Une possibilité autre que Heidegger ?

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Heidegger est la dernière autorité philosophique de notre histoire. Il est le dernier grand initiateur dont le jugement soit assuré. Il est aussi le dernier homme de l'ancien monde selon ses trois destinations élevées : le culte, la guerre militaire, l'aristocratie native. En partant d'une lecture de Être et Temps, cet essai se confronte aux grands thèmes de la pensée initiée par Heidegger et propose un nouveau sens de l'individuation appelé l'individualité moderne.
Publié le : mercredi 1 juin 2016
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EAN13 : 9782140010972
Nombre de pages : 228
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effondrée. La réexion traverse une zone de non-sens et ne peut
l’être avec ou sans-dieu, l’individuation et la communauté. Il
Heidegger et s’en écarte. Le but est la justiîcation de la vie d’un mortel individué sexué devant le néant sans-dieu au-delà de la technique, c’est-à-dire une humanisation de l’être sans-dieu.
Nous-mêmes et la terre
PhilippeVER STR ATEN
UNE POSSIBILITÉ AUTRE QUE HEIDEGGER ?
L’humanisation de l’être sansdieu
Une possibilité autre que Heidegger ?
L’humanisation de l’être sans-dieu
La Philosophie en commun Collection dirigée par Stéphane Douailler, Jacques Poulain, Patrice Vermeren  Nourrie trop exclusivement par la vie solitaire de la pensée, l'exercice de la réflexion a souvent voué les philosophes à un individualisme forcené, renforcé par le culte de l'écriture. Les querelles engendrées par l'adulation de l'originalité y ont trop aisément supplanté tout débat politique théorique.  Notre siècle a découvert l'enracinement de la pensée dans le langage. S'invalidait et tombait du même coup en désuétude cet étrange usage du jugement où le désir de tout soumettre à la critique du vrai y soustrayait royalement ses propres résultats. Condamnées également à l'éclatement, les diverses traditions philosophiques se voyaient contraintes de franchir les frontières de langue et de culture qui les enserraient encore. La crise des fondements scientifiques, la falsification des divers régimes politiques, la neutralisation des sciences humaines et l'explosion technologique ont fait apparaître de leur côté leurs faillites, induisant à reporter leurs espoirs sur la philosophie, autorisant à attendre du partage critique de la vérité jusqu'à la satisfaction des exigences sociales de justice et de liberté. Le débat critique se reconnaissait être une forme de vie.  Ce bouleversement en profondeur de la culture a ramené les philosophes à la pratique orale de l'argumentation, faisant surgir des institutions comme l'École de Korcula (Yougoslavie), le Collège de Philosophie (Paris) ou l'Institut de Philosophie (Madrid). L'objectif de cette collection est de rendre accessibles les fruits de ce partage en commun du jugement de vérité. Il est d'affronter et de surmonter ce qui, dans la crise de civilisation que nous vivons tous, dérive de la dénégation et du refoulement de ce partage du jugement. Dernières parutions Ofelia JANY,Marie Viala, Biographie romancée, 2016. Emilio CRENZEL,La mémoire des disparitions en Argentine, L’histoire politique duNunca más, 2016. Léon BROTHIER,L’utopie (1852), Le saint simonisme réformé à la veille du Second Empire, Présenté par Emmanuel Gleveau, 2016. Graciela TRABAJO,À propos de la psychanalyse et de la pédagogie, 2016.
Philippe Verstraten
Une possibilité autre que Heidegger ?
