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Le combat philosophique de Maurice Blondel contre la double ignorance des masses

De
102 pages
Il existe deux types d'ignorance que Maurice Blondel, philosophe, sociologue et théologien français, invite tout homme à combattre énergiquement pour éviter la disparition prématurée de l'espèce humaine, mais également celle de la planète Terre. Il y a, d'une part, l'ignorance de soi-même, de son être en perpétuel devenir et, d'autre part, celle de ses semblables, de son environnement, du monde physique et de l'Unique nécessaire. Ce livre s'assigne comme objectif de vulgariser les armes pour combattre ces deux fléaux, armes présentées dans sa thèse de doctorat qui l'a rendu célèbre : L'Action (1893).
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AdrienD IAKIODI
Le combat philosophique de Maurice Blondel contre la double ignorance des masses
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
20/11/15 15:19
Le combat philosophique de Maurice Blondel contre la double ignorance des masses
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno PéquignotUne collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Samir MESTIRI,L’ironie de Socrate. Essai sur l’ironie philosophique, 2015. Paul DUBOUCHET,Demain, l’apocalypse ? De la guerre au terrorisme… Les véritables causes, 2015. Etienne PIERRE,Le boudoir de la mort ou l’imposture de Sade, 2015. Gérald ANTONI,Le Saint Nom de Jésus. Mystère et révélation, 2015. Stéphane MOURAD,L’unité de l’intellect. Histoire d’une controverse, 2015. Jean-Louis BISCHOFF,Corps et pop culture, 2015. André DOZ,La voie de l’être, 2015. Hamdou Rabby SY,Hegel et le procès d’effectuation. Des figures abstraites de la conscience aux figures de l’esprit, 2015. Hamdou Rabby SY,Hegel et le principe d’effectuation. La dialectique des figures de la conscience dans la Phénoménologie de l’esprit, 2015. Michel J.F. DUBOIS,La métaphore et l’improbable. Émergence de l’esprit post-scientifique ?,2015. Ado-Dieumerci BONYANGA,Émancipation et révolution biologique selon Habermas, 2015.
Adrien DIAKIODI
Le combat philosophique
de Maurice Blondel
contre la double ignorance des masses
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07377-4 EAN : 9782343073774
Au professeur émérite et doyen honoraire Jean FERRARI, qui m’accueillit chaleureusement à l’Université de Dijon (Bourgogne) et y dirigea la première de mes trois thèses de doctorat soutenues dans les Universités françaises, je dédie ce livre de philosophie.
AVANT-PROPOS Dans un livre de philosophie dont le titre évoque le terme de l’ignorance, tout initié à cette discipline pense certainement à la double ignorance traitée par celui que la tradition a toujours fait passer pour le premier vrai philosophe de l’histoire : Socrate. De quoi s’agit-il ? Sur le fronton du temple de Delphes à Athènes était inscrite cette célèbre formule « Connais-toi toi-même » qui frappa l’imagination et l’intelligence de Socrate (470-399) et qui devint sa puissante arme contre la double ignorance de ceux qui passaient aux yeux de tout le monde pour être d’éminents sages. Pourtant, il n’a rien écrit, mais sa pensée nous est connue grâce aux écrits de son fidèle disciple Platon (427-422), dont l’Apologie de Socrate, discours de défense de ce dernier contre ses accusateurs. En effet, Socrate y rapporte que, lors de son voyage à Delphes, Chéréphon, son ami d’enfance, consulta l’oracle en posant la question de savoir s’il existait au monde un homme plus sage que Socrate. Sans la moindre hésitation, la Pythie (prêtresse de l’oracle de Delphes) répondit par la négative. C’est alors que Socrate commença ses pérégrinations pour vérifier, selon lui, la fausseté de l’oracle auprès de ceux que le monde adulait pour leurs connaissances, car cette affirmation qui sortait de la bouche de la Pythie lui paraissait invraisemblable. Il interroge donc à tour de rôle les maîtres de l’éloquence, les politiques, les poètes, les artisans. Mais son constat est le même : tous croient savoir quelque chose, alors qu’ils ne savent rien, tandis que lui, s’il n’a aucun savoir, ne croit pas non plus savoir : « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ». Eux sont frappés d’une double ignorance, ce qui est très grave à ses yeux, alors que lui doit seulement se disposer à lutter contre une seule. Il conclut que la Pythie ne s’était pas trompée à son sujet, car la connaissance de soi-même est synonyme de sagesse. Vingt-quatre siècles après Socrate, Maurice Blondel est revenu à la charge en reliant, dans un même ouvrage, le principe delphique et la connaissance du monde extérieur pour rendre l’être humain moins ignorant, comme voulait le faire maladroitement, il faut le signaler, le deuxième scolarque (chef) du Portique, Chrysippe (280-206). Il s’agit du célèbre ouvrage intituléL’Actionest, en fait, sa thèse de philosophie qui
