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LES REGLES DU JEU

De
377 pages
ESPRIT es-tu là ?
Bien nombreux sont encore les mystères du monde et bien présomptueux est celui qui affirmerait les avoir tous percés.
Pour cette raison même, la plupart des règles de la vie nous sont encore inconnues.
Ce sont les règles du jeu. Mystérieuses et envoûtantes, sans cesse présentes mais insaisissables, elles nous accompagnent tout au long de notre existence terrestre et probablement au-delà !
La frontière de l’impossible recule à mesure que les connaissances avancent et, ce qui était extraordinaire hier est, aujourd’hui, des plus ordinaires.
Toute nouvelle découverte est une véritable explosion. Une simple idée partie du néant, sans poids ni matière, s’étend vers l’infini et dans toutes les directions. Il suffit de trois fois rien pour changer les perspectives de l’humanité toute entière. Il suffit de découvrir ce qui a toujours existé car, « rien ne se perd et rien ne se crée », le modeler à l’aide de notre intelligence et le jeter sur la table. L’utilisation d’une seule carte abandonnée par un mauvais joueur peut faire rebondir le dénouement du jeu. Ajouter une seule connaissance à notre savoir peut contribuer à résoudre les mystères les plus anciens et nous aider ainsi à passer de la sorcellerie à la science et du surnaturel au naturel.
C’est ce que nous tenterons de faire au cours de ce livre. Nous jouerons une carte laissée de côté depuis fort longtemps.
Nous allons jouer la carte de l’esprit.
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1

2

LES
REGLES
DU
JEU




JEAN-LUC GOUBET
3





Du même auteur :

LE VEHICULE Kindle Amazon ( 2012
DEPENDANCE Kindle Amazon ( 2012)
BUT éditions Kindle Amazon ( 2012
BEN-GHOU-BEY Mon père, ce fakir. éditions BOOK-E-BOOK (2005)
LE SECRET D’UN FAKIR , Ben-Ghou-Bey l’Homme. Kindle Amazon ( 2013)
LES 1001 ABERRATIONS DE L’INTELLIGENCE HUMAINE
Kindle Amazon ( 2012)
4











Esprit , est-tu là ?
5





Bien nombreux sont encore les mystères du monde et
bien présomptueux est celui qui affirmerait les avoir tous
percés.

Pour cette raison même, la plupart des règles de la vie
nous sont encore inconnues. Ce sont les règles du jeu.
Mystérieuses et envoûtantes, sans cesse présentes mais
insaisissables, elles nous accompagnent tout au long de
notre existence terrestre et probablement au-delà !

La frontière de l’impossible recule à mesure que les
connaissances avancent et, ce qui était extraordinaire hier
est aujourd’hui des plus ordinaires.

Toute nouvelle découverte est une véritable explosion.
Une simple idée partie du néant, sans poids ni matière,
s’étend vers l’infini et dans toutes les directions. Il suffit de
trois fois rien pour changer les perspectives de l’humanité
toute entière. Pour cela, il nous faut simplement redécouvrir
ce qui a toujours existé car « rien ne se perd et rien ne se
crée », le modeler à l’aide de notre intelligence et le jeter sur
la table de notre destin.

L’utilisation d’une seule carte, jusque-là ignorée ou
abandonnée par un mauvais joueur, peut faire rebondir le
dénouement du jeu. Ajouter une seule connaissance à notre
savoir peut contribuer à résoudre les mystères les plus 6
anciens et nous aider ainsi à passer de la sorcellerie à la
science et du surnaturel au naturel.

C’est ce que nous tenterons de faire au cours de ce
livre. Nous jouerons une carte laissée de côté depuis fort
longtemps.

Nous allons jouer la carte de l’esprit.
7





Depuis le début des temps, l’homme entretien les
éternels combats entre le bien et le mal, le tort ou la raison,
la sottise et l’intelligence, la croyance et la non-croyance, le
passionnel et le rationnel.
Pourtant, malgré ces oppositions ou ces rivalités, malgré ces
véritables guerres d’opinions, tous, absolument tous, avons
le même but.

L’homme aspire à la raison, à une plus grande
intelligence, à la paix, à la justice et à l’espoir qu’un Dieu
tout puissant veille sur lui. Toutes ses aspirations existent au
plus profond de ses sentiments, mais il ne peut les trouver
sur cette Terre. La société moderne ne prend pas en compte
les émotions humaines. Elle les emprisonne par des lois, les
piétine et les refoule avec le prétexte de faire de l’argent
pour vivre. Les états d’âme ne rapportent pas et ne sont donc
pas « tangibles ». Ils ne sont pas mesurables par notre
science, ni ne peuvent être reproduits en laboratoire par une
tierce personne. Les circonstances de leur apparition
dépendent d’une foule de facteurs exclusivement
personnels. C’est l’autre monde, le passionnel, le
sentimental et le spirituel. Le monde qui n’appartient qu’à
nous-mêmes. Le monde au delà du matériel. C’est
certainement une des raisons pour laquelle, les recherches
sur le « surnaturel » ne débouchent bien souvent sur rien.
Seul celui qui a vécu le phénomène a la preuve, pour ne pas
dire « sa » preuve. Il est le seul avec cette impression de
vivre ou de vécu. Il ne peut le traduire en équation et le 8
démontrer. C’est l’essence de l’être humain, l’amour, la foi
ou l’espoir. Toutes sont des perceptions parfaitement
invisibles et inexistantes matériellement, mais bel et bien
réelles pour celui ou celle qui les ressent. Bel et bien réelles
pour notre monde car, tous, avons des sentiments. Et que
nous le voulions ou non, ils font partie des règles du jeu.


Ce livre n’est pas écrit avec l’intention de donner
raison à ceux qui croient au « surnaturel » ou à ceux qui n’y
croient pas. D’ailleurs, ce débat repose très souvent sur
l’interprétation des mots plus que sur les faits. L’ignorance
peint l’inexpliqué avec les couleurs du merveilleux et de la
magie. Le mot magie représente alors ce qui ne peut être
compris ou révélé. Nous stagnons dans une béatitude
contemplative. Tandis que le savant lui, refuse de ne pas
comprendre. Il cherche. Peu à peu, il dévoile une vérité
pouvant être révélée à tous. La magie s’estompe alors face à
la science. Et pourtant, s’il existe un vrai savant, il ne
pourra que s’émerveiller devant chacune de ses découvertes
et comprendre que, finalement, notre monde est encore plus
« magique » que nous le pensions.

