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Une brève histoire de l'informatique

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L’informatique rythme directement ou indirectement nos vies, c’est notre temps contemporain. Elle nous amène à nous poser des problèmes philosophiques. Elle en résout certains, elle en crée d’autres, en conséquence, elle influence notre façon de vivre et de nous organiser en société. Avec l’avènement de l’informatique, technologie, philosophie et politique sont plus inséparables que jamais. Des domaines longtemps étrangers convergent. Pour comprendre notre époque, pour nous y épanouir, il est indispensable de s’intéresser à chacun d’eux et de noter leurs interconnexions grandissantes.


20140129
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Thierry Crouzet

Une brève histoire de l'informatique
(extraits)

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ISBN : 978-2-919-358-03-8 (version 1.0)
(cc-by-nc-sa) Thierry Crouzet, 2014.

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Une brève histoire de l'informatique

En septembre 2007, Geneviève Morand m’a suggéré de reprendre à mon compte la Brève histoire du temps de Stephen Hawking. L’informatique rythme directement ou indirectement nos vies, c’est notre temps contemporain.
J’ai laissé cette idée de côté jusqu'à le fils d’un ami suive un stage de troisième avec moi. Il m’a alors demandé comment des machines matérielles gèrent des informations immatérielles. Il aurait pu aussi bien me demander comment nos corps matériels engendrent nos esprits immatériels. Ces deux questions n’ont peut-être pas exactement la même réponse, mais elles ont beaucoup de points communs.
Si la première est clairement technologique, la seconde est clairement philosophique. En fait, elles sont l’une et l’autre technologique et philosophique. L’informatique est une technologie qui nous amène à nous poser des problèmes philosophiques. Elle en résout certains, elle en crée d’autres, en conséquence, elle influence notre façon de vivre et de nous organiser en société. Avec l’avènement de l’informatique, technologie, philosophie et politique sont plus inséparables que jamais.
Des domaines longtemps étrangers convergent. Pour comprendre notre époque, pour nous y épanouir, il est sans doute utile de s’intéresser à chacun d’eux et de noter leurs interconnexions grandissantes. Une brève histoire de l’informatique devait questionner ces interconnexions.
Je me suis mis à esquisser ce texte entre fin 2008 et début 2009. Il aurait dû se composer d’une centaine de minuscules récits. J’en ai écrit seize pour de trouver le ton. Le projet passionnait mon éditeur, mais je ne ressentais aucune urgence. Je l'ai abandonné.

Les chauffeurs de taxi sur la bonne voie

Si vous faites du sport, vous vous affutez. Le yoga des yeux, cette gymnastique oculaire, aide à corriger l’astigmatisme ou la myopie. Si vous mangez moins, vous vivez plus vieux. En tout cas, c’est prouvé chez les souris. Notre cerveau est lui-même malléable. Nous en avons la preuve et nous l’avons trouvée à Londres, dans les méandres labyrinthiques de cette ville tentaculaire. Lorsque nous la traversons en taxi, elle révèle des quartiers mystérieux, des jardins à l’abri de cours discrètes, des pubs avec des terrasses accueillantes, des boutiques rutilantes avec promesses d’objets secrets, des passages menant vers des endroits encore plus énigmatiques.
Pour obtenir leurs licences, les chauffeurs de taxi mémorisent toutes les rues autour de Charing Cross sur un rayon de six miles. Ils doivent connaître quatre cents destinations et les chemins les plus courts et les plus rapides pour les relier. Ils ont bien sûr des trucs mnémotechniques. Pour se souvenir de l’ordre des théâtres sur Shaftesbury Avenue, ils se répètent la formule magique « Little apples grow quickly » ce qui traduit en langage géographique donne « Lyric, Apollo, Gielgud, Queen’s ».
Les chauffeurs se frappent parfois sur le front en disant qu’ils ont une grosse tête. Ce n’est pas une métaphore. À force de naviguer dans la ville, de se représenter sa topographie, ils modifient leurs connexions neuronales. Les scanners cérébraux ont révélé que plus les chauffeurs ont d’ancienneté, plus leur hippocampe s’accroît.
Comme un muscle souvent sollicité, le cerveau se transforme pour mieux répondre aux tâches que nous exigeons de lui. D’autres études révèlent des métamorphoses comparables. Si on nous masque les yeux pendant plusieurs jours, notre sens du touché se développe suite à une modification très rapide du cortex visuel.
Nous sommes malléables.
Taper au clavier, déplacer une souris, glisser un doigt sur un écran tactile, titiller un joystick, lancer des commandes vocales, toutes ces actions, répétées des centaines de fois par jour, nous transforment. Nous n’interagissons plus comme par le passé avec le monde, nous nous le représentons différemment, nous y vivons différemment parce que dorénavant nous sommes tous interconnectés.
Il n’existe aucune fatalité biologique ou génétique. Nous nous transformons par nos usages. Si pour certains l’homme restera éternellement une bête sauvage, l’expérience des chauffeurs de taxi londoniens prouve que la nature humaine est en perpétuelle réinvention. À nous de choisir le destin que nous souhaitons pour notre espèce.

