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Le voyage de Parménide

De
282 pages
"Le voyage de Parménide" est un essai sur les origines de la philosophie. Parmi l'éventail d'options que la Grèce présocratique proposa à l'Occident pour définir sa physionomie, les philosophes ne choisirent ni le naturalisme de Thalès, ni les nombres de Pythagore, ni la coïncidence des opposés d'Héraclite et des Mystères, mais ils se greffèrent sur l'expérience de l'être suggérée, en Grèce d'Occident, par le poème de Parménide.
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)
Ménélas transperce Hélène.
Stèle de Magoula, verso, env. 600av. J.- .
(Musée archéologique de Sparte, Inv. n° 1
CLeVoyage deParménideDanielCohen éditeur
Philosophie, une collection dirigée parJadHatem
Partout où l’onannonceà grands cris la fin de la métaphysique et là même où
l’oncroit pouvoir enterrer en silence la libre pensée, c’est l’homme en la totalit
de son être et en sa dimension de transcendance qui est en péril. Rien, d’un
certaine manière, n’est plus vulnérable qu’elle car elle est tout l’homme.Ell
s’exposeà la déchéance car la liberté est son essence.
Insulté parAgamemnon,Achille est sur le point de s’emporter et de tuer
son rival quandAthéna, venue l’apaiser, se place derrière lui et le retient par l
chevelure.Il se retourne et la reconnaît seulement pour lui.La main qui guérit l
passion est en même temps la main qui dessille les yeux. Par la conversio
qu’elle opère, la sagesse est vision de l’invisible. «Nous sommes tous », ditPlo-
tin, « comme une têteà plusieurs visages tournés vers le dehors, tandis qu’ellese
termine vers le dedans par un sommet unique.Si l’on pouvait se retourner ou si
l’onavait la chance d’avoir les cheveux tirés parAthéna, on verraità la foisDieu,
soi-même et l’être universel ».
ans la même collection
Monique LiseCohen,Récit des jours et veille du livre, Orizons, 2008.
Jad Hatem,La poésie de l’extaseamoureuse,Shakespeare etLouiseLabé, Orizons,
2008.
Jad Hatem,L’artcommeautobiographie de la subjectivitéabsolue,Schelling,Bal-
zac,Henry, Orizons, 2009
Jad Hatem,Rupture d’identitéet roman familia , Orizons, 2011
Monique LiseCohen, EmmanuelLévinas etHenriMeschonnic, résonances prophé-
tiques, Orizons, 2011
RiccardoDiGiuseppe,LeVoyage deParménide, Orizons, 2011
©Orizons,Paris, 2011
ISBN : 978-2-296-08778-1
Illustration de la p. 2:
© Ministère de laCulture et du Tourisme de la République grecque,
Fonds des Ressources archéologiques, Musée archéologique de Sparte
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éRiccardoDiGiuseppe
LeVoyage deParménide
2011p
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PSAUME116
HOSÉ ,14
ejgwveijmihJquvratw'nprobavtwn
ejgwveijmihJquvra
di@ejmou'ejavnti"eijsevlqhi
swqhvsetai
kai;eijseleuvsetaikai;ejxeleuvsetai
kai;nomh;neuJrhvsei
ÉVANGILESELONSAINTJEA ,10
AJean-HugoTisin
N
EParménided’Elée
LeChantdeVérité
TraductiondeRiccardoDi Giuseppe et Jean-HugoTisinAvertissement
e lecteur trouvera ci-dessous une version du poème de Parménide où
L chaque ligne de l’o riginal corr spondune ligne française. Celui qui ne
maîtrise pas le grec de Parménide pourra toujours savoir à quoi l’i nterprèt
songe quand il en appelle, parexemple, à«B7,3 DK»:il pourra contrôler,
en traduction, la ligne (3) du fragment (B7) dont il est question dans l’ édi-
tion Diels-Kranz.
Cependant, il faut affirmerqu lepoème est intraduisible au sujet dela
question centrale, à savoir la signification du verbe«être». A la différenc
dugrec, del’hébreu, du sanscrit, du latin et — de nosjours — del’italien oude
l’e spagnol, la langue française, comme l’a nglais et l’a llemand, ne tolère pa
de verbe sans sujet explicite. Or, la thèse centrale de l’ éléatisme est fondée,
précisément, sur la possibilité formelle d’ utiliser, engrec,un verbe sans sujet.