Malheureusement cette vérité est obstruée par de
nombreux mystificateurs. Et pour finir, comme tout débat ou
tout procès, malgré les preuves apportées par la défense ou
l’accusation, les jurés n’appliqueront leur jugement que sur
leur intime conviction. Pourquoi tant d’acharnement à
vouloir « palper » une preuve concrète et matérielle si, à la
fin, nous ne prendrons en compte que nos propres
sentiments intérieurs ?
9
L’intime conviction de ce livre porte sur la possible
existence d’une carte trop souvent négligée dans le jeu de
notre vie. La carte de l’esprit humain.

Nous avons donc « des raisons » ou la « déraison » de
croire en sa constante présence et manifestation.

Faute d’esprit nous pouvons toujours essayer d’en faire !
10
LES REGLES DU JEU.

Un enfant vient de naître. Il va être aimé et choyé par
ses parents. Il va grandir, aller à l’école, se marier et
travailler. De protégé, il passera alors à protecteur. Il va lui-
même avoir un enfant, voire plus. De simple nouvel
employé, il passera directeur et créateur, maître absolu de
lui-même et de sa descendance. Puis, insidieusement, il
redescendra l’échelle de l’évolution. Commencera alors
l’inexorable déclin. Ses fonctions physiques et mentales
vont s’amoindrir. Tous ses biens, acquis volontairement ou
non, s’échappent et lui coulent entre les doigts. Sans pouvoir
y remédier, il finira par mourir.

Voici, en quelques lignes, le très bref descriptif d’une
vie. Une vie que nous découvrons en arrivant comme par
miracle, nous ne savons pas encore très bien comment ni
pourquoi.

L’enfant sera aimé par ses parents. Il grandira parce
qu’il ne peut pas faire autrement. Il ira à l’école parce que
nous l’obligerons, s’accouplera grâce à une pulsion
instinctive pratiquement incontrôlable et se rendra esclave
en travaillant afin d’atteindre une hypothétique
indépendance.

Le jeu de la vie se déroule ainsi régulièrement, avec
son début et sa fin. Nous le commençons sans spécialement
en avoir envie, sans vraiment avoir demandé à y participer
et nous le terminons irrémédiablement comme perdant,
enfermé dans une boite, un mètre et demi sous terre, envahi,
mangé et digéré par d’immondes asticots de toutes sortes.
Fin de la partie. 11

Nous commençons, tous, le jeu de la vie de la même
manière. Et, nous le terminons, tous, de la même manière.

Les deux moments les plus cruciaux de notre vie
échappent totalement à notre volonté. Nous n’avons pas
demandé à naître et, en général, nous demandons encore
moins à mourir.

Le jeu de la vie est le seul jeu où nous avons le doute
constant concernant « celui » qui distribue les cartes et
« qui »a gagné la partie !

Quant aux règles du jeu, celles-ci ne sont pas très claires !
Le but, encore moins.

En regardant sous cet angle et devant tant d’inconnues
ou tant d’ignorance, nous pourrions penser que le jeu de la
vie ne nous intéresse guère. Nous n’en connaissons même
pas les règles et semblons irrémédiablement condamnés à
perdre. A tel point que nous pourrions aisément nous lever
et quitter la table. Cela ne changerait rien. Et pourtant,
curieusement, cette décision nous semble plus difficile que
de jouer. Inlassablement, encore et toujours. Une fois assis à
la table de jeu, nous nous y cramponnons avec toutes nos
forces. Même si celles-ci nous font parfois défaut. Ceux qui
sont déjà présents feront le possible et l’impossible pour
nous y maintenir. Si nous tentons de nous lever avant la fin
de la partie, les autres joueurs ne vont pas apprécier. Ils vont
insister, critiquer, huer, pleurer, prier… Il nous faudrait plus
d’efforts pour tout laisser planté que pour se laisser pousser
par le jeu. Abandonner la partie et refuser de jouer
catalogue comme mauvais joueur ou mauvais perdant. 12
Partagé entre la crainte de l’inconnu et la honte de
l’humiliation, la plupart des joueurs restent alors. Après
tout, avec un peu de chance, un gain est toujours possible.

Le joueur s’assoit donc. Un brouhaha de satisfaction
se fait entendre et - la nature humaine est ainsi faite - ceux
qui, il y a quelques secondes encore insistaient avec le plus
de ferveur pour faire participer le joueur hésitant, sont ceux
qui feront tout pour le faire perdre.

Le jeu de la vie, si complexe et si mystérieux, ne nous
laisse, semble-t-il, guère le choix en ce qui concerne notre
participation. Il ne laisse, non plus, guère le choix en ce qui
concerne la couleur et la situation de notre case « départ ».
Les règles que l’on dit « impénétrables » en découragent
plus d’un. De ce fait, chacun est tenté soit les contourner,
soit les déformer ou encore les ignorer. Chacun invente ses
propres atouts maîtres et biseaute les cartes à son goût. Tant
et si bien que, peu importe la main reçue, chacun n’en fera
qu’à sa tête et percevra le déroulement du jeu suivant des
critères différents. Ces derniers pouvant être à plusieurs
années lumières des véritables règles.
Généralement, nous pouvons distinguer trois grandes
classes principales de joueurs : Les pessimistes, les
optimistes et les réalistes. Chacun d’eux voit le monde à sa
manière et est persuadé en connaître les règles.

Les plus pessimistes pensent que leur destin est réglé
une fois pour toutes. Conscients d’une participation
obligatoire et anticipant une fin inexorable, ils font figure de
« quatrième. » Ils jettent leurs cartes sans grande conviction
ou plutôt avec la seule absolument certaine à leurs yeux :
« de toutes façons, ils vont perdre ». 13
Ils complètent inutilement un tableau déjà peint par les
autres.

Les optimistes, eux, pensent évidemment le contraire.
Il en faut peu pour les croire responsables de leur naissance
en des lieux et circonstances où tout leur sourit. Ils
participent même au jeu lorsque l’on sait pertinemment que
l’adversaire a pipé les dés ou marqué les cartes.
Ils ne pensent pas à la mort puisqu’ils ont toute la vie devant
eux. Pour eux, le destin fataliste n’existe pas. Tout peut
changer.
Non seulement tout peut changer, mais tout peut et va
changer en leur faveur.
Cette autre vision des choses concernant les événements
ornant la vie, n’ôtent cependant pas la notion de destin
tracé. Au contraire. Si les pessimistes se sous-estiment en
pensant qu’ils n’ont pas le pouvoir d’éviter les catastrophes,
les optimistes, eux, se surestiment dangereusement en étant
certains de leur succès. Les uns lancent les dés trop
doucement et ceux-ci tombent sans rouler. Ils restent dans la
position où le joueur les a posés. Les autres, sûr d’eux, ne
mesurent pas leur force et les envoient valdinguer au dehors
de la table. De toute façon, ils vont gagner.