Ça commence avec les nombres

Il est midi !
Midi, c’est douze heures.
Pourquoi la journée est-elle divisée en deux fois douze heures ?
Nous avons dix doigts, pas douze.
Hum !
Qu’est-ce qui peut bien faire douze dans l’univers ?
Il semblerait que les Sumériens comptaient comme ça ? Ils n’avaient pas douze doigts pourtant.
Ils étaient peut-être fous ou très compliqués.
Quoique douze est un chiffre intéressant. Divisible par un, deux, trois, quatre, six, il a plus de dénominateurs que dix, uniquement divisible par un, deux et cinq. Pour faire du business, pour marchander et négocier, plus on peut diviser, mieux c’est.
Mais que d’inconvénients pour compter.
Pas si sûr.
Avec le bout de votre pouce, touchez le bout de votre petit doigt. Un. Déplacez, votre pouce sur la seconde phalange du petit doigt. Deux. Puis sur la troisième phalange. Trois. Répétez l’exercice avec l’annulaire. Quatre. Cinq. Six. Avec le majeur. Sept. Huit. Neuf. Avec l’index. Dix. Onze. Douze.
Avec une seule main, on peut compter jusqu’à douze aussi facilement que jusqu’à dix avec deux mains. Nous avons dix doigts, mais douze phalanges sur quatre doigts.
Que faisaient les Sumériens de la main qui ne leur servait pas ? Elle comptait les douzaines. Un doigt par douzaine. Cinq doigts, cinq douzaines, ça donne soixante. C’est peut-être pour cette raison qu’une minute se divise en soixante secondes et une heure en soixante minutes. Tout est lié.
Les Sumériens ne comptaient pas en base dix comme nous, mais en base soixante, en sexagésimal. C’étaient autour de 3500 avant Jésus-Christ, en Mésopotamie. Pour avoir adopté un système aussi peu naturel, en tout cas à nos yeux, ils devaient avoir la bosse des maths.
À vrai dire, nous ne savons pas comment ils arrivèrent à cette étrange base soixante. Une autre théorie suppose que deux peuples, l’un comptant en base cinq, l’autre en base douze, fusionnèrent leurs systèmes numériques.
Une chose est sûre, autour de 2300 avant Jésus-Christ, les Akkadiens envahirent les Sumériens. Peut-être déroutés par leur façon de compter, ils inventèrent l’abaque, forme primitive du boulier. Ils gravaient des rainures dans des tablettes d’argiles et y plaçaient des grains ou des pierres pour marquer les retenues. Ainsi apparut dans l’histoire des hommes le premier outil d’aide au calcul.
De nombreuses civilisations le réinventeront. Les Égyptiens. Les Grecs. Les Zapotèques. Les Romains. Les Mayas. Les Chinois. L’histoire de l’informatique avait commencé.

À l’origine du stress

— Il sonne.
— Non.
— Si, il sonne, je te dis.
— Non.
— Je dois me lever, c’est ça ?
— Oui.
Combien de fois cette scène se répète chaque matin ? Ne serions-nous pas plus heureux sans réveils, sans pendules, sans horloges… et sans rendez-vous minuté, sans emploi du temps, sans émissions TV programmées.
L’heure nous semble une évidence, mais elle aussi a une histoire. Les premiers sabliers datent du IIIe siècle avant Jésus-Christ en Alexandrie, époque où la science grecque atteint son apogée. Les Alexandrins portent alors des sabliers comme au XIXe siècle les bourgeois leur montre à gousset.
Ils aiment la ponctualité et construisent de nombreux cadrans solaires qu'ils découpent en sections régulières. Comme tous les Grecs, ils préfèrent la géométrie à l’arithmétique. Avec un compas, ils savent tracer des rosaces, donc diviser un cercle en six parties. Si nous en étions restés là, nous aurions six heures par demi-journée.
Toujours avec un compas, ils savent aussi tracer une seconde rosace tournée d’un angle droit par rapport à la première. Ils se retrouvent avec douze heures par demi-journée. Ils jugent que c’est suffisant.
Leurs cadrans solaires ne marchent que le jour. Les sabliers doivent sans cesse être retournés. Même les esclaves les plus diligents finissent par perdre patience. Ctésibios, l’ingénieur royal, imagine alors une clepsydre, une horloge à eau qui n’a pas besoin d’une attention continue.
Dans ce sablier, l’eau remplace le sable. Depuis une fontaine, elle s’écoule dans un réservoir muni d’un trop-plein. Quand le réservoir atteint son niveau maximal, il conserve un volume d’eau constant. Petit détail : un filet d’eau s’échappe par le fond du réservoir. Le volume d’eau étant constant, le débit de ce filet d’eau est constant. Il se déverse dans un second réservoir lui-même gradué. Ainsi les Alexandrins mesurent le temps avec une grande précision quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit.
Sans le savoir, Ctésibios a non seulement inventé la première horloge, mais aussi le premier ordinateur. Sa clepsydre reproduit le temps qui passe. Mais elle est incapable de calculer puisqu’elle ne manipule pas des nombres. Elle traduit par un mécanisme hydraulique la danse du soleil autour de la terre. D’une manière très symbolique, elle schématise l’univers. Elle fonctionne par analogie à lui. Elle le simule, tout comme les enfants simulent la vie lorsqu’ils jouent.
Cette capacité de simulation, étrangère aux autres machines, est propre aux ordinateurs. Ils n’ont pas besoin d’être électroniques. Ils peuvent aussi être mécaniques, biologiques, quantiques… Leur support matériel n’a pas d’importance. Ils ne sont même pas nécessairement programmables. Ainsi la clepsydre de Ctésibios ne sait que marquer le temps, mais elle est bel et bien le premier ordinateur. Pour être précis, elle est le premier ordinateur analogique.
Ses successeurs numériques et électroniques lui rendent d’ailleurs un hommage appuyé. L’heure s’affiche partout. Sur nos écrans, nos téléphones, nos fours, nos machines à laver, les tableaux de bord de nos voitures…
Les vieilles horloges à balancier aussi ressemblent à nos ordinateurs. Leurs tictac marquent l’écoulement du temps. Ils le simulent. Leurs aiguilles affichent le résultat de la simulation. Quand un ressort se bloque, c’est un bug.

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Généré le 29-1-2014 @09:45 par Thierry Crouzet, imprimeur d’ePub

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