Alors qu’e n français, dire«est»est problématique, en grec cela est possible,
et cette possibilité fait mieux rejaillir l’énigme quant à l’identité du sujet qu
«est ». Le lecteur est donc prévenu : la version garde le verbe sans sujet.
Jusqu’ à la fin, nous ignorons dequoi l’onparle dans le poème;et, dès qu’u
sujet est nommé, en B8,32, cesera, à son tour, auverbe « est » dedisparaître.
Parméniden’ est pas simplement difficile : ilest énigmatique.
Une explication de ce paradoxe est proposée au deuxième chapitre: le
lecteur trouvera à cet endroit une interprétation mystique de« est » chez Par-
ménide. Aux origines de la philosophie, le verbe«être » sans sujet indique,
précisément, un état sans suje : une réalitésuprême dans laquelle la con-
sciences’ efface, et à laquelle, seulement, est remisela dignité d’être.
Nous souhaitons quecette traduction puisse donnerun aperçu du mys-
tère imposant qu’e st, dans l’original, le texte deParménide. En hommage au
chef-d’œuvre deCordero, qui a interrogé la tradition manuscrit indirect , je
n’aipas accompagné le grec d’ un apparat critique, ce qui l’a urait transformé
en une énième editio variorum. Le lecteur intéressé est renvoyé à Cordero, et
le philologue à la question de la valeur de l’ expression «édition critique »
lorsqu’ elle est appliquée à des recueils de fragments;ceux qui s’ intéressent
la matrice hésiodique, consulteront avec profit l’o uvrage de M.-C. Leclerce
ceux qui sont intrigués par les allusions religieuses se reporteront aux contri-
butions de Cerri. Ce sont ses remarques qui nous ont inspiré l’hypothèse
d’ une origin rituelle, et non platement mythique ou religieuse de la raison.
Jean-Hugo Tisin, op a voulu gracieusement amender nombre d’ impropriété
de langage par une relecture de l’ouvrage entier. Une version en une autr
langueest proposéeenannexe.
Toulouse, novembre 2010 R.D.G.
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12 Parménide d’Elé
i&ppoi taiv me fevrousi , o&son tÅ ejpi; qumo;" iJkavnoi,
pevmpo , ejpeiv mÅ ej" oJdo;n bh'sanpoluvfhmona[gousai
daivmono ,h^ kata; pavntÅ uj th fevrei eijdovta fw'ta.
th ferovmhn: th gavrme poluvfrastoi fevroni&ppoi
a&rmatitaivnousa , kou'raidÅ oJdo;nhJgemovneuon 5
a[xwndÅejncnoivh/sini&ei suvriggo" ajuthvn
aijqovmeno" (doioi'" ga;rejpeivgeto dinwtoi'si
kuvkloi" ajmfotevrwqen), o&te spercoivato pevmpein
ÔHliavde" kou'ra ,prolipou'saidwvmata Nuktov ,
ej" favo ,wjsavmenai kravtwn a[po cersi; kaluvptra". 10
e[nqa puvlaiNuktov"tekai; áHmatov" eijsikeleuvqw
kai sfa" uJpevrquron ajmfi;" e[cei kai; lavino"oujdov ,
aujtai;dÅaijqevriai plh'ntaimegavloisiqurevtroi"
tw'n deDivkh poluvpoino" e[cei klhiÖda" ajmoibouv".
