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Philosophie et spécificité africaine dans la revue philosophique de Kinshasa

De
170 pages
La revendication d'une rationalité purement africaine par les milieux scientifiques ou universitaires africains, depuis des décennies, dérive de la minorisation de l'Afrique. Cette étude s'interroge sur le sens et la signification de la notion d'africanité attachée à sa philosophie. Elle tente de répondre à la question de l'identité africaine de cette philosophie et partant de celle du philosophe africain, telle qu'elle se donne à lire dans la Revue philosophique de Kinshasa.
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JEAN-SERGE MASSAMBA-MAKOUMBOU
PHILOSOPHIE ET SPÉCIFICITÉ AFRICAINE
DANS LA REVUE PHILOSOPHIQUE DE KINSHASA
La revendication d’une rationalité purement africaine par les
milieux scientifques ou universitaires africains, depuis quelques
PHILOSOPHIE ET SPÉCIFICITÉ AFRICAINE décennies, dérive de la minorisation de l’Afrique. Se pose, dès lors,
la question du statut de la philosophie africaine qui revendique
DANS LA REVUE PHILOSOPHIQUE DE KINSHASAune certaine autorité dans cette démarche. Si l’existence de cette
philosophie reste attestée, le parcours des études conçues comme
spécifquement africaines révèle la redondance du concept de
« philosophie africaine » accolé à ces traités. Nonobstant leur
importance, l’exploration de ces recherches met en lumière un
défaut de clarifcation du concept d’africain.
Dans cette optique, cette étude s’interroge sur le sens et la
signifcation de la notion d’africanité attachée à cette philosophie.
Elle tente de répondre à la question de l’identité africaine de cette
philosophie et partant de celle du philosophe africain, telle qu’elle
se donne à lire dans la Revue philosophique de Kinshasa.
Il s’agit d’un essai d’histoire des sciences qui croise plusieurs
domaines d’investigation : histoire de l’édition, histoire des revues,
histoire du post-colonialisme et histoire des découpages nationaux
de la pensée.
Jean-Serge Massamba-Makoumbou est docteur en sciences
politiques (UPEC) et en sciences sociales (ICP). Il est spécialiste en
sociologie politique et en relations internationales. Ses travaux portent
sur l’analyse des confits et la sortie de crise. Il se spécialise actuellement
en histoire des sciences et des techniques au Centre Alexandre Koyré de
l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).
ISBN : 978-2-343-05119-2
16,50 e
OUVERTURE PHILOSOPHIQUE OUVERTURE PHILOSOPHIQUE
PHILOSOPHIE ET SPÉCIFICITÉ AFRICAINE JEAN-SERGE
DANS LA REVUE PHILOSOPHIQUE DE KINSHASA MASSAMBA-MAKOUMBOU



Philosophie et spécificité africaine

dans la Revue philosophique de Kinshasa






© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05119-2
EAN : 9782343051192Jean-Serge Massamba-Makoumbou
Philosophie et spécificité africaine
dans la Revue philosophique de Kinshasa
L’Harmattan
Ouverture philosophique
Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau,
Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot
Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des
travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques.
Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des
réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels »
ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une
discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux
qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de
philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou
naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques.
Dernières parutions
Hélène de GUNZBOURG, Naître mère, Essai philosophique
d’une sage-femme, 2014.
Jacques STEIWER, Une brève Histoire de l’Esprit, 2014.
Jean-Marc LACHAUD, Walter Benjamin. Esthétique et
politique de l’émancipation, 2014.
John DEWEY (traduit par Michel Guy GOUVERNEUR),
L’expérience et la nature suivi de L’expérience et la méthode
philosophique, 2014.
Xavier VERLEY, Le symbolique et transcendantal, 2014.
Grégori JEAN et Adam TAKACS (eds.), Traces de l’être
Heidegger en France et en Hongrie, 2014.
Frédéric PRESS, Du sens de l’histoire. Essai d’épistémologie,
2014.
Grégoire-Sylvestre GAINSI, Charles de Bovelles et son
anthropologie philosophique, 2014.
Dieudonné UDAGA, La subjectivité à l’épreuve du mal,
Réfléchir avec Jean Nabert à une philosophie de l’intériorité,
2014.
Augustin TSHITENDE KALEKA, Politique et violence,
Maurice Merleau-Ponty et Hannah Arendt, 2014.
Glodel MEZILAS, Qu’est-ce qu’une crise ?, Eléments d’une
théorie critique, 2014.
Vincent Davy KACOU, Paul Ricoeur. Le cogito blessé et sa
réception africaine, 2014. Remerciements

