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Pourquoi croire encore en l'homme ?

De
136 pages
Crise financière, crise sociale, crise morale... Notre société traverse une série de malaises que certains observateurs attribuent à une crise de sens : pour quoi vit-on ? Où va notre humanité globalisée ? Cette situation n'est-elle pas en partie liée à la perception de l'être humain que nous persistons à avoir ? Un homme violent, égoïste, à l'éthique fragile. Pour répondre à ces questions, l'approche choisie est double : philosophique et scientifique. Une invitation à porter un autre regard, plus optimiste, sur la "nature" humaine.
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JSH
Journées de la solidarité humaine
Pourquoi croire encore en l’homme
Pourquoi croire encore en l’homme
Jean-Michel Besnier Bernard Bourgeois Jacques Lecomte Anne Merker Sophie de Mijolla-Mellor Pascal Le Vaou
r e c o n n u e d ’ u t i l i t é p u b l i q u e
Pourquoi croire encore en l’homme
Actes du colloque organisé par la Fondation Ostad Elahi – éthique et solidarité humaine au Centre Sèvres le 14 septembre 2013 Dans le cadre de la 13e édition de la Journée de la solidarité humaine Sous l’égide de l’Académie des Sciences morales et politiques © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.com ISBN : 978-2-343-10864-3 EAN :9782343108643
Jean-Michel Besnier, Bernard Bourgeois Jacques Lecomte, Anne Merker Sophie de Mijolla-Mellor, Pascal Le VaouPourquoi croire encore en l’homme
Journées de la solidarité humaine
une collection de la Fondation Ostad Elahi – éthique et solidarité humaine
reconnue d’utilité publique
Si la solidarité a un sens, il faut l’entendre universellement, sans restriction. Solidaires, nous ne le sommes pas seulement de nos proches, de ceux qui sont des « nôtres » (famille, amis, clan, communauté, société) nous ne le sommes pas seulement des plus démunis, de ceux qui se trouvent avoir besoin de notre aide ou de notre générosité. Solidaires, nous le sommes de chacun singulièrement, et de l’humanité dans son ensemble. Ce n’est pas un vœu pieux, d’une certaine manière, nous n’avons pas le choix, et les grandes crises du monde contemporain (11 septembre, tsunami, guerres, etc.) se chargent de nous le rappeler si nous l’avions oublié. Reste bien sûr à donner un sens effectif à ce sentiment irréductible d’une solidarité nécessaire de chaque homme avec tous. Reste à dénir, de façon concrète et constructive, au-delà des clivages culturels mais aussi de la seule solidarité de circonstance, les moyens de pratiquer, de cultiver positivement l’appartenance à une communauté humaine digne de ce nom. Les enjeux d’une telle réexion sont à la fois sociaux, politiques, culturels, éducatifs, philosophiques. Parce qu’elle ne se résume pas à une belle idée, la solidarité se pratique et se cultive, en effet. Elle n’est pas une notion de secours, le minimum d’humanité requis en temps de crise. Relayée par des valeurs éthiques et spirituelles communes, elle peut s’épanouir en tolérance, et mieux, en respect mutuel, en sympathie active. La collection « Journées de la solidarité humaine » doit son titre à la Journée du même nom organisée chaque année par la Fondation Ostad Elahi. Elle entend contribuer à sa manière au développement d’une véritable culture d’humanisme et de solidarité en proposant des outils d’analyse et des pistes de réexion susceptibles d’orienter les sociétés de demain.
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Dans la même collection Médecine du corps, Médecine de l’âme,2016 Avec des contributions de V. Boudon-Millot, O. de Ladoucette, G.-E. Sarfati.
Quelle sagesse pour notre temps?2015 Avec des contributions de L. Anvar, A. Baudart, B. Bourgeois,G. Gobillot, M.-R. Hayoun, M. Hulin, M. Lacroix, P. Magnard.
Se connaître soi-même: pourquoi, comment?2012 Avec des contributions d’E. Godart, P. Guénancia, M.-F. Hirigoyen, J. Mesnard, P.-M. Morel, Ch. Rancé, J. Sackur.
Spirituel et Rationnel: Les alliances paradoxales,2011 Avec des contributions de M. Balmary, B. Bourgeois, D. de Courcelles, A. Cugno, M. Dixsaut, É. During, P. Maniglier, J. Mesnard, Gh. Waterlot.