Et puis, il y a les réalistes. Ceux qui normalement sont
les plus conscients. Ceux qui semblent ne pas commettre
d’excès dans leur jugement. Ils se contentent de voir les
faits. Bon ou mauvais. Ils prendront en compte uniquement
ce qu’ils voient, ce qu’ils peuvent sentir ou toucher. Le
palpable devient la réalité, leur réalité. Ils ne voient le jeu
de la vie qu’au travers de leur faible lucarne. Presque un
bête jeu vidéo, sans âme, visible seulement au travers d’un 14
moniteur. Ils ne croient que ce qu’ils voient. C’est-à-dire
une image dont l’épaisseur est presque inexistante. Une frêle
image à la limite du mirage. Cette dernière n’est pourtant
pas la garantie absolue de la vérité. Ce n’est que la fine peau
d’un fruit pouvantêtre excellent, certes, mais qui peut être
également pourri. Quoi qu’il en soit, dans l’un ou l’autre des
cas, la réalité définitive ne sera toujours pas atteinte
puisqu'il nous restera le noyau. Ce dernier n’existe
pratiquement pas pour le réaliste qui se contente d’admirer
la peau et pourtant… ce sera un des principaux responsables
de la naissance de milliers d’autres fruits. L’image du jeu
vidéo est crée de toutes pièces et dépend d’une multitude
de logarithmes complexes, de lois physiques, optiques,
électromagnétiques etc. C’est une image qui arrive aux yeux
du « réaliste superficiel » grâce, non seulement au « jus de
cervelle » et aux nombreuses nuits blanches de ses
inventeurs mais également grâce aux ingénieurs ayant mis
au point les chaînes de montage. Sans compter les efforts
administratifs pour déposer les brevets et les sacrifices tant
matériels que physiques engagés dans l’impitoyable lutte
pour sa commercialisation. Et Dieu sait si nous en en
passons ! Tout ça pour une bête version améliorée de
lanterne magique !

Des milliers de facteurs sont responsables et influent
la naissance d’un simple objet. Ce sont les règles du jeu que
le pessimiste et l’optimiste n’ont interprété qu’à moitié. Ce
sont les règles du jeu qu’ignore volontairement le réaliste.
Elles sont presque innombrables pour l’apparition sur le
marché d’un simple gadget, qu’en est-il donc pour… nous
les hommes ? Notre vie ? Notre façon de voir les choses ?
Qu’en est-il de l’image de l’homme ? Sommes-nous
vraiment ce que nous paraissons être ? 15
Les raisons de nos défaites ou de nos victoires, dépendent-
elles exclusivement des trois « caractères » ou « états
d’âme » préalablement cités ? Suffit-il d’être optimiste pour
gagner ou pessimiste pour perdre ou encore, réaliste pour
avoir la raison absolue ?

Non, pas du tout. Le jeu serait trop simple et par
conséquent trop ennuyeux. S’il en était ainsi, le jeu de la vie
n’aurait pas duré des millions d’années. Il y aurait belle
lurette que les participants auraient tous quitté la table. C’est
justement les infinies possibilités offertes qui le rende
intéressant.

Malheureusement, aucun des trois caractères cités
précédemment n’apprécie réellement la partie à sa juste
valeur. Aucun d’eux n’a conscience de la complexité et des
réelles finesses du jeu. Tous se contentent de jouer avec
leurs propres règles et omettent celles avec lesquelles jouent
leurs adversaires.

L’optimiste regarde le ciel pour recevoir son aide
divine. Abattu et sans force, le pessimiste regarde ses
chaussures et attend que tout se passe. Le réaliste, regarde sa
montre sans arrêt car, bien sûr, il a d’autres choses à faire…
beaucoup plus importantes.

Tout n’est qu’une question de volonté. C’est du moins
ce qui semble le plus communément accepté. Le pessimiste
n’en a pas. L’optimiste en a pour deux. Et, le réaliste n’en a
que lorsque tout marche bien pour lui.
Le réel problème ne montre cependant que le bout de
son nez. Cette volonté nous permettant de vivre, avancer et
lutter contre l’adversité est plus ou moins bien dirigée par 16
son propriétaire. Même celui qui semble indestructible par
son optimisme, celui qui semble avoir la volonté de vaincre
les obstacles avec la force d’une division de blindés, a
besoin de savoir contre quoi il lutte. Sinon, il passera
d’optimiste à inconscient. Il passera de la qualité au défaut.

Contre quels ennemis notre volonté doit-elle
s’imposer afin d’arriver à ses fins ?

C’est ce que nous allons essayer de déterminer au
cours de ce livre.
17
1ere partie

LE GRAND CASINO DE LA VIE

Nous sommes forts. Nous sommes indépendants. Nos
pensées et nos décisions nous appartiennent. Si je vais à
l’école, je serai intelligent. Si je travaille, j’aurai de l’argent.
Je choisirai ma femme ou mon mari, et grâce à tous les
moyens modernes, j’aurai un enfant uniquement si je le
désire. Je fais du sport, je ne bois pas, je ne fume pas, donc
je deviendrai vieux en bonne santé.

Sommes-nous sûrs de toutes ces affirmations ?
Vraiment sûrs ?

Nous pouvons acheter un poste de télévision. Nous
pouvons choisir la taille, le modèle et le prix. Nous pouvons
l’allumer à volonté et décider quelle émission ou quel canal
nous souhaitons regarder. Mais que se cache-t-il derrière ces
gestes anodins. ?
Derrière ce qui semble être notre unique et ferme
décision, quels sont les facteurs qui nous permettent d’en
arriver là ?

Une simple panne à la centrale électrique, un câble qui
en touche un autre et notre soirée se voit aussitôt
bouleversée. Un problème de « fesses » entre le producteur
et l’acteur ou actrice principale et le feuilleton laisse la place
à un reportage sur les fraises du Paraguay. Un bête caillou
venant du fin fond de l’univers pulvérise le satellite de
communication et nous voilà condamnés à la soirée belote
ou Monopoly.
18
Au moment d’allumer notre téléviseur, notre belle
assurance et notre certitude de pouvoir assister au
programme choisi, peuvent se trouver fortement ébranlées.
En effet, si à ce moment, nous avons présent l’analyse de
tous les faits qui rendront possible notre désir, un terrible
doute nous envahira.

Des milliers de facteurs étrangers à nous-mêmes
rentrent alors en jeu. (Pour ne pas dire des milliards)
L’émission à laquelle nous voulions assister, aura-t-elle
franchie toutes les barrières pour être diffusée ?