À la fin de cette recherche, le LQ FKHP X FRX WHLQFL
exprimer ma gratitude à toutes les personnes qui ont, de loin ou
de près, contribué à sa réalisation.
j:RO G DER WG? WRX VHQ HV ?DG HQWVV HUFLHP HP LHUV HP 0HVS
Feuerhahn et Rémy Bazenguissa-Ganga qui, au-delà de leurs
responsabilités académiques protéiformes, ont accepté de
diriger ce travail. Cette recherche reste tributaire de leur
pLW LO LEGLVSR H p LW DFX O? U HX QW MXJ GH LQHQFSHU
OHXU V UDJ FDG H OD SDWKLH \P H p DQLW KXP GH HX
contact.
H -?H[SLP H manière particulière, toute ma reconnaissance
à Danièle Hervieu-Léger et Jacqueline Carroy pour avoir
permis mon insertion au Centre Alexandre Koryé.
-H HHUF HP L VV DX UL Op VQLqUH L ?D Xp URG
précieux conseils dans le domaine des enjeux méthodologiques
XHV HY HVU GHG WX j WDQ SSRU VHUD
&H LO UDY D LWp VV pFH V V WH HQTXr GH LQ HUUD HVW &? L LF
LRQFDVO?RF H LU HG UDWLWXGH HXUIHV UR
HUVLWp LTXRLY KROO?8 &RQJ TXL H QW OHVV VR HQGLE VSRQ
pour me recevoir à Kinshasa : Mr l EEp ?$ KHO EX /LEDP
secrétaire général académique, Frédéric-Bienvenu Mabasi,
chargé des publications de la Faculté de philosophie de cette
Université et Ignace Mvuezolo, ancien doyen de la Faculté de
LH VRSKSKLO &&?8 V ?RQW LGp j QWH WH H UQH r les
contours de la Revue philosophique de Kinshasa et des
conditions universitaires de son émergence.
Je ne saurais oublier le Père Bernard Merlette, Jean-Claude
Provots et Jacques Antonio, pour la relecture du tapuscrit.
Merci à mes parents, au Père Fidèle Mabundu-Masamba du
diocèse de Matadi (RDC), aux Abbés Roland-Ghislain
Kinkouni et Yvon-Bienvenu Mabanza, à Elvis-Junior
NgatséGanongo et Yves-Silvère Kiminou, à V LV DP LQVL DX TX?
H GLRFq UHX[ (Y RXU OH RXWLHQ VDQV VH p FFR j V
projets universitaires.

GUDDHPUOH,DOHHLGORHFHLH0LGGXSUGVOXGGHWWDPF?QHGHHGIWVUV?SH9[UXUDUJ?GDWPVFHUUVHGGPWHHGDQODWVpG?OOSWGVHQGFJVLDSUPUPXUTUHj7PHUD
H Sommaire
Introduction .............................................................................. 11
Chapitre premier - Philosophie et spécificité africaine ............. 25
1. Le Père Placide Tempels et l’institution d’une
ethnophilosophie ....................................................................... 26
2. L’émergence de la philosophie africaine contemporaine ..... 39
3. Philosophicité et africanité de la philosophie africaine
contemporaine .......................................................................... 53
Deuxième chapitre - Philosophie et spécificité africaine
dans la RPK .............................................................................. 65
1. Genèse de la « Revue philosophique de Kinshasa » ............. 65
2. Les trois âges de la philosophie africaine contemporaine .... 81
3. Carrières et trajectoires à travers la « Revue philosophique de
Kinshasa » ................................................................................ 91
Troisième chapitre - Philosophicité et africanité
de la philosophie africaine nouvelle ....................................... 105
1. L’amenuisement de la philosophie africaine contemporaine
au Congo ................................................................................. 106
2. Figures du philosophe et trajets notionnels de la philosophie
africaine contemporaine ......................................................... 116
3. L’émergence et les enjeux d’une philosophie africaine
pragmatologique ..................................................................... 129
Conclusion .............................................................................. 141
Éléments bibliographiques ..................................................... 147
Annexes .................................................................................. 157
Table des matières .................................................................. 159