soutenue à l’Université La Sorbonne le 7 juin 1893. Lire ce livre tout entier a le double avantage de bien former sa conscience et d’acquérir des connaissances nécessaires pour la vie, car « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », disait François Rabelais. Certes, nous avons une belle science de la vie dans les bibliothèques, maispathos stylistique de Maurice Blondel, le pour reprendre les termes d’Eugène Fleischmann, agace et décourage le lecteur. En effet, pour comprendre l’œuvre du philosophe de l’action, comme on a l’habitude de l’appeler, « il faut des années de pratique assidue », nous prévient Claude Tresmontant. En écrivant donc ce livre qui est sous vos yeux, mon intention est de rendre disponible cette science de la vie que le philosophe Maurice Blondel nous a léguée et dont il dit qu’elle est largement accessible à qui n’en a point d’autre, à qui donc n’a pas les moyens financiers d’aller l’acquérir dans les universités, comme bon nombre d’Africains et tant d’autres hommes et femmes d’autres continents, qui peinent à trouver de quoi se nourrir, se vêtir et s’acheter des médicaments. J’affirme qu’elle est accessible si et seulement si elle est actualisée et exprimée dans un langage compréhensible par tous.Certes, le risque de travestir la pensée de ce philosophe est grand, surtout à cause de son vocabulaire et de certaines de ses expressions qui n’ont pas d’équivalent dans la langue philosophique. Mais, je m’engage tout de même à l’étudier à nouveaux frais et à employer un langage limpide, frôlant même le style journalistique, sans toutefois perdre de vue que ce livre est destiné aussi bien aux universitaires qu’au commun des mortels. Après plusieurs années de pratique assidue de la pensée blondélienne, je me permets de recourir à certains termes, absents des écrits de l’auteur, pour expliciter ce qu’il y a d’implicite en vue de mieux intégrer dans les sciences humaines et sociales d’aujourd’hui celle que nous a laissée Maurice Blondel en 1893. Enfin, je remercie Mgr Pascal Roland pour son accueil dans le pays de Gex et Alexandre Ntungasani qui a favorisé cette rencontre. Je pense également à Pierre-Noël Dingeon qui a passé de nombreuses heures à relire ce texte. Toi, Eben, qui portes mon nom, deviens homme de l’action pour le mériter.
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INTRODUCTION GENERALE
Au début du mois de janvier 2015, j’ai rencontré et discuté longuement avec une personne qui m’a donné l’envie d’écrire sur le combat que menait Maurice Blondel contre la double ignorance des masses. Il s’agit de François-Xavier de Guibert dont l’itinéraire existentiel reste atypique. En effet, veuf depuis 2001, ancien éditeur à Paris, entré dans la connaissance du mystère du Christ dans l’archidiocèse de Dijon, il a été nommé curé de la paroisse de Saint-Julien où il fait son apostolat depuis 2012. Encyclopédie vivante, il est un homme de très grande culture générale, comme Maurice Blondel aimerait que chaque être humain le devienne. Le but que vise ce livre est donc de donner à tout le monde la possibilité d’être cultivé comme un éditeur de Paris. Pour combattre cette double ignorance des masses, Maurice Blondel a écrit un important ouvrage appeléL’Action (1893)qui a valeur de bibliothèque où sont rassemblées la plupart des connaissances qui faisaient la fierté des hommes de science de e la fin du 19 siècle. Le lire en entier, c’est acquérir presque la même culture que celle des éditeurs qui, eux, ont les moyens et le temps de parcourir les ouvrages qu’ils publient et ceux qu’ils reçoivent de leurs collègues. L’expérience que j’ai faite, dans mon entretien avec François-Xavier de Guibert, n’est pas unique. Je ne doute pas une seconde que d’autres éditeurs comme Denis Pryen sont aussi des hommes de grande culture générale. Si le livre de Maurice Blondel est disponible partout dans les bibliothèques, qui peuvent facilement le commander au cas où elles n’en ont plus dans leur stock, cependant il n’est pas facile à comprendre, bien que, sur une de ses pages, l’auteur ait écrit qu’il y exposait une science de la vie accessible à qui n’en avait point d’autre, à qui manquait les moyens financiers pour s’instruire. Une année après sa parution, Victor Delbos (1862-1 1916), y faisait un compte rendu remarquable que l’on peut considérer comme l’interprétation authentique de la pensée du philosophe et auquel les spécialistes se réfèrent quand ils ont un
1  V. DELBOS,Compte rendu sur L’Action (1893) de Blondel,dansRevue philosophique de la France et de l’étranger, 1894-(07-12), pp. 634-641.