Comment la littérature change l’homme –Rûmi, Dante, Montaigne, Tagore, Hesse, Soljénitsyne,2009 Avec des contributions de L. Anvar, F. Bhattacharya, R. Dadoun, Mgr C. Dagens,J.-Ch. Darmon, J. Risset.
L’Invention de la tolérance –Averroès, Maïmonide, Las Casas, Lincoln, Voltaire,2008 Avec des contributions d’A. Benmakhlouf, N. Capdevila, B. de Negroni, C. Fohlen, M. Ruben-Hayoun.
De l’Esprit à l’éthique. Les constructions de l’humain,2007 Avec des contributions d’A. Baudart, P. Maniglier, M. Meslin, J.-D. Nasio, J.-L. Petit, Fr. Worms.
L’Universel (au) féminin, –Hannah Arendt, Camille Claudel, Marie Curie, Françoise Dolto, Eleanor Roosevelt, Clara Schumann,2006 Avec des contributions de L. Adler, A. Delbée, B. François-Sappey, H. Harter, H. Langevin-Joliot, J.-P. Winter.
Comment devient-on universel? Socrate, Confucius, Avicenne, Galilée, Bach, Gandhi,2005 Avec des contributionsd’A. Baudart, G. Cantagrel, Fr. Chareix, A. Cheng, R. Deliège, A. Hasnaoui.
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Comment devient-on universel ? De Vinci, Shakespeare, Descartes, Mozart, Einstein, Luther King,2005 Avec des contributions de F. Balibar, J.-M. Beyssade, S. Bramly, B. François-Sappey, A. Kaspi, Fr. Laroque. Avant-propos par P.-Henri Imbert, directeur général des Droits de l’homme au Conseil de l’Europe.
Quelle éthique après le 11 septembre ?2003 Avec des contributions d’O. Abel, J. Baubérot, J.-M. Belorgey, B. Bourgeois, J.-P. Dupuy, J.-P. Guetny, P.-H. Imbert, B. Kriegel, J.-M. Muller, D. Reynié.
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Sommaire
Ouverture par Bernard Bourgeois ..................................................................................... 9
Égoïsme et vertu ou comment motiver l’être humain à l’action bonne? par Anne Merker ............................................................................................ 15
L’Homme au risque des technologies par Jean-Michel Besnier ................................................................................ 41
Un regard neutre sur la nature humaine par Sophie de Mijolla-Mellor......................................................................... 61
La Logothérapie de Viktor Frankl à l’heure du DSM 5 par Pascal Le Vaou......................................................................................... 73
Pourquoi croire en l’homme par Jacques Lecomte .................................................................................... 101
Conclusion par Bernard Bourgeois ................................................................................. 113
Biographies.............................................................................................. 119
Autres publications de la Fondation Ostad Elahi – éthique et solidarité humaine aux éditions de l’Harmattan.......................... 123
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Ouverture par Bernard Bourgeois
Le croire – à la différence du savoir (par perception ou science) n’afrme pas un être mais un pouvoir-être. Or, le pouvoir-être véritable, tel et non pas être déguisé, n’est que comme pouvoir ne pas être, donc pouvoir décidant d’être ou ne pas être, c’est-à-dire libre pouvoir sur soi. L’afrmation de ce pouvoir ne saurait être aussi celle d’une nécessité, laquelle ne peut pas ne pas être et, par conséquent, est l’objet d’un savoir et non pas d’un croire. On ne croit pas, à strictement parler, que l’enfant peut devenir adulte, car c’est là une possibilité impliquée par une évolution nécessaire de lui-même, objet d’un savoir. On ne peut donc croire en l’homme que si on le juge libre d’actualiser ou non des potentialités par la puissance qu’il a d’actualiser ce qu’il est en puissance, et qui est d’abord en lui, en relation avec cette libre puissance sur lui-même, une humanité essentielle, mais idéale ; une telle actualisation libre de son être s’opère dans ce qui est alors, singulièrement ou collectivement, ou plus loin une simple évolution d’une histoire. Cette histoire est celle de la liberté : l’histoire de la liberté, c’est une tautologie.
Mais croire en l’homme, c’est pour chaque homme, d’abord croire en lui-même, en son pouvoir de vouloir librement ce qu’il
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