Introduction

Dans les activités des Facultés catholiques de Kinshasa,
pHO?DQQ H UHV pH UTX SDU OD WLRQEUD HF DY DV te du
cinquantième anniversaire de la publication de La
1philosophie bantoue du révérend Père Placide Tempels. La
portée de cet événement révèle la pertinence des enjeux et
des perspectives suscités depuis 1946 par cet ouvrage dont
HXHQFO?LQI XU HUJ pP O? nce de la philosophie africaine paraît
certaine. À travers la récusation du concept de la « mentalité
primitive GH XH RJ ?DQWKURSRO UDQoDLV Y\ -Bruhl, le livre
du missionnaire belge a favorisé une prise de conscience par
des auteurs africains et non-afrLFDLQV GH WHQF ?H[
valeurs fondamentales et de conceptions spécifiques du
continent noir à forte connotation philosophique.
HQGLFDWLRQHY G?XQH pWLRQDOLW PHQSXUH QHLFDL DU
les milieux scientifiques ou universitaires, depuis quelques
décennies, dérive de cette démarche ; tout comme
QFHHUJO?pP XHVGHVLT DW pP UHOWKDX panafricanisme »,
à la « Négritude », à la « personnalité africaine », au «
nonalignement », à la « démocratie africaine » et à la « théorie
2QWL XWKHGHO?D » qui apparaissent après la décolonisation.
'?XQ SRLQW H H HQW SXU LTXHWLI LHQ VF H LQFR j H
entreprise la remise en cause du modèle épistémologique des
sciences réalisé HQ LTXH H PHOq SURE GH LFDQL
VHPEO ?LPSRVHU V GH QRPEUHX[ QHV PDL GR es
FKHXUV FKHUQVLFDLHQW DJ QJ XQH OH[LRQpI XU SRUWO?DS
LTXHO?$IFH VFLHQ

1 Placide Tempels, La philosophie bantoue, traduit du Néerlandais par
A. Rubbens, Paris, Présence africaine, 1946.
2 Phambu Ngoma-Binda, La pensée politique africaine
contemporaine ULV DU DWWD OO Études africaines, 2013,
pp. 24-25.
11

HOQD?DUGIUVV/VOHDpIDpGUHWOHDVpW3U?jHIFUIDp?WODOHLS6IUID$UWDWHGFHELPP/HOXDY/G+pPWQLFR?OVOHFYPULWDans cette perspective, au-delà des sciences théologiques
qui prônent une inculturation de la foi, la philosophie
ULFDLQH DI H LI pFK FRPPH H O?XQ GHV LSOQHVGLV TXL
revendiquent une certaine autorité dans cette démarche.
RUPLV LQVWD FHU HLOVpFX pFXWRQV W HPLOO?pSDUS
dispersion de cette littérature africaine perçue comme
philosophique et à la diversité des thèmes abordés, sans
exclure le difficile accès j Q DWLR RUP O?LQI WH SURGXL H SRVH
question du statut de cette philosophie africaine. Lui est donc
impartie la tâche de se situer dans son intentionnalité
définissante par rapport à un dessein général de la pensée au
sein de laquelle elle entend inscrire son entreprise.
6L ?H[LVWHQF H H WW FH ORVRSKLHSKL H ULFLQ DI UHVWH HWHVWpDW
L DXMRXUG?KX Q GHKRUV HV OHV REVWDF RTXpV pY FL -dessus, le
parcours de ces études conçues comme spécifiquement
africaines révèle, néanmoins, une redondance du concept de
« philosophie africaine » accolé à ces traités. Nonobstant leur
LPSRUWDQF DWLRQSORU O?H[ GH FHV FKHVHFKHU Q OXPLqU
un défaut de clarificat HSWG?GXFRQF LRQ « africain ».
Dans cette optique, notre HVXUOHV HUURJpWXGHV?LQ ens et la
signification de la not RQ LFDQLpG?DI DFK e à cette
SKLORVRSKLH H H QW GH pSRQGUH D LRQTXHVW GH ?LGHQ
africaine de cette philosophie et partant de celle du
SKLORVRSKHDLQLFHX?HOOHOO VH GRQQH H OLUGDQVD Revue
philosophique de Kinshasa. Un tel projet OH DUWLFX WRXU DX
SRW KRGH WG?XQH KqVHH HK\ G?XQFRQVWWG?XQ
'?XQH H LqU DQ OH QpUD Wp WL O?LGHQ GX WVXM ORVRSKDQWSKL
ORVRSKLHDSKLHXUVGHO DM WKqPHV HO?XQG PP HFRVHSUpVHQW
1africaine +RUPLV QFH LPSRU pHFFRUG j WHFHW LTXH PDWWKp
le constat à partir duquel nous entendons bâtir notre
problématique porte sur la faible élucidation de la notion

