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Le dualisme antiréaliste et semi-empirique de Bernard Vidal

De
286 pages
Bernard Vidal axiomatise l'Être, l'Indéterminé, en deux hypostases, métaphore athée du monothéisme trinitaire. Elles s'imprègnent, donnant le réel, dont l'esprit qui détermine l'Être en divers. Esprit et matière se forment l'un l'autre. Il n'y a donc pas d'en soi, pas de rationnel absolu, pas d'unicité du modèle en recherche : au terme de sa quête l'esprit se retrouve lui-même.

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LE DUALISME ANTIREALISTE ET SEMIEMPIRIQUE DE BERNARD VIDAL
De l’apeirond’Anaximandre aux maîtres de la quantique et à l’empirisme de van Fraassen
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
Le dualisme antiréaliste et semi-empirique de Bernard Vidal
Ouverture philosophique Collection dirigée par, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Jean-Louis BISCHOFF,Penser la notion de rencontre, 2017. HyeJeong SEO, Paul Ricœur,Image de Dieu: Rédemption et Eschatologie, Tome 2, 2017. HyeJeong SEO, Paul Ricœur,Image de Dieu: Origine et déchéance, Tome 1, 2017. Dimitra PANOPOULOS,L’hypothèse platonicienne, 2017. Hans COVA,Pour une approche stratégique des espaces politiques, Essai de philosophie politique, 2017. Tristan VELARDO,Georges Palante, La révolte pessimiste, 2017. Robert TIRVAUDEY,Apprendre à penser avec Marc Aurèle,2017. Xavier LAMBERT (dir.),Action, énaction. L’émergence de l’œuvre d’art, 2017. Alessia J. MAGLIACANE,Zéro. Révolution et critique de la raison. De Sade et Kierkegaard à Adorno et Cavell, 2017. Olivier NANNIPIERI,Du réel au virtuel. Les paradoxes de la présence, 2017.
Fallander KALTCHARELLE DUALISME ANTIREALISTEET SEMI-EMPIRIQUEDEBERNARDVIDAL
De l’apeirond’Anaximandre aux maîtres de la quantique et à l’empirisme de van Fraassen L’Harmattan
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12048-5 EAN : 9782343120485
Avertissements Dans cet exposé sur le dualisme de Bernard Vidal (1943-) nous avons fait le choix de la brièveté, de la simplicité et de la clarté. Nous avons privilégié, en général, mais pas de façon exclusive, les références et études pour un public cultivé plutôt que celles des spécialistes. Il fallait penser en effet à bien des scientifiques pour qui les discours philosophiques, en particulier ceux relatifs à l’Antiquité grecque, ne sont pas familiers ou dont leur formation scientifique aurait pu à tort les prévenir, voire les immuniser. Il fallait penser de même à ceux que les œuvres scientifiques contemporaines, et leurs analyses ou commentaires spécialisés, rebu-teraient. Nous avons essayé de mettre notre exposé à la portée du plus grand nombre, et chacun pourra déceler dans tel ou tel domaine, qui lui serait plus familier, des choix relevant de la vulgarisation — terme sans connotation péjorative — et peut-être même s’en étonner. Certes, nous avons pu prendre des raccourcis qui pourraient paraître osés, mais nous pensons qu’ils ne le sont en fait qu’au premier abord. Nous nous sommes tenu aussi près que possible de la pensée de Vidal, nous efforçant de ne jamais la dénaturer. On trouve les termes « en soi » écrits en italiques :en soiet bien sûr sans, comme le pratique parfois Vidal, accorder le pronom (en lui, en nous, en elle…). La chose en soien effet un concept philosophique introduit par est Emmanuel Kant. Il signifie le réel tel qu’il pourrait être pensé hors de toute sensation, si l’on préfère hors de toute expérience, tel qu’en lui-même. À ce titre philosophique, en soiest masculin et invariable. De même, nous utilisons
