui déterminent leur vie en
cité ? De quelle(s) démocratie(s) sera-t-il question pour
une émancipation communicationnelle de la société ?
Peut-on arriver à une liberté vraie en démocratie(s) ? La
démocratie délibérative s’exprimera-t-elle un jour ?
Il revient toujours aux hommes de décider de la qualité
du cadre de vie dans lequel ils souhaitent vivre de façon
consensuelle leur citoyenneté. Les régimes démocratiques,
en recourant à l’ultime sélection par les élections libres et
sincères, à l’autorité des gouvernants et à la liberté des
gouvernés, déterminent la catégorie de régimes politiques
dans laquelle les hommes comptent rationaliser leur vie en
société. Cela sous-entend que les réalités démocratiques
diffèrent d’une contrée à une autre du globe terrestre,
puisque le degré de rationalisation diffère d’un individu à
un autre, d’une collectivité à une autre. Quels sont donc
les moyens démocratiques dont disposent les hommes
pour vivre ensemble le processus de rationalisation de leur
société ?
Ainsi la volonté de contenir le pouvoir et de réaliser les
exigences de la liberté demeure-t-elle encore vivace tout
en favorisant le degré de socialisation des hommes, créant
par la même occasion les conditions d’une amélioration de
leur société. La liberté et le "bon sens" sont les piédestaux
sur lesquels se fixe le processus de démocratisation des
sociétés.
17
La démocratie permet aux hommes de se retrouver à
l’ère de la quête-reconquête de la liberté. Autrement dit,
elle va de pair avec la notion de liberté. « Rationnellement
et en fait, la démocratie est indissociablement liée à l’idée
16de liberté » , de liberté fondamentale. La démocratie est
en quête de liberté fondamentale, celle qui crée les cadres
de protection, de libération des hommes.
La liberté fondamentale est « celle où s’inscrivent les
prérogatives de la nature humaine : disposition de soi,
17choix des actes, responsabilité » . Par rapport à la liberté
fondamentale « dont le principe réside dans l’essence de
l’être humain, la démocratie n’apparaît que comme un
appareil technique, un ensemble de mécanismes
protecteurs, une formule de gouvernement permettant de
concilier la liberté de l’homme avec les exigences d’un
18ordre politique » .
La liberté ne retrouve l’espace de son extériorisation
qu’en démocratie. Elle se soucie d’assurer la protection
des citoyens et de leurs biens. La liberté possède une
essence démocratique. Quant à la démocratie, elle possède
une essence de liberté, de libération des hommes de toute
contrainte sociétale. Ce qui revient à dire que "tout ce qui
est liberté est démocratique et, il n’y a pas de raison que
tout ce qui est démocratique ne soit pas liberté". Il est
question d’établir tous les mécanismes de fonctionnement
rationnel, rationalisant, communicationnel de la société
dans une atmosphère consensuelle.
À l’ère de la démocratie, les hommes vont emprunter la
voie de leur liberté et de leur libération de toute contrainte
puisqu’elle se constitue en cet espace de conciliation de la
liberté humaine avec les exigences d’un ordre politique.
En libérant les hommes de toute domination sociétale, la

16 BURDEAU, Georges, La démocratie, Paris, Seuil, 1956, p. 15.
17es, La démocratie, Pari6, p. 17.
18 Ibidem.
18
démocratie devient un mécanisme de protection de la
société, une formule de gouvernement. Alors, il s’établit
des normes de démocratisation sans lesquelles les hommes
ne peuvent se réaliser en société, ne peuvent engager leur
libération.
Comment les hommes peuvent-ils emprunter la voie
démocratique de libération et d’émancipation de leur
société ? N’est-ce pas en démocratie que les hommes
mettent en place les conditions de sociabilisation de leur
société ? Toute humanisation est-elle réalisable en dehors
du cadre démocratique ?
« De fait, la démocratie, réalité multiforme, est entrée
dans les mœurs ; elle structure les idéologies politiques et
sociales et nos représentations en général ; elle pénètre nos
pratiques éducatives et même les relations privées où
19toujours plus d’égalité est demandée en son nom » . Elle
devient le moyen d’implémentation émancipatoire de la
société en intégrant démocratiquement tous les domaines
d’activités humaines.