Dans quelle mesure, devons-nous être préoccupés par
les possibles problèmes de productions, d’émissions, de
conditions météorologiques, politiques ou si sa « Sainteté »
le pape a décidé de se promener à l’heure de notre
feuilleton ?

Il serait vraiment absurde de notre part, de penser à
tout ceci avant d’oser allumer notre téléviseur. Ceci nous
encombrerait la vie pour rien. Pour notre tranquillité, ceci
« n’existe » pas. Nous allumons notre poste et advienne que
pourra. Nous avons raison.

Mais…

Nous avons raison mais, nous ne sommes alors que
de simples spectateurs du monde. Inertes et dépendants du
plus insignifiants des événements. Notre soirée feuilleton,
film ou match peut se voir anéantie car, à l’autre bout du
monde, un analphabète, drogué et fanatique religieux vient
de faire exploser un avion transportant un politicien
« important. » Donc, ce soir-là, sans que nous puissions 19
faire quelque chose, nous avons droit à une rétrospective sur
la vie « exemplaire » de ce brave type. (Le politicien) Il a
déclenché trois ou quatre révolutions, autant de guerres. Il a
eu une vie sentimentale bouleversée avec des prostituées
« chics » qu’il a transformées en « stars. » Il a été condamné
et décoré, et aujourd’hui occupe de force la place du
feuilleton.

Ou… la jeune fille chargée de comptabiliser notre
paiement de lumière n’a pas pu le faire car, son chef de
service lui pelotait les fesses ce jour-là. Donc, suite à une
coupure … Au revoir le match !

Et il en est ainsi pour tout, à chaque seconde de notre
vie. Il est bon de le rappeler. Nous ne sommes Maître de
rien, ni de nous- même !
Ce que nous avons donc l’habitude de considérer
comme un acquis peut être contrarié par un nombre infini de
facteurs totalement étrangers à notre volonté. Les cas
rocambolesques cités plus haut ne sont que de vagues
exemples.


Et puis, il y a l’autre logique. Nous sommes toujours
forts. Nous sommes toujours indépendants. Mais, je ne
pourrai pas être plus intelligent, si je vais à l’école. Ce n’est
pas en travaillant que l’on gagne le plus d’argent. Que je
fume ou non, arrivé à 50 ans, je vais faire un infarctus,
comme mon père. De toute façon, je vais mourir, alors après
moi le déluge. On ne vit qu’une fois, alors pourquoi m’en
priver ?
20
Les évènements ornant notre vie sont-ils
prédéterminés une fois pour toute ? Est-ce une logique
correcte de croire en un destin contre lequel nous ne
pouvons strictement rien ?

Est-ce vraiment la règle du jeu ?

Nous ne sommes peut-être Maîtres de rien, cependant,
non seulement nous pouvons mais, devons participer aux
événements de notre existence. Ceci permettra à l’ensemble
de vivre et évoluer. Exactement comme un joueur au cours
d’une simple partie de cartes. Il n’est pas non plus Maître du
jeu. Cependant, l’issue de la partie n’est pas
irrémédiablement tracée. Seules sa contribution et sa
volonté pourront faire vivre la partie.

Les règles du jeu de notre vie ne sont pas établies pour
nous faire gagner avec facilité, ni pour nous faire perdre
systématiquement, elles sont simplement à notre disposition
pour nous permettre de participer.


Que nous soyons d’un caractère ou d’un autre, que
nous soyons d’une race ou d’une autre ou encore d’une
religion ou d’une autre, personne ne pourra dire ignorer que
chacune de nos actions est accompagnée par une réaction.
Ce principe est la base même de tout jeu quel qu’il soit. A
chaque nouvelle carte lancée, nous provoquerons
immédiatement et irrémédiablement une réaction de nos
adversaires. De même nous jouons en réagissant aux
multiples attaques adverses qui n’ont pour autre but que de
nous faire perdre. En nous asseyant à la table de jeu, nous
acceptons et sommes conscient des diverses règles en 21
vigueur. En bon et honnête joueur et pour le bon
déroulement de la partie, nous sommes disposés à suivre ces
dernières. De même, nous attendons la réciproque de nos
adversaires.

Si le jeu se déroule avec le respect de toutes les règles
établies, chaque joueur, qu’il perde ou gagne, aura passé un
bon moment.

Maintenant, si un joueur triche ou si simplement ne
connais pas les règles du jeu auquel il participe ou encore ne
joue pas avec l’intention de gagner, ce dernier aura tôt fait
d’exaspérer ses compagnons.

Au jeu de la vie, l’optimiste irréductible peut, à la
longue, dégoûter ses partenaires en faisant fi des véritables
règles et ne comptant que sur sa chance. Le pessimiste, fera
de même en dévalorisant les efforts de ses alliés sous
prétexte d’une défaite irréparable et le réaliste se prendra
pour le meilleur s’il gagne et pour le pire s’il perd. En
somme, nous ne pourrons pas non plus compter sur lui.
Le véritable bon joueur est celui conscient des règles et
sachant mettre de côté ses différents états d’âmes afin de
préserver le véritable but du jeu. Et, une fois de plus, il en
sera de même dans la vie de tous les jours. Un parcours fait
de prédominances exagérées, d’un caractère ou d’un autre
finira par rendre désagréable, voire impossible, l’harmonie
d’une vie en société. L’oubli de soi au profit de l’autre, ou
de l’ensemble, fera de nous des personnes aimés par nos
semblables.
22

1/Les buts du jeu.

Comparer la vie et ses multiples facettes avec un
simple jeu de cartes peut sembler une hérésie. Mais après
tout, la nature n’est qu’un gigantesque ensemble de
fractales. Un enchevêtrement de deux éléments principaux
se combinant à l’infini dans toutes les dimensions et ce,
depuis le début des temps. Le blanc et le noir, le chaud et le
froid, le positif et le négatif, l’homme et la femme, le un et
le zéro et le bien et le mal. Pour cette raison même, les
divers sages reconnus au cours de notre histoire ont utilisé
de simples paraboles afin d’expliquer des règles complexes
tant physiques que spirituelles. Malgré l’évolution du temps,
ces règles fondamentales valables il y a 2000 ans, le sont
encore de nos jours. Les éléments ou la dimension ont
changés mais la règle demeure immuable. Qui vole un œuf
vole un bœuf et maintenant qui vole une bicyclette vole une
voiture ! Ou alors, tu sniffes ? … Et bien tu te piqueras.

Le sage comprend que rien ne se perd et rien ne se
crée. Tout n’est qu’un éternel recommencement. Il sait que
les diverses situations ou dimensions sont seulement leurs
propres et infinis reflets dans deux miroirs mis face à face.
Pour cela, quelle que soit son époque, il lui sera facile de
jouer les « devins » et passer pour le fils d’un Dieu tout
puissant.