th;n dh; parfavmenai kou'rai malakoi'si lovgoisi , 15
pei'sanejpifradevw", wJ" sfinbalanwto;nojch'a
ajpterevw" w[seie pulevwn a[po tai; dequrevtrw
cavsmÅ ajcane;" poivhsan ajnaptavmenai polucavlkou"
a[xona" ejn suvrigxin ajmoibado;n eijlivxasai
govmfoi"kai; perovnh/sin ajrhrovt th rJa diÅaujtevw 20
ijqu;" e[con kou'rai katÅajmaxito;n a&rma kai; i&ppou"
kaimeqea; provfrwnuJpedevxato ,cei'ra de; ceiri
dexiterh;ne&le , w|de dÅ e[po" favto kaiv me proshuvd
w\kou'rÅ ajqanavtoisi sunavoro" hJniovcoisin ,
i&ppoi" taiv se fevrousin iJkavnwn hJmevterondw , 25
cai'rÅ, ejpei;ou[ti se moi'ra kakhprou[pempe nevesqai
thvndÅ oJdovn(h\ ga;rajpÅajnqrwvpwnejkto;" pavtouejstivn) ,
ajlla Qevmi" te Divkh te.crew; devsepavnta puqevsqa
hjme;n ÅAlhqeivh"eujkuklevo" ajtreme;" h\tor
hjde brotw'n dovxa" , tai'"oujk e[ni pivsti" ajlhqhv". 30
ajllÅ e[mph" kai; tau'ta maqhvsea , wJ" ta dokou'nt
crh'n dokimw'sÅ ei\nai dia;panto;" pavnta perw'nta
FR.1 1 DK)
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eLe Chant de Vérité 13
Les cavalesqui me mènent aussi loinque le cœ ur ledésire
meportaient, m’ayant conduit sur la voie prestigieuse
de la déité, qui seule introduit à travers toutes choses l’homme quisait.
Par-làj’étais mené !par-là meportaientdescavales fameuses
5 tirant lechar, tandis quedesvierges montraient dudoigt le chemin.
Incandescentpar lafrictionde deux rouestournoyantes, desdeuxcôtés,
l’axe dansles moyeux jetaitle cridelasyrinx
dès lors que les vierges dusoleil, délaissant les demeuresde la Nuit,
se hâtaient de porter
10 à la lumière, ôtantde leurs mains, lesvoilesdeleurs têtes.
Là-bassont lesportes qui régissent les chemins de la Nuit et duJour :
lesencadrent,enhaut et enbas, le linteau et unseuil de pierre,
et l’embrasure élevée jusqu’auciel ! est garniede puissants battants ;
Dikèauxmultiples rigueursen détient lesclefsdans les deuxsens.
15 Endesaccents ravissants, lesvierges s’adressèrent à elle, enunsouffle :
de manière aviséeelles la persuadèrent que le pênedu verro
desportes soit vivement retiré. Lesquelles, faisant rouler dansleurscrapaudines
lesgondsenairain renforcé, étayésparchevilles et charnières,
pivotant aussibien d’uncôté que de l’autre, ouvrirent
20 le gouffresansfonddes montants.Entre eux, à l’instant, par l’ouverture
sur uneroutebien spacieuse, les viergesguidèrent droitchar et cavales.
Et ladéessem’accueillit bienveillante : elle meprit la droite
dans sa main, entrouvrit ses lèvres et me parla :
« Ô jeune homme, compagnon d’auriges immortels,
25 « de cavales qui te mènent aussi loin que nosdemeures,
« salut ! Cen’est pas unfunestedestinqui t’a pousséà atteindre
« cette voie—même si, jel’admets, elle est éloignée dusentier des hommes
« mais Thémis et Dikè. Il est nécessairequetusaches toutes choses :
« aussi bienlecœ ur,quipoint nepalpite, de Vérité à l’orbepur
30 « que les opinionsdes mortels, où iln’est nul véritable fondement deconfiance.
« Mais néanmoins tu apprendras encore ceci: il était nécessaire dereconnaître
« que les apparencessont pourcelui qui traverse toutes choses entout sens. »
FR.1 1 DK)
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14 Parménide d’Elé
ei dÅ a[gÅ ejgw;nejrevw, kovmisai de;sumu'qon ajkouvsa" ,
ai&peroJdoi; mou'naidizhvsiov" eijsi noh'sa
hJme;no&pw" e[stin te kai; wJ" oujke[sti mh ei\nai ,
Peiqou'" ejsti kevleuqo , ÅAlhqeivh/ga;rojphdei ,
hJdÅ wJ" oujk e[stin te kai; wJ" crewvnejsti mh ei\nai 5
th;n dhv toifravzw panapeuqeva e[mmenajtarpov
ou[te ga;ra]n gnoivh" to ge mh ejo; , ouj ga;rajnustovn ,
ou[tefravsaiß to ga;raujto; noei'nejstivn te kai; ei\nai
FR.2 2- 3 DK)
crh; to levgein te noei'n tÅ ejo;n e[mmena e[sti ga;rei\nai,
mhde;ndÅoujk e[stin tavsÅejgw fravzesqaia[nwga.