La spécificité de toute démocratie, de tout processus de
démocratisation réside dans son caractère cumulatif, au
regard duquel toute autre forme de sociabilisation peut être
mise en doute. En tout cas, les régimes démocratiques sont
l’ultime moyen d’organisation rationnelle et rationalisable
de la société. Elle est l’outil d’organisation de l’existence,
des représentations et des tendances humaines.
Incontestablement, le processus de démocratisation de
la vie sociétale des hommes s’achemine vers la démocratie
délibérative. Ce qui renvoie aux préoccupations suivantes :
Comment le processus de démocratisation légitimera-t-il
l’espace de rationalisation des hommes en société ? De
quelle(s) réalité(s) démocratique(s) sera-t-il question face
aux types de régimes démocratiques qui existent ? Ces
normes de démocratisation ne mènent-elles pas à la

19 COSSON, Franck, La démocratie, Paris, Ellipses, 2005, p. 5.
19
démocratie radicale ? En d’autres termes, la démocratie
délibérative n’est-elle pas la fin de toute démocratisation
de la société ? La radicalisation de la démocratie peut-elle
être effective en dehors du modèle du patriotisme
constitutionnel ?
Il est question de se consacrer aux thèses développées
qui se rapportent à la culture démocratique et aux valeurs
transmises et/ou à transmettre pour améliorer le niveau de
vie des hommes. À vrai dire, le vent de la démocratie
n’épargne personne. Il est primordial que tout le monde
profite de l’atmosphère démocratique qui vient donner aux
hommes "l’espace public" approprié de leur émancipation.
C’est l’occasion qui leur est offerte en vue de se libérer du
joug pesant de l’aliénation, de la domination.
De tous les régimes politiques existants, la démocratie
est donc le régime politique qui crée les favorables
conditions de dynamisation-sociabilisation de la société.
Avec elle, les citoyens peuvent, non seulement se faire
entendre, mais surtout ils peuvent légitimer leur
participation aux affaires publiques de la société. La
démocratie se conquiert, se cultive, se vit.
La question liée à la conception de la démocratie
comme une conquête doit être abordée avec délicatesse
puisqu’elle suppose l’existence de plusieurs démocraties
quand nous nous référons aux réalités démocratiques qui
se développent dans les différentes contrées. C’est comme
si les retombées positives liées au bon fonctionnement de
la démocratie poussaient tout le monde à la vivre, à la
cultiver, à l’expérimenter selon ses réalités.
Chaque contrée vit une originalité démocratique en
s’engageant dans son processus de démocratisation de sa
société. L’on ne sait pas s’il faut parler de la démocratie
ou des démocraties puisque les réalités démocratiques
diffèrent d’un continent à un autre. Toutefois, le régime
démocratique est le remède d’émancipation de la cité. Elle
20
donne l’occasion aux citoyens de participer délibérément
et allègrement à la gestion des affaires publiques de la
société.
Se promouvant dans un contexte de globalisation et de
mondialisation, la démocratie est sans doute ce qu’il faut
aux hommes, ce qui leur permet de se retrouver l’"espace
public" de leur humanisation, de leur rationalisation. Elle
n’épargne aucun domaine de sociabilisation de la société
dans la perpétuation des rapports individuels, collectifs et
intégrationnels. La démocratie doit permettre aux hommes
de se retrouver dans un cadre consensuel de vie où, en tant
que citoyens, ils participeront délibérément à la gestion
rationnelle des affaires publiques.
Il ne s’agit pas de jouer « les conciliateurs papelards et
de désarmer jusqu’aux velléités de révolte, mais il s’agit
de ne pas confondre révolte et révolution. La démocratie a
eu un long chemin à parcourir pour rationaliser les
pouvoirs installés avant que s’amorçât la révolution
politique, et au surplus le processus n’est pas encore arrivé
20à son terme partout, il s’en faut » .
La révolution politique, celle qui est relative à la
démocratisation de la société, doit se poursuivre au-delà
de la rationalisation des pouvoirs installés et atteindre le
peuple en qui résident les fondements de la souveraineté,
de la légitimité du suffrage universel. Le peuple joue un
rôle indispensable dans son processus de citoyenneté, de
légitimation de la citoyenneté pour se constituer en un
modèle du patriotisme constitutionnel. Il faut opter pour la
promotion du modèle du patriotisme constitutionnel prôné
par Habermas.
