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Sartre et la culture de l'autre

De
164 pages
Après la Deuxième Guerre Mondiale, la théorie sartrienne de la relation avec l'autre s'oriente progressivement vers une réflexion sur la culture de l'autre. Basée sur le principe de la reconnaissance de l'autre culture, cette réflexion anthropologique comporte une double dimension éthique et politique, qui s'est traduite, dans le concret de l'histoire, par l'engagement anticolonialiste de Sartre et son choix en faveur d'une autre culture mondiale, basée sur l'universalité concrète de la solidarité.
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SARTRE ET LA CULTURE DE L'AUTRE

Ouvrages du même auteur Dans la Collection L'Ouverture Philosophique:
La Question de l'humain entre l'éthique et l'anthropologie (dir.), L'Harmattan, Paris, 2004. Du Bonheur comme question éthique (dir.), L'Harmattan, Paris, 2002.

Chez d'autres éditeurs:
Sartre, de la nausée à l'engagement, éditions du Félin, collection «Les Marches du temps », Paris, 2005. L'Éthique en dialogue (co-dirigé avec R. Fornet-Betancourt), éditions Pleins Feux, Nantes, 2005. La filosofia y la crisis colombiana (co-dirigé avec R. Sierra), Taurus et Universidad Nacional de Colombia, Santafé de Bogota, 2003. Éthique, coexistence et sens, Desclée de Brouwer, collection « Anthropologiques », Paris, 1999. Alteridad y ética desde el descubrimiento de América, Akal, collection« Hipecu », Madrid, 1997. Penser la rencontre de deux mondes (dir.), Presses Univesitaires de France, Paris, 1992. Chemins d'Aristote, éditions du Félin, Paris, 1991 (nouvelle édition: 2005, collection« Félin poche »). Anarquismo y anarcosindicalismo en América Latina, Ruedo Ibérico, Paris-Barcelone, 1980.

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr
@ L'Harmattan, 2006 ISBN: 2-296-00642-6 EAN : 9782296006423

Sous la direction d'Alfredo Gomez-Muller

SARTRE ET LA CULTURE DE L'AUTRE

Walter Biemel, Raul Fornet-Betancourt, Alfredo Gomez-Muller, Cecilia Pires, Fred Poché, Annie Urbanik-Rizk, Matthieu Villemot

Ouvrage publié avec le concours de la Délégation aux Célébrations Nationales

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polyteclmique ; 75005 Paris FRANCE
L'Hannattan Hongrie Kônyvesbolt Kossuth L, u, 14-16 1053 Budapest
Espace Fac"des L'Harmattan Sc, Sociales, BP243, Université Kinshasa Pol. et Adm, ;

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, IS 10124 Torino ITALlE

L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements villa 96 12B2260
Ouagadougou 12

KIN XI - RDC

de Kinshasa

Ouverture Philosophique Collection dirigée par Dominique Château, Agnès Lontrade et Bruno Péquignot
Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes "professionnels" ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou... polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Déjà parus

Essais Laszlo TENGEL YI, L'expérience retrouvée, philosophiques l, 2006. Naceur Ben CHEIKH, Peindre à Tunis, 2005. Martin MOSCHELL, Nous pensons toujours ailleurs, 2006. Antonia RIGAUD, John Cage, théoricien de l'utopie, 2006. François Dagognet, médecin et philosophe, 2006. Jean-Marc LACHAUD (dir.), Art et politique, 2006. Jean-Louis CHERLONNEIX, L'esprit matériel, 2006. Michèle AUMONT, Ignace de Loyola et Gaston Fessard, 2006. Sylvain GULLO, Théodore de Cyrène, dit l'athée, puis le divin, 2006. Laurent BillARD, Penser avec Brel, 2006. Jean-Paul COUJOU, Philosophie politique et ontologie, 2 volumes, 2006. David DUBOIS (dir.par) Les stances sur la reconnaissance du Seigneur avec leur glose, composées par Utpaladeva, 2006. Christian DELMAS, Hannah Arendt, une pensée trinitaire, 2006. Stéphanie GENIN, La Dimension tragique du sacrifice, 2006. Claude DEBRU, Jean-Jacques WUNENBURGER (dir.), La recherche philosophique et l'organisation des masters en France et en Europe, 2006. Harold BERNAT-WINTER, Nietzsche et le problème des valeurs, 2005.