Afin de pouvoir bien jouer, il faut avant tout en
connaître le but. Cela vaut pour une simple belote, un
bridge ou le jeu de la vie. Le but est donc l’objet de
convoitise pour lequel nous donnerons le meilleur de nous-
mêmes en compétition avec nos adversaires. L’incertitude et 23
la peur de perdre ne doivent, en aucun cas, nous faire
abandonner la partie. Au contraire, cela doit nous stimuler.
La nature nous aide en favorisant des poussées d’adrénaline
et nous plonge alors dans un état d’euphorie.
Pourquoi, nous asseyons-nous à cette table et convoitons
une hypothétique victoire ? Tout simplement pour accepter
les défis de nos opposants et … nous amuser.

C’est ce que nous devrions faire plus souvent dans le
jeu de la vie !

S’amuser ?

Ceci peut paraître un rien enfantin, peut être sans
réelle importance sérieuse. La vie moderne avec ses
innombrables difficultés : le travail, le stress, la pollution,
les différences raciales ou religieuses, ne laisse guère de
place au sens de l’humour. Nous avons tous d’autres choses
à faire que de perdre du temps à nous amuser. Des choses
plus sérieuses. Et c’est déjà là, où le but du jeu commence à
devenir flou. Le terme « sérieux » est trop souvent mal
interprété. Principalement par ces personnes « sérieuses » à
cheval sur des principes factices ou le nez toujours fourré
dans un dictionnaire. La vie est « sérieuse » certes. Dans ce
dictionnaire des gens sérieux, nous trouverons donc la
définition suivante : « chose importante et digne de
considération. » Ce qui est juste. La vie est importante et
vraiment digne de considération. Maintenant, juste au-
dessus ou au-dessous de cette première définition, nous
pouvons trouver cette autre définition : « Etat d’une
personne qui ne rit, ni ne plaisante. » Par simple
association, ceci veut donc dire « qu’une chose importante
et digne de considération » ne peut pas être sujet « de rire ni 24
de plaisanterie ». Hors, il se trouve que ce sont justement les
sujets les plus « sérieux » et importants qui sont les
principales sources de rires ou plaisanteries. Pour l’espèce
humaine, quoi de plus important que la reproduction ?
(Notre propre existence en dépend, et ceci est sérieux,
croyez-moi !) Et combien sont les histoires drôles
sur…disons…les fesses ? Combien sont les vaudevilles,
pièces de théâtre, films, livres ou autres ayant pour fond un
quiproquo amoureux ?

D’autre part, l’amusement est un des facteurs
principaux permettant l’apprentissage de l’enfant. N’est-ce
pas là un autre thème sérieux ? L’amusement et le rire font
partie de « très sérieuses » thérapies visant à améliorer la
récupération de malades car, de « très sérieuses » recherches
ont prouvé que le rire aidait le métabolisme de notre corps à
lutter contre les pires ennemis.

Souvent, les personnes que nous pourrions considérer
sérieuses à l’extrême, se laissent instinctivement entraîner
dans le jeu. Nous pourrions même dire « bestialement » car,
dans certains cas, ce serait bien plus approprié. Malgré leur
attitude communément réfléchie, elles deviennent de
véritables « bêtes » de jeu lors d’un simple et vulgaire match
de football, par exemple. A ce moment-là, tous leurs critères
d’importance et de sérieux s’évaporent comme neige au
soleil. Elles crient, elles hurlent, décompressent, se
détendent et s’amusent.

Quoi que l’on en dise donc, il n’est pas déconseillé de
voir et vivre la vie en s’amusant. Malgré l’extrême
insistance de beaucoup à vouloir se créer des problèmes
pour apparenter des personnes sérieuses, nous ne pourrons 25
effacer le jeu de notre instinct. Le jeu est donc un des
maillons principaux de l’apprentissage de la vie. Il engendre
le défi, la volonté de vaincre et donne un but à notre
existence.

La seule et unique chose vraiment importante dans un
jeu est la joie de pouvoir y participer. En remerciement, quel
que soit l’organisateur de la partie et pour lui faire honneur,
nous devrions donner le meilleur de notre personne. Il
devrait en être de même pour la vie.


Le but premier de notre jeu est donc l’amusement.
Passer un moment agréable, que ce soit autour d’une table
de poker, dans un stade de foot, en famille, en vacances, au
travail, à l’université ou dans une maison de retraite. Quel
que soit le contexte, le jeu, l’endroit ou le moment de notre
vie, la personne oubliant ce but premier ne sera pas un bon
joueur. Autrement dit, ne sera pas un bon vivant.

En effet, quoi de plus désagréable qu’un joueur trop
sérieux ?

Celui qui prend tout à cœur, qui s’assoit en votre
compagnie pour vous massacrer et n’accepter aucune de vos
victoires ? Ce joueur impitoyable qui, même s’il est en train
de gagner avec trois longueurs d’avance, ne vous laissera
pas faire le moindre point. Dans la vie, ce sera ce chef de
bureau insupportable qui profitera de sa position forte et
apparemment imbattable pour vous humilier à tour de bras.
Il vous laisse respirer, simplement parce qu’il ne peut pas
faire autrement. Ce joueur, a perdu le but principal du jeu.
Il n’accepte plus les défis de ses opposants pour s’amuser et 26
tenter améliorer sa technique, son savoir ou sa sagesse. Il
n’a pas l’intention de se surpasser ni d’apprendre de ses
victoires ou de ses défaites. Tout simplement, il jouit
outrageusement de l’instant, comme si le monde s’arrêtait
là, maintenant et pour toujours. Comme si son règne était
éternel et qu’il n’y aurait plus d’autres données ou d’autres
parties disponibles dans l’univers ! Sa jouissance excessive
le place sur un piédestal si élevé qu’il ne pourra jamais en
redescendre sans faire une chute vertigineuse.