C’est avec Habermas que la démocratie devient la quête
délibérative d’émancipation communicationnelle dans une
atmosphère où les prétentions à la validité permettront

20 LAGNEAU, Gérard, La science des mœurs, Paris, Grasset et
Fasquelle, 1973, p. 211.
21
d’assoir un pouvoir radical. Ici, la radicalité du pouvoir est
loin d’être un moyen de réification du peuple. Il s’agit de
favoriser une intégration sociale radicale et de passer à
l’ère de la démocratisation de la démocratie.
Les révolutions démocratiques doivent s’opérer, se
poursuivre sans contrainte puisque la démocratie est
l’affaire de tous. Elle est ce qu’il faut aux hommes, ce qui
leur donne les moyens consensuels de vie en cité. Ainsi la
démocratie délibérative consacre-t-elle l’existence d’une
citoyenneté particulière, celle qui est l’outillage de
légitimité et/ou de légitimation de la Constitution écrite ou
non qui devient la base de données de la construction
sociétale. La survie de la société réside foncièrement dans
l’obéissance aux lois prescrites par le peuple.
La constitution, en définissant une procédure politique,
comprend des restrictions qui protègent, non seulement les
libertés de base, mais surtout « garantissent leur priorité.
Le reste appartient à l’étape législative. Une telle
constitution est conforme à l’idée traditionnelle d’un
gouvernement démocratique tout en faisant de la place, en
même temps, pour l’institution de la révision des procès à
21la lumière de la constitution » .
Nous souhaitons proposer aux lecteurs, aux décideurs
et/ou aux pouvoirs politiques hostiles à la démocratisation
de certaines contrées qu’il y a un objectif démocratique à
atteindre lorsque nous les interpellons de tous nos vœux à
la promotion de la culture et des valeurs démocratiques.
Même les démocraties de masse, ces références et/ou ces
référentiels démocratiques, évoluent en s’améliorant et en
améliorant continuellement le cadre de vie des citoyens.
Chaque entorse au processus de démocratisation est
corrigée et orientée vers la bonne marche de la société. Ici,

21 RAWLS, John, Justice et démocratie, trad.fr Catherine Audard,
Philippe de Lara, Florence Piron, A. Tchoudnowsky, Paris, Seuil,
1993, p. 198.
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la démocratie est remise à jour, dynamisée et devient un
cheminement vers la conception habermassienne de la
démocratie. Dans cette optique, nous émettons le souhait
de proposer sa démocratie délibérative comme la fin de
toute démocratie, de tout processus de démocratisation de
la société. Ici, la démocratie évolue en empruntant la voie
de sa radicalisation.
Ce qui permet aux hommes d’atteindre le summum de
leur humanisation et de créer les conditions d’existence
d’une vie consensuellement souhaitable. Chacun observe
un rythme de démocratisation, de rationalisation de la
société qui, sans le vouloir, le conduit à la démocratie
délibérative. Sans doute est-ce le trophée démocratique qui
pointe à l’horizon d’un championnat ourdi où les aînés
pensent que les cadets ne sont pas encore opérationnels,
qu’ils leur manquent certaines capacités, des expériences
qui leur permettent de se démocratiser, de s’émanciper.
Sans le vouloir, chacun essaie d’emprunter l’inévitable
voie menant à la démocratie radicale, l’autre nom de la
démocratie délibérative. Pour le bien-être de tous, il est
souhaitable que les conditions de démocratisation soient
réunies partout pour permettre aux hommes de procéder à
une gestion consensuelle des affaires publiques de la cité.
La démocratie délibérative se pense, se cultive, se vit. Elle
s’expérimente et permet, non seulement l’implémentation
de tout processus de gestion rationnelle des hommes, mais
surtout elle est implémentable dans toute contrée où le
processus de démocratisation est engagé et va son petit
bonhomme de chemin.
Notre objectif est de montrer que toutes les démocraties
concourent à la liberté et/ou à la libération des hommes.
Elles convergent vers la démocratie délibérative, celle qui
délivre et constitue l’outillage de libération des hommes.
Ce processus de démocratisation favorise l’ouverture, la
concorde, la paix. Les démocraties vont à l’encontre de la
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