L’humanisation de l’être sans-dieu
Dumême auteur
L’individualité moderne. Traité de l’incarnation humaine, Belin 2012. Nous-mêmes et la terre. Critique et dépassement de l’idée technique du monde, L’Harmattan, 2015.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09456-4 EAN : 9782343094564
IntroductionÀ la suite des livres proposant une nouvelle figure de l’individuation humaine :L’individualité moderne, Nous-mêmes et la terreetd’un mortel L’espace-temps , ce petit essai concevant « une humanisation de l’être sans-dieu » se confronte sans érudition et selon certains motifs dominants au monument qu’est l’œuvre de Heidegger, qu’on appellera le penseur de l’Être. Les questions choisies sont notamment : la terre, l’histoire, le dieu, la beauté, l’individuation, le peuple, le temps, c’est-à-dire des objets d’interrogation qui, au-delà d’une connaissance stricte de disciple érudit, peuvent concerner les contemporains qui réfléchissent et peuvent donner lieu aussi à une commune mesure générique entre des positions différentes, condition d’une comparaison, ou comparabilité possible. On sait qu’une des grandes difficultés de la pensée de Heidegger est l’indissociabilité de son propos, ou sa propre avancée, et d’une analyse critique de toute l’histoire de la philosophie. Il peut y en avoir « deux lectures » : l’une de connaisseur strict, qui y entend par exemple telle ou telle explication avec Husserl, l’autre, qui y comprend plutôt la figure de l’Être et de nous-mêmes que Heidegger construit dans sa propre avancée. C’est à celle-ci que cet essai fera principalement référence. Car, depuis 1970, ce qu’on appellerala libertéfait que l’on peut se demander si nous sommes ou non le type humain, ou figure de notre essence propre, que l’avancée de Heidegger propose dans son mot-concept devenu plus ou moins célèbre deDasein – que l’on traduira ici par « l’exister ». La forme de l’essai choisie pour cet exercice permettra d’aller vite « droit au but » pour développer une confrontation. Par exemple : si Heidegger pense que l’exister implique tel sens de la mort, ou tel sens de l’individuation, on pourra lui opposer tel autre sens de ces deux « phénomènes », sans passer ni par
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les 80 volumes de l’œuvre ni par les bibliothèques entières de commentaires et d’érudition consacrées au penseur de l’Être. Le but est simple. S’il n’y a pas de figure nouvelle deQuinous sommes qui puisse être proposée depuis 1970 dans les termes stricts du philosopher, alors nous sommes à l’époque de Heidegger et il est vain de réfléchir autrement qu’en étant son disciple. En s’appuyant sur une référence continuelle aux livres précités, le but de cet essai est d’engagerle jeu de la libertépar rapport à la dernière autorité du domaine : la philosophie. On entend par là la philosophie autonome initiale en nom propre prétendant s’imposer dans et par rapport à une tradition et ses autorités. Il ne s’agit pas de philosophie au sens général, qui permet l’extension de son sens à des réflexions théoriques sur le régime politique, l’épistémologie, l’histoire des idées ou, actuellement, les sciences humaines. On se confrontera à Heidegger dans « les règles strictes de l’art du concept », sans apports extérieurs au philosopher. Celui-ci peut alors s’appeler de l’« ontologie ». Le terme est d’abord mis en œuvre par Heidegger, sous l’expression « ontologie fondamentale », dans sa première avancée,Être et Temps, ensuite il est abandonné. Car Heidegger initie une refondation, reprise ou réouverture de l’ontologie traditionnelle, celle de ce qu’il appelle la métaphysique, disons de Platon à Husserl, mais aussi les présocratiques. Car son regard est entièrement neuf, renouvelant, et il dégage une question que la métaphysique ne pose pas, la question du sens ou de la vérité de l’Être. On passe de l’ontologie traditionnelle à une ontologie refondée. Mais pour la question posée dans cet essai, cet abandon du concept d’ontologie est sans importance. Il concerne une modification interne au philosopher strict de Heidegger. Par exemple, un écrit commeApports à la philosophieest un traité de transmutation, ou transfiguration, de l’essence platonicienne en essence heideggérienne. Platon passe le
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relais à Heidegger. Dorénavant le philosopher qui prétend être autonome, se donner à soi-même la loi, devra passer par Heidegger (selon le jugement de ce dernier). Heidegger réalphabétise la question de l’Être. Il apprend à distinguer des types d’étant dans des genres d’être différents, sans généralité. On passe de l’essence générale (Platon) à l’essence propre, ou l’essence même (Heidegger). On passe de l’être improprement différencié de l’ « étant » à l’Être advenu à lui-même dans son altérité, ce qui implique un sens du néant, l’altérité par rapport au présent-absent. Et l’on passe à une autre figure de la vérité. C’est tout cela qui peut s’appeler de l’ontologie, c’est-à-dire une vue réflexive sur l’être, où le regard prend toujours en vuel’étant que nous sommes et l’étant autre que nous, donc l’étant en son entier. Or, tel est le propre de la philosophie différentiellement par rapport à ce qui n’est pas elle, ce par quoi elle se donne sa loi, son autonomie, et par quoi elle peut resurgir d’elle-même, se renouveler. En laissant à Heidegger la stricte originalité singulière de son expérience de l’Être, qu’il laisse sans nom, on reprendra donc ici la qualification d’ontologie pour la réflexion proposée. Elle permet notamment de différencier strictement la philosophie et les sciences humaines ainsi que l’interdisciplinarité, qui s’imposent depuis 1970. La philosophie comme ontologie ne fait pas partie des sciences humaines et n’est pas interdépendante. Elle correspond au concept de liberté autosuffisante de l’esprit : elle provient d’elle-même. On l’appellera « ontologie moderne » au sens où elle se mesure à la technique du même nom, la technique moderne advenant comme une « idée totale du monde ». Elle peut s’appeler « moderne » au sens encore où elle contient un concept de mort, ou de néant, absent de l’ontologie traditionnelle. Elle peut enfin s’appeler « moderne » dans le sens d’une liberté initiale ici proposée, à savoirnotre être sans culte ni guerre militaire
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