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des italiques pour leRéel en nous, ce qui souligne le caractère antithétique de ce réel par rapport à l’en soi de Kant. L’ensemble de ces trois mots forme ainsi un tout, un bloc, permettant une identification immédiate du concept une fois qu’il a été défini. Nous utilisons aussi « le Un » et non pas « l’Un », ce qui fait ressortir le mot Un. Le terme ontologique concerne la philosophie de ce qui se rapporte à l’être, le terme ontique ce qui se rapporte à l’étant. Ce dernier est peu compris, peu utilisé en dehors des écrits spécialisés ; nous utiliserons plutôt des périphrases illustratives. Des métaphores pédagogiques, peut-être osées parfois, mettant en jeu notre expérience du quotidien, pourront si besoin en est être utilisées pour faciliter la compréhension. Nous avons fait le choix d’écrire : antiréaliste et antiréalisme, plutôt que anti-réaliste et anti-réalisme. Nous utilisons de façon osée le mot intelligibilisation au sens de porter à l’intelligibilité. Le mot transcendance est utilisé avec une connotation d’absolu, de divin. Précisons que la nature est, pour chacun de nous, ce qu’il perçoit lorsque, sa conscience et sa sensibilité étant en œuvre, il est frappé par ce qui semble de prime abord, seulement de prime abord, ne pas être lui et qui l’enserre de toutes parts, ce qui s’impose à sa perception. La nature est un brut empirique. C’est un empirisme. Nous employons le terme d’univers en synonyme de la nature. L’esprit de l’homme fait partie de la nature, parce que les facultés mentales ne sont pas séparables de la matière, au moins celle du cerveau, qui fait partie de nature. Le brut empirique contient aussi l’esprit de l’homme en tant qu’esprit empirique. Parfois nous mentionnons ce fait « empirique » pour le rappeler. Cependant, comme Vidal ne fétichise pas l’empirisme, pour modérer ce terme nous parlerons parfois de semi-empirique. Le dualisme de Vidal a en effet d’autres dimensions que la seule dimension
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empirique, ce qui allège le caractère prégnant de celle-ci. Certes, nous écrivons antiréaliste et semi-empirique alors que dans le second, francisation du mot anglais semiempirical, il vaudrait mieux éviter le trait d’union, mais l’usage des scientifiques français l’introduit. Le chapitre VI traite de l’empirisme de Bas C. van Fraassen, soulignant ce qui distingue celui de Vidal d’un empirisme classique et de celui de van Fraassen. On utilise les termes de « monde des phénomènes », « phénomène » étant pris au sens scientifique. Ce « monde » appartient, bien sûr, à la nature. Il est une des façons qu’a notre esprit, dans son travail de construction d’un modèle de la nature, de concevoir celle-ci, de faire pénétrer dans une logique l’empirisme de ses sensations, de l’encadrer. L’esprit intervient ainsi pour découper — en métaphore — la nature en petits morceaux : les phénomènes, de même que les catégories de choses, c’est-à-dire qu’il isole dans la nature certaines activités, objets ou états… de celle-ci, du tout qu’elle forme, et leur donne une identité individuelle. Il le fait comme si ces activités, objets ou états… étaient en propre à la nature, préexistant en dehors de toute perception, toute sensibilité, tout esprit. Ceci lui permet de construire le modèle scientifique à partir, entre autres, de ces morceaux que nous appelons les phénomènes. Le monde des phénomènes, la catégorisation de façon générale, constituent donc déjà une construction intellectuelle à partir de l’empirique de la nature, une pré-modélisation. De ce fait, lorsque le scientifique s’intéresse à la nature pour en construire un modèle destiné à mimer le comportement de celle-ci, il travaille en fait sur une nature déjà pensée, d’une part de façon générale, mais aussi dans un cadre de perception axé vers la modélisation. L’invention des phénomènes, l’identification de ceux-ci dépendent des concepts de modélisation dont dispose le scientifique, des théories, de la culture… qui l’imprègnent.
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