Le sens de la marche

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Pourquoi marcher ? Quand un marcheur ne marche pas, il est rare que la question se pose à lui. Quand il marche, éreinté, il arrive qu'elle se repose. La marche connaît un engouement sans précédent en France. Est-ce un effet de mode ou le symptôme d'un phénomène plus profond ? Ce livre propose des cairns sur l'histoire de la marche en France, depuis le Romantisme jusqu'à nos jours : le détour par le passé est parfois l'itinéraire le plus direct.
Publié le : vendredi 1 janvier 2016
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EAN13 : 9782336399416
Nombre de pages : 130
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rare que la quesïon se pose à lui. Quand il marche, éreinté, il arrive qu’elle se repose.
« Une route sait généralement ce qu’elle fait... », écrit Giono, mais nous, le savons-nous toujours, en deçà ou au-delà de la desïnaïon vers laquelle nous nous dirigeons ? La marche dont il est quesïon ici n’est pas uïlitaire, mais est à elle-même son propre but. Il s’agit de marcher pour marcher. Elle connaît aujourd’hui un engouement sans précédent en France. Est-ce un effet de mode ou le symptôme d’un phénomène plus profond ? Ou les deux ?
Ce livre s’efforce d’apporter des éléments de réponse en
depuis le Romanïsme et jusqu’à nos jours : le détour par le passé est parfois l’iïnéraire le plus direct.
ISBN : 978-2-343-07384-2 14,50 €
Thierry Giraud
Le sens de la marche Cairns
Le sens de la marche
Thierry GIRAUD Le sens de la marche Cairns
© L'HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07384-2 EAN : 9782343073842
A Lulle,
Prologue
Holà du chemin ! Holà, très vieux chemin qui as tant pérégriné parmi les siècles ! Comme tu supportes ces pas répétés, opposant ta résistance à la pesanteur qui, sans trêve, entraîne leurs pieds vers le sol ! Quelle patience ! Que de savoirs sur la pluie qui ruisselle chaudement l’été et te creuse avec indifférence, sur le soleil et le vent qui patinent lentement tes pierres, sur la neige lorsque tu hibernes, emmitouflé de flocons cachottiers ! Que de connaissances sur ceux qui, aussi sûrement que les saisons, reviennent et te tambourinent, plus bariolés cependant que naguère ! Alors que tu t’élances vers le col, sur les essoufflements humains, que de science ! Toi qui, substrat de tant de mouvements, demeures immobile, toi, dont les saisons ne fleurissent jamais semblablement, comme dans ton immobilité même tu as changé depuis que Jean-Jacques t’emprunta ! Ah !, si les chemins savaient parler, que d’histoire (s) ne nous raconteraient-ils pas ? Et tu te dis, mon bon vieux chemin, usé par tant de godillots et de chaussures high-tech : encore un livre de plus sur la marche !
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Introduction : le sens de la marche
1 « Entre Domo et le pied des Alpes, il y aura un ruban d’une lieue. Voici qu’Arthur et Percy acceptent le défi de franchir cet espace à reculons. C’est à la fois miraculeux et très fatigant à voir. » 2 Voyages en zig-zag,Topffer Pourquoi marcher ? Quand un marcheur ne marche pas, il est rare que la question se pose à lui. Quand il marche, éreinté, il arrive qu’elle se repose.
« Le sens de la marche » évoque immédiatement la signification de celle-ci. La signification d’une action humaine est liée à l’intention qui lui est jointe. Inversement, l’intention est signifiante. L’idée d’un but absurde est elle-même absurde ou signale l’acte ou la pensée insensés. Il ne faudrait cependant pas négliger le fait que le terme de « sens » signifie aussi l’idée de direction. Cette dernière est sans doute, en dehors de l’errance, évidente, accrochée à une destination. « Une route sait généralement ce qu’elle fait, il 3 n’y a qu’à la suivre » , mais nous, le savons-nous toujours en deçà ou au-delà de la plate destination ? Ne sous-estimons-nous pas ce qui est enfermé dans l’évidence occidentale
1 Un « ruban » désigne ici une longue portion rectiligne de chemin. 2 R. Topffer,Voyages en zigzag,Castermann, p. 61. 3 J. Giono,Les grands chemins,Gallimard, 1973, p. 21.
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