Avant-propos

Après la deuxième guerre mondiale, la théorie sartrienne de la relation avec l'autre s'oriente progressivement vers une réflexion sur la culture de l'autre. Basée sur le principe de la reconnaissance de l'autre culture, cette réflexion anthropologique comporte une double dimension éthique et politique, qui s'est traduite, dans le concret de l'histoire, par l'engagement anticolonialiste de Sartre et son choix en faveur d'une autre culture mondiale, basée sur l'universalité concrète de la solidarité. En se référant à ce contexte historique et théorique, les différentes contributions qui composent ce volume se proposent d'interroger le fondement éthique et anthropologique de la reconnaissance de l'autre culture, ainsi que les transformations de la culture qu'une telle reconnaissance suppose. Les résultats de ces recherches révèlent la fécondité théorique et pratique de l' œuvre de Sartre pour l'élaboration d'une éthique et d'une politique capables d'assumer le fait de la diversité culturelle - et, négativement, capables de faire face à l'oppression culturelle, au racisme et à la xénophobie. Ainsi par exemple, dans le « débat» contemporain en France à propos de l'évaluation du passé colonial, la pensée sartrienne offre des ressources théoriques permettant de définir les conditions de rationalité et les exigences méthodologiques qui sous-tendent la possibilité d'un jugement sur le colonialisme. La critique que fait Sartre d'un certain usage de la rationalité analytique, en particulier, nous permet de mieux comprendre la vacuité d'une approche purement additive et « comparative », qui voudrait considérer les divers «aspects» de la réalité coloniale comme des données extérieures les unes par rapport aux autres, et dont la

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somme constituerait l'unité du jugement: il y a eu des crimes, mais il y a eu aussi l'électricité; il y a eu des pratiques génocidaires, mais on a construit des routes; on a envahi et pillé, mais on a apporté des dispensaires et du papier de toilette. La somme de cet étrange calcul, où les massacres et les machines à vapeur sont mis côte à côte comme des entités homogènes, s'exprime par le jugement qui affirme le «rôle positif» de la colonisation, ou encore « l'ambiguïté» du fait colonial.

À cette unité additive et commerciale de l'histoire on entend faire usage d'un « droit d'inventaire» sur le stock

des faits du colonialisme - Sartre oppose une forme d'unité
interne: le colonialisme est un système, et, dans le contexte des relations sociales qu'il produit, les machines à vapeur sont des outils d'oppression tout aussi bien que des outils de production. La rationalité spécifique qui sous-tend la production de ce modèle d'unité interne n'est pas analytique, mais dialectique. Comprise comme la logique de la praxis humaine, la dialectique permet de penser le réel humain comme totalisation ouverte et non pas comme totalité inerte susceptible d'inventaire. En tant que telle, elle permet aussi de comprendre la transformation de la rationalité analytique en idéologie analytique, solidaire d'une conception atomiste du sujet et de la société et porteuse d'un préjugé ethnocentrique: le bilan prétendument «ambigu» ou « positif» du colonialisme, résultat de l'opération analytique qui juxtapose les massacres et les machines à vapeur, n'est qu'une mystification qui vise à «compenser» les premiers par les secondes. L'idéologie analytique, que Sartre décrit comme la vision «bourgeoise» du monde, est aussi l'expression d'un ethnocentrisme et d'un impérialisme culturel. En lien avec la critique sartrienne de l'idéologie analytique, nous pouvons saisir la signification profonde de la critique que fait Sartre du faux universalisme de la tradition libérale individualiste, qui détourne l'exigence du respect dû

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à l'être humain comme tel - exigence déjà présente dans de nombreuses cultures autres que l'Occident - au profit des
intérêts particularistes de cultures et de groupes sociaux particuliers. Pour Sartre, l'universalité normative ne peut pas être analytique mais dialectique, tant au niveau de sa base « anthropologique» qu'à celui des contenus proprement normatifs de l'universel: le sujet de l'universalité normative
- des droits de « l'Homme », par exemple - n'est pas le sujet

prétendument « universel» et abstrait de la tradition libérale, mais l'universel singulier, c'est-à-dire le sujet concret de la praxis historique; les contenus normatifs de l'universalité ne sont pas définis abstraitement par le théoricien du politique, mais par la pluralité de I'humain engagée dans une praxis historique. En tant que logique de la totalisation historique en cours, la dialectique sartrienne ne peut être que « dialogique» ou « communicationnelle » : de ce point de vue, la pensée de Sartre peut être comprise comme une anticipation de la philosophie interculturelle contemporaine. Dans cette même

perspective, le démantèlement sartrien de l'essentialisme - y compris de l'essentialisme identitaire -, ainsi que son
élaboration de la notion de regard comme mode spécifique de l'être-pour-autrui, contribuent à définir l'apport de Sartre-