prwvth" gavrsÅajfÅ oJdou' tauvth" dizhvsio ei[rgw ,
aujta;r e[peitÅ ajpo th'", h^n dh;brotoieijdovte"oujde;n
plavssontai, divkrano ajmhcanivh ga;r ejnaujtw'n 5
sthvqesin ijquvneiplagkto;n novo oi de; forou'ntai
kwfoioJmw'" tufloite, teqhpovte" ,a[krita fu'l ,
oi|" to; pevleintekai;oujk ei\naitaujto;n nenovmista
kou taujtovn ,pavntwndepalivntropov" ejsti kevleuqo".
FR.3 6 DK)
ouga;rmhvpote tou'to damh ,ei\naimh ejovnt
ajlla su; th'sdÅajfÅ oJdou' dizhvsio" ei\rge novhma
mhdev sÅ e[qo"poluvpeiron oJdo;nkata thvnde biavsq ,
nwma'na[skopono[mma kai; hjchvessanajkouhvn
kaiglw'ssan , kri'nai de; lovgw/ poluvdhrin e[legcon 5
ejx ejmevqenrJhqevnta.
FR.4 7 DK)
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eLe Chant de Vérité 15
« Hé bien ! je vais dire — et toi écouteet garde ma parole
« quelles sont les voies de recherche qui, seules, s’ avèrent pensables :
« l’u ne, que « ES !»et que « point ES » est impossible :
« c’estlecheminde Peithò, car elle suit Vérité !
5 « l’aut re, que « poin ES ! » et que « poin ES » est nécessaire.
« Cettevoie, jeteledis, est unsentier tout àfait inaccessible :
« du point étant tu ne saurais acquérir une connaissance — cela ne sepeut
« ni le nommer, dumoment que penser et êtrec’ est une seule et même chose. »
FR.2 2-3 DK)
« Il est nécessaire dedire et penser que — étant ES ! que est,c’estpossible,
« maisque nesoit rien, impossible ! je t’ invite àgarder cela à l’esprit.
« De cette première voiede recherche, tiens-toi doncbienà l’écart !
« mais, ensuite, aussi de celle, que les mortels ignorant
5 « foulent, êtres-à-deux-têtes : l’indigence demoyens
« fait monteren leurs cœ urs une pensée vacillante, et eux avancent
« aveugles et sourds, hébétés, générations indécises
« pourqui êtreet point êtresont bienlemême
« et néanmoins pas le même;et toujoursil y a uncheminqui revient enarrière. »
FR.3 6 DK)
« Que ceci, à aucun moment nes’i mpose : que soit point étant,
« mais toi, de cettevoie de recherche tiens bien la pensée à l’é cart,
« et que l’a ccoutumance aux nombreuses contre-épreuvessur cettevoie ne teforce
« à exercer unœi l aveugle,uneouïe bourdonnant
5 « et une langue! maisdiscerne par leraisonnement la dispute controversée
« que je te propose. »
FR.4 7 DK)
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16 Parménide d’Elé
mou'no" dÅ e[ti mu'qo" oJdoi'o
leivpetai wJ" e[stin tauvth/dÅe[pi shvmatÅ e[as
polla mavl ,wJ" ajgevnhton ejo;n kai; ajnwvleqrovnejstin ,
mou'novn tÅoujlomelev"tekai; ajtreme;" hjdÅajtevlesto
oujdev potÅ h\noujdÅ e[stai, ejpei; nu'ne[stin oJmou' pa'n , 5
e& , sunecev" tivna ga;rgevnnandizhvseaiaujtou
ph povqenaujxhqevn oujdÅ ejk mh ejovnto" ejavss
favsqai sÅoujde; noei'n ouga;rfato;n oujde; nohtovn
e[stin o&pw" oujk e[sti. ti dÅa[n min kai;crevo"w\rsen
u&steronh] provsqen , tou' mhdeno;" ajrxavmeno , fu'n 10
ou&&tw" h]pavmpanpelevnaicrewvnejstinh] oujciv.
