Marginalité et subjectivité

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Bien que l'on puisse croire que la problématique de la marginalité soit nouvelle en philosophie, cet ouvrage analyse des auteurs comme Foucault, Butler et Agamben qui, sans s'y consacrer directement, s'y sont focalisés. Dans ce livre, nous abordons la question de la subjectivité, confinée aux marges du social. Nous tentons de réfléchir aux conditions qui produisent ce qui est appelé « marginalité », pour mieux comprendre le lien possible entre les formes de subjectivité et la marginalité.
Publié le : dimanche 15 novembre 2015
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EAN13 : 9782336396781
Nombre de pages : 286
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MARGINALITÉ ET SUBJECTIVITÉ
La subjectivité dans les seuils du social
Marginalité et subjectivité
La Philosophie en commun Collection dirigée par Stéphane Douailler, Jacques Poulain, Patrice Vermeren
 Nourrie trop exclusivement par la vie solitaire de la pensée, l'exercice de la réflexion a souvent voué les philosophes à un individualisme forcené, renforcé par le culte de l'écriture. Les querelles engendrées par l'adulation de l'originalité y ont trop aisément supplanté tout débat politique théorique.  Notre siècle a découvert l'enracinement de la pensée dans le langage. S'invalidait et tombait du même coup en désuétude cet étrange usage du jugement où le désir de tout soumettre à la critique du vrai y soustrayait royalement ses propres résultats. Condamnées également à l'éclatement, les diverses traditions philosophiques se voyaient contraintes de franchir les frontières de langue et de culture qui les enserraient encore. La crise des fondements scientifiques, la falsification des divers régimes politiques, la neutralisation des sciences humaines et l'explosion technologique ont fait apparaître de leur côté leurs faillites, induisant à reporter leurs espoirs sur la philosophie, autorisant à attendre du partage critique de la vérité jusqu'à la satisfaction des exigences sociales de justice et de liberté. Le débat critique se reconnaissait être une forme de vie.  Ce bouleversement en profondeur de la culture a ramené les philosophes à la pratique orale de l'argumentation, faisant surgir des institutions comme l'École de Korcula (Yougoslavie), le Collège de Philosophie (Paris) ou l'Institut de Philosophie (Madrid). L'objectif de cette collection est de rendre accessibles les fruits de ce partage en commun du jugement de vérité. Il est d'affronter et de surmonter ce qui, dans la crise de civilisation que nous vivons tous, dérive de la dénégation et du refoulement de ce partage du jugement.
Dernières parutions
Samuel-Gaston AMET,Le néocriticisme de Renouvier. Fondations des sciences, 2015. Hector MENDEZ,Le pouvoir populaire, 2015. Gustavo CELEDÓN,Philosophie et expérimentation sonore, 2015. Philippe VERSTRATEN,Nous-mêmes et la terre. Critique et dépassement de l’idée technique du monde, 2015. Carmen REVILLA (dir.),L’horizon de la pensée poétique de María Zambrano, 2015. Zouaoui BEGHOURA,Critique et émancipation. Recherches foucaldiennes sur la culture arabe contemporaine, 2014. Jordi RIBA (dir.),L’effet Guyau, De Nietzsche aux anarchistes, 2014. Lucas GUIMARAENS,Michel Foucault et la dignité humaine, 2014. Luis Gonzalo FERREYRA,Philosophie et politique chez Arturo Andrés Roig. Vers une philosophie de libération latino-américaine (1945-1975), 2014.
Fedra CUESTASMarginalité et subjectivité
La subjectivité dans les seuils du social
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-07143-5 EAN : 9782343071435
À Alejandro, Lucas, Magalí et Alejandro, pour tous les bons moments passés ensemble, pour leur générosité quant au temps que mon travail leur a enlevé. Pour leur soutien tout au long du chemin qui a conduit à l'existence de ce livre.
Je voudrais remercier notamment mon ami et directeur de recherche, le Prof. Patrice Vermeren pour son soutien continu à mes projets professionnels.
INTRODUCTION
La marginalité est un concept largement travaillé par les sciences sociales. Concept classificatoire, employé pour distinguer des catégories sociales, la notion implique une désignation faisant référence à une division de la société. La marginalité nous parle de marges, de limites et de catégories organisées par rapport à un jugement de valeur assigné à ces limites. La marginalité est la catégorie reléguée aux confins du jugement de valeur. Il émane de cette catégorisation une description, qui place dans l’extériorité ce que l’on entend comme intérieur. La limite créée entre un intérieur et un extérieur supposés a pour effet que la description du dehors soit construite depuis l’autre côté, l’intérieur, qui est l’en-dehors du dehors. L’extérieur est décrit depuis sa propre extériorité.
Alors, au-delà d’une catégorie, qu’est-ce que la marginalité ? Comment sont désignées les limites internes et externes de la société ? Qui sont ceux qui sont distingués par ces limites ? Comment ces limites sont-elles franchies ? Quel lien peut être établi entre ce que l’on considère comme le dedans et le dehors de la société ?
Les classifications, les descriptions, les jugements de valeur dans lesquels s’inscrivent de nombreuses études sur la marginalité offrent peu de réponse à des questions de cet ordre. En marquant une limite, en plaçant la marginalité à la limite ou en dehors de cette limite, on établit une différence entre ceux qui habitent de chaque côté de celle-ci. On construit donc un autre situé autour d’une limite. De cette façon, les sciences sociales parlent de l’autre et pour l’autre.
Cet autre dépossédé est l'objet d’étude des sciences sociales quand elles s’intéressent à la marginalité. Le marginal est généralement pensé à partir d'un pouvoir qui le prend comme objet, un pouvoir qui destine un espace extérieur à l’autre, un pouvoir qui soumet, plaçant dans des espaces sociaux représentés comme s’ils étaient l’extérieur de la société, un pouvoir qui comprend ce qu’il désigne en marquant une limite.
Une compréhension attentive de la marginalité doit prêter une attention spéciale aux relations de pouvoir dans lesquelles elle prend place. Le marginal ne peut donc pas être pensé de manière isolée, sans considérer les relations de pouvoir par lesquelles son existence est possible. Mais comment opère le pouvoir pour rendre possible la marginalité ? Quels mécanismes emploie-t-il ? Quelles sont les conditions qui rendent possible leur déclenchement ?
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