1 Jean-Godefroy Bidima, « Philosophies, démocraties et pratiques : à
OD HUFKHUHFK G?X universel latéral », Philosopher en Afrique,
Critique, n° 771-772, août-septembre 2011, p. 674.
12

WDVLGQDPHIHVpJP?WjpIPWDH?HVOOQOjTF+HPHWUIHDUHpGWDLWOODOVDjUOHjWHOO?(VpLWWDWFUULGOH?HWQLFDLG?DI - Oj GH H RUWH rWH TX H G?XQ XODULWp QJ
africaine par les penseurs africains.
FXOWp j UQHUFH ODULWpLQJ ULFDLQHDI ve,
OpHG?HPE FDVLRQ?RF GH D LRQ DWGpQRPL GH D LORVRSKLSK
HULFDLQDI L WDLQVFHU UVDXWHX RTXHQW H ?LG G?XQH
« philosophie africaine G?DXFXQV RQW Q WLR ?RS G?XQH
« philosophie négro-africaine ».
La compréhension de la première tendance qui traite de la
« philosophie africaine » incite à considérer deux auteurs.
Pour le philosophe béninois Issiaka-Prosper L. Lalèyê, la
particularité de « la philosophie africaine » renvoie à trois
facteurs, « la philosophie en question a pour sujet producteur
des africains HWO?REM WH FHW LHLORVRSK HVW O?$IULTXH ; le
1LTXH O?$I WHHV URGXL pWpS ORVRSKLHSKL FH OLHXR . »
Et pour le penseur camerounais Meinrad Hebga, la
philosophie africaine apparaît comme « O?HQVPEOH GH
production philosophique des Africains, ou encore, étude
critique, réflexive, se penchant de préférence sur tous les
questionnements hantant la conscience africaine
2contemporaine . »
À défaut de fournir une définition idoine à la philosophie
africaine dans son originalité, ces deux assertions comportent
la lacune de porter leur attention sur une « philosophie en
terre africaine OOHV W pVXPHQ SU H G?XQ FKH DSSUR TXL uit
XQ UDSSRUW LWp pULRU[W concevant la philosophie comme une
p LW UpDO qQH H[RJ DQV WLTXH O?R H V WHXUV DX OpH JRQI de
ses titres de noblesse et de séjour », la philosophie « ferait
une escale en Afrique en attendant une fois sa mission

1 Issiaka-Prosper L. Lalèyê, 20 questions sur la philosophie africaine,
Paris, +DU DWWD FR OO Études africaines », 2010, p. 27.
2 Meinrad Hebga, « La philosophie africaine comme particulier », in
Ernest-Marie Mbonda (sous la coordination), La philosophie
africaine, hier et aujourd’hui ULV DUWWD OO Pensée
africaine », 2013, p. 100.
13

FGSUV/'UHI?GU/R?WGPPQVQOLV?V(HFL?D+LDFOHHXUWOjDHHEW?WXKSWHHLGIGO3ID?/?DpQOYRp?H6IDHGOD??OQaccomplie et sans se déclarer à la douane des cultures
1africaines de continuer son odyssée . »
Par ailleurs, en dehors du concept G?XQH SKLORVRSKLH HQ
Afrique D VHFRQGH URFKH SS H WHUDSSRU j RQQRWL G?XQH
philosophie négro-africaine. En mettant en relation les
notions de « noir « africain FHWWH RQSWL V?DSSXLH
XU XQH LRQHUFSW LTXH pFDQRP p WLW LGHQ O? ULF DI aine, à
O?DXQ G?XQH DWLRQ OLV LD VVHQW QW ODUJ XVpH pF DU HV
recherches contemporaines sur la question et qui portent un
OX GpY X[ FWV DVSH PLTXHV HOV LRQQ DW p WLW O?LGHQ
1RXV RPPHV PHQ DEOH WHVW QFRQ HQ H DF G?XQ DQF WHQG
perceptible au s HLQ GHV XGHV pW W SRUWDQ VXU ULTXH O?$I j LU VDY
OH OLVP XEVWDQW H XQLW TXL oRLW RQ ULTXH O?$I RXV H
WH DQ WXQLILTXHH XQ FHQHVXEVWDQSULVPHG?X
Les auteurs qui récusent cette conception évoquent non
pas une philosophie négro-africaine mais des philosophies
africaines. Pour eux, celles-ci renvoient à un intitulé massif
qui, dans son processus de fragmentation, génère un
mouvement empreint de multiplicités. Autrement dit, il
H Q?H[LVW V XQH LH ORVRS SKL LQH ULFD DI DLV HV ORVRSKLHV SKL
africaines. Le caractère protéiforme de ces philosophies
GpFRXH GH H WRLULV ?K ULFLQHDI W GRQ OH W PHQRLHGpSO RUWLW UHV
plusieurs territoires (Afrique, Europe et Amériques) excluant
WRXWH LWp WLQX FRQ H HOO HPSRU O QH LW ?DJ V L G?XQ
exubérance, mais la manifestation d Q ?X QTXH HVW F? -à-dire
un « fleuron en germination qui, dans ses exubérances,
dictions et scriptions se veut le champ où tous les possibles
QW V?HVVD RXU j WRXU H RTXHQW SURY V?DQQXOHQW
2recommencent . »
Il va sans dire que la singularité de ces philosophies
HVVH LQWpU OHXU PLVVLRQ XL LW D XFW SURG G?XQH
histoire avec ses urgences, ses réussites, ses échecs, ses