Ce joueur se croit maître d’un jeu dont il ne distribue
pas les cartes ! Cependant, quelque part au fond de son
intérieur, l’inconscience lui dicte son impuissance. Au fond
du puits de son ignorance, une flaque d’eau croupie reflète
encore les rayons du soleil. Sa faiblesse d’esprit et son
orgueil, l’empêche d’admettre la vérité. Il ne gagne pas
parce qu’il est supérieur pour toujours... non, il n’est même
pas supérieur aujourd’hui, il a simplement eu une bonne
main. Et... sans vraiment s’en rendre compte… il le sait.
Pour cela, il embellit sa victoire avec rage. Pour cela, il
écrase ses pauvres adversaires avec autant de détermination.
Ils ne doivent pas se relever. Ils doivent être anéantis tant
physiquement que moralement. Il ne faut surtout pas leur
donner la chance d’une revanche car, au fond de lui, ce
mauvais joueur sait très bien que, sans cette chance présente
aujourd’hui, il serait incapable de vaincre qui que se soit. Il
ne comprend pas le jeu, il le détruit.
Ses adversaires ne voudront plus jouer avec lui. Ou, s’ils le
font, ce ne sera que dans le but de lui faire ravaler sa salive.
Ce ne sera qu’avec la haine cumulée des affronts et des
humiliations antérieures. Ce ne sera plus un jeu, sinon une
véritable guerre. Le jeu aura alors perdu tout son sens et son
charme. C’est la vie que nous menons aujourd’hui. 27


Si le mauvais joueur cité précédemment fait fi de
toutes notions d’amusement pour ne penser qu’à la
suprématie de sa victoire éphémère, il existe naturellement
l’opposé. C’est-à-dire le joueur ne pensant qu’à s’amuser et
qui, dans son euphorie incontrôlée, rompt les règles les plus
élémentaires en négligeant le but second : la victoire
Il s’agit du joueur qui n’essayera même pas de gagner. Il
lance ses cartes au hasard sur le tapis. Qu’il perde ou qu’il
gagne la main, rien n’arrêtera ses rires dénués de sens.
Quelles que soient les conséquences de ses actes, celles-ci
l’amuseront. Même en faisant perdre ses coéquipiers, il est
fier de ses plaisanteries qu’il croit fines. « Lui », il s’amuse,
tant pis pour ce que pensent les autres. Tant pis, si le jeu n’a
de sens que pour lui. A l’opposé du joueur cité
précédemment, il exaspère les autres justement par son
manque de sérieux !

Devant cette situation contradictoire, le jeu le plus
simple se complique avant même de commencer.
En effet, le joueur est venu pour s’amuser, mais il doit
prendre le jeu au sérieux s’il veut atteindre la considération
et le respect de ses proches ainsi que la victoire.
Curieusement, le bon joueur doit combiner
harmonieusement deux sentiments apparemment
inconciliables : Frivolité et sérieux. Comme tous jeux, la vie
est faite d’associations de contraires. C’est la règle
fondamentale. Sans ses oppositions, le jeu n’existerait plus.
Même en bois, la plus simple des règles a deux bouts
opposés indissociables !
De plus, pour que la règle soit vraiment utile, une certaine
distance doit être respectée entre les deux extrêmes. Ni trop 28
longue, pour conserver sa rigidité, ni trop courte, pour
conserver son utilité.

Seule l’union de deux pôles opposés engendre la
continuité du jeu. Seule l’union d’un homme et d’une
femme a une descendance. Les joueurs incapables d’unir
« sérieux » et « amusement » risquent à tout moment d’être
écartés de la partie par les autres joueurs. Leur façon de
jouer n’aura pas de sens. Le joueur trop sérieux et le joueur
trop insouciant, se sentent alors offusqués. Ils pensent que
les autres ne donnent pas assez d’importance à leur cas. Ils
mettent en avant que c’est « leur » façon de jouer à eux et ils
sont nés comme ça, ils n’y peuvent rien. Ils n’ont pas à se
plier à la règle du jeu et des autres. Il ne pense pas à la
continuité du jeu. Seul les intéresse, la jouissance de leur
victoire actuelle. La règle fondamentale unissant
harmonieusement les deux pôles contradictoires et qui, à la
fois, les maintient séparés n’existe plus. (Unir et maintenir
séparé, encore une contradiction !) Il y a alors un
dérèglement. Il y a alors des homosexuels. Ni positifs, ni
négatifs, prenant leur cas trop au sérieux ou trop insouciants.
Une seule chose est sûre. Si tout le monde adopte cette
façon de jouer, le chaos est inévitable.
29
2/ La réalité.

Un bon joueur doit être capable de satisfaire, non
seulement son ego mais également celui de ses compagnons
ou opposants. Sous ces conditions, malgré toutes les
difficultés du jeu, la compétition pourra continuer et
progresser dans le temps. Il en est de même dans toutes les
situations de la vie. Si un patron d’entreprise, profite de sa
supériorité pour écraser constamment ses ouvriers, il ne
tardera pas à se confronter à des grèves ou revendications en
tous genres. Si ce patron implacable ne laisse pas resurgir de
temps en temps son coté « frivole », lui-même en souffrira
les conséquences. Tant moralement que physiquement.
Malgré ses avantages sur les autres joueurs, il ne sera pas
plus heureux pour autant. Les ouvriers ne resteront plus par
goût du jeu sinon par obligation. Tous les participants,
gagnants ou perdants doivent avoir à tout moment
conscience des bases fondamentales d’un bon jeu :
Compétition, amusement et un judicieux équilibre entre les
deux.

Entre chaque donnée ou entre chaque mi-temps, il
arrive toujours le moment des commentaires entre joueurs.
C’est un moment qui n’appartient pas au jeu proprement dit,
mais c’est un moment également nécessaire. On ne peut pas
être dans le feu de l’action en permanence. Même dans la
plus atroce des guerres, il existe des instants d’apaisement
ou de dialogue. Il s’agit encore une fois d’équilibre. On ne
peut pas passer sa vie à jouer, tout comme on ne peut pas
passer sa vie à travailler. L’équilibre est le point d’appui
nécessaire à toute règle. Règle formée, nous le rappelons,
par deux extrémités en opposition. Un millimètre à gauche
ou à droite et la composition la mieux élaborée s’écroule 30
comme un vulgaire château de cartes. Peu importe la
dimension, toutes les compositions subsistent grâce à
l’équilibre. Que ce soit notre propre espèce, grâce à
l’équilibre entre l’homme et la femme ou une entreprise,
grâce à l’équilibre entre son patron et ses ouvriers. Le
comptable doit équilibrer les dépenses avec les bénéfices et
pour prendre une simple douche, nous devons équilibrer
l’eau trop froide avec l’eau trop chaude.

Ces moments de pauses indispensables permettent
les commentaires du jeu tant avec les co-équipiers qu’avec
les ennemis. C’est un bref retour à la réalité. Cela permet de
corriger les erreurs. Pour cela, on organise des réunions de
services dans les entreprises. Cela devrait surtout permettre
à tous les participants de comprendre un fait trop souvent
oublié. Savoir prendre du recul pour redécouvrir la vérité.
Certes, plongés dans la diversion du jeu ou une fantaisie
crée par l’homme, nous oublions trop souvent cette réalité.
Et il doit en être ainsi, sinon ce n’est plus un jeu. Mais, le
fait de jouer ne permet, en aucun cas, oublier totalement la
réalité de la vraie vie qui est en chacun de nous.