oujdev potÅ ejk dh ejovnto" ejfhvseipivstio" ijscuv"
givgnesqaiti parÅaujtov tou' ei&nekenou[te genevsqai
ou[tÅ o[llusqaiajnh'ke Divkh calavsasapevdh/si ,
ajllÅ e[ce hJ de krivsi"peri touvtwn ejn twdÅ e[stin: 15
e[stin h]oujk e[stin kevkritaidÅou\n , w&sperajnavgkh ,
th;n me;neja'n ajnovhton ajnwvnumon ouj ga;rajlhqhv"
e[stin oJdov" , th;n dÅ w&stepevlein kai; ejthvtumonei\nai
pw'" dÅa]n e[peitÅ ajpovloito ejov pw'" dÅ a[n ke gevnoito
ei ga;re[gent , oujke[st , oujdÅ ei[ potemevllei e[sesqai 20
tw;" gevnesi" me;najpevsbestai kai; a[pusto"o[leqro"
oujde; diairetovn ejsti , ejpei; pa'n ejstin oJmoi'on
oujdev ti th ma'llo , to ken ei[rgoi min sunevcesqai,
oujdev ticeirovtero , pa'n dÅ e[mpleovn ejstinejovnto".
tw xunece;" pa'nejsti ejo;n ga;rejovnti pelavzei 25
aujta;r ajkivnhtonmegavlwn ejnpeivrasi desmw'n
e[stin a[narcon a[pausto , ejpei; gevnesi" kai; o[leqro"
th'le mavlÅ ejplavgcqhsan , ajpw'se de pivsti" ajlhqhv".
taujtovn tÅ ejn taujtw te mevnonkaqÅeJauto tekei'ta
cou[tw" e[mpedonau\qi mevnei kraterh; ga;rÅAnavgkh 30
peivrato" ejn desmoi'sin e[ce , to min ajmfi;" ejevrgei ,
ou&nekenoujk ajteleuvthton to; ejo;n qevmi" ei\nai
e[sti ga;roujk ejpideuev" mh] ejo;n dÅa]n panto;" ejdei'to
[
… …



eLe Chant de Vérité 17
« De parolepour une voie
« il ne reste que « ES ! ». Et sur celle-ci ilest des marques
« véritablement foisonnantes : que, étant inengendré, est aussi im érissable,
« unique, auxmembres intègres, ans palpitations et sans limites ;
5 « jamaisne fut ni ne sera, mais est à l’instant ! tout ensemble,
« un, continu. En effet, quelle naissance pourras-tului chercher ?
« Comment leferas-tucroître, et d’où ? de point étant ? je netepermettraipas
« ni de le dire ni delepenser, car il n’estni énonçable, ni pensable
« que point est. Et puis: quelle nécessitéauraitdonc incité,
10 « ou plus tard ou plustôt, à apparaître partant durien
« Ainsi, ilest nécessaire QUESOI sans réserve, ou bienpas dutout.
« Et d’étant, la puissance de persuasion n’admettra
« que provienne quelque chose d’ultérieur: raison pourlaquelle nidenaître
« ni de périr, Dikè n’a permis, desserrant ses chaînes,
15 « mais elle le maintient ; en ces questionsla décision est en ceci :
« ES ou point ES . Il est doncarrêté, par nécessité,
« de renoncer à la dernière, inconcevable, inexprimable (cela n’est pas une voie
« véritable), desorte que l’autre demeure et qu’elle soit confirmée.
« Comment, par ailleurs, étant,serait par la suite ? et comment aurait puadvenir ?
20 « car, sivintànaître, n’est pas, et de même sidoit êtreunjour.
« Ainsi, sont éteintes naissance aussibienqu’insondable extinction.
« Et n’est pas non plus divisible, car est tout indifféren ié;
« il n’y a pas decôtéenplus — cequi engâcherait la continuité
« ni enmoins ; mais est tout rempli de ES .