mis en lumière par ces études, souvent de manière croisée - à
la tâche d'une nouvelle pensée éthique et politique de la différence culturelle. Tâche particulièrement importante aujourd'hui, au moment où, en France les défenseurs de l'héritage colonialiste font de l'idée républicaine un moyen au service d'une politique d'exclusion basée sur une compréhension figée de l'identité française. Conçu initialement en lien avec la commémoration du Centenaire de la naissance de Sartre, l'ensemble de ces études s'inscrit dans le cadre des travaux du Laboratoire de philosophique pratique et d'Anthropologie philosophique. Rattaché à la Faculté de Philosophie de l'Institut catholique de Paris, ce Laboratoire international poursuit depuis 1999 un

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programme de recherches sur les rapports entre l'éthique, le

politique et l'anthropologiel - au sens large de conception de
l'humain. Parmi les études qui constituent ce volume, trois

ont été élaborées par des membres du groupe de recherche Raul Fornet-Betancourt, Alfredo Gomez-Muller et Fred

Poché - et quatre par des auteurs de l'extérieur qui ont
accepté de s'associer à nos travaux, et que nous tenons à remercier ici: Walter Biemel, Cecilia Pires, Annie Rizk et Matthieu Villemot. Par ailleurs, nous tenons également à remercier la Direction des Archives de France, du Ministère de la Culture et de la Communication, et en particulier M. Patrick Micaud, pour son soutien à l'édition de ce livre. Enfin, nous exprimons également notre gratitude à Elizabeth Martel, pour son aide à la mise en forme de ces textes.

Alfredo Gomez-Muller

Une partie de ces recherches a déjà fait l'objet d'une publication dans l'ouvrage collectif La Question de l'humain entre l'éthique et l'anthropologie (Alfredo GOMEZ-MULLER, dir.), L'Harmattan, collection «L'Ouverture philosophique », Paris, 2004, 228 p. Textes d'Étienne Balibar, Hubert Faes, Raul Fomet-Betancourt, Nathalie Frogneux, Alfredo Gomez-Muller, Marc Grassin, Fred Poché, Hadi Rizk et Ronan Sharkey. 10

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La question noire et la poésie de la Négritude

Matthieu VILLEMOT « LE PROBLÈME NOIR N'EST PAS UN PROBLÈME CUL TUREL »

Introduction: Ie Nick's Bar 1) Ça commence par un Voyage: Le 1er janvier 1945, Sartre fait partie d'un groupe de journalistes français invités aux USA. Il consignera cette expérience dans trente-deux articles pour divers journaux américains ou français2. Il s'émerveille du progrès technique, des villes, du jazz qu'il entend, par exemple au Nick's Bar: « On s'assied dans une salle enfumée, à coté des matelots, des malabars, des putains sans carte. Personne ne bouge, le jazz joue. Il y a un gros homme qui s'époumone à suivre son trombone dans ces évolutions» 3 . 2) Ni noir ni blanc: Je n'ai pas trouvé de texte où Sartre signale si les musiciens sont noirs ou blancs. Il va jusqu'à écrire: «(Le jazz) ce n'est pas non plus le chant séculaire des esclaves

nègres. On s'en barbouille, des esclaves nègres» 4 .
Michel CONTAT & Michel RYBALKA, Les Écrits de Sartre, 1945-1964, Gallimard, collection «NRF », Paris, 1970, p. 117.
3

2

Jean-Paul SARTRE,« Nick's Bar, New York City », dans: America, n° 5,

25 juin 1947. Reproduit dans: Michel CONTA T & Michel RYBALKA, op. cit., p. 680 et sv. 4 Ibid.

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Toute l'ambiguïté des textes que nous allons étudier est là. Pour signaler sa misère de classe, Sartre ne juge pas nécessaire de préciser si la putain sans carte est noire ou blanche; de même il ne juge pas pertinent de dire si le trombone est noir ou blanc pour dire qu'il joue bien5. Lorsqu'il dit: « on s'en barbouille des nègres », il mentionne l'état d'esprit de ses voisins au Nick 's Bar, pas nécessairement le sien, mais voisins noirs ou blancs! Dans cette même ligne, dans un article paru aux USA, il écrit comme en passant: «L'Amérique est devenue pour nous le pays de Faulkner et de Dos Passos comme elle était déjà la patrie de Louis Armstrong, de King Vidor, du blues »6. Sartre explique aux américains que pour lui, Blanc et Français, les USA ont été la patrie du Noir Armstrong avant d'être celle du Blanc chantre du Sud Faulkner! C'est tout à son honneur. Mais puisque Sartre se garde de dire que Armstrong est noir, n'est-ce pas aussi, sans le vouloir, une manière de voler le jazz aux Noirs, et de refuser à ceux-ci une spécificité culturelle d'afro-américains? 3) Sartre a vu les Noirs: Par contre, Sartre a vu les Noirs. Sartre, qui a décrit l'intellectuel comme celui qui désigne ce qu'on cache, écrit non sans paradoxe: Ces intouchables [les Noirs], vous ne rencontrez pas leur regard. (..) Il vaut mieux pour eux et pour vous que vous fassiez semblant de ne pas les avoir remarqués (...) et