1 Bidima, La philosophie négro-africaine, Paris, PUF, Que sais-je ?,
1995, pp. 3-4.
2 Ibid.
14

HFLGGDGSRVPH,WUSjHVVDPOOWG\QHRPUWHKLVFV?DWSDDOLHUWHjOOVLFQUHLDD\DHODLHVHRHHHHEISWLFVD?HHGOTDOD???DW
?HUWGpFRXY HV LQDOLWpV HW SURMHWV ?R OD Wp QpFHV
G?XQH LRQ DW HUURJ VXU OH WDWXW D LO osophie africaine
qui le distinguerait « dans sa tresse, son style, sa translation
et son économie, des autres philosophies, ou simplement,
- OOH H TX?XQ VDOH VXF HV HUVHV LY RVRSKLHV LO SK
1DX[ LQFL pVSURY GpOpJ VLEOH LPSU G?KRQQrWVHW ? »
Au regard de ce qui précède, le défaut de clarification de
WHO?pSLKq africain » accolé au concept de philosophie
africaine, qui se manifeste à travers les problèmes inhérents à
son lieu de déploiement, au sujet philosophant et à sa
spécificité et donc à son statut, incite à poser la question de
ce qui caractérise la connotation africaine de la philosophie
africaine. Cette interrogation comporte un double aspect. Le
premier porte sur la singularité de la philosophie africaine et
de sa définition. Autrement dit - FH TX?XQH
philosophie perçue comme africaine ? Dans quelle mesure
est-LO EOHSRV UPHU G?DI G?XQH pH H?HO TX WHV ULFDLQH ?
Peut-on évoquer une philosophie africaine de manière
générale ?
Le deuxième aspect qui dépasse le cadre restreint de la
notion de philosophie africaine concerne toute qualification
nationale ou continentale de tout discours à prétention
2philosophique. Dans ce sens, convient-LO DWW
H O?H[LVW QF G?XQH RSKLH ORV SKL ULFLQH DI QV rPHV
WHUPV H TX X[ V LI DW HO j WLRQRFD O?pY G?XQH osophie
française, américaine, grecque ou anglo-saxonne ? En
V G?DXWU WV PR VXU TXH W SRVWXOD DLW SRVHU WLRQ RQFHS
G?XQH H HQVp LTXH ORVRS SKL DQW HY G?XQH
philosophie occidentale, africaine, asiatique, amérindienne ?
Quel invariant concède à une pensée africaine, allemande,
chinoise, grecque son statut philosophique, au-delà de leur
dissemblance ? Derrière ces qualifications, ne se profile-t-il

1 Ibid.
2 Sévérine Kodjo-Granvaux, Philosophies africaines, Paris, Présence
africaine, coll. « La philosophie en toutes lettres », 2013, p. 14.
15

HPVPVRXFKQSHHFVDOIHUWYOGHOSLGKQSVHUSULHLFHHP?XVLHpOGDUGFDHHKOUHHVWWVLHL?'GVIVDIOVOHV
4X?HVW
Q?HVWpas des caractéristiques culturelles ou des
nationalismes dissimulés ?
Face à ces questions, le but assigné à cette recherche est
de tenter de découvrir comment la philosophie africaine se
pense elle- [ HX TX?HVW -ce que la philosophie
africaine dans sa spécificité.
LPSRUWDQFH H WWHFH DWLRQ UURJQWH DXWRXU H
LRQ GLPHQV H ULFLQ DI FDQLp