25 « Ainsi, est tout continu : étant adhérant à étant.
« Immobiledans les limites de ses liens puissants
« est sans principe, et sans fin, puisque naissance et extinction
« ont été mises à l’écart : la persuasion véritable les a chassées.
« Demeurant lemême et dansle même, réposepoursoi-même
30 « et, ainsi ligoté, demeure là:Anankèécrasant
« le tient dans les cordes d’un lien, quil’enserre d’un côtécommede l’autre,
« raison pour laquelle il est décrété que ’ÉTAN nesoit pas inachevé :
« IL n’est en manque derien: en cas contraire, il manquerait detout.
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18 Parménide d’Elé
taujto;n dÅejsti; noei'nte kai; ou&neken e[sti novhma
ouga;ra[neu tou' ejovnto", ejnw|/ pefatismevnonejstiv , 35
euJrhvsei" to noei'n oujde;n ga;r h] e[stin h] e[stai
a[llo pavrextou' ejovnto", ejpei; to ge Moi'rÅ ejpevdhse
ou\lon ajkivnhtovn tÅ e[mena twpavntÅo[nomÅe[stai,
o&ssa brotoikatevqento pepoiqovte" ei\naiajlhqh',
givgnesqaitekai;o[llusqai,ei\nai te kai;oujciv, 40
kaitovponajllavssein dia te crova fano;najmeivbein.
aujta;r ejpei; pei'ra"puvmaton , tetelesmevnonejstiv
pavntoqe ,eujkuvklou sfaivrh"ejnalivgkiono[gkw/,
messovqenijsopale;" pavnth to; ga;rou[te ti mei'zon
ou[te ti baiovteronpelevnai creovnejsti th h] th/'. 45
ou[te ga;roujk ejo;n e[sti , to ken pauvoi min iJknei'sqai
eij" oJmovn ,ou[tÅ ejo;n e[stino&pw"ei[h ken ejovnto"
th ma'llon th dÅh|sson,ejpei; pa'n ejstin a[sulo
oiga;rpavntoqen i\so ,oJmw'" ejn peivrasikuvrei
ejn tw soipauvwpisto;n lovgonhjde; novhma 50
ajmfi;" ÅAlhqeivh" dovxa" dÅajpo tou'de broteiva
mavnqane kovsmon ejmw'nejpevwnajpathlo;najkouvwn
morfa;" ga;rkatevqento duvo gnwvmai" ojnomavzei
tw'n mivanoujcrewvnejsti ,ejn w/peplanhmevnoi eijsiv ,
ajntiva dÅ ejkrivnanto devma"kai; shvmatÅ e[qento 55
cwri;" ajpÅajllhvlwn , th me;nflogo;"aijqevrionpu'r ,
h[pion o[ , mevg ajraio;n ejlafrov , eJwutw pavntosetwujtovn,
tw dÅ eJtevrw/ mh; twujtovn ajta;rkajkei'nokatÅaujtov
tajntiva nuvktÅajdah', pukino;n devma" ejmbriqev" te
tovn soi ejgw diavkosmon ejoikovta pavnta fativz , 60
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FR.5 8 DK)
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eLe Chant de Vérité 19
« C’est le même, penser et la pensé QUE ES !
35 « car jamais sans l’étant, dans lequel l est proféré,
« tu ne trouveras le penser;car ri n d’autre ni est, ni ser
« exceptionfaite pour l’étan , du moment que Moïra l’enchaîn
« à être entieret immobile. C’est pourquoi sera no
« tout ce que les mortels ont établi, persuadés que c’est véritable :
40 « naîtreet périr, êtreet point être
« tout commechanger delieu et échangerla couleur éblouissante.
« Et puisqu’ily a une ultime limite, ainsi il est achev
« de toutes parts, comparable auvolumed’une sphère à l’orbe pur,
« en équilibreducentreverstoutes directions : car ilest nécessaire
45 « qu’il nesoit pas plus grand ici, et moins là-bas.
« En effet, nulle part il est non étant, cequi l’empêcherait d’atteindre
« l’homogénéité;ni, étant, il est de telle sorte qu’il soit plus étant
« ici et moins là, car il est tout inviolable :
« du moment que partout, il est égal, de façonuniformeil trouveses limites.