De quoi s’agit-t-il ?

Simplement, nous sommes tous des hommes, en chair
et en os avec nos sentiments de joie, crainte ou tristesse. Ces
moments de pause, doivent remettre tous les joueurs au
même niveau. Pause café ou cigarette au travail, seconde
lune de miel pour un couple ou simplement réunion de
famille lors d’un férié, gagnants ou perdants, patrons ou
employés, homme ou femme. Tous doivent être prêts à
admettre la réalité. La vraie réalité. Celle qui existe pour
chacun de nous. Pour beaucoup, ceci n’est une chose 31
possible que dans les cas extrêmes : maladie grave ou décès
d’un être cher. Uniquement ces moments tragiques ramènent
sur Terre les joueurs entichés, véritables drogués du jeu ou
du travail. Seul un désastre ou la mort ramène leur
conscience de la vie.

Dans la vie moderne, le jeu auquel la majorité
participe, absorbe tant notre temps et notre attention que
celui-ci se transforme en une fausse réalité.

A un tel point que, seul le jeu dans lequel nous nous
sommes lancés volontairement, compte aux yeux de
beaucoup. Tel des supporters fanatiques, nous sommes prêts
à tout sacrifier pour ce jeu. Nous crions de joie si un but
rentre dans les cages de l’équipe adverse. Nous pleurons si
l’inverse se produit. Nous sommes prêts à nous battre,
déclencher des émeutes, voir même à tuer. Et ce, bien
souvent, pour des raisons qui dépassent l’entendement.
C’est la « réalité » du travail, de l’argent, de la coupe du
monde de foot ou du conflit Israélo-palestinien. Aveuglés
par ce fanatisme, même les pauses sensées créer un dialogue
sont complètement inutiles. Lors des réunions de services,
seule résonne la voix des dirigeants. Au sujet du conflit
Israélo-palestiniens, pouvons-nous chiffrer le nombre de
réunions ayant eu lieu depuis seulement une trentaine
d’années?
Non.
Combien d’excuses, de promesses et de signatures ?
Combien de voyages et de banquets ? De sourires et de
photos ?
Pourquoi tant de difficultés ? Simplement parce
qu’aucun des deux partis ne fait vraiment la pause. Tous
viennent avec leurs cartes et continuent le jeu au moment de 32
la trêve. Aveuglés par la hantise du gain, à leurs yeux, la
seule réalité est une hypothétique victoire sur leur ennemi.
Alors qu’elle est tout autre. Les deux frères ennemis ne sont
que des hommes en chairs et en os. Les deux camps
souffrent et pleurent leurs disparus. Malgré les
conséquences désastreuses pour eux-mêmes et leur
entourage, tels des joueurs obsédés, après chaque fausse
promesse, ils rentrent de nouveau dans ce casino de la
perdition. Ils ne veulent pas admettre que ce sont des
malades. De véritables joueurs compulsifs. Ils vont laisser
jusqu’à leur caleçon, leur santé et leur vie. Ils vont se
détruire mais ils vont encore jeter les dés avec la certitude
de se refaire et sortir vainqueur. Et ce, avec la conviction
que Dieu est de leur coté ! Peu importe les conséquences.
Peu importe s’il emporte leur entourage ou le reste du
monde dans leur folie. Ils ont, tout simplement, perdu le
sens de la vie.


Les joueurs les plus imprégnés, les plus entichés, ceux
qui ne pensent et n’attachent d’importance qu’au jeu, sont
les victimes les plus touchées lorsque la réalité de la vie
montre le bout de son nez. Et ce, quel que soit le jeu en
vogue. Ils ont une vision du monde erronée et leur
aveuglement met leur propre vie en danger.

Que cela veut-il dire ?

Il est facile remarquer que les supporters criant les
plus forts lors d’une victoire de leur équipe, sont ceux qui
pleurent le plus lors d’une défaite. Arrivé le moment de la
retraite, les bourreaux de travail, ceux pour qui l’emploi a
été leur seul oxygène toute leur vie durant, meurent et se 33
décomposent en larve absolue. Les plus arrogants
s’évanouissent face à la seringue de l’infirmière. Quel que
soit le jeu, les plus fanfarons, ceux qui ont eu la chance de
gagner plusieurs parties de suite, ceux que l’on croyait
invincibles font une bien piètre figure face à la réalité de la
vraie vie. Il n’y a qu’à observer la vie privée de la plupart
des « stars » en tous genres. Que ce soit du cinéma, chanson,
politique ou sport. Ce sont des joueurs, gagnants d’avance.
Ils ont tous les atouts et tous les points. Les compagnons de
jeu, eux-mêmes, arrangent la partie pour les faire gagner et
les transformer en champions. Les lauriers, les palmes, les
prix et les oscars, renforcent l’idée d’importance.
Malheureusement pour eux, le jeu auquel ils participent
n’est qu’une mise en scène. C’est une véritable « roulette
russe ». Imprégnés d’une gloire factice préfabriquée et
aveuglés par l’excitation du jeu, la plupart ne voient pas le
terrible danger. Encouragés par un public avide d’émotions
fortes, ils se laissent anesthésier par les compliments et les
gros titres des journaux. Ils sombrent alors dans une
inconscience euphorique comparable à celle d’un
toxicomane sous l’effet de sa drogue. Une fois levés de cette
table de jeu, ils sont alors totalement incapables de mener
une vie digne et respectable.

Combien de fois répétons-nous à un enfant encore
immature qu’un jeu n’est qu’un jeu ? Peu importe vraiment
qui perd ou gagne la partie. L’important est d’y participer.
Un adulte équilibré lui, comprend. Peu importe les aléas, il
est nécessaire d’affronter la partie avec un judicieux
mélange d’agressivité et de passivité. Il en est de même pour
les diverses situations se présentant tout au long de notre
vie. Sinon, le jugement du participant en sera faussé. Un
sujet entiché, c’est-à-dire une personne immodérément 34
attachée à une cause quelle qu’elle soit, ne tarde pas à
tomber dans l’excès du vice, de la perversion ou du
fanatisme. Son comportement et raisonnement sont alors
déséquilibrés. Il est capable de piétiner son bien le plus
précieux en donnant une importance démesurée à un jeu
inventé de toute pièce. Il est prêt à tuer et à se tuer. Le jeu
auquel il participe devient vital. Celui-ci peut prendre les
formes les plus variées. Il peut s’agir d’une simple cigarette
ou d’une religion, d’un match de foot ou d’un chanteur, d’un
travail ou d’une opinion politique. L’équilibre du
raisonnable est alors rompu. Qu’il le veuille ou non, il
arrivera toujours un moment où le joueur devra abandonner
sa table de jeu. Un moment où il se retrouvera face à la vraie
vie. Face à ce qu’il a jusqu’ici délaissé par faute de
raisonnement. Le moment sera alors terrible.