5 Déjà, dans la Nausée, il déclarait « négresse» une artiste blanche. Cf Michel CONTAT & Michel RYBALKA, op. cit., p. 166. 6 Jean-Paul SARTRE, « American novelist in French Eyes », dans: Athlantic Monthly vol. 178 n02, août 1946, cité dans: Annie COHENSOLAL, « Sartre et les Etats-Unis », dans: Maurice BERNETTE (dir.) Sartre, Bibliothèque de France/Gallimard, Paris, 2005, p.104. 14

vous ne devez pas plus prendre garde à eux que

s'ils étaient des machines 7.

Soit, mais un tel article nous fait prendre garde à eux et combien! 4) Contradictions: Sartre a été fasciné par cette question noire. Dans un premier temps, pourtant, il a cherché à la faire entrer de force dans le manteau de la lutte de classes entre Blancs, sans mention de négritude. En sous-estimant, pour le moins, la question culturelle. Mais, très vite, il a pressenti que ce vêtement ne collerait pas. Examinons ces hésitations. J. « Ce que j'ai appris du Problème noir» :

1) Contre la Race: L'un des articles est intitulé: «Ce que j'ai appris du problème noir» 8. Nous venons de le citer. Sartre dénie au racisme toute réalité ontologique, refusant à la fois l'unité raciale historique des Noirs et leur unité de type:
Il y a eu aussi de fréquents métissages avec des indiens, même avec des chinois. Et comme en outre, il était autrefois de règle que les planteurs prissent leurs maîtresses parmi les esclaves noires, c'est à peine si un quart des nègres américains sont de pure descendance africaine. (...) Au premier coup d' œil, ils offrent une extrême diversité. Il en est de grands et de petits, de blancs ou presque (...) il en est de jaunes, de bruns ou même de noirs.
lean-Paul SARTRE, « Ce que j'ai appris du problème noir », Le Figaro, 16 juin et 30 juillet 1945. Voir: Michel CONTAT & Michel RYBALKA, op.cit., p.123. Fac-similé de l'article du 16juin dans: Maurice BERNETTE (dir.) Sartre, Bibliothèque de France/Gallimard, Paris, 2005, p. Ill.
8

7

Le Figaro du 16juin 1945.MichelCONTAT& MichelRYBALKA,op.

cit., p. 123.

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On notera l'ironie de ce: « et même de noirs ». Jamais Sartre «ne sortira de là» : il n'y a aucune réalité innée au niveau ethnique9.
2) Lutte des classes: S'ensuit une analyse précise de la lutte contre le système ségrégationniste, qui demeure dans les termes de la lutte des classes: le Noir est un opprimé du capitalisme: Dans le Sud, ils constituent essentiellement un prolétariat rural (...) 90 % des Noirs du Sud ont un revenu inférieur à 1.000 $. (...) Sans doute le quinzième amendement de la constitution prévoit que le droit de vote des citoyens ne pourra être diminué ni refusé par les Etats-Unis ou par un des états en raison de sa race (...) mais il y a mille manières de le tourner. (...) dans le Nord, si la ségrégation se voit moins, elle a des effets cent fois plus néfastes car elle s'exerce dans le domaine du logement1o.

L'oppression du Noir est parfaitement mesurable. Mais, encore une fois, si ce type d'approche souligne l'injustice faite au Noir, elle ne valorise guère la négritude pour elle-même, réduisant l'oppression du Noir à son aspect économique. 3) Culture afro-américaine ou pas? C'est cet article qui porte le diagnostic qui m'a servi de titre:
Le problème noir n'est ni un problème politique, ni un problème culturel, les Noirs appartiennent au prolétariat américain et leur cause est la même que celle des ouvriers blancs
Pour un parallèle exact, voir: Jean-Paul SARTRE, Réflexions sur la question juive, Gallimard, colI. « Folio essais» n° 10, Paris, 1954, p. 73 sq. 10 Jean-Paul SARTRE, « Ce quej'ai appris du problème noir ». 9

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