50 « Maintenant,jemetsun terme aux discours et penséedignes deconfiance
« autour deVérité: les opinions mortelles
« apprends, dès maintenant, à l’écoutedel’ordre fallacieuxde mes propos.
« Ils ont proposé de nommer deuxformes par leurs intelligences,
« dont aucune nes’impose — enquoi, ils se sont égarés :
55 « ils les ont distinguéesde nature contraire et leuront assignées des marques,
« séparément les unes des autres : d’une part, le feu éthéré de la flamme
« il le dirent grand, léger, en tout identique à lui-même
« mais non identique à l’autre; d’autre part, aussi pour soi,
« son contraire, lanuit profonde, natureépaisse et lourd .
60 « Cettedisposition illusoire je te la dis enson entie
« pourque nulle intelligence des mortels jamais netedépasse. »
FR.5 8 DK)
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20 Parménide d’Elé
aujta;r ejpeidh pavnta favo" kai; nu;xojnovmasta
kai ta; kata; sfetevra" dunavmei" ejpi toi'si te kai; toi' ,
pa'nplevonejsti;n oJmou' faveo" kai; nukto;" ajfavnto
i[swn ajmfotevrwn , ejpei;oujdetevrw/ mevta mhdevn
FR.6 9 DK)
ei[sh/ dÅaijqerivante fuvsin ta tÅ ejn aijqevri pavnta
shvmata kai; kaqara'" eujagevo" hjelivoio
lampavdo" e[rgÅ ajivdhla kai; oJppovqenejxegevnonto ,
e[rgatekuvklwpo" peuvsh perivfoita selhvnh"
kaifuvsin , eijdhvsei" dekai; oujrano;n ajmfi;"e[cont 5
e[nqen me;nga;r e[fu te kai; w&" mina[gousÅ ejpevdhsenÅAnavgkh
peivratÅ e[cein a[strwn.
FR.7 10 DK)
pw'" gai'a kai; h&lio" hjde selhvn
aijqhvr te xuno;" gavlatÅoujravnion kai; o[lumpo"
e[scato"hjdÅ a[strwnqermo;n mevno" wJrmhvqhsan
givgnesqai
FR.8 11 DK)
aiga;rsteinovteraiplh'ntopuro;" ajkrhvtoio ,
aidÅ ejpi tai'" nuktov , meta de; flogo;" i&etai ai\s ,
ejn de; mevsw/ touvtwn daivmwn h^ pavnta kuberna'
pavntwn ga;r stugeroi'o tovkoukai mivxio" a[rcei
pevmpousÅ a[rseni qh'lu migh'n to tÅ ejnantivon au\ti" 5
a[rsenqhlutevrw/.
FR.9 12 DK)
prwvtiston me;náErwta qew'n mhtivsato pavntw
FR.10 13 DK)
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eLe Chant de Vérité 21
« Donc, puisquetouteschoses sont nommées lumière et nuit
« et celles-ci, selonleurs puissances, étant appliquées aux unes et aux autres,
« tout est plein, enmême temps, de lumière et de nuit ténébreuse,
« l’une et l’autre enégales proportions, car rien nes’ajoute à ces deux. »
FR.6 9 DK)
« Tu sauras la nature éthérée et, dans l’éther, toutes
« les marques ; et de la pure, éclatantelampe
« dusoleil lesœu vres rayonnantes, et d’oùelles trouvèrent origine ;
« tuapprendras lesœu vres circulaires de la lune à la forme ronde
5 « et sa nature ; tu sauras encore leciel qui envelopped’uncôtécomme del’autre,
« d’où il provint et comment Anankè,legouvernant,l’aenchaîn
« à tenir les limites des astres. »
FR.7 10 DK)
« Comment la terre, lesoleil, lalune,
« l’éther commun, la céleste voielactée, l’Olympe
« suprêmeet l’ardente vigueur des astres furent projetés
« à la naissance. »
FR.8 11 DK)
« Les couronne)plus étroitessont emplies de feu sans mélange,
« les suivantes, de nuit, plus loin s’élance la part de la flamme ;
« puis,au milieu decela, est la déité qui gouvernetoutes choses :
« car elle régit l’odieuxenfantement et l’étreinte detout s choses
5 « poussant la femelle à s’unir au mâle, et enretou
« le mâleà lafemelle. »
FR.9 12 DK)
« Elle conçut Eros, letout premier, d’entretous les dieux. »
FR.10 13 DK)
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22 Parménide d’Elé
nuktifae;" peri; gai'anajlwvmenonajllovtrionfw'"
FR.11 14 DK)
aijei; paptaivnousa pro;" aujga;" hjelivoio
FR.12 15 DK)
uJdatovrizon
FR.13 15a DK)
dexiteroi'sin me;n kouvrou" , laioi'si de kouvra
FR.14 17 DK
femina virque simulVeneriscumgerminamiscent,
venisinformans diverso ex sanguine, virtus
temperiemservansbenecondita corpora fi git.