Enfoui quelque part au fond de notre inconscient, nous
savons tous que la vie n’est pas celle que nous nous sommes
crée. Nous le savons. Les milles et une habitudes, coutumes,
traditions ou réalités virtuelles ( pour être à la mode)
auxquelles nous accrochons notre existence, sont en fait
des protections contre les diverses difficultés que nous
rencontrerons si nous quittons cette table de jeu. Ce sont de
douillettes couvertures sous lesquelles nous aimons nous
recroqueviller et essayer ainsi oublier le monde réel. Les
personnes les plus hautaines, les plus imprégnées du « jeu »
de l’éducation et des bonnes manières, sont les premières à
perdre tout maintien devant une « vraie » situation où
seulement un de leur cheveu risquerait de perdre sa racine !
En, d’autres termes, il est inconcevable pour ces personnes,
se lever, ne serait-ce qu’un instant, de cette table de jeu où
elles croient manifester une toute puissance. Une simple
égratignure et il faudra alerter le corps médical tout entier, 35
engager les meilleurs avocats et exiger un dédommagement
pour tant de souffrance.

La vie est rude. Le jeu est impitoyable et le même
pour tous. Il est totalement inutile refuser de l’admettre. Il
est également inutile vouloir changer les règles. Ces
dernières existent depuis le début des temps. Les cartes sont
distribuées. Chaque joueur reçoit le même nombre de cartes.
Bien sûr, chaque joueur reçoit un jeu différent, mais le
nombre de carte est le même. Elles sont posées une à une
sur la table et, que nous le voulions ou non, il arrivera le
moment où nous aurons les mains vides. Nous ne pourrons
alors plus jouer et seuls, les souvenirs de nos actions passées
resteront dans notre cœur.

Le simple fait de se défaire une à une de ses cartes,
martyrise les personnes refusant d’admettre les vraies règles
du jeu auquel elles participent. En clair, beaucoup refuse de
voir leurs atouts s’évaporer au fil du temps. Principalement
les gens qui pensaient pouvoir jouer éternellement au jeu de
la jeunesse ou de la beauté physique. Face au vrai jeu de la
vie, les résultats sont dévastateurs et il suffira de nommer un
seul exemple pour que tout le monde puisse comprendre de
quoi nous voulons parler : les « belles » mères !

Heureusement, elles ne sont pas toutes du genre « film
catastrophe » ou « film de terreur » mais l’image que l’on
en donne généralement reflète parfaitement l’idée de la
personne n’ayant rien compris au jeu. En effet, le simple fait
que les années passent, que les jeunes d’hier sont les
« vieilles » d’aujourd’hui ne rentre pas dans leur
compréhension des règles. De plus, « une autre » joue les
cartes de la jeunesse et de la beauté physique alors qu’elles 36
ont déjà tiré les leurs, le tour d’avant. Ceci est difficilement
admissible. Ceci sans compter, que les cartes dont elles se
croyaient la seule propriétaire ont changé de main et, en
plus, c’est « l’autre » qui s’en sert (Nous voulons parler du
fiston bien sur !) Alors là ! ! ! C’est le comble. Face à ces
réalités incontournables, la mauvaise joueuse se morfond
alors dans un vague espoir de retour du bon vieux temps.
Elle devient acariâtre et se plaindra constamment de ses
mauvaises cartes : Arthrite, solitude, douleur. N’ayant pas
conscience du règlement ou tout simplement refusant celui-
ci, elle n’a pas acquis la sagesse lui permettant de regarder
jouer les autres. Pire, elle insiste à participer au jeu en
essayant de récupérer les cartes qu’elle a déjà mises sur le
tapis 20 ou 30 ans auparavant !

À en juger par la floraison des femmes « cougars »
dont on parle tant aujourd’hui, beaucoup ne comprennent
toujours pas les règles du jeu.

Et en ce domaine, les mauvais joueurs sont de plus en
plus nombreux. Car, beaucoup ne savent plus participer au
jeu de la vie sans la carte de la jeunesse éternelle. Sans cette
dernière, ils ne sont plus rien et les cabinets de chirurgie
esthétiques ne désemplissent pas.

Afin de comprendre les mystères qui l’entourent,
l’homme a dû mettre de l’ordre dans ses idées et ses
observations. Ce qui est encore valable aujourd’hui. Chaque
acquisition de connaissance doit être d’abord analysée puis
répertoriée, ordonnée et classée. Ensuite, une fois tous les
éléments sous la main, à la manière d’un alchimiste, nous
les mélangeons à notre goût jusqu’à trouver l’équilibre ou la
formule nous apportant entière satisfaction. Nous devons 37
savamment doser la quantité de chaque produit. Ceci est
valable pour toutes les actions sensées mener la race
humaine à une compréhension et un progrès. Le
scientifique, observe, répertorie, ordonne et classe chaque
expérience. Il « cuisine » ses éléments, parfois à la molécule
près, afin de trouver la seule et unique formule stable. Cette
vérité s’applique à toutes les échelles ou dimensions
existantes. Il y a un temps et une quantité pour tout. Notre
vie est formée d’un nombre considérable d’éléments. C’est
la qualité, les proportions et le temps d’usage de chacun
d’eux qui définiront notre bien-être ou déséquilibre.

Ces éléments sont extrêmement variés. Ils sont
parfois si distants les uns des autres que nous aurons peine à
croire qu’ils font partie du même jeu. Et pourtant, ce sont
souvent les éléments les plus distanciés qui ont un rapport
direct entre eux. Pour essayer d’être plus clair, prenons des
exemples : L’état de veille est le contraire du sommeil. L’un
ne peut cependant pas aller sans l’autre. L’abus de l’un ou
de l’autre provoque un déséquilibre. L’abus du premier
élément affecte directement le deuxième que pourtant tout
oppose. Il en est de même pour tous les éléments opposés.
Travail et diversion, athée et croyant, gai ou triste, homme
et femme etc.…

Le moment d’usage de chaque élément à aussi son
importance. Une très bonne carte peut être complètement
inutile si ce n’est pas le moment de s’en servir. Dormir dans
son lit, c’est bien, mais dormir au volant à des conséquences
désastreuses. S’amuser ou manquer de sérieux durant le
travail prouve une certaine irresponsabilité et emmener son
travail à la maison aura une influence néfaste sur
l’entourage familial.