namsivirtutes permixtosemine pugnen
necfaciantunam permixtoin corpore, dirae5
nascentemgeminovexabuntseminesexum.
FR.15 18 DK)
wJ" ga;r e&kasto" e[cei kra'sin melevwn poluplavgktw ,
tw;" novo" ajnqrwvpoisi parevsthke to ga;r aujtov
e[stin o&per fronevei melevwn fuvsi"ajnqrwvpoisi
kai pa'sinkai; pantiv to; ga;rplevon ejsti; novhma
FR.16 16 DK)
ou&tw toi kata; dovxan e[fu tavde kaiv nun e[as
kaimetevpeitÅ ajpo tou'de teleuthvsousi trafevnt
toi'" dÅ o[nomÅ a[nqrwpoi katevqentÅ ejpivshmoneJkavstw/.
FR.17 19 DK)
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eLe Chant de Vérité 23
« Lumièreempruntée qui éclaire la nuit, errante autour de laterre.»(la lune)
FR.11 14 DK)
« Sanscesse fixant duregard les rayons dusoleil.»(la lune)
FR.12 15 DK)
« Dans l’ eau plongeant saracine. » laterr )
FR.13 15a DK)
« A droite lesgarçons, à gauche les filles. »
FR.14 17 DK)
« Lorsque lafemelle et le mâle échangent ensemble lesgermes de énus,
« si leur vertu, opérant dansles veines à partir desang opposé,
« conserve l’accord harmonieux, elledonne lieuà des corps bienformés.
« Maissi ces vertus, dufait du mélange des semences, se combattent
5 « sans parvenir à l’union, dans le corps mélangé, néfastes
« elles séviront,par la double semence, sur lesexe de celui qui vanaître. »
FR.15 18 DK)
« Commeéchoit pour chacun le mélange des membres vagabonds,
« de même lapenséeprend forme pour les hommes : c’est la même chose
« ce que perçoit lanaturedes membres pour les ho me
« pourtous et chacun: le pensé est le plein. »
FR.16 16 DK)
« C’est ainsi que ces choses ont trouvénaissance selon l’opinion, elles sont maintenant
« et désormais feront faceà la mort,unefoisépanouies ;
« les hommes leuront attribué un nom telle une marqueattachée à chacune. »
FR.17 19 DK)
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24 Parménide d’Elé
leu'sse dÅ o&mw" ajpeovnta novw pareovnta bebaivw"
ouga;r ajpotmhvxei to ejo;n tou' ejovnto" e[cesqai
ou[te skidnavmenon pavnth pavntw" kata; kovsmo
ou[te sunistavmenon
FR.18 4 DK
xuno;n de moiv ejstin
oJppovqen a[rxwmai tovqi ga;r pavlin i&xomai au\qi"
FR.19 5 DK)
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eLe Chant de Vérité 25
« Quoiqu’e ntreelles distantes, regarde ! bienliées ces choses par la pensée :
« car tu ne couperas l’étant de sacontiguïté avec l’étan
« ni endispersantdans les moindres détails, entièrement, de façonordonnée
« ni enregroupant. »
FR. 18 4 DK)
« M’ est indifférent
« par oùjecommence : là-bas, je serai deretour. »
FR. 19 5 DK)
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tParmenide diElea
IlCantodi Aletheie